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Affaire Hrant Dink : un assassin dans la mouvance nationaliste
Publié le :






























Oguz Samast, 17 ans, a avoué dimanche matin être le meurtrier du journaliste Hrant Dink, la voix des 60 000 Arméniens de Turquie qui depuis des années se battait pour une reconnaissance du génocide de 1915 • Il est chômeur et proche des groupes nationalistes •

Par Marc SEMO

LIBERATION.FR : dimanche 21 janvier 2007

Filmé par les caméras de surveillance au moment de l'assassinat et dénoncé par son propre père, Oguz Samast, 17 ans, interpellé dans la nui de samedi à dimanche a avoué dimanche matin être le meurtrier du journaliste Hrant Dink, la voix des 60 000 Arméniens de Turquie qui depuis des années se battait pour une reconnaissance du génocide de 1915.

Ce chômeur proche de groupes nationalistes, a été arrêté tandis qu'il regagnait Trabzon (nord-est), sa ville d'origine, en possession de l'arme qui a tiré les les coups de feu vendredi à Istanbul sur le directeur de l'hebdomadaire Agos.

Ahmet Gökçinar procureur général de Samsun, où a été arrêté le jeune homme, a confirmé que celui-ci a «admis avoir commis le crime» au cours d'un interrogatoire préliminaire réalisé avant son transfert à Istanbul. Six autres personnes, soupçonnées d'être impliquées dans l'assassinat, ont été arrêtées à Trabzon, et quatre d'entre elles ont été transférées à Istanbul dimanche.

Parmi elles figure un ami de Samast, Yasin Hayal, qui a passé 11 mois en prison pour un attentat à la bombe contre un restaurant McDonald's. Selon le quotidien Milliyet, Samast aurait affirmé à la police que Hayal l'avait encouragé à tuer Hrant Dink et lui avait donné l'arme utilisée pour le meurtre.

Plusieurs aspects de ce ce crime qui a profondément secoué la Turquie rappellent l'assassinat en février 2006 du prêtre catholique italien Andrea Santoro tué à Trabzon par un adolescent fanatisé aux cris d'Allah Akbar. Le grand port de la mer Noire est depuis des années un des principaux fiefs de l'ultra-nationalisme turc qui recrute facilement des sicaires parmi les jeunes paumés d'une ville d'un million d'habitants en plein marasme.

En avril dernier des émeutes avaient éclaté aprés l'arrivée de militants d'extrême gauche venus diffuser des tracts de soutiens à des «prisonniers politiques» en grève de la faim. «L'amour des habitants de Trabzon pour le drapeau et la patrie est ausis fort que celui qu'ils ont pour Dieu» répéte dans ses interviews Huseyin Yavuzdemir gouverneur de Trabzon.

La crise des dernières années a encore accru les tensions et le nombre des crimes de sang. «Ils ont presque doublé en un an et sont le plus souvent le fait de jeune de 15 à 25 ans complètement perdus et prêts à tout» soulignait récemment Mehmet Sent le président du barreau. Les bandes mafieuses prospèrent.

Il y a dans la ville encore plus nettement que dans le reste du pays un climat général de haine ethnique contre les chrétiens et les minoritaire suspects «de vouloir démembrer le pays». «Ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu'il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant (...) le nationalisme d'Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes» écrit Ismet Berkan dans sa tribune du quotidien turc libéral Radikal.

L'assassinat d'Hrant Dink avait été unanimement condamné en Turquie. «En tant que nation, nous sommes face à une provocation ouverte et odieuse. Je déclare une fois de plus, en réplique aux provocateurs qui ont du sang sur les mains, que les balles tirées sur Hrant Dink l'ont été sur nous tous» avait repété le premier ministre Recep Tayyip Erdogan devant les militants de son parti, l' AKP, issu du mouvement islamiste. Un pays sous le choc commence à réfléchir et à remettre en question certaines de ses certitudes. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies vendredi soir pour dénoncer le meurtre, scandant "Nous sommes tous Arméniens, nous sommes tous Hrant !".

© Photo : Collectif VAN





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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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