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Vidéos : Ce que les Turcs appellent un génocide
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous présente cet article d'Ara Toranian sur des événements de Khodjalu publié sur le site de NAM (Nouvelles d'Arménie Magazine) le lundi 27 février 2012, ainsi que des vidéos de la manifestation du 26 février 2012 à Taksim (Istanbul).













NAM

EDITORIAL

Khodjalu : Vous avez dit génocide ?

La meilleure défense, c’est l’attaque. En particulier quand on manque d’arguments. L’offensive politico-médiatique massive que sont en train de déclencher (avec force pétrodollars) les dirigeants turcs et azéris sur le « génocide » de Khodjalu en atteste. Depuis plus d’une semaine, on assiste en effet à des grandes manoeuvres visant à accréditer l’idée que les Arméniens auraient commis un génocide contre les Turcs azerbaïdjanais le 27 février 1992, dans cette bourgade portant le nom du seul aéroport de la région.

Génocide ? Selon les chiffres les plus gonflées diffusées par la machine de propagande turco-azérie cet événement aurait fait 613 morts (les témoignages des journalistes occidentaux cités en appuie de cette thèse sur le site de l’ambassade d’Azerbaïdjan, - l’Humanité, Le Monde - évoquent quant à eux trente et un cadavres de civils. Quant au total avancé fin avril 1993, à la conférence de l’OSCE à Prague, par le Ministère des Affaires étrangères de la République d’Azerbaïdjan, il fait état de 249 victimes). Quoi qu’il en soit de la réalité fluctuante de cette mathématique macabre, et même en partant des allégations les plus hautes, n’est-il pas étrange qu’Ankara et Bakou emploient le terme de « génocide » pour un événement de cette dimension, alors qu’ils le refusent pour l’extermination de 1 500 000 Arméniens ? Comment expliquer, même si les Turcs ne reconnaitraient que 500 000 morts arméniens(selon l’AFP), qu’il s’agisse pour eux dans ce cas d’un « soi-disant » génocide et dans l’autre d’un « vrai » ? Cette contradiction suffit à elle seule à disqualifier les énormes ficelles de ce stratagème politique, concoctée dans quelque bureau spécialisé en désinformation...

Les dirigeants turcs nous ont certes habitué à recourir à un usage souvent abusif de ce terme. Ainsi Erdogan n’a-t-il pas hésité à accuser les Chinois d’avoir commis un « génocide » à l’occasion des troubles du Xinjiang le 10 juillet 2009, ou les Français de s’être également rendu coupable d’un « génocide » contre les Algériens ( ce qui lui a valu une remontrance d’Ahmed Ouyahia, Premier ministre de ce pays, qui lui a demandé de cesser ce type d’instrumentalisation). Mais on voit bien qu’il n’est pas ici seulement question de l’usage à géométrie variable d’un concept que les tenants du panturquisme ont intérêt à galvauder, étant donné le réquisitoire mondiale dressé à leur endroit sur ce sujet. Il s’agit pour eux de passer à l’offensive en faisant d’une pierre plusieurs coups. D’une part, allumer des contre-feux pour prévenir le centième anniversaire de 1915, le premier des trois grands génocides du XXe siècle avec ceux commis contre les Juifs (6 millions de morts) et plus récemment contre les Tutsis (800 000 morts). Et d’autre part, d’une manière plus préoccupante, de compléter le dispositif mis en place pour la destruction définitive de la République du Haut Karabagh. Cette propagande fait en effet écho aux menaces permanentes d’Aliev de reprendre les hostilités. Elle est le pendant politique de cette course folle aux armements à laquelle se livre l’Azerbaïdjan dont le budget militaire de plus de 4 milliards d’euros dépasse le PIB de l’Arménie (et ce sans compter l’aide de 200 millions de dollars par an de la Turquie, soit la moitié du budget militaire d’Erevan).

En procédant à des diffamations aussi outrancières, l’axe panturc poursuit au moins trois objectifs. D’une part, fanatiser une population élevée dans l’arménophobie, ensuite faire oublier ses multiples exactions pendant le conflit (entre autres à Soumgaït, Kirovabad, Bakou, Maragha), et enfin justifier par avance dans l’opinion internationale une reprise des hostilités. Ainsi ces accusations grossières de génocide ne visent-elles en réalité qu’à créer les conditions de la continuation du vrai génocide des Arméniens, pour lequel Bakou comme Ankara fourbissent leurs armes.

Car qu’était la guerre du Karabagh déclenchée par Bakou, sinon la suite logique de cette vaste entreprise d’annihilation d’un peuple, dont la démographie approche du stade critique et dont la présence sur ses terres historiques s’est réduite sous les coups du nationalisme turc comme peau de chagrin depuis le début du XXe siècle ?

Andréï Sakharov, prix Nobel de la Paix, le disait : « la guerre du Karabagh est une question d’orgueil national pour l’Azerbaïdjan et de survie pour les Arméniens ». Cette réalité justifierait-elle cependant toutes les exactions ? Certes non. Mais quelle que soit le nombre de victimes azerbaïdjanaises à déplorer à Khodjalu, il convient de prendre en considération les éléments suivants : d’une part le contexte lié à cette place forte située sur la ligne de front. Abritant le seul aéroport de la région, elle faisait office de tremplin privilégié pour l’organisation des bombardements aveugles contre la population de Stepanakert, la capitale du Haut-Karabagh. A ce titre elle constituait clairement à ce moment de la guerre, dans une perspective d’autodéfense, une cible stratégique de première importance. Ensuite, toutes les sources azerbaïdjanaises de l’époque reconnaissent que les forces arméniennes avaient aménagé dans les jours précédant l’assaut, un corridor humanitaire pour permettre l’évacuation des civils invités à fuir les combats avant qu’ils ne fassent rage. Pour des raisons controversées, mais qui pourraient résulter de la volonté du commandement azéri d’utiliser cette population comme bouclier humain, cette voie de sortie n’a été utilisée qu’en dernier recours. C’est donc dans une cité habitée que les affrontements se sont produits. Et il est hélas très rare dans ce type de conditions de ne pas avoir à déplorer des pertes parmi les civiles et des drames humains.

On ne peut que le regretter. Fondamentalement et à tous les niveaux. Mais que dire, dans ces mêmes circonstances de ce que les Arméniens ont subi le 10 avril 1992 dans le village de Maragha qui a été le théâtre d’un massacre épouvantable comme l’indique le témoignage de la Baronne Caroline Cox, vice-speaker de la chambre des lords : « têtes décapitées, corps démembrés, restes d’enfants, terre sanglante et membres séparés des corps dans les lieux où les Azerbaïdjanais sciaient vifs des hommes. Nous avons vu des machettes acérées, avec du sang coagulé, qu’ils utilisaient afin de démembrer les gens... Après avoir tué de cette manière les habitants de Maragha, les Azerbaïdjanais ont pillé et incendié le village [...] Je n’oublierai jamais ce jour effrayant. » Et il ne s’agit pas là de montages photos comme ceux qui ont été misérablement réalisés par la propagande turco-azérie (voir Faux et falsifications sans précédent - ICI -)

Mais si ces massacres anti-arméniens sur la ligne de front sont cauchemardesques et injustifiables, comment qualifier les pogromes d’une sauvagerie inouïe qui se sont produits à des centaines de kilomètres du champ de bataille, dans la ville portuaire de Soumgaït, à Kirovabad et jusque dans la capitale de l’Azerbaïdjan, à Bakou. Des chasses à l’Arménien impitoyables qui ont fait en tout plusieurs centaines de morts. Des situations qui relèvent, elles, bel et bien de la logique génocidaire, mais que les Arméniens répugnent pourtant à dénoncer comme tel. Peut-être parce qu’eux savent vraiment, pour avoir été les victimes du stade suprême de tous les crimes, ce que signifie anéantir non pas « seulement » un village, non pas « seulement » une population désignée comme cible dans telle ou telle ville, mais l’ensemble d’une nation, l’intégralité d’une civilisation. Une expérience qu’ils ont subi sur leur peau en 1915 et qui invite, fut-ce cent ans plus tard, à la plus extrême prudence dans l’usage du concept de génocide, qu’on ne saurait tuer en le banalisant, comme d’autres s’y emploient allègrement dans la foulée de leur panturquisme meurtrier.

Ara Toranian

lundi 27 février 2012,
Ara ©armenews.com

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Lire aussi:

« Khojalu : 20 ans de mensonge d’Etat »

Turquie : « Les braises de 1915 brûlent toujours »

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Voir les vidéos :

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Turquie: commémoration d'un massacre d'Azerbaïdjanais

http://youtu.be/epjPtReqLCs

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http://youtu.be/NWcMQFyZZX8

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http://youtu.be/6VUiT4S97NM

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http://youtu.be/G0y_wKkddl8

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http://youtu.be/zg3vUV_nD6A

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http://youtu.be/GdRcdxaq4AU

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http://youtu.be/mCmu3NZJu9U

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http://www.beyazgazete.com/video/anahaber/bugun-tv-9/2012/
2/27/hocali-kurbanlari-taksim-de-anildi-izle-249329.html


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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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