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¬ę Le peuple fran√ßais doit d√©couvrir le vrai visage de la diaspora arm√©nienne ¬Ľ
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L'interview du 22 janvier 2013 de Mirvari Fataliyeva, Pr√©sidente de la Maison de l'Azerba√Įdjan √† Paris, lors de l'√©mission Politika sur la radio n√©gationniste franco-turque MIT, a retenu toute notre attention. L'association La Maison de l'Azerba√Įdjan a √©t√© r√©activ√©e fort opportun√©ment en septembre 2012 : le Pr√©sident az√©ri Ilham Aliyev venait de gracier et de recevoir en h√©ros √† Bakou, Ramil Safarov qui avait d√©capit√© dans son sommeil un coll√®gue arm√©nien de l'OTAN lors d'un stage en Hongrie. Ce faisant, Aliyev avait g√©n√©r√© une vague de protestation mondiale : il √©tait urgent d'inverser la tendance afin de redorer l'image de la dictature az√©rie.

De l'interview de Melle Fataliyeva, on retiendra surtout la volont√© turco-az√©rie de contrer, en France, les ¬ę mensonges ¬Ľ de la diaspora arm√©nienne: ¬ę Les Arm√©niens appliquent la politique dite de la victime dans le monde entier alors que c'est nous qui avons subi les cons√©quences de diff√©rents massacres ¬Ľ.

Le pseudo ¬ę g√©nocide de Khodjaly ¬Ľ y est qualifi√© d' ¬ę horreur sans nom ¬Ľ par l'animateur qui, rappelons-le, r√©fute l'existence du g√©nocide arm√©nien de 1915. Il ne croit pas si bien dire car tous les t√©moignages - y compris celui du Pr√©sident azerba√Įdjanais de l'√©poque - concordent pour dire que les habitants az√©ris de Khojaly ont √©t√© fauch√©s par les soldats (r√©guliers ou non) de leur propre Etat.

Khodjaly, r√©guli√®rement d√©sign√© sur les sites n√©gationnistes ¬ę turciques ¬Ľ comme l‚ÄôŇďuvre des ¬ę barbares arm√©niens ¬Ľ est, depuis quelques ann√©es, instrumentalis√© pour masquer les pogroms commis par l'Azerba√Įdjan contre les Arm√©niens de Soumga√Įt, Kirovabad, Bakou et Maragha ainsi que l'emprisonnement du journaliste az√©ri Eynulla Fatullayev, qui avait os√© dire la v√©rit√© sur Khodjaly.

Mirvari Fataliyeva appelle clairement √† ¬ę la Solidarit√© entre Turciques ¬Ľ, √† savoir ¬ę la synergie et l'entraide entre les organisations turques et turciques (azerba√Įdjanaises, chypriotes-turques, turques d'Asie centrale) d'Europe occidentale ¬Ľ.

Ce qui se dessine ressemble √† s'y m√©prendre √† un nouveau Panturquisme ou Pantouranisme, estampill√© XXIe si√®cle et adapt√© √† la sauce europ√©enne, mais toujours dirig√© contre l'entit√© minoritaire d√©rangeante : ces fameux Arm√©niens coupables de tous les maux, et pr√©tendument ¬ę majoritaires ¬Ľ en France. Ils faisaient d√©j√† obstacle au r√™ve d'une Grande Turquie en restant accroch√©s (pauvres fous !) √† leurs territoires mill√©naires et on les retrouve d√©sormais dans tous les pays o√Ļ la politique g√©nocidaire de Talaat Pacha, le "Hitler" turc, les a dispers√©s il y a pr√®s d'un si√®cle.

La ¬ę strat√©gie ¬Ľ annonc√©e laisse supposer que les p√©trodollars az√©ris, coupl√©s √† la force de frappe de l'Etat turc, vont √™tre employ√©s √† soutenir √©nergiquement des √©v√©nements ¬ę culturels ¬Ľ, qui seront en r√©alit√© destin√©s √† imposer insidieusement dans l'espace citoyen de la R√©publique fran√ßaise, le double-n√©gationnisme de la Turquie et de l'Azerba√Įdjan. Tout est fait pour inverser l'Histoire, pr√©senter l'Arm√©nie et les Arm√©niens comme des agresseurs, et faire des Turcs et des Az√©ris les victimes r√©elles de guerres et de massacres pluriels.

C'est le sens des commémorations qui ont lieu ces jours-ci un peu partout dans le monde, et à Paris en particulier. La mémoire des innocentes victimes de Khojaly, tombées pour satisfaire les desseins de leurs politiciens, mériterait de recevoir un autre hommage que l'entreprise de mystification mise en place par Bakou et Ankara.

Rappelons que l'√©crivain azerba√Įdjanais Akram Aylisli est actuellement menac√© de mort dans son propre pays pour avoir publi√© un roman d√©crivant les massacres perp√©tr√©s par les Turcs et les Az√©ris (Tatars) contre les Arm√©niens. Un d√©put√©, Melahet Ibrahimqizi, a d√©clar√© : "Il a non seulement insult√© les Azerba√Įdjanais, mais √©galement toute la nation turque". ¬ę Tous les Turciques ¬Ľ comme dirait sans doute Mirvari Fataliyeva, Pr√©sidente de la Maison de l'Azerba√Įdjan √† Paris.


Collectif VAN
[Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]

BP 20083 - 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Bo√ģte vocale : +33 (0)1 77 62 70 77
Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org


Voici les propos de cette derni√®re dans les extraits d'une transcription non officielle de l'√©mission Politika du 22/01/13 de la Radio Made in Turkey (domicili√©e en r√©gion lyonnaise), faite ¬ę √† la vol√©e ¬Ľ par le Collectif VAN. Nous vous invitons √† √©couter le podcast de l'√©mission pour prendre connaissance de l'exacte teneur des propos qui y ont √©t√© tenus.


Pour accompagner cette lecture, il est bon de visionner un reportage sous-titr√© en anglais qui donne la parole aux acteurs pr√©sents sur le terrain du conflit du Haut-Karabagh en f√©vrier 1992 (journalistes, hommes politiques, combattants). La vid√©o, r√©cemment post√©e sur YouTube, retrace avec pr√©cision la prise de Khodjaly par les combattants arm√©niens et montre la responsabilit√© du Front Populaire d'Azerba√Įdjan dans le massacre pr√©m√©dit√© de la population civile az√©rie.

Between hunger and fire: power at the expense of lives (Nagorno Karabagh)


D'autres vidéos sont disponibles sur :

Genocide1990Baku


R E T R A N S C R I P T I O N


Mardi 22 janvier 2013 : Emission Politika de la Radio Made in Turkey [Villeurbanne]

Invit√©e : Mirvari Fataliyeva, Pr√©sidente de la Maison de l'Azerba√Įdjan

MIT : ¬ę Cette √©mission est consacr√©e √† la synergie, √† la solidarit√© entre Turcs et Turciques. Vous √™tes citoyenne azerba√Įdjanaise. Les Azerba√Įdjanais brillent en France par leur dynamisme exemplaire. Nous parlerons de vous, de la Maison de l'Azerba√Įdjan √† Paris que vous pr√©sidez, des relations entre les associations franco-turques et franco-azerba√Įdjanaises. Nous t√Ęcherons aussi de parler du conflit du Haut-Karabagh sous invasion arm√©nienne depuis 23 ans et de l'horreur v√©cue √† Khodjaly, une horreur sans nom, effroyable, et des diff√©rentes comm√©morations que vous organisez √† votre honneur.
Vous √™tes n√©e √† Koubadli (pour nos auditeurs, c'est une r√©gion d'Azerba√Įdjan adjacente au Karabagh qui est sous occupation arm√©nienne depuis 1990). Mais depuis 10 ans maintenant vous vivez en France et √™tes citoyenne de la R√©publique fran√ßaise.
En 2002, vous venez en France pour faire des √©tudes sup√©rieures. Vous √™tes solidement dipl√īm√©e et vous d√©crochez une Ma√ģtrise en traduction √† l'Universit√© de Bakou. Puis en France, vous d√©crochez une ma√ģtrise de fran√ßais langue √©trang√®re et un master en Etudes europ√©ennes et Relations internationales, deux brillants dipl√īmes que vous obtenez √† Paris, rappelons-le. Comment est n√© votre amour de la France ? Qu'est-ce que vous aimez le plus en France et chez les citoyens fran√ßais ? ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę D'aussi longtemps que je me souvienne, nous lisions d√©j√† les grands auteurs fran√ßais comme Victor Hugo, Honor√© de Balzac, Stendhal, Sartre. Cet amour pour la France vient de l√†, sous l'impulsion de mon p√®re qui est un amoureux de la France. Il lisait toujours la litt√©rature et l'histoire fran√ßaises en russe ou en azerba√Įdjanais. ¬Ľ

MIT : ¬ę Est-ce qu'en Azerba√Įdjan, il y a un rayonnement culturel fran√ßais comme c'est le cas par exemple en France ou dans d'autres pays, la Bulgarie, la Roumanie, on retrouve aussi cette sympathie naturelle vers la France et le peuple fran√ßais ? ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Exactement, c'est le cas en Azerba√Įdjan. Ce qui m'a le plus impressionn√©e et attir√©e en France, restent l'ouverture d'esprit et la soif de culture vis-√†-vis de notre peuple. La France demeure le Pays des droits de l'homme et un formidable carrefour de culture et d'histoire en Europe. De plus nous sommes attach√©s √† la France qui a √©t√© le premier pays √† reconna√ģtre l'ind√©pendance de l'Azerba√Įdjan en 1992. ¬Ľ

MIT : ¬ę Vous avez parl√© aussi de la France comme le pays des Droits de l'Homme. Malheureusement, parfois la France est √©gratign√©e par des activit√©s communautaristes et nous sommes heureux et fiers en tant que Franco-Turcs et Franco-Az√©ris de d√©fendre les valeurs fondamentales qui fondent la R√©publique fran√ßaise comme notamment la libert√© et la libert√© d'expression. Vous √™tes une jeune femme tr√®s dynamique. Entre 2004 et 2008, vous avez dirig√© l'AFAJ : Association Franco-Azerba√Įdjanaise de la Jeunesse. Actuellement vous pr√©sidez depuis 4 mois la Maison de l'Azerba√Įdjan √† Paris. ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Quand nous avons cr√©√© l'AFAJ en 2003, il n'y avait aucune association azerba√Įdjanaise √† Paris et nous n'√©tions que peu nombreux. Il existait une vraie volont√©, avec peu de moyens : je rappelle que nous √©tions tous √©tudiants √† l'√©poque. Nous avons r√©alis√© beaucoup de projets culturels. M√™me si les Franco-Turcs ne poss√®dent pas de Maison de la Turquie, ils ont par contre beaucoup d'associations actives, tr√®s dynamiques avec lesquelles nous collaborons. La Maison de l'Azerba√Įdjan, cr√©√©e en f√©vrier 1992, est l'une des 1√®res associations az√©ries qui a vu le jour en France. Nous avons repris l'activit√© de cette association en septembre dernier, donc depuis 4 mois. Ensemble avec nos amis fran√ßais, nous avons r√©organis√© cette association dans le but de d√©velopper et de renforcer les liens d'amiti√© et de partager entre la communaut√© fran√ßaise et azerba√Įdjanaise, ceci par le biais d'√©changes culturels et scientifiques.

Notre objectif est de promouvoir la culture azerba√Įdjanaise, de faire conna√ģtre la richesse du patrimoine historique par tous les moyens de communication, par tous types de manifestations, en impliquant tous les Azerba√Įdjanais de France (concerts, expositions, cours de langues, cuisine, rencontres sportives).
L'une de nos principales missions est aussi de r√©unir tous les Azerba√Įdjanais de France autour de cette maison en installant des repr√©sentants locaux dans les grandes villes comme Lyon, Nantes, Nice, pour mieux relayer les informations. Je ne parle pas de Strasbourg puisque la communaut√© azerba√Įdjanaise strasbourgeoise est d√©j√† tr√®s active. ¬Ľ

MIT : ¬ę La Maison de l'Azerba√Įdjan a le statut d'association, c'est bien √ßa ? Elle est donc active dans le domaine culturel et sportif. J'avais lu qu'un jumelage est pr√©vu pour mai 2013 entre Naftalan et la ville de L'Aigle qui est dans l'Orne et dont la s√©natrice est Nathalie Goulet, nous l'avons interview√©e ¬Ľ.

Mirvari Fataliyeva : ¬ę En tant que Maison de l'Azerba√Įdjan, la promotion de la culture de notre pays est essentielle. L'Azerba√Įdjan est un pays mal connu en France et cette m√©connaissance g√©n√®re trop de pr√©jug√©s n√©gatifs √† notre √©gard. D√®s lors, nous sommes heureux et fiers de toutes les activit√©s qui visent une meilleure connaissance de l'Azerba√Įdjan, de la Turquie et des Turciques. La culture est un moyen exceptionnel d'enrayer les pr√©jug√©s et de renouer le dialogue. Les autorit√©s d'Azerba√Įdjan ont entrepris des projets pour cr√©er des liens officiels entre nos deux pays, comme des jumelages. Mais l√†, √† mon niveau associatif, je n'en sais pas plus. L'ambassade d'Azerba√Įdjan serait plus √† m√™me de vous r√©pondre. De notre c√īt√©, nous soutenons vivement toute action qui ambitionne le dialogue, la connaissance mutuelle, et la paix. ¬Ľ

MIT: ¬ę Et cela vous honore Madame. ¬Ľ

[Nota CVAN : la suite de l'interview d√©montrera ce que signifient pour Melle Fataliyeva ¬ę le dialogue, la connaissance mutuelle, et la paix ¬Ľ.]

MIT : ¬ę Les relations entre l'Azerba√Įdjan et la France s'intensifient de jour en jour avec des accords √©conomiques et culturels qui foisonnent avec notamment avec les communes fran√ßaises suivantes : Reims, Ch√Ęlons en Champagne, Niort, Cognac. Cette strat√©gie qui vise √† mieux faire conna√ģtre la culture azerba√Įdjanaise est une excellente strat√©gie. Est-ce que le but de tout ce dynamisme, c'est pas aussi d'enrayer les pr√©jug√©s dont les Turciques souffrent en France puisque tout √† l'heure vous nous avez parl√© de pr√©jug√©s concernant les Turciques, est-ce qu'√† travers la promotion de la culture, on ne met pas un coup d'arr√™t √† cette m√©connaissance ? ¬Ľ

[Nota CVAN : Carton rouge pour l'animateur. Il n'a pas d√Ľ suivre les questions dans l'ordre car la r√©ponse de Mirvari Fataliyeva - ci-dessous - ne correspond pas √† la question pos√©e].

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Puisque vous avez parl√© de relations √©conomiques et culturelles, l'Azerba√Įdjan est le pays de la zone Caucase avec lequel la France a le plus d√©velopp√© ses relations √©conomiques. Les √©changes commerciaux entre les deux pays approchent les 2 milliards de dollars par an, les entreprises fran√ßaises souhaitent amplifier leurs √©changes et accompagner la diversification de l'√©conomie azerba√Įdjanaise qui jouit d'un dynamisme remarquable et dispose d'importantes ressources financi√®res pour ces investissements ¬Ľ.

[Nota CVAN : s'en suit tout un la√Įus ¬ę promotionnel ¬Ľ, r√©cit√© avec application, d√©montrant √† quel point la France investit en Azerba√Įdjan.]

Elle poursuit : ¬ę L'Azerba√Įdjan a des grandes ambitions dans ces plans de d√©veloppement sans parler des besoins de reconstruction que l'on peut pr√©voir apr√®s la lib√©ration de nos territoires occup√©s par l'Arm√©nie soit pr√®s de 1/5e de notre territoire national. Le constat de ces √©volutions encourageant permet d'imaginer l'avenir de l'Azerba√Įdjan avec un grand optimisme et un d√©veloppement de plus en plus pouss√© des relations √©conomiques bilat√©rales en esp√©rant que ces liens favorisent l'int√©gration de la culture turque-azerba√Įdjanaise en France. ¬Ľ

MIT : ¬ę Venons-en √† la population azerba√Įdjanaise de France ¬Ľ.

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Le nombre de la population azerba√Įdjanaise s'√©l√®ve √† peu pr√®s en France entre 4 √† 6000 individus. Certes, nous ne sommes pas nombreux en France, mais c'est notre dynamisme, notre volont√© d'agir, qui comptent. Il n'y a pas beaucoup d'associations azerba√Įdjanaises compar√©es aux associations arm√©niennes ou turques. Nous essayons de les rassembler autour de nous pour mieux les structurer. ¬Ľ

MIT : ¬ę Le 20 janvier, vous avez comm√©mor√© dignement les m√©moires des victimes massacr√©es par l'Arm√©e sovi√©tique √† Bakou en 1990, soit un an avant la proclamation de l'ind√©pendance de l'Azerba√Įdjan en ao√Ľt 1991. Bien √©videmment, nous nous joignons √† vous, nous partageons votre douleur, d'ailleurs, des Franco-Turcs √©taient pr√©sents √† vos c√īt√©s. ¬Ľ

[Nota CVAN : √† partir d'ici, nous ne pouvons surligner en gras tout ce qui est ¬ę √©norme ¬Ľ en mati√®re de d√©sinformation car tout serait √† surligner. Seules certaines phrases sont donc mises en bold].

Mirvari Fataliyeva : ¬ę En 2012, il y a eu 2 grandes mobilisations de populations azerba√Įdjanaises en France, une au mois de septembre, contre les manifestations des Arm√©niens devant nos ambassades dans plusieurs pays. Nous avons perdu nos territoires, nous d√©plorons 30 000 morts dans cette guerre, nous avons subi le massacre de Khodjaly, que nous allons parler s√Ľrement, mais ce sont eux qui manifestent contre nous, pour couronner le tout, ce sont eux qui manifestent contre nous. ¬Ľ

[Nota CVAN : elle s'aper√ßoit qu'elle a d√©j√† lu ce passage et para√ģt d√©sar√ßonn√©e un court instant].

Elle se reprend : ¬ę C'est un vrai monde √† l'envers, devant cette hypocrisie, nous avons d√©cid√© de manifester devant l'Ambassade de l'Arm√©nie pour faire entendre nos voix. C'√©tait en septembre dernier. L'autre grande mobilisation qui a eu lieu courant le mois de novembre dernier contre la visite officielle du pr√©sident Serge Sarkissian. Sarkissian, c'est l'assassin du peuple azerba√Įdjanais, c'est lui-m√™me qui a √©t√© instigateur du massacre du 26 f√©vrier 1992 sur la population civile az√©rie de la ville de Khodjaly. ¬Ľ

[Nota CVAN : de m√©moire, il nous semble qu'√† l'√©poque du pr√©sident arm√©nien Robert Kotcharian, c'√©tait ce dernier qui √©tait d√©sign√© comme assassin du peuple az√©ri... Les pr√©sidents arm√©niens changent mais pas la pr√©sidence de l'Azerba√Įdjan (aux mains du clan Aliyev), ni les discours diffus√©s par les repr√©sentants officiels ou officieux de Bakou].

Elle conclut : ¬ę Plus de 700 personnes, nos amis fran√ßais, nos fr√®res turcs et beaucoup d'Azerba√Įdjanais de toute l'Europe ont particip√© √† cette mobilisation. ¬Ľ

MIT : ¬ę Qui a √©t√© un vrai succ√®s, je vous f√©licite. Vous avez √©voqu√© le Haut-Karabagh et Khodjaly. D'autant plus que cette souffrance, vous la vivez au quotidien puisque les territoires azerba√Įdjanais, 1/5 du territoire total, c'est quand m√™me √©norme, est sous occupation arm√©nienne. Il y a eu cette horreur sans nom qui a √©t√© v√©cue √† Khodjaly, donc qui a √©t√© ray√© tout simplement de la carte en une nuit, une horreur sans nom, terrible. Vous √™tes n√©e √† Koubadli, qui est une r√©gion adjacente au Haut-Karabagh, en zone occup√©e. Vous faites partie du million de r√©fugi√©s azerba√Įdjanais. Vous avez √©t√© t√©moin de cette guerre terrible d√©clar√©e par l'Arm√©nie, que pouvez-vous nous en dire ? ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Vous savez toute mon enfance est entach√©e par cette guerre. Aujourd'hui je peux vous parler librement en tant que t√©moin de ce terrible conflit. Quand l'Arm√©nie nous a d√©clar√© la guerre, j'avais 8/9 ans, je n'√©tais encore qu'une petite fille innocente, pleine de r√™ves, comme les autres petites filles du monde, mais h√©las cette innocence, ces r√™ves ont √©t√© bris√©s par cette guerre, une enfance g√Ęch√©e, boulevers√©e par ce conflit. J'ai vu des gens mourir devant mes propres yeux. J'ai perdu mes proches, mes voisins, mes amis, et beaucoup de compatriotes. Je me rappellerai toujours le jour o√Ļ nous avons quitt√© notre ville sous les bombardements de l'arm√©e arm√©nienne. Une image effroyable que je n'arrive toujours pas √† oublier. Suite √† cette occupation arm√©nienne, 1 million d'Azerba√Įdjanais ont √©t√© oblig√©s de quitter leur terre natale, je tiens √† rappeler que cette invasion a engendr√© 30 000 morts. Il faut aussi dire que la R√©publique autonome du Nakhitchevan qui appartient √† l'Azerba√Įdjan est sous le blocus de l'Arm√©nie. Les territoires qui lient le Nakhitchevan et l'Azerba√Įdjan sont occup√©s. ¬Ľ

[Nota CVAN : Cette jeune femme montre sa m√©connaissance la plus √©l√©mentaire de la Transcaucasie. Les territoires qui s√©parent le Nakhitchevan de l'Azerba√Įdjan ne sont pas ¬ę occup√©s ¬Ľ par l'Arm√©nie: ils font partie de la R√©publique arm√©nienne actuelle comme c'√©tait d√©j√† le cas √† l'√©poque sovi√©tique. Le Nakhitchevan est un √ģlot s√©par√© physiquement de l'Azerba√Įdjan auquel il a √©t√© rattach√© de mani√®re arbitraire par Staline alors qu'il est situ√© entre la Turquie et l'Arm√©nie. Ce n'est donc pas un blocus, c'est de la g√©ographie. Il suffit de regarder une carte.
Il est √©vident qu'au vu de la d√©gradation des relations arm√©no-az√©ries, Erevan ne laisse sans doute pas transiter sur son territoire des marchandises destin√©es au Nakhitchevan. Par contre, la Turquie et l'Azerba√Įdjan √©touffent r√©ellement l'Arm√©nie et le Haut-Karabagh - deux territoires d√©j√† naturellement enclav√©s - dans un double blocus r√©v√©lateur de leur animosit√© √† l'encontre des Arm√©niens.

On s'interroge : si le but de Mirvari Fataliyeva est de noircir le tableau, jusqu'o√Ļ est-elle pr√™te √† aller ? Cette accusation sp√©cieuse - ainsi que l'ensemble de sa description du conflit du Haut-Karabagh qui fait abstraction de tout le contexte g√©o-politique (les nombreux pogroms anti-arm√©niens, le refus de l'ind√©pendance vot√©e d√©mocratiquement par la population du Haut-Karabagh via un Referendum, les bombardements incessants de la capitale arm√©nienne du Haut-Karabagh, etc.) - nous interpelle.

Mirvari Fataliyeva, en accumulant les ¬ę √©l√©ments de langage ¬Ľ semblant √©maner des fascicules de propagande de la dynastie Aliyev, risque de jeter le doute sur son propre t√©moignage de r√©fugi√©e. Les populations civiles souffrent en temps de guerre, personne ne songe √† le nier, inutile d'ajouter des arguments mensongers.

Dans la derni√®re phrase ¬ę Les territoires qui lient le Nakhitchevan √† l'Azerba√Įdjan sont occup√©s ¬Ľ, Mirvari Fataliyeva fait donc r√©f√©rence √† l'Arm√©nie. Cette phrase rel√®ve soit d'une ignorance √©tonnante, soit d'une rh√©torique o√Ļ plane la volont√© - r√©guli√®rement affich√©e par l'Azerba√Įdjan et son pr√©sident Ilham Aliyev, ainsi que par certains partis turcs - d'envahir l'Arm√©nie et de la nettoyer de sa population en ¬ę finissant le travail ¬Ľ. C'est √©galement le sens des commentaires post√©s ce dimanche 17 f√©vrier 2013 sur Facebook].


Mirvari Fataliyeva poursuit sa ¬ę d√©monstration ¬Ľ : ¬ę Le massacre de Khodjaly. Alors, le massacre de Khodjaly est l'une des pages les plus sombres et les plus sanglantes de notre Histoire ainsi que l'Histoire de toute l'Humanit√© je dirai. Ce g√©nocide impitoyable et cruel compte parmi les ex√©cutions de masse les plus atroces. ¬Ľ

[Nota CVAN : le site Xocali d√©monte en plusieurs langues les assertions turco-az√©ries. Une vid√©o r√©cemment post√©e sur YouTube, retrace avec pr√©cision la prise de Khodjaly par les combattants arm√©niens et montre la responsabilit√© du Front Populaire d'Azerba√Įdjan dans le massacre pr√©m√©dit√© de la population civile az√©rie. Nous vous invitons √† visionner ce documentaire (sous-titres en anglais)].

Mirvari Fataliyeva : ¬ę On compte 613 personnes sauvagement assassin√©es, parmi lesquelles des femmes, des enfants, sans armes, des gens civils, des personnes √Ęg√©es, le pire c'est qu'on ignore le sort de 150, 1000, 275 ( ? - chiffre incompr√©hensible) pris en otage. A la suite de ce massacre, la ville de Khodjaly a √©t√© compl√®tement ras√©e de la carte en une nuit. C'est vraiment terrible de penser √† cette p√©riode de mon enfance que je me rappelle vraiment tr√®s, tr√®s bien. Malheureusement, depuis longtemps, les Arm√©niens appliquent la politique dite de la victime dans le monde entier alors que c'est nous qui avons subi les cons√©quences de diff√©rents massacres.

Nous devons unir toutes nos forces pour changer l'opinion publique dans le monde entier en particulier en France. Le peuple français doit découvrir enfin le vrai visage de la diaspora arménienne qui n'arrête pas de diffuser des fausses informations
sur ce conflit et influence négativement le gouvernement arménien, ce qui ne permet pas la résolution du conflit.

Nous sommes peu nombreux dans ce pays et ainsi faire entendre notre voix sur la question du Haut-Karabagh et le g√©nocide de Khodjaly dans un pays o√Ļ la communaut√© arm√©nienne est majoritaire, reste vraiment tr√®s, tr√®s difficile. La d√©sinformation r√®gne en Europe, notamment en France, malheureusement le terrain √©tait vide jusqu'alors, les Arm√©niens pouvaient dire ce qu'ils voulaient sans qu'il n'y ait aucune opposition active. ¬Ľ

MIT : ¬ę Il n'y avait aucune contradiction et donc effectivement ils faisaient valoir leur point de vue unique, unilat√©ral.
D'ailleurs, c'est troublant, c'est vous qui √™tes victimes, une atrocit√© sans nom √† Khodjaly, et c'est eux qui viennent manifester. Effectivement, on ne sait plus quoi penser, il est imp√©rieux que cette terrible injustice cesse au plus vite et que l'Azerba√Įdjan r√©cup√®re ses terres. Comment r√©cup√©rer les territoires occup√©s par l'Arm√©nie ? Pourtant, il y a d√©j√† eu quatre r√©solutions de l'ONU, du Conseil de l'Europe, du Parlement europ√©en, et face √† √ßa, il y a le Groupe de Minsk qui ne bouge pas d'un iota. Alors, l√†, on ne comprend pas. A quoi sert le Groupe de Minsk ? Est-ce que vous en tant qu'Azerba√Įdjanais vous comprenez, parce que moi je ne sais pas?¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Le conflit comme vous dites n'est toujours pas r√©solu m√™me si des m√©diateurs internationaux se penchent sur ce probl√®me √©pineux depuis des ann√©es. On ne parle pas beaucoup de cette occupation qui dure plus de vingt ans. 20% des territoires azerba√Įdjanais sont occup√©s en d√©pit comme vous dites de quatre r√©solutions du Conseil de S√©curit√© des Nations Unies, de la r√©solution du Conseil de l'Europe, du Groupe de Minsk et d'autres instances europ√©ennes qui demandent le retrait imm√©diat de la force arm√©e arm√©nienne.

A la fin de l'ann√©e derni√®re, les pr√©sidents de la r√©publique fran√ßaise, des Etats-Unis et de la F√©d√©ration de Russie, pays exer√ßant la co-pr√©sidence du Groupe de Minsk se sont r√©unis pour faire encore appel √† l'Arm√©nie et √† l'Azerba√Įdjan pour trouver une r√©solution pacifique au conflit du Haut-Karabagh. Mais il y a une √©norme diff√©rence entre ce qui est dit, ce qui est √©crit et ce qui est fait. Sur le terrain rien ne change, la situation est toujours la m√™me. Les violations du cessez-le-feu sont quotidiennes avec pour cons√©quence bien entendu des morts et des bless√©s. Aujourd'hui ce n'est pas difficile de comprendre que l'Arm√©nie ne souhaite pas r√©pondre aux appels faits par les diff√©rentes instances cit√©es, je crois que cette situation arrange le gouvernement actuel arm√©nien, d'ailleurs c'est leur cl√© pour leur maintien au pouvoir. Dans tous les cas, nous esp√©rons une r√©solution pacifique au conflit, mais il faut que les n√©gociations s'intensifient, nous avons le droit de notre c√īt√©. T√īt ou tard, nous voulons lib√©rer les territoires de nos anc√™tres. J'en suis certaine. ¬Ľ

[Nota CVAN : l'archéologie montre que le Haut-Karabakh et le Nakhitchevan sont depuis des millénaires les terres ancestrales des Arméniens, les populations turcophones étant arrivées d'Asie centrale bien après. Sans doute, est-ce pour cela que le pouvoir en place à Bakou s'efforce d'effacer toute trace d'une présence arménienne, en détruisant méthodiquement des joyeux de l'Art médiéval arménien, dont la nécropole de Djoulfa (Jugha) avec ses milliers de khatchkars, pierre-croix sculptées].

MIT : ¬ę Bien √©videmment, bien √©videmment. On vous le souhaite en tous cas. Effectivement, votre t√©moignage en tant qu'enfant ayant √©t√© t√©moin de cette guerre atroce nous a tous √©mus. Il y a quand m√™me des √©volutions positives dans d'autres domaines qui convergent aussi vers des solutions pour contrer la d√©sinformation.
Parmi ces solutions, il y a la solidarit√© naturelle et logique qui s'est spontan√©ment instaur√©e entre les associations turques et azerba√Įdjanaises de France, nous l'avons constat√©e, nous l'avons appr√©ci√©e lors de diff√©rentes comm√©morations, manifestations, je pensais √† Janvier Noir dont vous avez parl√© tout √† l'heure, et aussi aux manifestations que vous avez faites lors du d√©placement du pr√©sident arm√©nien, et puis r√©ciproquement en janvier 2012, nous √©tions vraiment heureux et fiers de voir des drapeaux azerba√Įdjanais flotter sur la manifestation contre le projet de loi de Val√©rie Boyer.

Donc, ces gestes de solidarit√©, votre participation, nous a mis du baume au c¬úur. Je tiens √† vous en remercier en tant que radio franco-turque. Et vous-m√™me, √™tes-vous satisfaite de cette entraide ? Quelle est votre opinion ?¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Bien √©videmment, je suis tr√®s satisfaite. Comme je vous l'ai d√©j√† dit, cela ne fait pas tr√®s longtemps que nous avons repris l'activit√© associative. Et nous sommes en train de travailler sur des projets qui peuvent √™tre int√©ressants de d√©velopper avec des associations turques de France. Les Turcs sont pr√©sents depuis longtemps dans ce pays et ont beaucoup d'exp√©rience dans le domaine associatif. Nous avons donc beaucoup √† apprendre de cette riche exp√©rience. Bien entendu nous sommes ravis de cette entraide et la solidarit√© entre ces deux peuples fr√®res ; l'an dernier, nous avons soutenu cette manifestation, non seulement parce que nous sommes des peuples fr√®res mais parce que c'√©tait une proposition de loi compl√®tement insens√©e dans un pays des droits de l'homme. Nous devons tisser des liens forts je pense et am√©liorer cette synergie turque pour une plus grande efficacit√©. Vous pouvez compter bien √©videmment sur notre solidarit√© √† tout moment. ¬Ľ

MIT : ¬ę Avez-vous des projets pour renforcer la solidarit√© entre Turciques ? ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Oui, nous avons beaucoup de projets que je ne souhaite pas d√©voiler aujourd'hui car ils sont en cours. Les associations franco-turques contact√©es sont tr√®s r√©ceptives et souvent tr√®s heureuses de travailler avec nous. Nos int√©r√™ts convergent. Nous souffrons tous des m√™mes probl√®mes. D√®s lors, nous faisons le maximum pour faire la solidarit√© entre Turciques. ¬Ľ

MIT
: ¬ę Excellent. Aux Etats-Unis, il y a un exemple qui marche, les Turciques d'Am√©rique se sont regroup√©s sous la m√™me banni√®re pour d√©fendre leurs int√©r√™ts: il s'agit du Pax Turcica Institute, qui est compos√©e de Turcs, d'Azerba√Įdjanais, de Chypriotes turcs et aussi de Turciques d'Asie centrale. Est-ce que la v√©ritable solution pour combattre la turcophobie dont nous souffrons tous, la v√©ritable solution n'est pas de cr√©er en Europe occidentale une organisation similaire √† Pax Turcica ? ¬Ľ

Mirvari Fataliyeva
: ¬ę Effectivement, c'est une tr√®s bonne initiative, la mobilisation des forces pour d√©fendre nos int√©r√™ts peut-√™tre l'une des meilleures solutions, mais aujourd'hui je crois qu'l y a beaucoup de choses √† faire avant d'aboutir √† une telle structure aussi professionnelle et aussi efficace. A long terme, il me para√ģt √©vident que nous devons tous nous orienter pour cr√©er une structure similaire capable de nous d√©fendre. L'Union fait la force et une structure comme Pax Turcica symbolise parfaitement ce proverbe ¬Ľ.

MIT : ¬ę En tous cas, on conna√ģt la direction, on conna√ģt o√Ļ il faut aller. Il y a un autre aspect sur cette synergie, c'est le volet g√©orgien : avez-vous des relations avec les associations g√©orgiennes ? La G√©orgie a de bons rapports avec la Turquie et l'Azerba√Įdjan et √† l'inverse ses liens avec l'Arm√©nie sont assez mauvais. Peut-√™tre que les G√©orgiens qui souffrent √©galement de la m√™me injustice que les Turcs et les Az√©ris pourraient se joindre √† la solidarit√© turco-az√©rie ? ¬Ľ

[Nota CVAN : Allons bon, après les Turcs et les Azéris qui souffriraient d'une injustice (provoquée par les Arméniens ? Un génocide par exemple ?), voici donc les Géorgiens invités à se plaindre des mêmes méfaits.]

Mirvari Fataliyeva : ¬ę Avec la G√©orgie, c'est vrai que nous avons de tr√®s bonnes relations culturelles, √©conomiques, scientifiques. Dans le cadre de l'AFAJ, l'ann√©e derni√®re, nous avons r√©alis√© des projets communs avec les associations g√©orgiennes. Pour le moment, dans le cadre de la Maison de l'Azerba√Įdjan, nous n'avons pas de relations. Nous comptons tr√®s prochainement les rencontrer pour pouvoir d√©fendre nos causes communes ¬Ľ.

MIT : ¬ę Excellent. En tant qu'acteur associatif franco-turc, je vous r√©it√®re toute notre solidarit√©, c'est pas MA solidarit√©, mais toute NOTRE solidarit√© parce que je pense parler au nom de tous ceux qui se reconnaissent dans ce que je dis et dans la ligne politique officielle de notre radio qui promeut l'amiti√© franco-turque et la solidarit√© entre Turciques pour combattre notamment la mauvaise foi et la malveillance. Je vous r√©it√®re toute notre solidarit√©. N'h√©sitez pas √† faire appel √† notre radio pour la promotion de vos activit√©s. Si celle-ci peut servir de catalyseur ou de courroie afin de consolider ou de renforcer des liens, nous le ferons avec beaucoup de plaisir et surtout beaucoup de fiert√©. ¬Ľ

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Sur le site de MIT, le podcast de l'interview de la parlementaire ne figure plus sous son nom dans la liste des invités. Bizarre, vous avez dit bizarre ? On pouvait au moins l'écouter sur le site du Collectif VAN mais la vidéo ayant été également très récemment retirée de YouTube, nous ne pouvons désormais que vous proposer la transcription des échanges. C'est déjà très 'parlant'.


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