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"Les Français n'ont pas à avoir peur des Turcs"
Publié le :

Abdullah Gül, ministre turc des affaires étrangères

LE MONDE | 26.01.07 | 14h49 • Mis à jour le 26.01.07 | 14h49

Les funérailles de Hrant Dink , mardi 23 janvier, ont été l'occasion d'un vaste hommage populaire en Turquie. Pourquoi n'abrogez-vous pas l'article 301 du code pénal sur "l'insulte à l'identité turque", qui a pu jouer un rôle dans ce meurtre ? Nous avons été atterrés de chagrin après ce qui est arrivé, et nous avons tout de suite réagi. Avant même l'enterrement, le coupable a été arrêté. En Turquie, tout le monde, de droite, de gauche, religieux ou non, a condamné ce meurtre. La réaction de l'opinion turque a été admirable. Concernant l'article 301, nous voulons améliorer les choses, car cet article jette une ombre sur le processus des réformes en Turquie. Nous avons engagé une discussion avec les ONG à ce sujet. Nous sommes fiers d'être un gouvernement réformateur. Si nous procédons à ces changements, c'est parce que la population le demande, et non pas pour satisfaire quelqu'un à l'étranger.

L'Union européenne (UE) a suspendu partiellement, en décembre 2006, les négociations d'adhésion de la Turquie. Avec les élections qui se profilent en Turquie et en France, l'année 2007 sera-t-elle difficile ?
Les Français n'ont pas à avoir peur des Turcs ! Mais il est vrai que des politiciens vont essayer d'exploiter cette question. Les Français n'ont rien à craindre car la France a décidé d'organiser un référendum. Ainsi, même si nous accomplissons toutes les réformes, et remplissons tous les critères, même là, nous ne pourrons pas adhérer ! Car la clef est détenue par la population française, qui votera en faveur, ou non (de l'adhésion turque). Je ne sais dans combien d'années cela se produira, mais je veux croire que le peuple français verra que cette intégration est dans son intérêt. Il y a tant d'intérêts économiques notamment. Il y a plus de voitures Renault à Istanbul qu'à Paris !

Peut-on s'attendre à un déblocage de la question de Chypre après les élections en Turquie ?
La Turquie n'a pas de geste à faire. Elle a pris une décision historique en soutenant le plan Annan (présenté par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, mais rejeté par la partie grecque de l'île en avril 2004 lors d'un référendum). Ce n'était pas seulement un plan de l'ONU, mais un plan commun avec l'Union européenne, et il apportait une solution. La Turquie et les Turcs de Chypre ont fait leur devoir. Malheureusement, les Chypriotes grecs ont dit non. Cela signifie qu'ils ne disaient pas la vérité lorsqu'ils disaient souhaiter la réunification de l'île.

C'est donc le blocage avec l'Union européenne ?
Non, certains chapitres de la négociation sont ouverts, sous la présidence allemande. En fait, l'UE ne se rend pas compte de sa propre grandeur. Mais nous, nous continuerons à oeuvrer dans le sens de nos réformes, et un jour l'UE se souviendra des promesses faites à la Turquie.

S'agissant de la crise au Liban, et d'autres dossiers du Proche-Orient, votre pays prône un dialogue avec la Syrie. Pourquoi ?
Nous avons 800 kilomètres de frontière commune avec la Syrie. Nous avons eu de sérieux soucis avec elle par le passé, mais nous parlons maintenant avec elle des problèmes du Proche-Orient. Lorsque la Syrie a retiré ses soldats du Liban, nos encouragements avaient eu un effet positif. Bachar Al-Assad l'a dit ouvertement, d'ailleurs. Evidemment, la stabilité du Liban et la paix dans cette partie du monde auront des effets bénéfiques, notamment économiques et sociaux, sur la Syrie.

Il ne serait pas bon de laisser la Syrie à l'écart lorsqu'on débat de la Palestine et d'Israël. Il faut être réaliste. La Syrie est une des parties dans cette situation. Nous pensons, par ailleurs, qu'il est plus simple de résoudre les problèmes entre la Syrie et Israël que de résoudre d'autres problèmes au Proche-Orient. La Turquie a cherché à agir dans ce sens. Il y a eu des occasions manquées par les deux parties, mais je pense qu'il faut poursuivre les efforts.

Une indépendance du Kurdistan irakien est-elle envisageable ?
Pensez-vous que si ce que vous dites se produisait - c'est-à-dire une division de l'Irak -, les Arabes sunnites, les chiites, les Kurdes, se serreraient la main ? Non, il y aurait une guerre très grave, une situation chaotique, et tous les pays voisins seraient entraînés dans ce chaos. Le nord de l'Irak a pour seule ouverture vers l'extérieur le passage frontalier de Habur avec la Turquie, et c'est nous qui leur fournissons de l'électricité.

Nous n'avons aucune animosité envers cette région, mais notre approche est centrée sur l'intégrité territoriale de l'Irak. Nous savons qu'autrement, il y aura le chaos.

Propos recueillis par Henri de Bresson et Natalie Nougayrède
Article paru dans l'édition du 27.01.07.



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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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