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İsmail Beşikçi et Memorial Society lauréats du prix Hrant Dink 2012
Publié le :

Turquie Européenne

Légende photo: İsmail Beşikçi - Chercheur, spécialiste d’études kurdes a passé 17 ans en prison à cause des ses travaux.

mardi 18 septembre 2012, par Nil Delahaye

La lutte pour les droits de lÂ’homme est récompensée depuis 2009 en Turquie grâce à une fondation arménienne de Turquie, la Fondation Internationale Hrant Dink. Cette année, le 15 septembre, le Prix International Hrant Dink a été décerné à İsmail Beşikçi et au groupe International Memorial Society.

La Fondation Internationale Hrant Dink, crée en 2007 peu après le tragique assassinat du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, décerne chaque année un prix pour rendre hommage à des individus ou des groupes qui travaillent dans des conditions souvent dangereuses au nom de certaines valeurs humaines.

Cette année, le chercheur İsmail Beşikçi sÂ’est vu décerner le prix Hrant Dink au niveau national. İsmail Beşikçi, est un spécialiste d’études kurdes né en 1939 qui a passé dix-sept années de sa vie dans les prisons turques en raison de ses activités scientifiques. Sociologue et historien, İsmail Beşikçi a écrit trente-six ouvrages sur la question kurde dont trente-deux furent confrontés à des censures et diverses interdictions dans son pays. Son message ; « les Kurdes existent ». A une époque où la recherche sociologique était très liée à la construction idéologique de l’État-nation, il a défendu la réalité scientifique selon laquelle le peuple kurde est une nation différente de celle des Turcs en termes dÂ’histoire, de langue et dÂ’identité ethnique. A lÂ’occasion de sa remise du prix Hrant Dink, le premier prix quÂ’il accepta de recevoir dans sa vie, İsmail Beşikçi a fait un discours dans lequel il est revenu sur les violences de la fin de lÂ’empire Ottoman faites envers les minorités qui composaient la diversité et lÂ’essence même du terroir ottoman. Ainsi, Beşikçi a cité les échanges de population avec la Grèce pour écarter la présence des Roums (Grecs de Turquie) et des peuples du Pont, il nÂ’a pas hésité a utiliser le terme de génocide pour parler des crimes contre lÂ’humanité commis envers les Arméniens et les Assyriens, et il a parlé des plans dÂ’assimilation ethnique des Kurdes. Cette assimilation opérée au cÂœur des plus hautes sphères de lÂ’académie scientifique turque du début de la période républicaine constitua le fer de lance de la lutte de Beşikçi au nom de la reconnaissance de la diversité. Le spécialiste des études kurdes a aussi mis lÂ’accent sur le fait que les biens immobiliers aujourdÂ’hui aux mains de la bourgeoisie turque et kurde sont toutes les propriétés que les minorités chrétiennes laissèrent en partant.

Le prix au niveau international, quant à lui, fut décerné au président du groupe Memorial Society Alexander Cherkasov pour le travail de son organisation. Memorial s’engage depuis 1990 à archiver et à faire la vérité sur les crimes contre l’humanité commis durant toute la période soviétique en Russie et dans le Caucase. Durant son discours de remerciement, Cherkasov a dénoncé les continuelles menaces qui pèsent sur les droits de l’homme aujourd’hui encore en Russie, notamment avec le meurtre en 2009 de sa collègue, Natalia Estemirova en raison de ses recherches sur les violations des droits de l’homme en Tchétchénie, ou encore avec la condamnation du groupe de musiciennes moscovites Pussy Riot cette année.

Le jury présidé par le journaliste Ali Bayramoğlu était composé cette année du directeur de publication du journal turc Taraf Ahmet Altan précédemment lauréat, de lÂ’historien et journaliste britannique Timothy Garton Ash, de la femme politique italienne Emma Bonino, de lÂ’activiste pour les droits des victimes de trafic d’êtres humains et journaliste mexicaine Lydia Cacho ancienne lauréate, de Rakel Dink la veuve de Hrant et présidente de la fondation Dink, du réalisateur Costa Gavras, de la sociologue Nilüfer Göle, du chercheur arménien Alexander Iskandaryan, ainsi que du journaliste turc dÂ’origine arménienne Etyen Mahçupyan. Ce comité composé dÂ’intellectuels de Turquie et dÂ’ailleurs a choisit cette année de récompenser des activistes dont lÂ’audace et le courage a permis à ces individus de continuer à lutter dans le sens de leurs convictions profondes.

Les autres nominés, appelés « les lumières », furent également reconnus pour leurs courageuses actions à travers le monde. Parmi eux, le village palestinien Bil’in acclamé pour sa résistance à l’occupation israélienne, la fondation hongroise Romedia qui vient en aide aux citoyens Roms d’Europe, la présidente du groupe indien d’aide aux victimes de trafic d’êtres humains Rescue Foundation Triveni Acharya, l’Ougandais James Kityo qui a construit des abris bus informatifs pour la santé des femmes dans Kampala, l’initiative de soutien aux étudiants emprisonnés en Turquie, le groupe d’Istanbul des familles d’individus LGBTT, ou encore la campagne de sensibilisation « Van, tu n’es pas seul » développée après le séisme qui détruisit la ville. Pour la première fois cette année, la cérémonie était diffusée sur internet en direct. Plus d’informations sur la cérémonie, les participants ou la fondation Hrant Dink sont disponibles sur le lien http://www.hrantdinkodulu.org/.




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Source/Lien : Turquie Européenne



   
 
   
 
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