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L’écrivain disgracié obligé de quitter l’Azerbaïdjan ?
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Dès sa publication en décembre dernier, le roman de l’écrivain azerbaïdjanais Akram Aylisli décrivant la cruauté des Azerbaïdjanais envers les Arméniens a provoqué la colère publique et de nombreuses menaces en Azerbaïdjan. Le parti pro-gouvernemental “Yeni Musavat“ a promis une récompense de 12 000 $ à quiconque “couperait une oreille de l’auteur “. « Mes travaux ne sont plus publiés, mes pièces ne sont plus jouées. Il est impossible d’envisager l’avenir ici. J’ai pris la décision de quitter ma terre natale et d’aller en fraternelle Turquie » a annoncé Akram Aylisli dans une interview. Il a ajouté également : « Je demande maintenant aux écrivains arméniens de dire la vérité à propos du génocide de Khodjaly et autres massacres. » Akram Aylisli ne peut ignorer la vérité à propos du pseudo génocide de Khodjaly que le gouvernement azéri tente d’imputer aux Arméniens. Que faut-il déduire de cette déclaration ? Akram Aylisli fait-il amende honorable pour retrouver sa place au Panthéon des écrivains de son pays, voire, tout simplement, pour continuer à y vivre en paix sans avoir à s’exiler ? Ou faut-il comprendre que l’affaire Aylisli est une fusée à plusieurs étages, lancée par les sphères du pouvoir, pour faire porter le message de la falsification historique par une personnalité a priori irréprochable puisque « dissidente » ? Tout est malheureusement possible. Le Collectif VAN vous invite à lire une traduction de Gisèle Garabédian d'un article en anglais du site Armenianow mise en ligne sur le site de NAM (Nouvelles d'Arménie Magazine) le 11 mars 2013.

Photo: theworld.org


Pour accompagner cette lecture, il est bon de visionner un reportage sous-titré en anglais qui donne la parole aux acteurs présents sur le terrain en février 1992 (journalistes, hommes politiques, combattants). La vidéo, récemment postée sur YouTube, retrace avec précision la prise de Khodjaly par les combattants arméniens et montre la responsabilité du Front Populaire d’Azerbaïdjan dans le massacre prémédité de la population civile azérie :



Between hunger and fire: power at the expense of lives (Nagorno Karabagh)


NAM

DE STONE DREAMS AU CAUCHEMAR

L’auteur en disgrâce favorable aux Arméniens pense quitter l’Azerbaïdjan


Le roman jugé scandaleux de l’écrivain azerbaïdjanais Akram Aylisli sur les relations arméno-azerbaïdjanaises va sans doute coûter à l’écrivain de 75 ans la privation de la récompense et de la pension de l’Etat, et l’obliger à quitter sa terre natale, craignant pour sa vie et la sécurité de sa famille.

« Mes travaux ne sont pas publiés, mes pièces ne sont pas jouées. Il est impossible d’envisager l’avenir ici. J’ai pris la décision de quitter ma terre natale et d’aller en fraternelle Turquie ». Les médias azerbaïdjanais ont mentionné l’interview de Aykisli au journal turc.

Le roman de Aylisli “Stone Dreams“ relate l’histoire de deux Azerbaïdjanais qui essaient de protéger leurs voisins arméniens durant les pogroms de Soumgaït et de Bakou dans la fin des années de l’Union soviétique (le roman décrit aussi des violences azéries contre les Arméniens durant les années 1920).

Dès sa publication dans le magazine “People’s Friendship“ en décembre dernier, le roman décrivant la cruauté des Azerbaïdjanais envers les Arméniens a provoqué la colère publique et de nombreuses menaces en Azerbaïdjan. Des actions de protestation furent menées dans plusieurs villes exigeant l’exil de Aylisli ; des livres de l’auteur furent brûlés, pendant que le parti pro-gouvernemental “Yeni Musavat “ annonçait une récompense de 12 000 $ à quiconque “couperait une oreille de l’auteur“. L’épouse de Aylisli et son fils ont été licenciés ; de plus, par décret présidentiel, l’écrivain a été privé de toutes les récompenses d’État, incluant le titre d’ “Ecrivain du peuple“ et de la pension mensuelle de 1270 $.

Les intellectuels arméniens et turcs, mais aussi le département d’État US, le bureau de l’OSCE à Bakou et d’autres organisations ont fait des déclarations pour condamner le harcèlement envers l’écrivain et ont exhorté les autorités de Bakou d’arrêter leur campagne de persécution. Human Right Watch notamment, déclare que le gouvernement d’Azerbaïdjan se moque des obligations internationales concernant la liberté d’expression. “Le fait est choquant, particulièrement après que les fonctionnaires azerbaïdjanais se soient rués à Strasbourg le mois dernier pour vanter le bilan du gouvernement concernant les droits humains au Conseil de l’Europe“.

Dans l’intervalle, Aylisli accuse les intellectuels azerbaïdjanais d’avoir fait preuve de lâcheté et d’indifférence durant le débat public concernant son roman.

« Ils ont toujours soutenu ma position. Cependant, ils ne peuvent pas exprimer ouvertement leurs opinions parce qu’ils sont rémunérés par l’État. Une partie de la société qui a la liberté de penser est ouvertement de mon côté. Même un groupe d’écrivains de Turquie le soutient. Mais pas un politicien en Azerbaïdjan ne m’a appelé, déclare Aylisli à haqqin.az.

L’écrivain dit que le but de son roman était d’envoyer le message aux Arméniens, notamment ceux vivant au Nagorno Karabakh, que le peuple d’Azerbaïdjan reconnaît ses erreurs et reconnaît avoir agi contre sa volonté.

« Le temps ne nous a pas encore complètement séparés, voyons ensemble notre vie en communauté, » dit l’écrivain, ajoutant que maintenant c’est au tour des écrivains arméniens de reconnaître objectivement les fautes qui ont conduit à une guerre majeure qui a amené misère et souffrance aux deux peuples.

« Je demande maintenant aux écrivains arméniens de dire la vérité à propos du génocide de Khojaly et autres massacres. Ne blâmez pas le peuple pour les guerres. Les fautifs sont ceux qui se servent des guerres pour s’enrichir » dit Aylisli.

Angéla Élibegova, expert arménien en géopolitique du Sud Caucase, pense que la haine déterminée envers l’auteur est en partie conditionnée par la politique azérie de “remuer le chien“* car « la thématique arménienne est une action sans risque pour le gouvernement d’Azerbaïdjan et fait diversion aux problèmes plus sérieux dans le pays. »

« Le roman publié dans le numéro de décembre du magazine a trouvé un large écho en Azerbaïdjan, peu après une situation agitée dans le pays causée par l’inquiétude en Ismaïlli. » (Un district azéri où ont eu lieu en janvier, des affrontements entre des manifestants et la police durant lesquels les manifestants ont brûlé des dépendances dans le jardin de l’administrateur du district ainsi que sa voiture).

Selon Élibegova, aujourd’hui en Azerbaïdjan, on ne parle pas de l’inquiétude toujours présente à Ismailli, ou du “Gyulyargeyt“, (la vidéo scandaleuse qui montre comment le député Gyulyar Akhmetova demande 1 million de dollars au doyen de l’université pour être élu député), des morts inexpliquées dans l’armée ou d’autres problèmes précis qui concernaient l’opinion il y a environ deux semaines.

Elibegova dit que le roman a aussi provoqué la furie et la critique parce qu’il présentait le “leader national“ Heydar Aliyev (père du président actuel Ilham Aliev) sous un jour peu flatteur et l’accusait d’avoir organisé des massacres d’Arméniens.

« Le fait que le clan au pouvoir n’a jamais pardonné cette impertinence est ouvertement abordé par les médias azerbaïdjanais. Les représentants du clan Nakhitchevan de l’élite dirigeante sont avant tout irrités car le massacre d’Akoulis (Nakhitchevan) est pour eux un problème majeur.

Thomas de Waal du Carnegie Endowment, dit que la publication de ce roman est un acte courageux mais malheureusement, au lieu d’encourager Aylisli, le gouvernement azerbaïdjanais exerce sur lui des pressions, brûle ses livres, ce qui est regrettable.

« Le gouvernement azerbaïdjanais aime parler de paix, il rappelle même comment des milliers d’Arméniens vivent paisiblement à Bakou. Malheureusement, la pression sur l’écrivain qui commente courageusement le conflit, apporte un éclairage différent du message, » dit de Waal, spécialiste du conflit du Karabakh dans une interview avec le service azerbaïdjanais de Radio Liberty. « Ceci démontre que la société azerbaïdjanaise n’est pas prête pour analyser l’histoire et les problèmes. Et le plus important c’est que c’est un phénomène caractéristique des deux côtés du conflit à la fois dans la société azerbaïdjanaise et arménienne. »

*ndlt : « Wag the dog »Théorie de Coser et Simmel dont l’hypothèse est de parvenir à une cohésion interne via la « diabolisation » d’un autre groupe. Dans une société instable une guerre à l’extérieur peut servir à dissimuler les problèmes internes.

Nota CVAN : Dans « Wag the Dog » (“Remuer le chien“), film américain sorti en 1998 (« Des hommes d’influence »), ¬ Robert De Niro demande : «Pourquoi un chien remue-t-il la queue?». «Parce que le chien est plus intelligent que la queue. Si la queue était plus intelligente que le chien, c'est la queue qui remuerait le chien» lui est-il répondu.

Traduction de Gisèle Garabédian

lundi 11 mars 2013,
Ara ©armenews.com


Article en anglais :

From ‘Stone Dreams” to nightmare: The disgraced author sympathetic to Armenians intends to leave Azerbaijan


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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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