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Génocide arménien : l’analyse de l’éditeur turc Ragip Zarakolu
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « La seule méthode pour empêcher la formation d’un État arménien était de nettoyer ce peuple de son territoire historique. » Ragip Zarakolu qui, après avoir passé récemment plusieurs mois dans une prison turque de haute sécurité, risque toujours une condamnation de 15 ans d’emprisonnement, a publié un article courageux : il y décrit l’anéantissement programmé des Arméniens de l’Empire ottoman en 1915 comme étant le moyen d’éradiquer toute possibilité d’auto-détermination pour eux, leur extermination étant destinée à favoriser la création de l’Etat-nation turc sous sa forme actuelle. Zarokolu doit comparaître ce lundi 1er octobre 2012 à Silivri lors de la nouvelle audience du procès intenté par l’Etat turc à son encontre dans le cadre des « Procès KCK ». L’éditeur turc, pressenti pour le Prix Nobel, ne se laisse pas intimider et n’hésite pas à dénoncer les propos tenus par l’ancien ministre turc de la Défense Vecdi Gönül à l’Ambassade de Turquie à Bruxelles en 2008, à l’occasion du 70e anniversaire de la mort de Mustafa Kemal, propos qui sont - ni plus ni moins - de l’apologie de génocide.

Gönül justifiait en effet l’anéantissement des chrétiens de Turquie en ces termes : « Serait-il possible aujourd’hui de maintenir le même Etat national si l’existence de Grecs dans la région égéenne et d’Arméniens dans plusieurs régions de Turquie avait continué comme avant ? Souvenez-vous : avant la République, Ankara était constitué de quatre secteurs, juif, musulman, arménien et grec… Quand j’étais gouverneur à Izmir, je me suis rendu compte que la Chambre de commerce avait été fondée uniquement par des non-musulmans. Il n’y avait pas un seul Turc parmi eux. »

Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’article de Ragip Zarakolu, paru en anglais sur le site The Armenian Weekly le 9 août 2012.



Légende photo : L’éditeur turc Ragip Zarakolu comparaîtra ce lundi 1er octobre 2012 à Silivri (Turquie). Il risque jusqu’à 15 ans de prison. Pour « terrorisme ». C'est-à-dire, en Turquie, pour avoir utilisé son droit à la liberté d’expression…


Armenian Weekly

Zarakolu : Le génocide arménien, ou comment empêcher l’autodétermination d’un peuple

Posté par Ragip Zarakolu le 9 août 2012 dans Opinion

L’attitude officielle par rapport au génocide arménien et à la pratique systématique des purifications ethniques en Anatolie, a atteint un nouveau stade avec une déclaration récente de Vecdi Gonul, l’ancien ministre turc de la Défense nationale, comme quoi si ces événements tragiques n’avaient pas eu lieu, l’actuelle République de Turquie n’aurait pas pu voir le jour. Si répugnants que soient ces propos, nous devons admettre qu’ils sont beaucoup plus honnêtes que la « négation » totale et qu’ils impliquent un « aveu » de ce qu’il s’est passé.

Cependant, le fait que ces tragédies soient considérées comme étant nécessaires, et même indispensables à la « construction d’un État-nation », déclaration accompagnée d’un défi du genre « C’est à prendre ou à laisser », comprend aussi un élément implicite « de menace » : « Nous l’avons déjà fait, donc, vous feriez mieux de faire attention, sinon nous le referons ! »

Si cet « aveu » avait été complété par une excuse, comme l’écrit Ahmet Insel dans le journal Radikal, il aurait pu offrir une ouverture positive.

« Aujourd'hui, il incombe à l’État turc de présenter des excuses », écrit-il. « Nous qui continuons à vivre sur ce territoire, devons présenter des excuses, car ce serait un acte d’humanité envers les Arméniens [et d’autres - RZ] pour ce qu’il s’est passé (“An Apology Is Now a Must,” Radikal Iki, Nov. 16, 2008, p. 1).

Dans ce contexte, je voudrais attirer l'attention sur deux livres publiés récemment [NdT. en turc], qui facilitent tous les deux l’étude et la compréhension du génocide arménien - l’un des événements les plus tragiques de l’histoire de l’homme – et qui touchent à la question nationale et à l’exercice du droit à l’autodétermination : il s’agit de l’œuvre maîtresse de Vahakn N. Dadrian, The History of the Armenian Genocide: Ethnic Conflict from the Balkans to Anatolia to the Caucasus* (publié en turc sous le titre Ermeni Soykirimi Tarihi/Balkanlardan Anadolu ve Kafkasya'ya Etnik Catisma, éditions Belge Uluslararasi Yayincilik en 2008) et The Turks and Us (les Turcs et nous) de Shahan Natalie, célèbre pour « l’Opération Nemesis » (le livre a été publié en turc sous le titre Biz Ermeniler ve Turkler par Peri Yayinlari, également en 2008). Ces ouvrages ne fournissent pas seulement une occasion de comprendre 1915, mais également les périodes antérieure et postérieure. La remarque de Shahan Natalie « Les Turcs ont réussi à construire une nation », est intéressante, pourvu que l’on se pose la question « À quel prix ? »

En étudiant la tragédie arménienne de 1915, il serait utile, si l’on souhaite mieux appréhender le sujet, d’examiner la question du point de vue « de la construction des nations », de « l’autodétermination » et des articles fondamentaux de la Convention sur les génocides.

« La question arménienne » illustre au mieux la méthode consistant à laisser pourrir un problème plutôt que de le résoudre. Dans un certain sens, c’est l’un des derniers d’une longue liste, nés de la dissolution de l'Empire ottoman qui a duré deux siècles.

Si les peuples des Balkans sont entrés dans le processus de formation de leurs nations plus tôt, c’est-à-dire à partir du début du XIXe siècle, en partie sous l’influence de la Révolution française, ce processus a été d’actualité beaucoup plus tard pour les Arméniens et les Turcs eux-mêmes. Cependant, dans ce dernier cas, la réussite de l’un, en un sens, a été obtenue au prix de la disparition de l’autre.

Ainsi, alors que le processus arménien de formation de la nation a commencé avant celui des Turcs, il a été tardif comparé à celui des Grecs, des Serbes et des Bulgares. D’autre part, une difficulté importante est venue du fait que le peuple arménien était déchiré entre deux empires despotiques [Nota CVAN : l’Empire ottoman et l’Empire tsariste]. Cette division a eu un impact jusque sur la langue : la langue arménienne s’est développée en deux branches différentes, l’arménien occidental et l’arménien oriental.

Le modèle de la construction de la nation arménienne était celui en cours dans les Balkans, modèle qui devait, en pratique, servir aussi à la construction de la nation turque. De ce fait, le caractère tragique des relations entre les peuples des Balkans devait atteindre son apogée sur le territoire anatolien, et un ancien peuple autochtone allait presque être arraché de force de ses espaces de vie et être soumis à une purge. Cette purge ne resterait pas limitée à la purification ethnique, mais en viendrait à inclure tout l’espace culturel.

Le résultat désiré était de prouver que le peuple arménien n’avait jamais vécu sur ce territoire.

Ceci, bien sûr, constitue un cas typique de génocide avec purification ethnique.

À la suite de la révolution de 1908 - tentative de révolution démocratique qui allait néanmoins s’arrêter à mi-parcours - les leaders politiques et les organisations du peuple arménien ont opté pour la « coexistence ». Ils ont établi des alliances politiques avec des partis ottomans et se sont présentés aux élections sur des listes communes. Cependant, la fragilité des projets en vue d’un avenir commun dans l’arène politique ottomane et l’impossibilité de les transformer en réalité, ont fait resurgir les anciens problèmes.

Les efforts de socialistes des Balkans tels que Benaroya, pour mettre à l’ordre du jour des modèles tels qu’une « fédération », afin d’ouvrir la voie à un avenir commun, et la défense de l’idée de « décentralisation », (c'est-à-dire, l’autonomie de certains groupes) n’ont malheureusement pas eu grand écho dans le pays. C’était la période de la construction des nations, de la construction d’États unitaires, quel qu’en fût le coût. Certains intellectuels arméniens ont adopté une attitude amicale envers l’approche de l’association Turc Ocaklari (les Foyers turcs) dont l’objectif était la construction de la nation. Le grand musicien Komitas a essayé, par exemple, d’étendre à ces milieux le soutien à la recherche d’une identité nationale par la musique, car ces gens croyaient que des identités distinctes pouvaient coexister. Jusqu’à cette année maudite de 1914. Pourtant, dans un empire multinational où la cohabitation géographique était la règle, la formation d’un État national unitaire ne pouvait se fonder que sur des campagnes de purification ethnique. Et pour la défense du droit à l’autodétermination et à la séparation, il fallait qu’un groupe ait une certaine taille au sein de la population, une majorité.

La guerre russo-ottomane et les guerres balkaniques ont abouti à des vagues de migration forcée du Caucase et des Balkans vers l’Anatolie. Les États balkaniques nouvellement formés, en particulier, étaient fondés sur des politiques de renforcement du tissu national en forçant les « autres » à l’émigration par le biais de politiques de massacres et de violence, et en assimilant les populations restantes.

En Macédoine, aucun groupe ethnique n’avait de pluralité décisive. C’était une région convoitée par trois États-nations différents, serbe, bulgare et grec. Le fait que les différentes ethnies ont chacune formé leur propre groupe de partisans a mené non seulement à des luttes entre l’État ottoman et ces groupes, mais aussi entre eux. À la fin, la Macédoine a été divisée entre ces trois États et chaque groupe a chassé les autres, dissolvant ce qu’il en restait dans le creuset national.

Le manque total d’ordre public dans les Balkans a forcé les Ottomans à accepter que les puissances européennes assument le rôle de gendarme sur la péninsule. Une situation d’anarchie similaire existait aussi en Anatolie orientale, en ce qui concernait les Arméniens.

En 1914, le gouvernement ottoman a consenti, sous la pression des grandes puissances et en particulier de la Russie, à initier en Anatolie orientale, densément peuplée par les Arméniens, un programme de réformes semblable à celui mis en œuvre en Macédoine. Ceci a déclenché la panique dans le gouvernement ottoman : l’Anatolie elle-même allait être perdue. D’autre part, il y avait un besoin d’espace pour la grande vague de migrations des Balkans.

Le pays était ravagé par une crise économique suite aux guerres balkaniques, et le gouvernement était en faillite. Pour sa part, la grande armée ottomane, qui avait récemment été modernisée, avait subi des défaites humiliantes infligées par les États balkaniques nouvellement formés, défaites qui avaient même déconcerté l’Occident. Le fait que les Albanais, qui comptaient parmi les sujets les plus loyaux du sultan, aient surmonté leur division religieuse pour se révolter, et ce pour la première fois, avait donné à ces petits États la possibilité de regrouper leurs forces et le courage d’agir.

Le Comité Union et Progrès (CUP) a confié aux Allemands la tâche de réorganiser l’armée ottomane dévastée, et, en instaurant une politique de violence impitoyable dans l’armée, a essayé d’établir une discipline apparentée aux méthodes prussiennes.

Les Arabes, suivant l’exemple des Albanais, ont également commencé à exprimer leurs exigences avec véhémence. Les Kurdes, quant à eux, ont persisté à rester loyaux au califat.

Le CUP s’est extirpé de ces problèmes entremêlés en entrant dans la Première Guerre mondiale, sous le commandement militaire allemand. C’est un fait avéré que les leaders arméniens ont essayé de persuader ceux du CUP d’abandonner cette orientation, simplement parce que celle-ci devait nécessairement mettre les Arméniens dans une situation difficile. Entretemps, les leaders du CUP ont suspendu les réformes concernant les Arméniens, en prenant l’effort de guerre comme excuse. Les Arméniens, selon l’argument avancé, pouvaient forcer la population musulmane à émigrer et pourraient alors imposer leur droit à l’autodétermination.

D’autre part, des forces importantes de l’armée ottomane ont été décimées en raison des dures conditions hivernales dans les montagnes Allahuekber, suite à une campagne menée par Enver Pacha lui-même. La seule méthode pour empêcher la formation d’un État arménien était de nettoyer ce peuple de son territoire historique. Cela a signifié la déportation d’un peuple dans son entier, y compris les femmes, les personnes âgées et les enfants, envoyés en exil dans le désert syrien. L’excuse fournie pour cet exil obligatoire était « les révolutionnaires arméniens » ; autrement dit, ce sont « les révolutionnaires » qui ont été tenus pour responsables de ce qui est arrivé à leur propre population. Il est intéressant de noter que l’explication officielle fournie au monde entier en 1916, a constitué, et constitue encore aujourd’hui, la substance générale de ce que la Turquie présente pour sa défense.

Bien sûr, il est vrai que quelques organisations arméniennes avaient leurs groupes de partisans et que ceux-ci ont organisé des actions. Mais, contrairement à ce que la position officielle prétend jusqu’à aujourd’hui, cela ne pourra jamais légitimer l’anéantissement total des civils. Aujourd’hui, même des forces insurgées, sans parler des civils, ont des droits et un statut dans le cadre des Conventions de Genève.

D’autre part, nous connaissons l’existence de soldats arméniens et d’officiers qui ont servi dans l’armée ottomane jusqu’à la fin de la guerre ou qui sont morts à Gallipoli ou dans les montagnes Allahuekber. À tel point qu’à son retour à Istanbul après la débâcle, Enver Pacha a publié une déclaration louant l’héroïsme des soldats arméniens.

L’accusation de « trahison » lancée contre un peuple entier, sur la base d’agissements de certains groupes, et la déportation forcée de ce peuple, effectuée d’une manière qui le détruirait nécessairement, ne peut pas être comprise sans la logique de purification ethnique qui se cache derrière.

Pour citer un exemple simple, on n’a pas, en utilisant les actions du PKK comme excuse, soumis la population kurde entière à un type de déportation qui ne laisserait qu’une poignée de survivants. Même ce simple exemple montre que tenir les révolutionnaires arméniens pour responsables de la déportation de 1915 n’est guère convaincant.

Construire une nation est le processus qui produit le nombre le plus élevé de victimes dans ce monde. C’est aussi la création d’une seule identité dans un creuset, une chose fictive. Benedict Anderson analyse les processus de construction des nations, en particulier dans le contexte post-Seconde Guerre mondiale, et ce qu’il en a coûté. La souffrance, l’exil et les massacres subis pendant la formation des États-nations des Balkans en témoignent. Dans un certain sens, c’est le peuple arménien qui a payé au prix fort tout ce processus dans les Balkans.

Sur la base d’une perspective mécanique de l’histoire, les dirigeants de la Turquie pensaient que le processus en œuvre dans les Balkans allait être suivi par la construction de la nation arménienne. Les responsables avaient accepté l’idée de pertes humaines et de massacres, mais personne n’imaginait que cela allait se transformer en génocide.

Les leaders du CUP ont voulu exclure la possibilité de l’établissement de l’Arménie, au cas où l’État ottoman perdrait la guerre. Mais comment un peuple qui a été physiquement décimé fonderait-il un État ?

D’autre part, on considérait l’Arménie comme une « nuisance » au milieu de l’empire convoité, appelé Touran. Le Traité de Sèvres, signé après la guerre, comprenait une Arménie plus grande à côté d’un petit Kurdistan.

Mais comment établir un État sans son peuple ? De fait, ceci est la réelle raison expliquant pourquoi le Traité de Sèvres était mort-né.

Par conséquent, la méthode du CUP pour résoudre la question arménienne a été, dans les limites de sa propre logique, fructueuse. Et elle a aussi ouvert la voie à la fondation de l’État-nation turc. À un ambassadeur qui parlait toujours de la question arménienne en 1916, la réponse de Talaat Pacha a été « Une telle question n’existe plus » (Cf. Taner Akcam, Ermeni Meselesi Hallolunmustur, Iletisim Yayinlari, 2008). On peut se demander si c’était une méthode basée sur l’intuition contre le droit à l’autodétermination, ou si les leçons des Balkans et les massacres commis par l’impérialisme allemand en Afrique occidentale avaient servi de modèle.

D’un point de vue militaire, la déportation arménienne ne peut qu’être qualifiée d’opération « excellente ». Quand vous regardez les cartes affichant les routes de migration forcée, vous pouvez percevoir la contribution du militarisme prussien à la préparation de ces plans. Vu leur débâcle dans les Balkans, il ne paraît guère crédible que les aventuriers du CUP aient pu exécuter seuls une telle opération.

On peut vraiment se demander dans quelle mesure l’expérience des atrocités commises par l’armée coloniale allemande en Afrique occidentale a eu un impact sur tout cela. Est-ce pure coïncidence si de nombreux officiers allemands, qui étaient commandants dans l’armée ottomane, ont plus tard participé à l’instauration du fascisme en Allemagne et au Putsch de la Brasserie mené par Hitler en 1923? Les militaires allemands auraient pu arrêter la déportation, s’ils l’avaient voulu. Au contraire, lors des opérations militaires à Zeitoun, Ourfa et Van, où les Arméniens ont opposé une résistance partielle, les soldats allemands ont activement pris part aux événements qui se déroulaient, et n’ont rien empêché.

Mais la dépopulation de ce territoire était conforme aux vœux de nombreuses puissances coloniales. La droite allemande voulait que l’Anatolie soit ouverte à l’implantation allemande à l’avenir (Cf. Lothar Rathmann, Alman Emperyalizminin Turkiye'ye Girisi, traduction Ragip Zarakolu, 2e édition, Belge Yayinlari, 1992).

Pour sa part, quand en 1916 le tsar russe s’est emparé de l’Anatolie orientale, il a décidé d’installer des Cosaques dans la région, pour remplacer les survivants Arméniens, ce qui a bien sûr créé une grande consternation parmi les intellectuels arméniens.

S’il n’y avait pas eu la Révolution soviétique, l’Arménie ne serait pas née. De même qu’il aurait été très difficile pour un État comme la Turquie de naître. Ce n’est pas la moindre des ironies de l’histoire, si c’est cette même révolution de 1917 et le nouvel équilibre international des forces qu’elle a entraîné dans son sillage, qui a permis à ces deux États, qui ne se reconnaissaient pas officiellement, d’exister.

Pour résumer, si vous examinez la Convention de l'ONU sur les génocides, vous verrez nécessairement que tous les éléments fondamentaux se retrouvent dans le cas arménien. Les politiques menées par le CUP, d’autre part, rappelaient celles d’un parti proto-fasciste. Autrement dit, c’était un cas de fascisme avant la lettre. Précisément de la même façon que la perpétration de facto du génocide en 1915, a eu lieu avant que le concept de « génocide » ne soit créé.

Le résultat final est que la région anatolienne a perdu ses filles et ses fils arméniens. L’opération de purification ethnique a été plus tard étendue à la destruction des bâtiments historiques et même aux cimetières. Comment un peuple qui n’a pas existé, qui n’a même pas laissé une trace derrière lui, pourrait-il réclamer ses droits ?

Pour conclure, la base matérielle nécessaire à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple arménien a été détruite. Ce n’est pas pour rien qu’à la veille de l’invasion de la Pologne en 1939, Hitler a posé cette question lors d’une réunion : « Qui se souvient aujourd’hui des Arméniens ? » (Cf. Kevork Bardakciyan, Hitler ve Ermeni Soykirimi, éditeur : Ragip Zarakolu, Istanbul, 2006).

* Vahakn Dadrian Histoire du génocide arménien: Conflits nationaux des Balkans au Caucase. Traduit de l'anglais par Marc Nichanian. Paris: Stock, 1996

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 15 août 2012 – 09:10 - www.collectifvan.org


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Source/Lien : Armenian Weekly



   
 
   
 
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