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Le pape François et le génocide arménien
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Tant les Arméniens que les Turcs se demandent à présent si dans sa nouvelle fonction, le pape François redira les mots qu’il avait prononcés lorsqu’il était le cardinal Bergoglio. Les Arméniens sont ravis qu’un ami proche de leur communauté ait été élu pour diriger l’Église catholique. Entretemps, la presse turque a exprimé sa grande inquiétude que « le nouveau pape puisse être influencé par les groupes de lobbying [arméniens]. » Ayant désormais accédé à la plus haute fonction de l’Église romaine, personne ne sait vraiment quelle sera la position que le pape François adoptera sur les questions arméniennes. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 21 mars 2013.


Le pape François répètera-t-il les mots du cardinal Bergoglio sur le génocide ?

De : Harut Sassounian
Éditeur de : The California Courier
Éditorial de Sassounian du 21 mars 2013

Peu après que le cardinal Jorge Mario Bergoglio est devenu le pape François I, les médias arméniens et turcs se sont empressés d’informer leur public respectif que l’archevêque argentin avait reconnu le génocide arménien en un certain nombre d’occasions.

Lorsque le Catholicos Karekine II s’est rendu à Buenos Aires le 23 avril 2004, le cardinal Bergoglio s’était joint à lui pour une liturgie œcuménique et s’était exprimé lors de la commémoration des victimes du génocide arménien. Le Cardinal avait déclaré : « Nous sommes unis dans la douleur d’un génocide – le premier du 20e siècle – un génocide qu’un empire puissant cherche à passer sous silence et à dissimuler par tous les moyens. »

La semaine dernière, dans sa lettre de félicitations au pape François, Karekine II « s’est souvenu avec affection » de « leurs rencontres et leurs prières conjointes en Argentine et il a loué le Souverain pontife : « un pasteur courageux, sage et juste. » Le Catholicos a évoqué « la sincère affection envers le peuple arménien » du cardinal Bergoglio, ajoutant : « Nous confirmons avec joie que la relation historique entre nos églises est marquée d’une chaleureuse amitié fraternelle. Nous attachons une grande valeur aux progrès accomplis par nos églises, résultant des efforts collaboratifs menés lors de nos pontificats et ceux de nos prédécesseurs. Ceci s’est manifesté lors de visites réciproques et par la mise en place d’un grand nombre de programmes éducatifs et caritatifs. »

Le 22 avril 2006, lors d’une cérémonie pour le 91e anniversaire du génocide arménien, à Buenos Aires, le cardinal Bergoglio a exhorté la Turquie à reconnaître sans condition le génocide arménien, comme étant « le plus grand crime de la Turquie ottomane, commis à l’encontre du peuple arménien et de toute l’humanité. »

Plus récemment, en 2011, après qu’une cour fédérale argentine a déclaré la Turquie coupable d’avoir commis un génocide à l’encontre des Arméniens, suite à un procès intenté par le survivant Krikor Hairabedian, le cardinal Bergoglio a fait une déclaration condamnant « le crime abominable de génocide que l’État turc a commis envers les Arméniens de 1915 à 1923. »

Tant les Arméniens que les Turcs se demandent à présent si dans sa nouvelle fonction, le pape François redira les mots qu’il avait prononcés lorsqu’il était le cardinal Bergoglio. Les Arméniens sont ravis qu’un ami proche de leur communauté ait été élu pour diriger l’Église catholique. Entretemps, la presse turque a exprimé sa grande inquiétude que « le nouveau pape puisse être influencé par les groupes de lobbying [arméniens]. »

Ayant désormais accédé à la plus haute fonction de l’Église catholique romaine, personne ne sait vraiment quelle sera la position que le pape François adoptera sur les questions arméniennes. Il ne faut pas oublier que le Souverain pontife a deux fonctions distinctes : il est le chef de l’Église catholique et de l’État de la Cité du Vatican. En d’autres mots, il est à la fois un chef spirituel et un chef d’État. Par conséquent, selon le sujet, il est possible qu’il n’exprime pas les opinions qu’il avait quand il était le cardinal Bergoglio. Il pourra parfois prendre des positions sur des sujets politiques qui divergent de ses idées personnelles mais coïncident avec celles des intérêts plus matériels du Vatican.

En tant que dirigeant de l’État du Vatican, le Pape peut être obligé d’agir comme tout autre homme politique, à l’instar du président Obama, qui a dit une chose avant son élection et a changé son fusil d’épaule par la suite. Cependant, en tant que chef spirituel de l’Église catholique et homme aux solides valeurs morales, le pape ne peut tout simplement pas ignorer ses convictions profondes ou les démentir.

Sachant que tous les papes ne se ressemblent pas, il serait sans doute utile de passer en revue les récentes déclarations papales sur le génocide arménien. Le pape Jean-Paul II a utilisé par deux fois le terme génocide arménien – le 9 novembre 2000 et le 27 septembre 2001. Toutefois, contrairement à son prédécesseur, le pape Benoît XVI s’est abstenu d’utiliser ce terme, préférant qualifier le génocide de « martyre » et « de souffrances indicibles. »

Dans le cas du pape François, les Arméniens n’ont nullement besoin d’insister pour qu’il utilise le terme génocide arménien ; le Vatican a par deux dois reconnu le génocide arménien. Par conséquent, il ne servirait à rien d’exiger que chaque nouveau pape reconfirme la véracité du génocide arménien. Il est cependant important que le pape François ne batte pas en retraite par rapport à sa position antérieure sur le génocide arménien ; les substituts et autres euphémismes ne seraient pas appropriés.

Au vu du passé positif du Vatican sur le génocide arménien, il serait préférable de dépasser cette question et de chercher d’autres domaines dans lesquels le Souverain Pontife pourrait apporter son soutien, comme par exemple faire pression pour que la sécurité des Arméniens et des autres chrétiens soit assurée en Syrie. Des efforts doivent aussi être faits pour renforcer les liens amicaux existants entre l’Église apostolique arménienne et l’Église catholique ainsi que les relations amicales entre l’État du Vatican et la République d’Arménie.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 21 mars 2013 – 06:40 - www.collectifvan.org






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