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Qui se trouvent derrière le meurtrier présumé de Hrant Dink?
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La police turque a arrêté samedi le meurtrier présumé du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, ont annoncé les télévisions turques NTV et CNN-Turk. Le suspect, dont les photos avaient été diffusées par les médias plus tôt dans la journée, a été identifié comme Ogun Samast, 17 ans, originaire de la ville de Trabzon dans le nord de la Turquie, ont précisé les deux chaînes.

Le jeune homme âgé de 17 ans arrêté en Turquie pour le meurtre de Hrant Dink a avoué avoir tué ce journaliste qui dénonçait le génocide des Arméniens au début du siècle dernier, a annoncé dimanche l'agence de presse Anatolie.

Le suspect, interpellé tard samedi à la gare routière du port de Samsun, sur la mer Noire, a "admis avoir commis le crime" au cours d'un interrogatoire préliminaire réalisé avant son transfert à Istanbul, a déclaré à Anatolie le procureur général de Samsun, Ahmet Gökçinar.

Il était en possession d'un pistolet de calibre 7.65 -l'arme à l'aide de laquelle les coups de feu ont vraisemblablement été tirés vendredi à Istanbul sur le journaliste- et de six cartouches, a rapporté Anatolie, citant des sources de sécurité locales.

Ce chômeur proche de groupes nationalistes, selon la presse, et que M. Gökçinar a identifié comme étant Oguz Samast, a été arrêté tandis qu'il regagnait Trabzon (nord-est), sa ville d'origine, en possession de l'arme à l'aide de laquelle les coups de feu ont été tirés vendredi à Istanbul sur le journaliste.

Son identité a été révélée par son père à la police, après que celle-ci eut diffusé des images sur lesquelles apparaissait le jeune homme et provenant des caméras de surveillance de magasins de la rue où Hrant Dink, 52 ans, a été tué de trois balles dans la tête et dans le cou, ont indiqué les autorités.

Trois heures avant l'attentat, le suspect s'était rendu dans les bureaux d'Agos, avait affirmé être un étudiant et demandé à rencontrer M. Dink, se heurtant à un refus, selon les autorités.

Lorsque l'une des secrétaires était sortie environ deux heures plus tard, il était toujours au pied de l'immeuble.
«Je l'ai abattu après avoir dit les prières du vendredi et je n'ai pas de regrets», aurait déclaré Ogün Samast, selon la chaîne d'information CNN-Türk, affirmant avoir subi l'influence de sites Internet qui accusent Hrant Dink d'être un «traître à la nation». «Je suis turc mais le sang turc est sale et c'est pour ça que j'ai décidé de le tuer», aurait aussi affirmé ce jeune chômeur, fils d'un ouvrier municipal, assurant avoir agi à l'instigation de Yasin Hayal, qui gérait le café du local du Parti d'action nationaliste (MHP les Loups gris , extrême droite) à Pelitli, près de Trabzon. Hayal a passé onze mois en prison pour un attentat à la bombe en octobre 2004 contre un McDonald's. De son côté, Samast aurait aussi été un assidu des Foyers Alperen, la branche de jeunesse du Parti de la grande union (BBP), une petite force politique islamo-fascisante.

Six autres personnes, soupçonnées d'implication dans l'assassinat, ont été arrêtées à Trabzon, dont quatre ont été transférées à Istanbul dimanche.

Soulignant la jeunesse du meurtrier présumé, l'avocat de Hrant Dink, Erdal Dogan, a émis l'hypothèse d'une manipulation.

"Le garçon a pu appuyer sur la gâchette, mais les autorités devraient trouver ceux qui sont derrière lui", a déclaré le juriste au quotidien Aksam. "L'Etat ne doit pas se contenter de dire 'c'est le garçon qui l'a fait' et se taire".

Parmi les personnes interpellées figure un ami de Samast, Yasin Hayal, qui a passé 11 mois en prison pour un attentat à la bombe contre un restaurant McDonald's de Trabzon ayant fait six blessés, ont rapporté les médias.

Yasin Hayal est supposé être un militant islamiste formé à la fabrication de bombes par des combattants tchétchènes dans un camp en Azerbaïdjan. Trois autres ont été arrêtés hier, selon l'agence turque Anatolie. L'oncle du suspect, Faik Samast, interrogé sur la chaîne privée NTV, estimait que son neveu n'avait pas pu agir seul. «Il était même incapable de se repérer dans Istanbul», a-t-il affirmé. «Ce gamin a été utilisé.»

Cette affaire rappelle à bien des égards celle de l'assassinat en février 2005, toujours à Trabzon, du prêtre italien Andrea Santoro par un adolescent exalté de 16 ans criant : «Allah Akbar !» Les deux mineurs, qui d'ailleurs portent le même prénom, étaient fils de parents séparés, connus dans leurs entourages respectifs comme «calmes et gentils», mais renfermés, avec des problèmes psychologiques qui les rendaient très influençables.

Le grand port de la mer Noire est depuis des années l'un des principaux fiefs de l'extrême droite, qui recrute facilement des sicaires parmi les jeunes d'une ville de 1 million d'habitants en plein marasme. «L'amour des habitants de Trabzon pour le drapeau et la patrie est aussi fort que celui qu'ils ont pour Dieu», répète volontiers Hüseyin Yavuzdemir, le gouverneur. En avril 2005, des émeutes avaient éclaté après l'arrivée de militants d'extrême gauche venus diffuser des tracts de soutien à des prisonniers politiques en grève de la faim. Il y a dans cette ville, encore plus nettement que dans le reste du pays, un climat général de haine contre les chrétiens et les minoritaires, suspectés de «vouloir démembrer le pays». «Ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu'il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant [...] le nationalisme d'Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes», écrivait hier Ismet Berkan dans le quotidien libéral Radikal. (Libération, Par Ragip DURAN, 22 janvier 2007)

Il y a dans la ville encore plus nettement que dans le reste du pays un climat général de haine ethnique contre les chrétiens et les minoritaire suspects « de vouloir démembrer le pays ». « Ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu’il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant (...) le nationalisme d’Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes » écrit Ismet Berkan dans sa tribune du quotidien turc libéral Radikal.

Hier pour la troisième journée consécutive, des anonymes sont venus se recueillir sur le trottoir où Hrant Dink a été tué. Dans la foule, qui comptait des Turcs et des membres de la petite communauté arménienne d'Istanbul, beaucoup avaient épinglé sur la poitrine un portrait du journaliste. Poursuivi en justice pour avoir dénoncé le génocide arménien -- non reconnu par Ankara -- de 1915-1917, Hrant Dink disait être inondé d'insultes et de menaces de mort.

«Nous sommes tous responsables de sa mort d'une certaine façon», a déclaré le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, poursuivi comme Hrant Dink pour avoir évoqué le génocide arménien, et venu hier lui rendre hommage.

«Mais par-dessus tout, je crois que ce sont ceux qui défendent le 301 qui sont responsables de sa mort», a-t-il ajouté, évoquant l'article 301 du code pénal turc sur le dénigrement de l'identité turque, des valeurs de la République et des institutions de l'État au nom duquel nombre d'intellectuels ont été poursuivis en Turquie ces derniers temps. Sous la pression internationale, la justice turque avait abandonné les charges pesant sur Orhan Pamuk.

Mehmet Altan, intellectuel renommé, soupçonne l'implication de «l'État profond», un réseau militaro-mafieux infiltré jusqu'au sommet de l'État. «Les ultranationalistes veulent en finir avec l'ouverture du pays, accuse l'éditorialiste du quotidien Star. Ils jouent leur atout, la question arménienne, en espérant que les indignations de la communauté internationale attisent en retour le nationalisme en Turquie.»

En dépit des controverses, Hrant Dink, qui doit être inhumé mardi, avait forcé l'admiration de beaucoup par son dévouement à la cause du dialogue turco-arménien. (AFP, 21 jan 2007)



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Source/Lien : Info-Turk



   
 
   
 
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