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Il y a 25 ans, les pogroms anti-arméniens de Sumgaït [Azerbaïdjan] - I
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Il y a 25 ans, un terrible pogrom a été perpétré à Sumgaït, en Azerbaïdjan, contre les Arméniens vivant dans cette cité ouvrière. Le documentaire « Génocide ordinaire. Sumgaït, Février 1988 » a été mis en ligne en mars 2012. La traduction du script de ce film est en ligne sur le site « karabakhrecords ». Le Collectif VAN, après relecture et correction, vous propose cette traduction, scindée en plusieurs parties. Des témoignages accablants qui révèlent – pour ceux qui voudraient en douter encore – la volonté génocidaire des dirigeants azerbaïdjanais à l’encontre de la minorité arménienne. Les pogroms de Sumgaït, prémédités et préparés au sommet de l’Etat azéri (alors soviétique), se sont déroulés les 27 et 28 février 1988. Aujourd’hui, rien n’a changé en Azerbaïdjan : la haine et le racisme anti-arménien sont le ciment de l’identité nationale « défendue » par le Président actuel Ilham Aliyev.

KarabakhRecords

GĂ©nocide ordinaire. SumgaĂŻt, Fevrier 1988. Le script du film documentaire

1er mars 2012 6:49

Genocide Ordinaire. SumgaĂŻt, Fevrier 1988



http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BQFoc0WTcBg

Ce film est une accusation. L’accusation d’un crime contre l’humanité réalisé en Azerbaïdjan soviétique du 27 au 29 février 1988. L’accusation d’un génocide qui s’est réalisé durant 3 jours sans entraves et impunément à Sumgaït à une demi-heure de route de la capitale Bakou.

Il ne faut pas considérer la tragédie de Sumgaït comme le résultat de la décision prise le 20 février 1988, par les pouvoirs locaux du Nagorny Karabakh [enclave arménienne] d’adresser une demande a Moscou à propos du transfert de la région, du territoire de la République Soviétique d’Azerbaïdjan vers celui de la République d’Arménie.

Sumgaït est une preuve tangible ainsi que la continuation de la politique de discrimination, d’assassinats impunis, de déportations, de nettoyages ethniques et de l’expulsion de la population arménienne.

Vers la fin des années 80, les forces nationalistes d’Azerbaïdjan ont renforcé la politique de nettoyages ethniques, prenant modèle sur le Nakhitchevan déjà nettoyé de ses Arméniens. Si au début du 20ème siècle, les Arméniens constituaient 45 % de la population du Nakhitchevan, ce chiffre ne faisait plus qu’un pourcent vers la fin des années 70.

De juillet à décembre 1987, Assadov, le premier secrétaire du Comité régional du parti politique communiste de Chamkhor, a mené une politique d’expulsion de la population arménienne indigène du village de Chardakhlou, la patrie de deux maréchaux, de trois Héros de l’Union Soviétique, de cinq généraux. Ce même Assadov prononcera à haute voix le 14 février 1988 que « cent mille Azerbaidjanais sont prêts à toute heure à pénétrer au Karabakh et à y organiser des massacres ».

Le 17 octobre 1987, l’observatrice de la Radio Liberté, Elisabeth Fuller, annonce que le village de Chardakhlu a été encerclé et bloqué par des troupes.

La décision prise le 20 février a été la réponse de l’Artsakh [nom du Karabagh en arménien] au génocide blanc réalisé depuis des dizaines d’années en Azerbaïdjan. L’Azerbaïdjan a réagi tout de suite par des actes de violence à la décision constitutionnelle des habitants du Karabakh. Le 22 février, une foule constituée de milliers d’habitants de la ville d’Agdam en Azerbaïdjan s’est dirigée vers Askeran, le village le plus proche peuplé par des Arméniens, en cassant tout sur le chemin et en provocant des accrochages. En cachant exprès la provocation organisée par l’Azerbaïdjan, et plus précisément l’assassinat de leurs propres compatriotes, le vice procureur général de l’ex-URSS, Alexandre Katusev, a annoncé à la télévision centrale qu’il y avait eu deux victimes et a souligné le fait qu’elles étaient de nationalité arménienne.

Le 26 février, les journaux avaient publié la harangue du Secrétaire Général du Comité Central du Parti communiste de l’Union Soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, aux peuples d’Arménie et d’Azerbaïdjan. L’Arménie a répondu par la cessation des manifestations de milliers de personnes. La réponse de l’Azerbaïdjan a été Sumgaït.

Ces images sont uniques. Mises en place sans entraves et de sang-froid, les bandes de pogromistes féroces qui parlaient en azerbaidjanais par walkie-talkie et qui se donnaient des directives, ne pouvaient avoir qu’une seule structure : celle du Comité de la sécurité d’Etat, création de Heydar Aliyev, général du KGB.

Sous-titres: «Il n'y a que des écoliers. Quand on y arrivera, tout de suite à droite. »

- Septième.

- Parle !

- 90/02

- OĂą vont-ils ? (en azerbaidjanais)

- A la gare routière.

Dans l’article publié en 1989 dans le magazine Znamya (Drapeau), Georges Soros écrivait : « Les suppositions selon lesquelles les premiers pogroms arméniens en Azerbaïdjan ont été inspirés par la mafia locale dirigée par l’ancien dirigeant du KGB d’Azerbaïdjan H. A. Aliyev ne sont pas irréelles ».

Le 26 février, le gouvernement du parti communiste d’Azerbaïdjan est arrivé à Sumgaït: le Premier Secrétaire du Comité Central du Parti Communiste d’Azerbaïdjan, Kamrian Bagirov, les secrétaires de Comité Central du Parti Communiste G.Gassanov et le chef du département du Comité Central du Parti Communiste d’Azerbaïdjan, Assadov.

Le même jour un meeting a eu lieu sur la place centrale de Lénine à Sumgaït. Les soi-disant « réfugiés de Kapan » qui avaient été préparés auparavant pour la provocation de la foule sont apparus sur la tribune. Ils chauffaient la foule avec des annonces mensongères sur des violences qui avaient lieu en Arménie, sur les assassinats et les expulsions d’Azerbaidjanais. C’est là que le slogan «Mort aux Arméniens!» a été prononcé.

Le 27 février, les voies de faits et les assassinats ont commencé à avoir lieu sans jamais avoir été arrêtés par les pouvoirs et les organes de justice. Les pouvoirs et la milice, comme il s’est avéré ensuite, s’occupaient d’autre chose. Ils préparaient les pogromistes à l’acte final.

Le 28 février, les pogroms et les assassinats ont commencé à prendre un caractère massif et sadique. Armés de barres métalliques préparées à l’avance, de haches, de marteaux, de couteaux, de limes, les bandes trouvaient sans se tromper les appartements des Arméniens et y pénétraient de force. Les gens étaient tués dans leurs propres maisons, mais souvent traînés dans la rue ou dans la cour pour une humiliation publique.

Le 28 février, les troupes sont entrées dans la ville, armées de cartouches à blanc et avec l’ordre de ne pas s’en mêler. Les assassinats les plus sadiques se sont surtout passés devant les yeux des soldats et des officiers.

Ces pages de la conclusion de l’Acte d’accusation ont jauni avec le temps. Pourtant les détails qui y figurent ne cessent de choquer l’esprit et de traumatiser l’âme tout en témoignant de la cruauté et du sadisme sans précédent avec lesquels se sont réalisés tous les assassinats des Arméniens de Sumgaït. Tout en épargnant le spectateur, même aujourd’hui, après 22 ans [Nota CVAN : le film et la traduction datent de 3 ans], nous ne pouvons pas entendre tous les détails de Sumgaït. Lors de la réunion de travail du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste du 29 février 1988, à la demande de Mikhaïl Gorbatchev de raconter la manière dont les assassinats se sont réalisés, le ministre Yazov a témoigné : « Ils ont coupé les seins de deux femmes, une a été décapitée, ils ont enlevé la peau d’une petite fille. Les jeunes soldats qui voyaient les cadavres des Arméniens torturés s’évanouissaient ».

« Aux alentours de l’immeuble 26, devant les yeux de nombreux habitants du quartier, le groupe de bandits organisé par Akhmedov, réunis par une seule idée, armés de haches, de couteaux, de tuyaux et de barres métalliques ainsi que d’autres objets, se rendant compte du caractère particulièrement cruel de ces actes et en causant des souffrances particulières aux victimes, a commencé à battre avec ces objets les membres de la famille Melkumyan et Micha Hambartzumyan, en leur donnant plusieurs coups sur la tête et sur les autres parties vitales du corps.

Micha Hambartzumyan, né en 1941. Assassiné dans la rue. Brûlures, brûlures au 3 degré sur les 2/ 3 de la surface de la peau. Fractures du crâne, congestion cérébrale ».

Témoin Muradov Jamal Ismail-ogli : « Des maisons ont été détruites. Notre milice ne faisait que regarder. Les bandits agissaient très expéditivement. Ils trouvaient vite les appartements des Arméniens, je ne sais pas comment. Un jeune homme avec un micro gérait la foule. Tout le monde l’écoutait. La bande était armée. Dans la foule, il y avait des gens de différents âges, même des enfants de 3-4 ans… Je voyais beaucoup de miliciens qui observaient et ne faisaient rien comme si cela ne les concernait pas…

Au centre, il y avait beaucoup de grandes pierres. D’où venaient-elles? Je ne sais pas. Nous, on n’a jamais eu de pareilles pierres. Je voyais comment brûlait un homme à côté d’une voiture incendiée, j’ai eu peur. Ce ne sont que les barbares qui peuvent faire des choses pareilles.

Il y avait une femme qui était battue férocement. Puis, j’ai vu partout des cadavres dans les rues. Un peu plus loin, j’ai vu une femme nue sur le trottoir, tout en sang. J’avais peur, car je n’avais jamais vu de choses pareilles. Après, j’ai vu un jeune garçon qui écrasait la tête d’une personne encore vivante ».

Sous-titres: Victorya Grigoryan, la sœur de la défunte Seda Danielyan

«Dimanche soir à 18h30, ils sont revenus à la maison sans se douter de rien. Quelqu’un a frappé à la porte et a demandé: «Vous êtes Arméniens?» Le mari de ma soeur a répondu «Non, nous sommes Azerbaidjanais» et ils sont partis. Quelques minutes plus tard, quelqu’un a appelé au téléphone : «Kolya, tu es chez toi?». Il a répondu «Je suis chez moi». Ils ont dit : « Ne sortez pas, dans quelques minutes, nous viendrons vous chercher». 10-15 minutes plus tard, environ 25 personnes ont fait irruption chez eux et ont commencé à les rouer de coups. Ensuite, ils les ont sortis de force dans la cour, ont tué le mari sur le coup, ont battu l’enfant sur la tête, ont battu affreusement ma soeur. Après le départ des pogromistes, il y en a d’autres qui sont arrivés et ont vu que ma sœur bougeait. Quand ma sœur a remarqué qu’ils s’approchaient, elle a protégé le bébé par son corps. Le visage de ma sœur a été défiguré, on ne voyait presque pas son visage. La manière dont ils l’ont tuée…

Seda Daniélyan, née en 1938. A été traînée de force dans la rue avec son mari et son fils. A été tuée après de nombreuses tortures. Son mari, Nicolaï Diniélyan a été tué aussi, leur fils a pu être sauvé à l’hôpital.

Sous-titres: Vitali Daniélyan, le fils des défunts Nicolaï et Seda Daniélyan

Sous-titres: Ils sont entrés à la maison et ont commencé à saccager l’appartement. Ensuite, ils ont pris les passeports des parents et ont lu quelques mots. En russe parfait, quelqu’un a lu «Daniélyan» en accentuant sur le «yan» et a tourné la page. Il y avait le mot «Arménien». Alors, il a dit «Cela est suffisant». Ensuite, ils ont commencé à crier qu’ils étaient venus boire du sang. Ils m’ont frappé d’abord avec un gourdin, ensuite avec une armature. Après, j’ai retrouvé mes esprits, j’ai essayé d’aider mes parents, mais j’avais un bras cassé et je n’ai pas pu le faire. Je suis sorti dans l’entrée de l’immeuble, j’ai commencé à prier les voisins d’appeler une ambulance mais ils me repoussaient tous et fermaient tout de suite les portes.

Le témoin Valérie Kozoubenko qui a essayé de cacher chez elle une famille arménienne: «Les bandits qui sont entrés dans notre appartement, avaient des barres de fer, des armatures et de grands couteaux. Les barres métalliques étaient de la même longueur comme si elles avaient été spécialement coupées. Ces bandits, absolument tous, étaient vêtus en noir et presque tous étaient très jeunes…Nos téléphones ne fonctionnaient plus depuis le 28 février».

Artach Arakélyan. A été tué le 29 février. Hémorragie cérébrale. Fractures des os du crâne, des côtes avec une lésion du poumon. Traumatisme du corps. Carbonisation du cadavre.

Son épouse, Asya Arakélyan, qui a été cruellement battue, a été sauvée par miracle. Le bandit avait essayé de la brûler vive.

Sous-titres: L’assistant du procureur général de l’URSS, N. Yémélyanov

Sous-titres: Nous étions, bien sûr, au courant de la situation tendue, nous avions une information conforme. C’est pour cela qu’au sein du ministère public de l’URSS, un groupe spécial a été formé. En cas de nécessité, nous devions nous y rendre et prendre des mesures décisives pour la cessation des désordres et, le plus important, pour assurer une enquête qualifiée des crimes qui ont eu lieu là-bas. Vers la fin du mois de février nous nous attendions déjà à ce que toutes les démonstrations, les discours, se seraient mués en actes de violence puisque la situation était extrêmement tendue. Ainsi, nous sommes arrivés à Sumgaït au moment de ces désordres. Il est évident que la situation était…Je m’occupe des enquêtes criminelles depuis longtemps et mes collègues sont des gens expérimentés mais nous avions eu tous une impression accablée. Tout brûle, les appartements sont saccagés, des cadavres, les femmes violées sauvagement par 20-30 personnes. Ces bacchanales ont duré pendant quelques jours. Les employés des organes de justice, plus particulièrement, la milice, n’accordaient pratiquement aucune défense aux citoyens de nationalité arménienne.

Le 20 mars 1988, le journal «Le Communiste de Sumgaït» dans l’article « Où était la milice?» a écrit : «J’ai appelé trois fois la milice,-disait d’un air agité au téléphone une lectrice qui n’avait pas voulu révéler son identité,- jusqu’à ce que les bandits enfoncent la porte des voisins. Chaque fois, j’avais comme réponse «Nous avons envoyé de l’aide». Mais personne n’est venu.

Protocole de la réunion de la Cour Suprême de l’URSS du 3 novembre 1988:

Les documents de l’enquête constatent que durant la période du 27 au 28 février 1988, les organes des affaires intérieures de Sumgaït sont restés inactifs et, en observateurs passifs, ne réagissaient ni aux violentes infractions de l’ordre légal, ni aux nombreuses communications sur les désordres ayant lieu dans la ville, ni aux assassinats des Arméniens et aux cambriolages, ni aux autres crimes y compris dans le quartier 41 A. Dans le télégramme joint à la présente demande on voit le rôle instigateur de l’ancien premier secrétaire du Comité municipal du Parti communiste azerbaidjanais de Sumgaït, Djakhanguir Muslim-Zadé.

Le témoin Guliyev: «Les pogromistes avaient des barres – armatures spéciales de 70 centimètres comme préparées exprès pour les pogroms…Il n’y avait pas de milice dans la ville, je n’en ai pas vues…Les lignes téléphoniques étaient coupées…Des pavés étaient emmenés spécialement….Les bandits avaient des gourdins et des casques qu’ils avaient enlevés des soldats. Ces pogroms n’ont pas été préparés en un jour. Ils ont été préparés bien à l’avance».

Verdict des Juges de la Cour Suprême de la République Soviétique d’Azerbaïdjan des affaires criminelles de première instance du 5 juin 1988: « L’accusé S.M. Kerimov, avec un groupe de participants aux désordres massifs… est allé en voiture vers les usines «Stalconstruction» et « Les constructions de fer et de béton», a chargé la voiture aved des barres d’armatures métalliques et a emmené tout cela dans le quartier 41 A pour la distribution aux participants de désordres massifs».

«… Mnatzakan, invalide de la 2ème Guerre Mondiale, travaillait comme tourneur. Il a raconté que quelques jours avant ces événements, il avait reçu une commande pour un stock d’armatures. Coupées et taillées. Il avait vu ensuite toute son armature chez des pogromistes…

Dans l’article «Sumgaït. Epilogue de la tragédie» publié le 22 mai 1988 dans le journal «Les nouvelles de Moscou», Victor Lochak a écrit : « Il faudra encore élucider comment se fait-il que les 28 et 29 février, plusieurs téléphones ont été coupés dans la ville, et qui répondra pour les conseils soi-disant rassurants «Restez à la maison» au moment où il fallait évacuer d’urgence les gens de la ville».

«Durant les jours de la situation difficile, il y a eu la fabrication de haches, de couteaux et d’autres objets qui pourraient être utilisés par des organisateurs de pogroms», informait le journal «Le Communiste de Sumgaït» le 13 mai 1988.

Le témoin Ilyasov a fait des dépositions d’une extrême importance au tribunal.

«Je crois qu’ils connaissaient d’avance les adresses des Arméniens. J’ai fait cette conclusion parce que les organisateurs des pogroms entraient sans hésitation dans les entrées des immeubles où habitaient les Arméniens…Le matin du 28 février, j’ai remarqué des tas de pierres dans les rues de la ville qui barraient les routes pour que personne ne puisse partir. Parmi les pierres, à part les briques cassées et la scorie qu’on peut trouver dans les voiries, il y avait des blocs qui ne traînent pas comme ça, ils ont dû être apportés de quelque part»

Le procureur: DÂ’oĂą venaient les barres dÂ’armature dans la foule?

Le témoin: «En premier lieu, elles pouvaient être achetées dans notre usine, ainsi que dans bien d’autres usines, par exemple, dans l’usine des objets en béton armé. Je n’avais jamais vu des barres pareilles chez aucune personne auparavant»

Le procureur: «Aviez-vous l’impression que tout cela était organisé d’avance, que ces barres étaient préparées spécialement, que les pierres étaient apportées spécialement, que les adresses des Arméniens étaient connues d’avance?»

Le témoin: «On peut dire que oui, mais je ne peux pas l’affirmer. Quand la foule est venue dans notre quartier, les pogromistes sont entrés immédiatement dans les entrées où habitaient les Arméniens. Le fait, qu’ils demandaient par mégaphone les adresses des Arméniens n’était qu’une démonstration, une pression sur la psychologie des gens. En réalité, ils connaissaient toutes les adresses des Arméniens, ils agissaient sans erreurs. Tout cela n’était pas causé par des impulsions de voyou, c’était une action portée contre un peuple spécifique, contre les Arméniens. Pas contre les Russes ou d’autres peuples, contre les Arméniens. Ils ne cherchaient que des Arméniens».

Sous-titres: L’inspecteur en chef du groupe d’instruction du ministère public de l’URSS, V.Reva

Si ce qui s’est passé à Sumgaït avait été élucidé à temps et d’une manière objective, il n’y aurait pas eu de situation pareille ensuite. Puisque notre peuple n’a pas été informé à temps de ce qui se passait à Sumgaït. Pourtant, c’était pratiquement un génocide là-bas. Quand la personne est tuée juste pour son appartenance à une nationalité.

Durant le procès, il s’est avéré que pendant les jours de pogroms, toutes les routes, les entrées à Sumgaït et les sorties de la ville ont été bloquées par des groupes de pogromistes armés qui arrêtaient le transport et y cherchaient des Arméniens. C’est de cette manière que Gary Martirossov, qui est parti le 29 février de Bakou à Sumgaït pour chercher sa famille, a été tué. L’autobus a été arrêté par les bandits, Martirossov a été traîné de force hors du bus, a été battu et brûlé vif ensuite.

Ce n’est qu’une petite partie des nombreux témoignages et des extraits des documents judiciaires prouvant que Sumgaït était planifié depuis longtemps et très soigneusement, que c’était un acte organisé et géré de génocide des Arméniens. Dans les comités des services publics du logement, il y avait des listes des adresses des appartements ou habitaient les Arméniens. Les lignes téléphoniques ont été coupées dans les appartements des Arméniens. Des armes blanches ont été fabriquées dans les usines de Sumgaït, des litres d’essence ont été stockés pour la crémation des corps, des biens et des appartements des Arméniens. Il y avait un accord criminel avec les autorités locales, la milice et les médecins. Des provocateurs spécialement préparés pour manipuler la foule prenaient parole lors des meetings. Dans les quartiers où il y avait des pogroms, il y avait des coupures d’électricité. A l’intérieur des bandes de pogromistes, il y avait une coordination stricte des actions ainsi qu’une discipline. On conseillait aux Arméniens de ne pas sortir pour travailler et de rester chez eux. Les bandits apparaissaient dans les appartements 10-15 minutes après l’appel de la milice.

Traduction KarabakhRecords – Correction : Collectif VAN

A suivre.


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Source/Lien : KarabakhRecords



   
 
   
 
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