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Chronique d’une mort annoncée
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article paru en allemand

Le meurtrier a avoué. La Turquie se pose à présent la question, après le meurtre du journaliste arméno-turc Hrant Dink : la nation est-elle complice?

de Boris Kalnoky

Trois balles ont abattu un dernier Arménien en Turquie, qui faisait encore entendre sa voix : le 19 janvier l’éditeur Hrant Dink est mort à Istanbul, assassiné par un jeune de 17 ans. Sa réputation avait été depuis longtemps assassinée : dans de nombreuses procédures, dont un jugement entériné en Cour d’appel, on l’avait condamné pour avoir "insulté la Turquie". Dans la culture turque, insulter signifie déshonneur, et le déshonneur est souvent réprimé en privé ainsi, comme a fini Hrant Dink: par un meurtre.

La réaction a été remarquable. Le gouvernement, les médias et les militaires ont crié ensemble. C’était eux que l’on avait atteint, et ils ont ensemble organisé une puissante chasse à l’homme, qui a rapidement mené à l’arrestation du meurtrier. "Un pays cherche un meurtrier" titrait un journal. On aurait aussi pu le tourner ainsi : un pays se cherche.

Le calvaire de Dink rappelle la "Chronique d’une mort annoncée". Indépendamment de la question du meurtrier et des instigateurs derrière lui, il y a-t-il une couche de la société turque qui ne devrait pas se poser la question : Avons-nous aussi une part de culpabilité?

Dink a grandi dans la ville anatolienne de Malatya, dans un orphelinat. C’est là qu’il a rencontré sa femme, et, plus tard, il a lui-même dirigé un orphelinat. Son identité d’Arménien s’est développée pas à pas, d’expériences cruciales en expériences cruciales, et chaque expérience était comme un coup administré par l’État turc. L’orphelinat fut confisqué pour des raisons spécieuses. Dans l’armée, de son groupe, seul Dink a conservé le grade de seul simple soldat, bien que, c’est ce qu’il écrivait, d’après le système turc de promotion, il aurait dû obtenir le grade d’officier.

Il a commencé à écrire et il a fondé en 1996 le journal bilingue arménien-turc "Agos". Les problèmes ne se sont pas fait attendre. Cependant, si l’on recherche le tournant à partir duquel Dink ne fut plus un scribouillard impopulaire, mais nominalement une cible avérée, alors c’est en février 2004.

Il a publié un article qui représente l’équivalent turc du crime de lèse-majesté. Sabiha Gökcen, une fille adoptive du fondateur de l’État turc, Atatürk, la première femme pilote du pays, cette icône de l’identité turque, était en réalité une orpheline arménienne, écrivit Dink.

Dans les médias turcs, l'indignation s'est manifestée bruyamment. Mais il y a eu surtout une condamnation par l'état-major turc. Celui-ci s'est adressé au juge et a déclaré : « Discuter un tel symbole, quelles que soient les intentions nourries, est un délit contre l'unité nationale et la paix civile. Dink s'était fait un ennemi de « l'État profond » : les militaires qui déterminent toujours - et auparavant encore plus - les paramètres de la politique.

Au cours des mois et des années suivantes, ce fut procès sur procès, toujours au titre "d’insulte à l’identité turque". Dink de ce fait était de plus en plus visible, toujours plus de Turcs connaissaient son nom et l’accolaient à l’idée qu’il était un traître. La boîte mail de Dink se remplissait chaque fois plus de menaces.

Le vice-gouverneur d’Istambul, Ergun Dündür, l’a convoqué. Dink a écrit à ce sujet que Dündür lui avait présenté "deux de ses connaissances" et lui avait doucement demandé : "Monsieur Dink, vous êtes un journaliste expérimenté. Ne devriez-vous pas être un peu plus prudent quant à ce que vous écrivez ? Et pourquoi de tels messages ? Regardez, cela mène à de grands troubles et une grande agitation. Nous vous connaissons, mais comment l’homme de la rue peut-il vous connaître ?" Les "connaissances" sans nom avaient ensuite émis l’avis que « quelque chose pouvait arriver » à Dink.

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007



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