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Israël : vers la reconnaissance du génocide arménien ?
Publié le : 21-06-2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le Parlement d’Israël -- la Knesset – a tenu « une séance historique » le 12 juin, au cours de laquelle « sept partis politiques différents ont approuvé à une écrasante majorité la reconnaissance du génocide arménien ». Le Dr. Israel Charny, directeur exécutif de l’Institut de l’Holocauste et du Génocide à Jérusalem, a prédit que la Knesset achèverait ses procédures législatives menant à la reconnaissance du génocide arménien. Il est de notoriété publique, que sous les pressions turques, Israël s’est continuellement opposé à la reconnaissance du génocide arménien. Certains officiels israéliens s’inquiètent du fait que soulever la question de la reconnaissance du génocide arménien exacerberait davantage les tensions avec la Turquie. Lorsque des personnes sont réticentes à aborder des questions morales et éthiques, c’est toujours au motif que ce n’est pas le bon moment pour une telle discussion. » Le Collectif VAN vous livre la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 21 juin 2012.


Israël a une bonne raison de reconnaître le génocide arménien

De : Harut Sassounian
Éditeur de : The California Courier
Éditorial de Sassounian du 21 juin 2012

Le Parlement d’Israël -- la Knesset – a tenu « une séance historique » le 12 juin, au cours de laquelle « sept partis politiques différents ont approuvé à une écrasante majorité la reconnaissance du génocide arménien », selon le Dr. Israel Charny, directeur exécutif de l’Institut de l’Holocauste et du Génocide à Jérusalem. Il a prudemment prédit que la Knesset achèverait ses procédures législatives menant à la reconnaissance du génocide arménien.

Puisque reconnaître le génocide arménien serait salutaire, Israël aurait dû le faire depuis longtemps. De fait, l’État juif aurait dû être le premier pays à reconnaître le génocide, étant donné le terrifiant héritage de l’Holocauste -- Shoah. Qui d’autre devrait davantage faire preuve d’empathie avec les victimes du génocide, si ce n’est ceux qui ont subi le même sort ? Le membre de la Knesset Nino Abesadze a fait remarquer pendant la séance : « C’est précisément parce que nous avons été un peuple victime que nous ne devrions pas manquer de nous identifier à un autre peuple victime. » Un autre membre important de la Knesset, Zeev Elkin, chef du groupe du Likud, a déclaré : « Nous sommes l’une des dernières nations du monde à ne pas avoir encore reconnu le génocide arménien. C’est une responsabilité morale que nous n’avons pas encore endossée. »

Lors de la session du 12 juin, le président de la Knesset Reuven Rivlin a parlé « fermement et avec brio » et avec « un sentiment profond de l’impératif tant juif qu’israélien d’accorder une reconnaissance due depuis des années », a rapporté Dr. Charny. Le président Rivlin a annoncé qu’un nouveau vote pour reconnaître le génocide arménien n’était pas nécessaire, puisque la Knesset avait déjà voté unanimement pour sa reconnaissance l’an dernier. Dr. Charny a expliqué que contrairement au Congrès américain, les résolutions de la Knesset sont d’abord débattues en séance plénière avant d’être traitées par l’une de ses commissions. L’étape suivante, concernant la résolution sur le génocide arménien, est la commission de l’Éducation. Ensuite, elle sera renvoyée devant la Knesset pour le vote final. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on pourra dire que la Knesset a officiellement reconnu le génocide arménien.

L’un des développements inattendus de la session du 12 juin a été la déclaration du ministre de l’Environnement Gilad Erdan, qui a annoncé qu’il parlait officiellement au nom du gouvernement. Il a déclaré sans ambigüité qu’Israël avait décidé de reconnaître le génocide arménien. En outre, le ministre Erdan a affirmé que « l’État d’Israël ne l’avait jamais nié, au contraire, nous déplorons le génocide [arménien]. » Ce fut une déclaration surprenante, car il est de notoriété publique, que sous les pressions turques, Israël s’est continuellement opposé à la reconnaissance du génocide arménien. Néanmoins, défiant le négationnisme de l’État israélien, le 24 avril 2000, le ministre de la Justice, Yossi Beilin, et le ministre de l’Éducation Yossi Sarid avaient reconnu le génocide arménien, poussant le gouvernement à démentir leurs déclarations. Beilin avait aussi reconnu le génocide en 1994, alors qu’il était ministre adjoint des Affaires étrangères.

Le fait que des discussions sérieuses sur le génocide arménien interviennent au moment où les relations Turquie-Israël se détériorent, soulève des questions quant aux motifs du gouvernement israélien. Il serait moralement répugnant de voir le massacre d’une nation exploité pour des calculs politiques éhontés. Toutefois, il faut comprendre que les relations internationales sont rarement basées sur des principes moraux. Si ce n’était pour des considérations politiques et économiques, le monde entier aurait reconnu le génocide arménien depuis longtemps.

Si certains critiques sont mécontents qu’Israël envisage de reconnaître le génocide arménien au moment où le pays est en conflit avec la Turquie, le plus grand tort, à mon avis, a été de ne pas avoir fait ce qu’il aurait fallu faire pendant toutes ces années. Et même aujourd’hui, en dépit des efforts pour rectifier les erreurs du passé et faire respecter la vérité, certains officiels israéliens s’inquiètent du fait que soulever la question de la reconnaissance du génocide arménien exacerberait davantage les tensions avec la Turquie. Le député de la Knesset Arieh Eldad a rejeté ces objections en soulignant la position illogique des personnes négatives : « Il y a quelques années, on disait que nous ne pouvions pas en parler à cause de nos bonnes relations avec la Turquie. Aujourd’hui, on dit que nous ne pouvons pas en parler à cause de nos mauvaises relations avec la Turquie. » Eldad a ajouté que lorsque des personnes sont réticentes à aborder des questions morales et éthiques, c’est toujours au motif que ce n’est pas le bon moment pour une telle discussion.

Il existe cependant une ligne rouge qu’aucun Arménien ne doit franchir. Les responsables israéliens ont cherché à obtenir des concessions politiques de l’Arménie et des Arméniens en échange de la reconnaissance du génocide. De telles exigences doivent être catégoriquement rejetées, car les Arméniens ne doivent rien à Israël s’il reconnaît le génocide – un fait historique universellement accepté. Israël devrait reconnaître le génocide tout simplement parce que c’est la bonne chose à faire, reflétant ainsi les sentiments de tous les Juifs vertueux du monde.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 21 juin 2012 – 07 :00 - www.collectifvan.org





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