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Turquie : « les enfants d’apostats arméniens »
Publié le : 03-09-2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Un député accomplissant son deuxième mandat au Parlement, représentant le parti au pouvoir, a utilisé l’expression « enfants d’apostats arméniens » clairement comme une insulte, avec mépris. Reconnaissons qu’utiliser le fait qu’une personne soit d’origine arménienne pour la diffamer est l’un de ces réflexes qui doivent encore être surmontés dans les codes cognitifs d’un très vaste segment de la culture sociale de la Turquie.» Le Collectif VAN vous livre la traduction d’un article en anglais paru sur le site turc Hurriyet Daily News le 25 août 2012.

Hurriyet Daily News

Est-ce un crime d’être arménien ?

La suggestion que le terme “butés” aurait dû être utilisé à la place de “rendus inefficaces”, en référence aux terroristes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui sont tués, a suscité plusieurs réactions. C’est le député d’Erzurum, Muhyettin Aksak, du parti au pouvoir AKP, (Parti de la justice et du développement) qui a fait cette suggestion lors des sessions du bayram mardi dernier, dans la province orientale d’Erzurum.

Mais Aksak a fait d’autres déclarations problématiques pendant la même session. Il a aussi dit, après avoir affirmé : « Nos frères kurdes et les membres du PKK ne devraient pas être mis sur le même plan » : « Nous devons faire une distinction entre nos frères Kurdes et eux. Quand nous les regardons (le PKK), ils ne sont rien de plus que des gens (à qui ont a fait un lavage de cerveau), ou les enfants d’apostats arméniens, ou des lâches de Syrie ou d’Iran qui ont infiltré notre pays. »

Les codes de la culture sociale

Un député accomplissant son deuxième mandat au Parlement, représentant le parti au pouvoir, a utilisé l’expression « enfants d’apostats arméniens » clairement comme une insulte, avec mépris.

Reconnaissons qu’utiliser le fait qu’une personne soit d’origine arménienne pour la diffamer est l’un de ces réflexes qui doivent encore être surmontés dans les codes cognitifs d’un très vaste segment de la culture sociale de la Turquie.

Ceci peut aussi survenir fréquemment dans la presse. L’exemple frappant le plus récent d’utilisation des origines arméniennes comme insulte est à trouver dans la campagne de diffamation qui a frappé l’auteur Ali Bayramoglu en juin dernier, dans le quotidien Yeni Şafak.

Un article paru sur le site Internet habervaktim.com, qui sert de site au journal fondamentaliste Vakit, prétendait que Bayramoglu avait des origines arméniennes et que donc il « agissait avec la motivation de sa vraie identité (cachée) » en ce qui concerne les questions kurde et arménienne.

‘Si tu es juif, tu es déjà coupable’

Les personnes ciblées par ce comportement ne sont pas seulement les Arméniens. Il est général et dirigé à l’encontre de toutes les minorités, les Grecs et particulièrement les juifs.
Ainsi, quand la professeure Büsra Ersanli a été arrêtée l’année dernière dans le cadre de l’opération contre le KCK, le journal Vakit a pu considérer que le fait que son ex-mari, le professeur Cem Behar était juif, comme un des facteurs négatifs ayant mené à son arrestation.

Des exemples semblables peuvent vous frapper souvent au quotidien dans notre pays, que nos hommes d’État vantent comme étant une terre de tolérance. Le problème est qu’un tel comportement n’est pas considéré moralement comme un problème dans la vie sociale, et ce, encore une fois pour un vaste segment de la population.

C’est l’une des facettes les plus honteuses du racisme, que des gens qui devraient être reconnus comme des citoyens égaux, tant en ce qui concerne les considérations humaines qu’à un niveau formel, soient méprisés en raison de leur identité ethnique, ou bien que leur identité soit utilisée comme une insulte.

La nécessité d’une loi contre l’incitation à la haine raciale

Ces comportements constituent des délits appelés « incitations à la haine raciale » dans le monde civilisé d’aujourd’hui et ils ont des conséquences sérieuses. De tels délits sont des actes par lesquels une personne ou un groupe est attaqué verbalement ou physiquement en raison de son identité ou de son appartenance à un groupe et ils ont des conséquences différentes d’autres catégories de crimes.

La différence est que lorsqu’une personne est insultée en raison de son appartenance sociale ou de son identité, la victimisation n’est pas limitée à la personne ciblée. « L'effet multiplicateur » produit pas l’élément « haine du raciale » du délit fait que toute personne appartenant au groupe se sent attaquée.

Par exemple, quand un député insulte le PKK en traitant ses membres d’ « enfants d’apostats arméniens », tout Arménien vivant en Turquie se sent insulté. Quand le fait que la professeure Ersanli a eu un mari juif est cité comme une raison de son arrestation, alors tout juif vivant dans ce pays est rabaissé.

Ces exemples, que nous rencontrons fréquemment, offrent un tableau très pessimiste de la distance qu’il nous reste à parcourir dans le combat contre les délits racistes en Turquie. Si une loi sur l’incitation à la haine raciale avait été adoptée en Turquie, alors les auteurs des exemples cités ci-dessus auraient probablement subi de graves conséquences. Si aucune loi ne se profile, il serait au moins approprié que le parti dirigeant fasse un geste pour rassurer les citoyens arméniens vivant dans ce pays, et indique qu’il n’accepte pas les mots de son député d’Erzurum, particulièrement directement après la Fête de Ramadan au cours duquel nous soulignons souvent la valeur de la fraternité.

*Sedat Ergin est journaliste pour le journal Hürriyet, dans lequel cet article a été publié le 24 août. Il a été traduit en anglais par l’équipe du Daily News.

25 août 2012


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 03 septembre – 07:00 - www.collectifvan.org




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Source/Lien : Hurriyet Daily News



   
 
   
 
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