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Il y a 25 ans, les pogroms anti-arm√©niens de Sumga√Įt [Azerba√Įdjan] - II
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Les t√©moignages des pogroms de Sumga√Įt se succ√®dent ici, accablants. Des femmes d√©coup√©es √† la hache, d'autres br√Ľl√©es vives. Les d√©tails sur Sumga√Įt, donn√©s par les t√©moins ou les victimes, r√©v√®lent - pour ceux qui voudraient en douter encore - la volont√© g√©nocidaire des dirigeants azerba√Įdjanais √† l'encontre de la minorit√© arm√©nienne de l'Azerba√Įdjan, ainsi que la responsabilit√© de l'URSS qui a laiss√© se commettre ce massacre et a contribu√© ensuite √† en faire dispara√ģtre les preuves. Sumga√Įt est la tache sur le front de Gorbatchev¬Ö Les pogroms de Sumga√Įt, pr√©m√©dit√©s et pr√©par√©s au sommet de l'Etat az√©ri (alors sovi√©tique), se sont d√©roul√©s les 27 et 28 f√©vrier 1988. 25 ans apr√®s, rien n'a chang√© en Azerba√Įdjan : la haine et le racisme anti-arm√©nien sont le ciment de l'identit√© nationale ¬ę d√©fendue ¬Ľ aujourd'hui par le Pr√©sident Ilham Aliyev. Le Collectif VAN vous propose, apr√®s relecture et correction, la deuxi√®me partie de la traduction du script du film documentaire ¬ę G√©nocide ordinaire. Sumga√Įt, F√©vrier 1988 ¬Ľ, mis en ligne sur le site ¬ę karabakhrecords ¬Ľ en mars 2012.


L√©gende photo : Irina Melkoumyan, qui avait 27 ans, a √©t√© br√Ľl√©e vive apr√®s de nombreuses tortures, un viol et des tortures f√©roces. Irina a √©t√© tu√©e le 29 f√©vrier 1988 avec ses parents, Sogomon et Raissa Melkoumyan, ainsi qu'avec ses fr√®res Igor et Edik. Tous, avant de mourir, ont subi des tortures atroces et f√©roces et ont √©t√© br√Ľl√©s.

http://karabakhrecords.info/gallery/sumgait-1988/


KarabakhRecords

G√©nocide ordinaire. Sumga√Įt, Fevrier 1988. Le script du film documentaire

1er mars 2012 6:49

Genocide Ordinaire. Sumga√Įt, Fevrier 1988



http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=BQFoc0WTcBg


Titres

¬ē La constitution des listes avec les adresses des Arm√©niens
¬ē Le d√©branchement du t√©l√©phone et de l'√©lectricit√©
¬ē La fabrication des armes blanches
¬ē La pr√©paration des provocateurs
¬ē Les provisions d'essence
¬ē L'assistance des autorit√©s et des services locaux aux organisateurs des pogroms
¬ē La discipline des bandes
¬ē L'op√©ration de liquidation des cons√©quences des pogroms

D'après les témoignages des témoins oculaires, de nombreux organisateurs de pogroms chantaient joyeusement et jouaient du piano jusqu'à ce que leurs complices aient exécuté les habitants des appartements.

Titres. Les travaux [de reconstitution des faits ?] sont effectués dans l'appartement numéro 1, 19, rue de l'Amitié, 5ème microrégion.

Ce sont les images du tournage opéré par le ministère public général de l'URSS le 1er mars. Le lendemain, débutera la liquidation urgente des terribles conséquences du génocide.

Titres. ¬ęIls ont enfonc√© la porte, ils l'ont cass√©e. Quelqu'un avait enfonc√© un couteau par l√†. Ils sont entr√©s par la porte. Les autres jetaient ces pierres-l√† par la fen√™tre, bref, ils ont cass√© la fen√™tre et sont entr√©s. Des jeunes gens de mon √Ęge. Voil√†, prends √ßa, ce sont des pierres pareilles qu'ils ont jet√©es, j'en ai jet√© la moiti√©. Regardez dans la cuisine, toutes les armoires sont cass√©es, ils jetaient des blocs de pierre ¬Ľ.

Dans un pays qui menait une vie mesur√©e, o√Ļ le totalitarisme surveillait tout et tout le monde, o√Ļ rien ne pouvait se passer sans que les autorit√©s et le KGB ne le sachent, il y a eu la destruction fi√©vreuse des cons√©quences des crimes de Sumga√Įt, deux jours apr√®s que se soient √©coul√©s les monstrueux pogroms.

Titres. C'est du sang? - Bien s√Ľr que c'est du sang.

Les cours et les rues de Sumga√Įt ont √©t√© nettoy√©es de leurs cadavres et du sang, les meubles cass√©s et les biens jet√©s des appartements ont √©t√© d√©truits. Les cadavres ont √©t√© transport√©s √† Bakou et dans les autres villes de la R√©publique.

Le t√©moin, responsable du b√Ętiment Takhmazov: ¬ę Il y a eu l'ordre du repr√©sentant du Comit√© Central du parti Communiste de l'Azerba√Įdjan, Ganifayev, de br√Ľler et d'enterrer tous les biens d√©truits. Ce qui a √©t√© fait d'une mani√®re tr√®s exp√©ditive. Le lendemain matin, le Comit√© ex√©cutif de la ville a envoy√© dans le quartier 41 A les √©quipes d'am√©nagement et de construction et ces derni√®res ont ramass√© les cadavres et tout ce qui avait √©t√© d√©truit.¬Ľ

Les cadavres de ceux qui sont n√©s, ont habit√© et ont travaill√© pour le bien de la ville et du pays, femmes et hommes, jeunes et √Ęg√©s, ont √©t√© nettoy√©s des rues de Sumga√Įt.

Titres. Zinaida Moudretzova, habitante de Sumga√Įt, t√©moin.

Titres. J'ai parl√© au p√®re et √† la m√®re d'une jeune fille qui a √©t√© tu√©e. Elle √©tait au 6√®me mois de grossesse. Son nom est Manv√©lyan, son pr√©nom Lola. Sa m√®re est enseignante, le p√®re travaille √† l'Institut. Elle a √©t√© sauvagement tu√©e. Son p√®re l'a trouv√©e √† Mardakyan [ville non loin de Bakou], √† des dizaines de kilom√®tres de Sumga√Įt. Elle √©tait le num√©ro 71 parmi les cadavres non reconnus. Le p√®re a d√©clar√© qu'il avait lui-m√™me fait le tour des 3 morgues quand il cherchait le cadavre de sa fille, √† Bakou, √† Sumga√Įt, √† Mardakyan.

Lola Avakyan, 27 ans. Le 29 f√©vrier, les pogromistes ont p√©n√©tr√© de force dans l'appartement, elle a √©t√© tra√ģn√©e de force dans la rue, d√©shabill√©e, forc√©e √† danser. Sa poitrine √©tait perc√©e de coups de couteau, son corps portait les traces de br√Ľlures de cigarettes, elle a √©t√© viol√©e. Lola Avakyan √©tait au 6√®me mois de sa grossesse.

Zinaida Moudretzova, qui a fait des t√©moignages pr√©cieux pour le proc√®s de Sumga√Įt, a √©t√© arr√™t√©e par les autorit√©s azerbaidjanaises et mise en prison pour fausse accusation.

Sumga√Įt a √©t√© fond√© en 1949 √† 26 kilom√®tres de Bakou, la capitale de l'Azerba√Įdjan. La presse sovi√©tique appelait cette ville l'¬ęexemple de l'amiti√© internationale¬Ľ. Sur 250 000 habitants de plusieurs nationalit√©s, 18 000 environ √©taient des Arm√©niens qui avaient cru au mythe cr√©√© par la propagande officielle sur ¬ę la ville du futur¬Ľ. Le mois de f√©vrier 1988 a fait exploser ce mythe de l'int√©rieur. En l'espace de seulement 3 jours, Sumga√Įt est pass√©e de la civilisation imaginaire √† la sauvagerie aliment√©e expr√®s par les politiciens.

La plupart des Arm√©niens de Sumga√Įt ont √©t√© tu√©s dans les rues de l'Amiti√© et de la Paix de la ville internationale.

Ce qu'ont fait les zombies manipul√©s dans les rues de la ville azerbaidjanaise entrera pour toujours dans l'histoire sous le nom affreux de ¬ęSumga√Įt¬Ľ.

Armo Aramyan, 60 ans. Arthur Aramyan, 25 ans. Le père et le fils ont été tués en même temps, la mère est restée en vie par miracle.

Elena Babayan. 56 ans. Le 28 f√©vrier, a √©t√© cruellement battue en rentrant chez elle. Elle a pass√© plus de 2 semaines au lit, chez elle, sans bouger. L'ambulance a refus√© de la transporter √† l'h√īpital. Elle est d√©c√©d√©e le 16 mars.

Irina Melkoumyan faisait ses √©tudes dans une √©cole ordinaire de Sumga√Įt. Irina, qui avait 27 ans, a √©t√© br√Ľl√©e vive apr√®s de nombreuses tortures, un viol et des tortures f√©roces. Irina a √©t√© tu√©e le 29 f√©vrier 1988 avec ses parents, Sogomon et Raissa Melkoumyan, ainsi qu'avec ses fr√®res Igor et Edik. Tous, avant de mourir, ont subi des tortures atroces et f√©roces et ont √©t√© br√Ľl√©s.

Emma Grigoryan, 58 ans. Elle a √©t√© tra√ģn√©e de force dans la rue, toute nue, a √©t√© mise sur un banc, ils √©teignaient des cigarettes sur son corps. Ensuite, elle a √©t√© viol√©e, ses c√ītes et sa t√™te ont √©t√© fractur√©es.

Firuza Melkoumyan, 70 ans. A été sauvagement battue, ensuite son corps a été coupé en morceaux avec une hache. Tout le quartier entendait ses cris mais personne n'est venu à son secours.

Titres. Valeri Gasparyan, ancien habitant de Sumga√Įt, t√©moin.

Titres. Les fr√®res ont √©t√© tu√©s devant mes yeux. Cela s'est pass√© pendant trois heures, de 11h00 jusqu'√† 2 heures de la nuit. Durant ces trois heures-l√†, les fr√®res ont √©t√© tortur√©s. Juste sous notre balcon. Valeri avait essay√© de se sauver. Il a √©t√© rattrap√©, jet√© par terre et tu√© sauvagement √† l'arme blanche et avec des pierres. J'ai vu comment ils ont pi√©tin√© son corps, ils voulaient m√™me le br√Ľler. La partie droite de sa t√™te a √©t√© br√Ľl√©e. Alik a √©t√© battu √† 30 m√®tres de son fr√®re et a √©t√© tu√© de la m√™me mani√®re sauvage et cruelle.

Les frères Albert Avanéssyan, 35 ans, Valéri Avanéssyan, 31 ans. Sont tués devant leur maison à la suite de violents coups.

Titres. Rimma Avanéssyan, la mère des défunts.

Titres. L'un travaillait en tant qu'enseignant, l'autre était ingénieur en chef. Quelle mère pourrait-elle vivre après cela? Je ne souhaiterais cela à personne au monde. Je veux voir Gorbatchev, Aliev, Bagirov, Muslimzade! Il faut tuer Gorbatchev de la même manière que mes fils ont été tués devant mes yeux.

Chahen Sargisyan, 62 ans. A √©t√© expuls√© de sa voiture, battu, et tu√© par la foule enrag√©e. Arouchanyan Vladimir, 52 ans, tu√©. Son √©pouse Razmella a √©t√© consid√©r√©e comme disparue, pourtant, plus tard, il s'est av√©r√© qu'apr√®s de cruelles blessures et de nombreux coups, elle a √©t√© tu√©e, elle aussi. Alexandre Gambaryan, 62 ans. Tu√© chez lui par un coup de pince sur la t√™te. Archak Babayan, 57 ans, tu√© chez lui √† la suite de violents coups. Yuri Avakyan, 52 ans, apr√®s l'attaque de son appartement, il a √©t√© tra√ģn√© dehors, battu, coup√© en morceaux et br√Ľl√© sur un feu de bois.

Ersilya Movsesova, 86 ans, domicili√©e √† Bakou et tu√©e √† Sumga√Įt. Sur le corps de la vieille dame, il y avait 31 coups de couteau.

Ces jours-là, la mémoire génétique du peuple arménien a remarqué qu'il s'agissait du même génocide avec les mêmes méthodes et les mêmes bourreaux [Nota CVAN : référence au génocide de 1915, perpétré dans l'Empire ottoman par les Jeunes-Turcs].

La même mémoire génétique a soufflé instamment aux Arméniens la nécessité d'une autodéfense pour la protection de leurs familles.

L'investigateur des √©v√©nements de Sumga√Įt, Samvel Shahmouradyan, a √©crit: ¬ę Sumga√Įt, c'est la victoire de l'esprit humain sur l'esprit animal¬Ľ. Les voisins Rafik Tovmassyan et Gabriel Trdatov, avec les membres de leurs familles, se sont d√©fendus pendant 8 heures contre la foule enrag√©e. Ils sont morts comme des h√©ros mais ont r√©ussi √† sauver leurs proches. L'autod√©fense des Arm√©niens de Sumga√Įt est la victoire de l'esprit humain sur le bestial¬Ľ.

¬ęNous n'avions m√™me pas peur de la mort.¬Ľ

Ivre de sang et ayant dépassé toutes les bornes, les pogromistes ont commencé à attaquer les militaires qui avaient été forcés à l'inertie par Kremlin. D'après les dépêches expédiées, plus de 270 militaires ont souffert.

Lorsque devant les yeux de ses collègues, un soldat a été déchiqueté par la foule, ses camarades n'ont pas pu le supporter et ont dirigé leur tank sur ces assassins qui avaient complètement perdu leurs caractéristiques humaines. C'est cela qui a forcé Moscou à instaurer le couvre-feu. Dès que les troupes ont commencé à réagir, les assassinats publics et les pogroms de masse ont cessé.

Il faut agir raisonnablement, en gardant son calme et sa fermeté de caractère, tout en préservant l'ordre social. En cas d'infraction contre le régime instauré, les organes judiciaires seront obligés de prendre les mesures les plus sévères en conformité avec les lois soviétiques.

Le chef de la garnison militaire, général lieutenant Kraev.

Les Arm√©niens qui ont r√©ussi √† se sauver ont √©t√© transport√©s sous la surveillance renforc√©e des troupes dans le b√Ętiment du Comit√© municipal de Sumga√Įt, les clubs de culture, les casernes et les postes de commandement.

Des milliers de personnes y ont vécu dans de monstrueuses conditions pendant plusieurs jours. Après la mort d'un nourrisson dans un club, à cause du manque d'hygiène, les Arméniens ont été chassés du club par crainte d'une épidémie.

Le massacre des Arm√©niens qui s'est d√©roul√© durant 3 jours √† Sumga√Įt a eu lieu dans une URSS encore solide √† cette √©poque. Que ce soit √† Bakou ou √† Moscou, nul n'√©tait press√© de porter secours aux habitants de Sumga√Įt. Le 29 f√©vrier, lorsque coulaient des rivi√®res de sang √† Sumga√Įt, une r√©union du Bureau Politique du Comit√© Central du Parti Communiste de l'Union Sovi√©tique avait lieu au Kremlin, durant laquelle Gorbatchev a d√©clar√© d'une mani√®re pharisa√Įque [hypocrite] : ¬ęSi nous n'avions pas pris des mesures, il y aurait eu des massacres √† tout moment¬Ľ. Le ministre de la D√©fense Yazov a parl√© des d√©tails cruels des massacres en soulignant qu'il fallait envoyer des troupes. Mais le secr√©taire g√©n√©ral est pr√©occup√© par autre chose: comment √©viter la r√©action possible de l'Arm√©nie. ¬ęIl faut agir r√©solument et jusqu'√† la fin. Il faut fermer les entr√©es, pour que le transport ne puisse pas passer, pour que les avions ne volent pas de Erevan¬Ľ. Plus tard, Gorbatchev prononcera une phrase d'un cynisme sans pr√©c√©dent: ¬ęA Sumga√Įt, les troupes sont arriv√©es avec un retard de 3 heures¬Ľ, en prouvant de la sorte sa culpabilit√© personnelle dans le g√©nocide de Sumga√Įt.

Le 1er mars, le journal ¬ęIzvestia¬Ľ publie une petite information ¬ę Le 28 f√©vrier, √† Sumga√Įt (R√©publique Sovi√©tique d'Azerba√Įdjan) un groupe de houligans a provoqu√© des d√©sordres. Il y a eu lieu des cas d'exc√®s et de violence¬Ľ. Cette phrase n'est pas seulement une information d'un journal, c'est une directive de Gorbatchev visant √† consid√©rer les √©v√©nements comme une affaire de ¬ę groupes de quelques voyous ¬Ľ et d'expliquer des assassinats massifs et monstrueux par une simple motivation de voyou.

Ensuite, l'expression ¬ę par les motifs des voyous ¬Ľ sera rappel√©e 84 fois sur les 100 pages de l'Acte d'accusation.

Par peur de responsabilités devant la communauté européenne pour le génocide organisé et géré par un seul Centre, le crime est divisé en plusieurs affaires criminelles séparées.

Les quatre causes ont √©t√© entendues devant la Cour Supr√™me de l'URSS ainsi que devant les tribunaux r√©gionaux de la F√©d√©ration Russe. Un grand nombre de documents ont √©t√© transf√©r√©s √† la Cour Supr√™me de la R√©publique d'Azerba√Įdjan ainsi qu'au tribunal populaire de Sumga√Įt. Il est difficile de le croire mais le proc√®s n'a √©t√© suivi que par la Cour Supr√™me de l'URSS, tous les autres proc√®s ont eu lieu √† Sumga√Įt et √† Bakou, m√™me si les familles et les t√©moins demandaient que le proc√®s se fasse √† l'ext√©rieur de l'Azerba√Įdjan et en aucun cas √† Sumga√Įt.

Ce n'est pas par hasard que les victimes ont √©t√© oblig√©es de quitter la salle du tribunal en signe de protestation contre la marche de l'enqu√™te judiciaire comme cela a √©t√© le cas √† Moscou, ou √† cause de l'ambiance insupportable et des menaces de mort, comme cela a √©t√© le cas √† Sumga√Įt.


Traduction KarabakhRecords ¬Ė Correction : Collectif VAN

A suivre.


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 Irina Melkoumyan : victime de Sumga√Įt



Source/Lien : KarabakhRecords



   
 
   
 
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