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Le suicide de la Turquie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de l'article paru en anglais dans New York Post le 26 janvier 2007

New York Post, 26 janvier 2007

De RALPH PETERS

26 janvier 2007 -- C’EST dur de voir un vieux copain tomber, prendre des décisions désastreuses les unes après le autres, gaspiller un avenir prometteur.
C’est la position dans laquelle se trouve la Turquie - une inclination à l’auto destruction.

Un membre de l’Otan idéalement situé, servant de pont entre l’occident et le Moyen Orient, la constitution séculaire de la Turquie et sa progression économique aurait dû en faire un modèle pour les autres états de la région. Au lieu de cela, la Turquie a singé les régimes du monde arabe:

* Exploitant le dégoût de la population envers la corruption du gouvernement, les islamistes ont repris du pouvoir lors des élections - et ont immédiatement commencé à démanteler l’héritage séculaire de Kemal Atatürk.

* À l’aube de l’opération Liberté pour l’Iraq, la Turquie inflige un coup bas aux USA - son seul allié sûr -, en lui refusant le passage de ses troupes avec l’espoir bien illusoire qu’Ankara pourrait sauver Saddam.

* La Turquie a étouffé sa chance (toujours mince) de devenir membre de L’UE, de par la répression intérieure qu’elle impose, ses poursuites judiciaires ridicules, la farce de ses efforts législatifs visant à talibaniser la société et son entêtement borné à nier le génocide arménien.

* Au lieu de se gagner l’approbation de l’Europe, le gouvernement soutient un discours haineux anti-américain empoisonnant les médias turcs et ne faisant que renforcer les convictions européennes qui pensent que les Turcs "ne sont pas des nôtres."

* Impatient d’envoyer des troupes turques en Iraq pour attaquer le PKK (un groupe radical kurde au passé terroriste), Ankara risque d’être confronté à une effrayante gêne militaire, de s’aliéner davantage Washington - et de voir la fin de sa dernière prière pour être membre de l’UE. (Les européens cherchent des excuses pour maintenir la Turquie à l’écart - et la Turquie leur en fourni avec génie.)

* En dépit du potentiel qui existe pour une relation bénéfique mutuelle avec le Kurdistan iraquien - où les hommes d’affaires turcs réalisent de larges profits - le gouvernement d’Ankara s’obstine à prévenir l’émergence d’un État Kurde. En pariant sur les Arabes sunnites d’Iraq (qui méprisent les Turcs, mais les utilisent), la Turquie s’est mise en position de perdre beaucoup si l’Iraq se dissout.

* Avec ses actes nuisibles en Iraq, sa relation de cape et d’épée avec la Syrie et son échec à apprécier le caractère retors iranien, la politique étrangère turque est une pagaille autodestructrice, jamais atteinte depuis la fondation de l’État turc moderne.

Tout ceci me peine, car j’ai passé des décennies à argumenter sur le fait que l’importance stratégique de la Turquie nécessite notre patience, jusqu’à ce que ce pays à l’énorme potentiel trouve sa voie dans le futur.

Pour un visiteur enthousiaste qui depuis 30 ans se rend en Turquie, cela brise le coeur de voir sa société et son économie s’éveiller - uniquement pour devenir la proie des vampires islamistes.

Avec le salafisme - la branche radicale de l’Islam d’Arabie Saoudite - mordant dans la jugulaire politique turque, la farce est que ce sont les Bédouins méprisés d’Arabie qui ont finalement conquis "l’Empire ottoman". La forme la plus primitive et arriérée de l’Islam est de plus en plus chez elle dans l’arrière pays qui a constitué le cœur de l’État musulman le plus puissant depuis cinq siècles.
La question est maintenant de savoir si notre vieil allié pourra surmonter ses difficultés internes, mais lequel de ses problèmes réglera-t-il d’abord. Est-ce que la destruction islamiste de la culture turque continuera, ou bien est-ce qu’un coup militaire (la rumeur court) replongera le pays dans une autre période de violence interne et de stagnation politique ?

Pour Washington, c’est une mauvaise nouvelle. La marche punitive sur l’Islam (punitive, surtout, pour les musulmans) continue d’alimenter un large antiaméricanisme - mais un coup militaire pourrait mener à une mésaventure en Iraq du nord comparable à la débâcle de l’Argentine dans les Falkland.

Le meurtre la semaine dernière, du journaliste turco-arménien Hrant Dink, (meurtre pour lequel cyniquement les islamo-nationalistes se sont servis d’un jeune de17 ans qui ne pourra pas être inculpé comme un adulte) a mis à nu la société turque: 100 000 Turcs sont venus protester contre le meurtre barbare, mais le gouvernement a peu bougé, puisque les démagogues commandent le plus grand nombre.

L’élite de la Turquie est à peu près dans la même position que l’élite allemande lors de la montée au pouvoir d’Hitler. Imaginant que les islamistes bredouilleraient, les Turcs progressistes ont échoué à réagir. À présent, la civilisation turque - brillante pendant des siècles - prend le chemin que l’Allemagne a pris pendant les années 1930. Les intellectuels turcs ont sous-estimés la capacité qu’a l’homme moyen à haïr et son plaisir à la revanche aveugle.

En ce qui concerne l’anti-américanisme virulent, spectaculaire et malhonnête, qui a cours dans les médias turcs, - ne devrions nous pas avoir ce débat "Qui a perdu la Turquie?": Les Turcs l’ont perdue pour eux-mêmes. Au lieu de se développer dans la culture occidentale de la responsabilité, les Turcs ont succombé à la culture arabe du blâme.

Après avoir regardé de façon condescendante les Arabes pendant des siècles, les Turcs deviennent à présent des Arabes fonctionnels, se reposant sur des fantasmes de grandeur aussi surréalistes que les rêves mystiques des Soufi fumeurs de haschich. La vision révolutionnaire d’Atatürk, d’un État turc moderne - trahie par ses propres successeurs corrompus - s’évanouit dans la réalité d’une autre satrapie musulmane attardée.

Un cas parallèle encore plus flagrant qu’avec l’Allemagne des années 1930 est celui du Pakistan d’aujourd’hui. La Turquie est en passe de devenir un autre état garnison empoisonné à l’extrémisme, uniquement tenu par les militaires.
Lors de ma dernière visite, j’ai eu droit à un discours de fou, par un officier turc des douanes, sur la résurrection de l’Empire ottoman. Mais au lieu de retourner aux gloires indéniables de cet empire, la Turquie du 21e siècle semble déterminée à rejouer le misérable crépuscule ottoman.

J’aimerais que nous puissions sauver la Turquie. Mais nous ne le pouvons pas. Cela dépend des Turcs.

Le dernier livre de Ralph Peters "Never Quit The Fight."

TURKEY'S SUICIDE

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007



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