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Affaire Safarov: confession d'un meurtrier raciste
Publiť le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose cet article publié sur Eurotopie, le site de Laurent Leylekian, le 6 septembre 2012.
















Eurotopie

jeudi 6 septembre 2012

Ramil Safarov est un officier az√©ri qui a froidement d√©capit√© √† la hache le lieutenant arm√©nien Gourguen Markarian alors que celui-ci dormait. Le meurtre s'est d√©roul√© lors d'un s√©minaire du "partenariat pour la paix" de l'OTAN qui se tenait √† Budapest en 2004. En 2006, Safarov a √©t√© condamn√© √† une peine de prison de 30 ans incompressible pour son meurtre pr√©m√©dit√©. En 2012, la justice hongroise l'a extrad√© vers l'Azerba√Įdjan o√Ļ il figurait d√©j√† comme "h√©ros national". Aussit√īt arriv√©, le r√©gime de Bakou l'a graci√©, lib√©r√©, financi√®rement r√©compens√© et militairement promu pour son crime.

La d√©position de Safarov le jour de son arrestation n'a √† ma connaissance jamais √©t√© traduite en fran√ßais. Il s'agit pourtant d'un document tr√®s instructif qui d√©montre de mani√®re exemplaire comment le clan Aliev au pouvoir en Azerba√Įdjan a √©duqu√© toute sa population √† la haine raciale. Autopsie gla√ßante d'un meurtre raciste qui vaut condamnation sans appel d'un r√©gime criminel ....

Premier interrogatoire de Ramil Safarov

Ultérieurement, Safarov a rejeté les preuves qu'il a lui-même fournies durant ce premier interrogatoire alléguant d'erreurs de traduction entre lui et l’interprète.


La copie du texte en notre possession n'est pas de bonne qualité et certaines parties n'étaient pas lisibles du tout. Ces parties sont mentionnées ci-après comme "[incompréhensible]". Les données personnelles confidentielles ont été retirées et son marquées comme "[retiré]".

Traduit du hongrois en anglais par Liana Badalyan
Traduit de l'anglais au français par Laurent Leylekian

Note de Laurent Leylekian : les parties en gras et bleu sont soulignées par moi. Les mentions NdT sont de moi également.

Quartier général de la police de Budapest
Département principal de l'inspection
Département de la protection de la vie [traduit en anglais puis en français mot à mot]
Sous-Département de la protection de la vie
Numéro: 136-I-144/2004

Déposition de police sur la mise en examen du suspect

Préparé par le département de protection de la vie, agissant en vertu du paragraphe 166 §1 du code pénal, en raison de la suspicion raisonnable du crime de meurtre de premier degré à l'encontre d'un délinquant inconnu nommé Ramil Safarov à l'occasion de sa mise en examen à Budapest, 31 rue Gyorskocsi, février 2004 à 14h28.

Présents:

Du c√īt√© des enqu√™teurs :

[incompréhensible] Bela

Participants à la procédure et leur statut légal respectif :
Ramil Safarov, délinquant
Dr. Hornyak Gabor, avocat
Timar Zsuzsanna, interprète

Données relatives au délinquant :
Nom : Ramil Safarov
Lieu de naissance, Djebra√Įl, Karabagh, Azerba√Įdjan
Date de naissance : [retiré]
Nom de famille de la mère: [retiré]
Nationalit√©: azerba√Įdjanaise
N¬į de carte d'identit√©:
N¬į de passeport:[retir√©]
Profession: soldat
Lieu de travail :[retiré]
N¬į de t√©l√©phone:
Adresse permanente:[retiré]

[ incompréhensible]
Il est autorisé à faire usage de sa langue maternelle à l'oral comme à l'écrit. Un interprète est employé pour la préparation du rapport de police
Date de la traduction :
Nom :Timar Zsuzsanna
Adresse:
Langue de traduction: russe
L'interprète signe son accord avec les dispositions légales régissant le comportement des interprètes. En accord avec 103 §1.

[Enqu√™teur] : je vous informe qu'en vertu de Be. 179 ¬ß1 vous √™tes mis en examen en tant que d√©linquant parce que, le 19 f√©vrier 2004 √† environ 5h du matin, √† Budapest, X. district, Hongrie krt au 9-11 de l'Universit√© de la d√©fense nationale Miklos Zrinyi, b√Ętiment K, 2√®me √©tage, chambre 218/A, √† l'aide d'une hache, vous avez frapp√© √† la t√™te et au cou, ainsi qu'√† la poitrine, un citoyen arm√©nien nomm√© Gourguen Markarian, qui dormait dans son lit √† ce moment-l√†. En cons√©quence, la personne nomm√©e est morte sur le coup.

Ce crime, selon l'article 166 §1 du code pénal et ses paragraphes a), d), f) est délibérément prémédité, avec une cruauté extrêmement froide, et assorti de la suspicion d'avoir souhaité tuer d'autres personnes.
Je vous avertis que selon l'article Be. 196, vous pouvez nier les faits dont vous êtes suspecté.

[Safarov] : Je comprends ce dont je suis suspecté. Je n'ai aucune objection parce que j'ai commis ces actes.

[Enquêteur] : En vertu de l'article Be. 117 §2, je vous informe que vous n'êtes pas obligé de déposer, qu'à n'importe quel moment vous pouvez refuser de répondre aux questions, mais que vous pouvez choisir les moyens de votre confession même si vous avez précédemment refusé de répondre. Je vous avertis que tout ce que vous direz pourra être utilisé comme preuve.

En vertu de l'article Be. 117 §4, je vous avertis que si vous refusez de déposer, cela ne constituera aucun obstacle à la poursuite de la procédure. Le refus de déposer ne [ incompréhensible]. Je vous informe que si vous déposez et que si votre déposition accuse fallacieusement quelqu'un d'acte criminel, vous commettez le crime de fausse accusation.
En vertu de l'article Be. 179 §3, je vous informe que pouvez utiliser les services d'un avocat ou vous pouvez demander un avocat.
Je vous informe également que dans le cadre de cette procédure, vous devez obligatoirement avoir un avocat et que si vous n'en avez pas sous trois jours, un avocat d'office vous sera commis.
En vertu de l'article Be. 43 §2, vous avez le droit dans le cadre de cette procédure criminelle d'être informé de tout changement de chef d'inculpation et vous devrez être présent quand un expert examine [incompréhensible].
Vous avez le droit de disposer d'un délai raisonnable et de la possibilité de préparer votre défense, de faire des suggestions, des remarques, des réflexions, de prendre des conseils [NdT: peu clair. le mot anglais employé est "remedy"] sur les droits et les obligations mises en place par la procédure criminelle du tribunal, du procureur, des inspecteurs de police. Vous avez le droit de communiquer avec votre avocat et, si vous êtes un citoyen étranger, de prendre contact avec le consul de votre pays avec lequel vous avez le droit d'échanger par oral ou par écrit sans que ces échanges soient surveillés; ce droit vous est conféré jusqu'à l'énoncé de l'acte d'accusation par le procureur, après quoi le tribunal aura le droit de décider dans quelle mesure vous serez autorisé à parler avec des membres de votre famille ou avec d'autres personnes sous surveillance.
En vertu de l'article 43 §5, je vous avertis que vous êtes obligé de fournir une adresse de résidence et de notifier le tribunal ou le procureur de tout changement éventuel d'adresse sous trois jours ouvrés. En cas de manquement, vous serez astreint à une amende.

[Safarov] : je comprends la notification de mes droits et je déclare que je voudrais déposer. Je comprend sl'interprète et je n'ai aucune objection contre elle. Je comprends aussi que durant cette audition, mon avocat le Dr. Gabor Hornyak sera présent.

Autres données relatives au délinquant:
Langue maternelle: azéri
Langues parlées : russe, anglais, turc
Niveau d'éducation: supérieur (université)
Statut marital: célibataire
Enfants mineurs : aucun
Personnes à la charge ou sous tutelle du prévenu : aucun
Prévenu à la charge ou tutelle: non
Revenu mensuel net: Je ne veux pas répondre

[retiré]
[incompréhensible]

Déposition du délinquant

[Safarov] : Pour la question, je voudrais dire que tout remonte √† la guerre du Karabagh contre les Arm√©niens en 1988, apr√®s laquelle il y eu cessez-le-feu, mais personne ne respectait ce cessez-le-feu, mais la vraie trag√©die dont je voudrais parler est ce qui s'est pass√© le 26 f√©vrier 1992 . Ce jour, les soldats arm√©niens ont attaqu√© la zone de Karabki Hodzani [NdT: il s'agit sans doute du massacre de Khodjali imput√© aux forces arm√©niennes par la propagande az√©rie; on sait d√©sormais que le massacre des Turcs Meshkh√®tes de la r√©gion a √©t√© perp√©tr√© par le clan Aliev actuellement au pouvoir en Azerba√Įdjan afin de d√©stabiliser le gouvernement Mutalibov en place au moment des faits] , o√Ļ se trouvaient seulement des civils, notamment des enfants, des femmes et des personnes √Ęg√©es et environ 8000 personnes ont √©t√© tu√©es. Ceci est mon sang, j'appellerais ces gens "ma famille" par la suite. Les Arm√©niens ont occup√© mon lieu de naissance pour un an le 25 ao√Ľt 1993. Je m'en rappelle bien parce que cela s'est pass√© le jour de ma naissance. Je ne sais pas combien de personnes ont √©t√© tu√©es √† ce moment-l√†, mais quoiqu'il en soit, c'est un tr√®s grand nombre. C'est aussi √† ce moment que j'ai perdu une partie de mes proches. Je me suis engag√© dans l'arm√©e en 1991, il s'agissait d'une √©cole secondaire militaire et apr√®s un an, j'ai re√ßu une formation compl√©mentaire en Turquie, o√Ļ j'ai re√ßu le certificat (d'enseignement secondaire et sup√©rieur). Ma seule motivation √©tait de combattre les Arm√©niens et d'en tuer autant que possible. Moi, en tant que soldat az√©ri, j'ai pris les armes dans le but de prot√©ger ma maison, et il y avait aussi d'autres raisons, comme celle du besoin que je ressentais d'une nouvelle arm√©e apr√®s l'effondrement de l'Union sovi√©tique.
[signature]

Dans cette nouvelle arm√©e, tous les soldats sont azerba√Įdjanais [NdT: Safarov veut dire ici qu'ils sont ethniquement az√©ris, excluant ainsi les minorit√©s d'Azerba√Įdjan du corps de la Nation] . Je d√©clare maintenant que je n'ai tu√© aucun autre Arm√©nien, j'ai juste aid√© √† convoyer √† l'h√īpital des soldats bless√©s. En outre, je suis d√©sol√© de n'avoir pas tu√© d'autres Arm√©niens. Mon arm√©e m'a envoy√© √† cette formation et en √©tant ici, j'ai √©t√© confront√© au fait que deux Arm√©niens √©taient en apprentissage avec moi et je dois dire qu'en raison de mon √©motivit√© naturelle [NdT : le terme anglais employ√© est 'effectiveness' ce qui n'a ici aucun sens. Le traducteur a sans doute voulu √©crire affectiveness que je traduis par √©motivit√©], le sentiment d'animosit√© personnelle a cr√Ľ en moi. Au d√©but, nous nous saluions les uns les autres, ou plut√īt ils me disaient "salut", mais je ne l'acceptais pas et le curieux dans toute cette affaire, c'est que lorsque ils marchaient √† mes c√īt√©s, ils marmonnaient quelque chose en arm√©nien et se moquaient de moi. C'est √† ce moment que j'ai d√©cid√© que je tuerai ces deux personnes, les Arm√©niens, je leur couperai la t√™te. La raison en est que les Arm√©niens avaient tu√© les Azerba√Įdjanais de la m√™me fa√ßon. C'est ce que j'ai d√©j√† mentionn√© - le carnage de 8000 personnes par les Arm√©niens s'est pass√© de cette fa√ßon. Je n'ai pas planifi√© d'assassiner les deux Arm√©niens ce jour, mais seulement le 26 f√©vrier, en prenant en consid√©ration la date anniversaire [NdT: de son anniversaire et de la prise de Djebra√Įl par les forces arm√©es arm√©nienne], mais comme ils riaient de moi, mon sentiment d'animosit√© devenait de plus en plus fort et c'est pourquoi j'ai d√©cid√© ce matin-l√† de les tuer tous les deux. C'est pourquoi, hier, le 18, √† environ 19h00, j'ai achet√© une hache pr√®s de Tesco √† Nepstadion . J'ai d√©cid√© de prendre une hache, parce que bien que j'aie eu un couteau, j'ai plut√īt pens√© que je ne devais pas l'utiliser parce que si je les avais transperc√©s avec le couteau, ils auraient pu crier, crier √† l'aide, tandis qu'en frappant leur t√™te √† la hache, ils allaient perdre conscience et ne seraient pas en mesure de crier √† l'aide. Tous ces actes que j'ai commis aujourd'hui, je les ai rumin√©s hier mais comme je l'ai mentionn√© pr√©c√©demment, je comptais assassiner les deux personnes le 26. Je voudrais faire la remarque que j'ai aussi achet√© une pierre √† aiguiser la hache et le couteau.

[Enquêteur] : Vous avez mentionné une hache dans vos réponses comme arme du crime que nous avons récupéré sur les lieux du meurtre. Pouvez-vous nous la dessiner ? [note du traducteur anglais, Mme Liana Badalyan. Cette question est posée car il existe plusieurs termes pour désigner une hache en hongrois]

[Safarov] : je désignerai par le suite sous le terme de "hache" l'outil dessiné. Le manche de la hache faisait environ un mètre de long et la partie métallique était rouge, la couleur de l'arbre lumière [NdT : "light tree en anglais. traduction littérale]. En plus de cela, j'ai acheté une dague (couteau) dont la lame pouvait faire environ 20cm et dont le manche était en plastique noir .Voici le dessin de l'outil que j'ai appelé hache et j'ai remis le couteau à l'inspecteur.

Apr√®s avoir achet√© la hache, apr√®s 19h00, je suis retourn√© √† mon cantonnement √† Hungaria krt. √† la chambre num√©ro 219/AI, j'√©tais seul car mon camarade de chambre - un soldat ukrainien- √©tait reparti chez lui √† cause de la mort de l'un de ses proches. J'ai cach√© la hache, le couteau et la pierre √† aiguiser sous mon lit. Apr√®s cela, j'ai fait mes devoirs d'anglais, j'ai ferm√© ma porte √† cl√© et j'ai commenc√© √† aiguiser (les lames), apr√®s quoi je suis all√© dans le hall pour fumer une cigarette, puis dans la salle de bain. Je me suis lev√© √† 5h du matin et je n'avais pas dormi du tout, et puis j'ai pris la hache et j'ai mis le couteau dans ma poche droite. La raison du choix de cette heure matinale, c'est que selon moi, c'est le moment o√Ļ le sommeil est le plus profond, quand on ne se r√©veille pas au moindre bruit, et je devais aussi √™tre s√Ľr que la personne que je voulais tuer dormait bien en ce lieu, parce que son compagnon de chambre √©tait de nationalit√© hongroise. [NdT : l'ordre des propos est d√©cousu]. Je ne voulais pas le frapper parce qu'il √©tait vraiment sympa [NdT : le Hongrois bien s√Ľr]. Mon objectif √©tait de venir ici en premier, parce que c'√©tait plus pr√®s de ma chambre et apr√®s avoir fini avec celui-ci, je serais parti √† l'autre bout du hall. L'autre raison pour laquelle je voulais commencer par tuer cette personne, c'est qu'elle √©tait muscl√©, plus athl√©tique, et j'ai d√©cid√© de commencer avec lui.

[Enquêteur] : Connaissiez-vous le nom de la personne que vous avez agressée ou de celle que vous vouliez agresser ?

[Safarov] : Je suis apparu au milieu du hall, o√Ļ j'√©tais sur le point de partir, j'ai essay√© d'ouvrir la porte, elle s'est ouverte, elle n'√©tait pas ferm√©e. J'ai allum√© la lumi√®re et j'ai vu les choses suivantes dans la chambre: en en ouvrant la porte sur le lit de gauche, l'Arm√©nien √©tait allong√© face au mur. Le Hongrois √©tait sur le lit de droite, je n'ai pas fait attention √† la fa√ßon dont il √©tait couch√©. Quand j'ai allum√© la lumi√®re, l'Arm√©nien s'est retourn√©, essayant d'ouvrir les yeux, mais alors je l'ai frapp√© avec le plat de la hache sur son front. A ce moment, le Hongrois s'est r√©veill√© et m'a dit: ¬ęS'il te pla√ģt, s'il te pla√ģt, [incompr√©hensible]".

Je lui ai dit "ce n'est pas ton affaire, c'est l'affaire des Arm√©niens et des Azerba√Įdjanais". Apr√®s √ßa, j'ai tourn√© la hache du c√īt√© tranchant et j'ai frapp√© au milieu de son cou, et je ne sais pas o√Ļ d'autre, mais je l'ai frapp√© √† la jambe aussi.

[Enquêteur] : Combien de fois avez-vous frappé avec la hache ?

[Safarov] : Trois fois sur le cou, et si je me souviens bien j'ai frapp√© avec le c√īt√© plat de la hache sur son visage, √† ce moment si je me souviens bien [incompr√©hensible] apr√®s j'ai frapp√© sur son bras et sa jambe. Si je me souviens bien, le nombre de coup peut √™tre environ 6-7 ou peut-√™tre 8 fois mais je ne me souviens pas vraiment.

[Enquêteur] : Dans quelle main teniez-vous la hache ?

[Safarov] : Comme je suis droitier, je la tiens dans ma main droite. Pour r√©pondre √† la question, quand j'ai port√© les coups avec la hache je me tenais √† c√īt√© de la t√™te de l'Arm√©nien. Quand j'ai frapp√© sur son cou avec le c√īt√© tranchant de la hache, je soulev√© la hache au dessus de ma t√™te √† trois reprises [NdT: l'anglais de ce passage est tr√®s approximatif. la traduction se fonde sur le sens probable plus que sur le sens litt√©ral]. Comme le manche de la hache √©tait long, les autres coups ont √©t√© port√©s dans le m√™me mouvement. Pour en revenir au Hongrois, il a couru dans la chambre d'√† c√īt√© et il a r√©veill√© les √©tudiants ouzbeks et ukrainiens, et si je me le rappelle bien, il s'est rendu au poste de s√©curit√© au premier √©tage. Le gars hongrois, √† part me crier dessus ne m'a pas emp√™ch√© de finir ce que j'avais pr√©vu , parce que quand il m'a vu, il √©tait tr√®s effray√© du fait que je l'aie regard√©, il tremblait, il √©tait devenu blanc, mais physiquement, il ne s'est pas interpos√©. Pour r√©pondre √† la question, je portais un chapeau √† bord noir sur moi, un jogging Adidas et des chaussures de sport. J'avais mon couteau dans la poche du pantalon.

Quand j'ai frappé pour la première fois, je l'ai fait en silence, après j'ai commencé à crier sur la victime et au demandeur et à l'insulter [NdT: traduction encore une fois incertaine; le mot anglais employé dans la traduction est "abuse"].

L'enregistrement de police se termine à 16h08
L'enregistrement reprend à 16h15


[Safarov] : Les insultes [NdT : "abusement"] se sont déroulées en russe. Après que le Hongrois soit sorti en courant, j'ai terminé de frapper et j'ai quitté la pièce. Quand je suis sorti, la victime était encore en vie, mais je savais que je lui avais infligé des blessures mortelles, parce que j'avais presque séparé sa tête de son corps.

Je suis sorti dans le hall et j'ai commenc√© √† aller vers l'autre Arm√©nien, mais je ne savais pas exactement o√Ļ se trouvait sa chambre. Deux chambres √©taient ferm√©s √† cl√©, dans le hall il n'y avait personne. J'ai essay√© d'ouvrir et de v√©rifier si elle √©tait vraiment ferm√©e, et j'ai frapp√© √† la porte. A l'une des portes, qui √©tait ferm√©e, quelqu'un a ouvert, il y avait l√† √©galement deux coll√®gues soldats. Autant que je sache, un Ukrainien a regard√© en dehors de la pi√®ce. Je lui ai demand√© o√Ļ l'Arm√©nien dormait, il a dit qu'il jurait ne pas savoir. Apr√®s cela, j'ai commenc√© √† frapper √† la hache l'autre porte ferm√©e, la porte d'en face. J'ai d'abord frapp√© avec le c√īt√© plat de la hache et [incompr√©hensible]. La porte ne s'est pas ouverte, je pense qu'ils l'avaient bloqu√©e de l'int√©rieur. Je lui ai cri√© : ¬ęSort, o√Ļ que tu te caches, je te trouverai", j'ai cri√© en russe.

Apr√®s cela quatre ou cinq √©l√®ves sont apparus dans le hall. L'un des √©tudiants, l'Ouzbek a bondi vers moi et m'a dit de me calmer. Nous avons m√™me allum√© une cigarette, puis un autre √©tudiant azerba√Įdjanais s'est r√©veill√©. Nous sommes all√©s du hall vers le petit espace en face de la chambre. Je tenais la hache √† la main et un camarade albanais est venu et j'ai commenc√© √† lui parler.

Lorsque l'autre type d'Azerba√Įdjan s'est r√©veill√©, il √©tait totalement sous le choc. Il a regard√© la hache et il a vu le sang sur elle et je pense que c'√©tait √† ce moment qu'il a r√©alis√© ce que j'avais fait. Il a commenc√© √† pleurer et apr√®s la police est venue.

Je d√©clare que mon coll√®gue azerba√Įdjanais ne savais rien au sujet de mon plan. M√™me, je ne lui ai rien dit de ce que je voulais faire, parce qu'il a des perspectives s√©rieuses, des buts, des objectifs et je ne voulais pas ruiner sa vie ainsi. On peut imaginer que si je n'avais pas pu commettre ces actes cette-fois, alors, ailleurs et ult√©rieurement , j'aurais fait la m√™me chose. Si il y avait eu plus d'Arm√©niens dans cette √©cole et si j'en avais eu la possibilit√©, je n'aurais pas seulement essay√© de tuer deux personnes, mais j'aurais essay√© de les tuer tous. Cependant, c'√©tait la premi√®re fois et je n'ai pas eu la chance de mieux me pr√©parer pour commettre cette action.
Je suis un soldat depuis 14 ans maintenant, mais je ne peux pas répondre à la question de savoir si j'aurais tué en étant un civil. Je ne me pose pas la question de savoir si je tuerais des Arméniens en étant civil. Mon travail est de les tuer tous, parce que tant qu'ils vivront, nous souffrirons. Ce conflit n'est pas nouveau, il remonte à 100-200 ans.

[Enquêteur] : Avez-vous commis des crimes précédemment ?

[Safarov] : C'était le premier.

[Enqu√™teur] : Dans cette chambre o√Ļ vous cherchiez le second Arm√©nien, la lampe √©tait-elle allum√©e ?

[Safarov] : Non. Quand j'ai frapp√© et que la porte ne s'est pas ouverte, je me suis post√© devant la chambre [NdT : la traduction anglaise est encore √©quivoque. I went out to the front of the room. La traduction est effectu√© selon le bon sens]. Alors les deux √©tudiants ont ouvert la porte de la chambre et apr√®s qu'ils r√©pondirent √† ma question en disant qu'ils ne savaient pas o√Ļ r√©sidait l'Arm√©nien, j'ai allum√© la lumi√®re de la pi√®ce pour me convaincre qu'ils disaient vrai.

[Enquêteur] : Avez-vous frappé la victime avec le couteau que vous aviez, avez-vous utilisé le couteau?

[Safarov] : Je ne l'ai même pas sorti de ma ceinture. Lorsque la police m'a plaqué sur le sol, je leur ai dit moi-même que j'avais un couteau sur moi.

[Enqu√™teur] : Avez-vous fum√© dans cette chambre, o√Ļ vous avez tu√© l'Arm√©nien ?

[Safarov] : Après avoir fini, j'ai allumé une cigarette. J'ai fumé, fumé et puis je l'ai jeté. D'abord, elle est tombée sur la poitrine de l'Arménien, puis de là sur son pyjama.

[Enquêteur] : Pourquoi avez-vous jeté la cigarette sur le corps ?

[Safarov] : Parce que je les d√©teste tellement et que je m'√©tais pr√©par√© pour la vengeance depuis si longtemps, c'√©tait un soulagement pour moi. Dans la mesure o√Ļ je me fous de lui, √ßa ne veut rien dire que j'aie jet√© la cigarette sur le sol ou sur son lit ou dans ses yeux.

[Enquêteur] : Si on avait ouvert la porte ou si vous aviez pu entrer dans la chambre de l'Arménien, alors qu'auriez-vous ? [NdT : on parle maintenant sans doute de la deuxième chambre]

[Safarov] : J'étais dans un tel état d'esprit que je l'aurais tué. Si je l'avais vraiment voulu, j'aurais pu ouvrir la porte. Quand j'ai vu les autres dans le hall, ce sentiment a disparu. En fait, les autres m'ont arrêté. Si ils n'avaient pas été là, j'aurais définitivement fait ce que j'avais prévu.

[Enquêteur] : Est-ce que la victime que vous avez attaquée, a essayé de se protéger de quelque façon ?

[Safarov] : Non, non, il n'a rien fait, car il s'est détourné lorsque j'ai projeté la lumière sur son dos.

[Enquêteur ] : Vouliez-vous le tuer ou le faire souffrir et le tuer de cette façon?

[Safarov] : Ma volonté est que, comme il était un Arménien, sa mère pleure autant que nos mères pleurent quand elles ont perdu leur enfant. L'ensemble était juste une vengeance.

[Enqu√™teur ] : De la fa√ßon dont vous avez fait cela, vous avez d'abord frapp√© avec le c√īt√© plat de la hache et juste apr√®s vous avez utilis√© le c√īt√© tranchant de la hache, vouliez-vous infliger des blessures ou vouliez-vous juste qu'il meure?

[Safarov] : Mon intention √©tait de tuer. Je ne voulais pas causer une blessure grave, je voulais tuer. La raison pour laquelle j'ai frapp√© imm√©diatement √† la t√™te, c'est parce que j'ai vu de tels films o√Ļ la victime meurt d'un coup. Je voulais tout simplement le liquider. M√™me si apr√®s √ßa, devant mes yeux apparurent les images que j'ai pu voir auparavant. En les voyant, j'ai continu√© √† frapper. De plus, je dois l'admettre, quand j'ai allum√© la lumi√®re et j'ai vu d'abord l'Arm√©nien, j'ai voulu faire demi-tour. Mais quand il s'est tourn√© et a voulu ouvrir les yeux, je n'ai pas pu penser √† autre chose. Il se peut que s'il ne s'√©tait pas tourn√©, je n'eusse pas frapp√©.

[Enquêteur ] : Au cours de votre service, avez-vous eu une formation dont le but était d'anéantir les autres physiquement ?

[Safarov] : Tout le monde apprend à se battre en combat rapproché à l'école, comment tuer une personne au couteau, à la main ou par un coup de hache.

[Enquêteur ] : Avez-vous bu quelque chose, de l'alcool ?

[Safarov] : Je ne bois jamais d'alcool. Je suis musulman et je vous demande ici de le prendre en considération.

Je n'ai rien d'autre à déclarer en ce qui concerne cette affaire et je le ne veux pas ; après lecture et traduction, je certifie que ce rapport contient ce que j'ai dit.

[Signatures]

Publié par Laurent Leylekian à l'adresse 16:44


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Source/Lien : Eurotopie



   
 
   
 
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