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Israël et la reconnaissance de l’holocauste arménien - III
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la dernière partie de la traduction d’un article en anglais écrit par le Professeur Israel W. Charny et paru sur le site GPN [Genocide Prevention Now] le 12 juin 2012 concernant les débats sur le génocide arménien à la Knesset le 12 juin 2012.








Numéro 10, printemps 2012

G P N O R I G I N A L B R E AK I N G N E W S

C’est la première fois qu’un gouvernement d’Israël a approuvé la reconnaissance [du génocide arménien]

Un rapport approfondi et une analyse du processus politique, par GPN

Préparé par Israel W. Charny


Déclaration de divers députés de la Knesset lors de la séance sur le génocide arménien, le 12 juin 2012.

(NdT) Résumé de la note de GPN aux lecteurs :

Le journaliste de GPN n’a pas physiquement assisté à l’audience, mais a vu la séance complète lors de sa retransmission à la télévision.


Le président de la Knesset Reuven Rivlin :

Rivlin a parlé avec sensibilité et avec la voix de la morale. Parmi ses remarques, il a cité Avshalom Feinberg, qui, comme souligné dans le rapport de GPN sur la séance de décembre 2011, était un membre de Nili, un groupe d'espions juifs en Turquie lors de la Première Guerre mondiale, dont plusieurs membres, y compris Feinberg, sont devenus les témoins oculaires directs du génocide arménien. Les membres de Nili ont alors joué un rôle important et dangereux pour la communauté juive vivant en Palestine, dirigée alors par la Turquie, car ils ont averti la Yishuv [la communauté juive] que le même destin attendait les Juifs en Palestine (une femme célèbre de ce groupe, Sara Ahronson, a été arrêtée et pendue par les Turcs en Palestine). Lors de la séance de la Knesset d'aujourd'hui, Rivlin a cité Feinberg : « Je me demande si nous vivions à notre époque en 1915 ou si nous vivions vraiment à celle de Titus [l'Empereur romain qui a détruit le Temple] et de Nabuchodonosor [le dirigeant persan qui a exilé les juifs au VIe siècle av. J-C] Rivlin a conclu : « Les faits concernant les massacres des Arméniens sont clairs et incontestables. »

Faisant référence à l’holocauste 25 ans plus tard, Rivlin a souligné qu’après le génocide, « Nous étions les victimes suivantes d’un génocide. Hitler pensait que le monde serait silencieux comme il l’avait été après les massacres des Arméniens. »

Rivlin a plusieurs fois prévenu qu’il ne fallait pas faire de la reconnaissance du génocide arménien une question politique : « Il est interdit de transformer ce sujet en une affaire politique [en ‘américain’ cela s’appellerait ‘du football politique’]. Il nous est interdit de nous détourner des tragédies des autres nations. C’est notre responsabilité. »

La députée Zahava Gal-On, présidente du parti libéral Meretz, co-sponsor de la résolution :
Zahava Gal-On est l’un des deux auteurs (avec Arieh Eldad du Parti d’union national) de la résolution, poursuivant ainsi la fière tradition de son parti et des ses anciens dirigeants, tels que Yair Tzaban, Yossi Beilin (qui est devenu assistant du ministre des Affaires étrangères et qui a fait une déclaration officielle sur le génocide arménien, ce qui a rendu fou le gouvernement), Yossi Sarid (qui est devenu ministre de l’Éducation et dont l’importance a été minorée par le gouvernement suite à la déclaration où il avait, comme Beilin, un peu trop fermement reconnu le génocide arménien), et Haim Oron (le frère du Professeur Yair Auron, comme nous l’avons déjà indiqué), Directeur associé de l'Institut sur l'Holocauste et le Génocide à Jérusalem, qui soutient le développement d'un programme sans précédent d'enseignement universitaire du génocide et a publié la première série de manuels en hébreu sur le génocide à l'Université Ouverte en Israël).

Gal-On a souligné que le génocide arménien avait déjà été reconnu par 27 nations dans le monde. « Une fois de plus, l’État d’Israël fait de ce sujet un usage politique cynique », a-t-elle dit. Gal-On a aussi fait un lien entre les négationnistes du génocide arménien et ceux du génocide juif. « Nier le génocide arménien renforce les négationnistes du génocide juif », a-t-elle souligné.

MK Arieh Eldad, Parti d’union national, co-sponsor de la résolution :

Eldad a cité d’autres membres du groupe d’espionnage Nili. Il a fait observer que les historiens avaient compris que leur expérience de témoins oculaires du génocide arménien avait joué un grand rôle dans la force du groupe Nili qui a pu anticiper les graves dangers que courait la communauté juive sous le gouvernement des Turcs. Eldad a lu un rapport d’un officier turc, relatant comment les Turcs avaient obligé les Arméniens à rentrer dans une école et les avaient brûlés vif. Il a également cité les résultats des marches forcées des Arméniens dans le désert, car s’ils furent 170.000 à partir, « seuls 180 avaient survécu à cette marche de la mort. » Eldad a poursuivi avec les descriptions des événements, y compris le massacre des Arméniens à Trébizonde au moyen de gaz chloré : « Il me semble que ceci était une répétition de ce qui est survenu 25 ans plus tard. » Eldad a conclu : « La Turquie doit reconnaître le génocide arménien. »

Dov Khenin, Parti Hadash :

Khenin a prolongé les remarques de beaucoup d’autres députés en soulignant que la question de la reconnaissance du génocide arménien est « une question tant historique que morale. » Il a poursuivi avec éloquence, reconnaissant que « le génocide arménien a été commis par des êtres humains : le génocide des Arméniens est un signal d'alerte destiné à chacun d'entre nous, êtres humains, indiquant que ne devrions pas faire nous enfoncer dans les lieux sombres de notre humanité. »

Khenin a aussi rappelé le célèbre rapport du correspondant américain, Louis Lochner, qui était rattaché au bureau d’Associated Press à Berlin, alors que la Seconde Guerre mondiale se profilait. Plus tard, en 1939 il a gagné un prix Pulitzer pour ses articles sur l'invasion nazie de la Pologne, citant la déclaration cynique d'Hitler à ses généraux : « Qui se souvient encore des Arméniens ? » Khenin continue, comme s’il répondait à Hitler : « NOUS, nous nous souvenons des Arméniens. Nous DEVONS nous souvenir des Arméniens. Ceci n'est pas quelque chose qui appartient uniquement à l'histoire. C'est la réalité. Cela [le génocide] est arrivé. C’est quelque chose qui continue à arriver à chacun d'entre nous. »

Daniel Ben-Simon, Parti travailliste (et ancien correspondant de Haaretz) :


Ben-Simon a comparé les auteurs du génocide arménien aux auteurs de tous les autres génocides qui l’ont suivi, y compris à Hitler, Staline, Mao Tse Tung, et les dirigeants du Cambodge [Pol Pot]. Il a également parlé du fait que les peuples victimes gardent en mémoire toutes les tragédies traumatisantes subies et a fait remarquer que « La Turquie investit une énergie folle pour essayer de corrompre la connaissance et les débats sur les massacres des Arméniens. Il est nécessaire de laisser l’histoire libre s’exprimer et ‘faire ce qu’elle a à faire’ et de ne pas se cacher de l’histoire. » Ben-Simon a conclu en disant : « Si un peuple fait son auto-évaluation [et prend la responsabilité des actes génocidaires commis] ce n’est pas un acte de faiblesse mais un acte de force. »

Nino Abesadze, Parti Kadima :


Abesadze a fait remarquer que nous sommes à trois ans seulement de la date du 100ème anniversaire de la tragédie que constitue le génocide arménien. « Nous, les juifs, devons comprendre l’autre et compatir. Notre attitude ne peut dépendre de considérations politiques. C’est précisément parce que nous avons été un peuple victime que nous ne devons pas manquer de nous identifier avec d'autres peuples victimes. Nous devons être un exemple de tolérance et de respect envers les autres. »

Nissim Zeev, Parti Shas (profession rabbin) :

Nota GPN : Pour ce journaliste, un développement inhabituel et bienvenu lors de cette séance à la Knesset a été que l’un des orateurs, qui finalement a beaucoup soutenu la reconnaissance du génocide, provient d'un parti religieux important – et c’est un fait dont nous n’avons pas souvenir, lors d’aucun débat précédent sur le génocide à la Knesset.


Peu surprenant, ce même député, Nissim Zeev, du parti Shas, profession rabbin, a en réalité commencé ses remarques par une série de déclarations négationnistes traditionnelles comme, « Ceci est un massacre qui est controversé. » Zeev a aussi donné une explication, du moins une partie, du génocide comme étant la réponse turque au soutien arménien à la Russie pendant la Première Guerre mondiale) - un argument qui est le stratagème préféré de la propagande négationniste turque et qui ignore complètement le déroulement du génocide arménien, car déjà à la fin du siècle précédent 200.000 Arméniens avaient été massacrés.

Zeev n’a pu s’en empêcher aussi, mais il a fait un effort, de faire une différence entre la Shoah et le génocide, pour dire que la Shoah – ce qui bien sûr signifie l'holocauste des Juifs – est un crime plus grave qu’un simple génocide. Néanmoins, Zeev a ensuite continué de façon éclatante à décrire la campagne radicale de négation des massacres des Arméniens que mène la Turquie, les sanctions que la Turquie infligent à ceux qui parlent du génocide arménien, comme s’ils étaient des criminels et il a conclu encore plus puissamment : « Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant une tuerie aussi épouvantable - comme la tuerie qui a lieu en Syrie aujourd'hui. » Finalement, Zeev a utilisé le mot génocide : « Nous devons faire tout pour faire cesser de tels génocides, aussi politiquement sensibles que soient les questions concernées. »

Zeev Elkin, Parti Likud, et président du caucus Likoud à la Knesset :

« Nous sommes l’une des dernières nations du monde à ne pas avoir encore reconnu le génocide arménien. C'est notre responsabilité morale, et nous ne l'avons toujours pas endossée. Il y a même eu une bataille pendant de nombreuses années sur le débat même du génocide arménien au sein de la Knesset. Je prie pour que nous achevions maintenant ce processus simple et insignifiant. »

Elkin, un vieux leader politique important, a maintenant exprimé l'espoir précis que la Commission de l’Éducation de la Knesset ira jusqu’au bout du processus. Il a souligné que les considérations politiques pratiques ne sont pas pertinentes. « Des considérations de realpolitik pratiques ne marchent pas. L'État d'Israël en particulier ne devrait pas se conduire sur cette base. »

Elkin a fait remarquer : « Israël affirme fréquemment que le peuple juif a gagné une confirmation morale spéciale sur la validité de son existence après la terrible tragédie de l’holocauste, et aujourd’hui nous ne pouvons pas tourner le dos à un autre peuple. Ne serait-ce qu’en raison de la déclaration d’Hitler : « Qui se souvient encore des Arméniens ? » qu’Israël est obligé de se souvenir. »


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 24 juin 2012 – 07:30 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

Israël et la reconnaissance de l’holocauste arménien - I

Israël et la reconnaissance de l’holocauste arménien - II

Israël, les Juifs et le génocide arménien




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Source/Lien : GPN



   
 
   
 
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