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Génocide arménien : une crise seulement reportée ?
Publié le :

01.03.2012 | Pierre Vanrie | Courrier international

Légende photo : Manifestation commémorative des vingt ans du massacre de Khodjaly, perpétré par des milices arméniennes contre des civils azéris turcophones, le 26 février à Ankara.

La presse turque suit de près le débat qui a lieu en France autour de la loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens. Si la politique de Sarkozy est critiquée, des voix s'élèvent aussi pour dénoncer les réflexes nationalistes des dirigeants turcs.

L'annulation de la loi punissant la négation du génocide arménien par le Conseil constitutionnel français a été accueillie avec satisfaction en Turquie. Le journaliste vedette de presse et de télévision, Mehmet Ali Birand, l'exprime dans le quotidien Posta en soulignant la maturité des institutions françaises : "La décision du Conseil constitutionnel a bien montré que la France était un pays qui se distinguait. En effet, ce qui incarne la "France profonde" est ainsi en mesure de dire "stop" quand, pour des raisons électoralistes, des personnalités politiques vont trop loin. Comme l'a bien dit un ancien diplomate turc : "Cette décision du Conseil constitutionnel est précisément ce qui fait que la France est ce qu'elle est"".

"N'interprétez surtout pas cette réaction en vous disant que la France a eu peur de la Turquie" poursuit Birand. "Non, cette décision illustre simplement le fait que la France accorde de l'importance à certaines valeurs. Ce faisant, elle envoie plusieurs messages qui doivent, nous aussi, nous interpeller. A savoir, que pour la France, la liberté de pensée est fondamentale et que celle-ci ne doit pas être limitée pour des raisons politiques internes ou dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. L'autre message, adressé en particulier au président Sarkozy, est qu'il convient de ne pas mêler l'Histoire aux questions de politique interne. Enfin, et à l'intention de la communauté internationale et des Arméniens, cette institution française conclut qu'il est possible de témoigner de la sympathie aux thèses favorables à la reconnaissance du génocide arménien mais qu'il y a des limites à cet exercice".

Cette décision est intervenue au moment où une manifestation, organisée à Istanbul à l'occasion du vingtième anniversaire du massacre de Khodjaly (où en février 1992, plus de six cents civils azéris turcophones furent assassinés par des milices arméniennes dans le cadre du conflit du Karabagh), a choqué dès lors qu'elle a dégénéré en meeting anti-arménien, le tout en présence du ministre de l'Intérieur peu gêné par les affiches et slogans appelant à la haine.

Ahmet Insel s'en inquiète dans Radikal. "Dans notre pays où la démocratie n'est pas encore la norme, on constate la permanence des réflexes nationalistes et autoritaires. Le ministre de l'Intérieur, Idris Sahin, en est la parfaite illustration. C'est sans doute lui qui au sein du gouvernement incarne le mieux cette continuité où dès lors qu'il s'agit de turcité, ou dès lors que l'ennemi d'en face est un non-musulman, tout le reste n'a plus aucune importance".

"En effet, poursuit Insel, pendant le meeting d'hommage aux victimes de Khodjaly, ce ministre a fait son discours tout en ne trouvant rien à redire aux affiches qui se trouvaient devant lui et où l'on pouvait lire "Vous êtes tous des Arméniens, vous êtes tous des bâtards" [en réponse au slogan "Nous sommes tous des Arméniens" scandé lors des obsèques du journaliste arméno-turc Hrant Dink, assassiné en janvier 2007 et commémoré à nouveau avec ce slogan en janvier 2012]. Il n'a pas montré le moindre malaise lorsque des slogans tels que "Que l'Arménie disparaisse", "Les loups gris sont ici ! Où sont les amis de Hrant ?!" ont fusé alors qu'il s'adressait à la foule. Il a dans son discours déclaré que "le massacre de Khodjaly nous a montré que nous n'avions pas d'autres amis que nous-mêmes" et que "le Premier ministre Erdogan ferait du 21ème siècle celui du monde turc".

" En voyant le prototype de monde turc proposé à ce moment-là sur la place Taksim [Istanbul], on avait tout de même du mal à croire qu'il puisse apporter au monde la paix, l'humanité et la justice", conclut Ahmet Insel.




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Source/Lien : Courrier International



   
 
   
 
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