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Turquie : Les Arméniens, ces êtres venus de l'Espace
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Pour la première fois depuis le génocide de 1915, un baptême va avoir lieu le 8 septembre 2013 dans l'Eglise arménienne d'Aghtamar (Turquie). Cette merveille architecturale faisait jadis partie d'un monastère, dont les principaux bâtiments ont été commandés par le roi arménien Gagik Ier Ardzrouni et construits entre les années 915 et 921.Le site conserve les restes d'un monastère bâti en 653. En prévision de la cérémonie de ce dimanche, une association turque négationniste et nationaliste (les deux vont généralement de pair) s'est mise vent debout et prétend que l'Eglise arménienne Sainte-Croix d'Aghtamar, sur l'île du Lac de Van, est en fait... une église turque. Devant tant de mauvaise foi, que faire sinon tourner en ridicule les auteurs de cette affirmation délirante ? C'est la tâche à laquelle s'est attelé le Professeur Baskin Oran avec cet article ironique et jubilatoire. Subsiste maintenant une inconnue : l'association Asimder, toute en finesse comme on le subodore, va-t-elle comprendre le second degré manié à merveille par l'universitaire turc ? Pour notre part, nous avons compris que Baskin Oran a utilisé l'expression honnie (génocide arménien) sans guillemets. Merci Asimder? Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article en turc, paru sur le site radikal.com le 1er septembre 2013. Le texte, traduit ici en français, s’appuie sur une première traduction du turc vers l'anglais.

Radikal

Rendez-vous au monument Petchénègue le 8 septembre

Baskin Oran

01/09/2013

Vous vous souvenez de l’église d’Akhtamar à Van qui devait être démolie en 1951 et qui a ensuite été restaurée en 2007 ? J’ai toujours cru que c’était une église arménienne, mais elle s’avère être une église turque. L’État nous a menti. Ils vont maintenant devoir nous rendre des comptes. Bientôt, nos procureurs pourront entamer trois procès très importants : 1) Contre les forces armées turques, qui ont tenté de démolir un monument turc de plus de mille ans, le 25 juin 1951 ; 2) Contre le gouvernement du Premier ministre Erdogan, qui a déclaré que c’était une « église arménienne » et qui l’a restaurée en tant que telle en 2007 ; 3) Contre tous les gouvernements passés de la République de Turquie, qui ont permis que ce monument turc s’effondre presque, en raison de leur négligence. Bien sûr, ces trois procès devront s’ouvrir en vertu de l’article 301/1 du Code pénal turc qui pénalise « l’insulte publique à la turcité ».

J’avais eu l’occasion d’entendre parler de vive voix de ces destructions il y a quelques années, mais ce fait n’a rien à voir avec le sujet qui nous préoccupe à présent. Au cours du printemps 1999, j’avais visité la région de la Cappadoce. Notre guide nous avait dit : « J’ai fait mon service militaire dans une unité de commando. Un jour, notre commandant nous a dit de rassembler une grande quantité d’explosifs et de faire sauter les ruines de deux églises arméniennes avoisinantes. Nous les avons réduites à néant toutes les deux. » Mais bien sûr, elles étaient complètement différentes de celle-ci. Écoutons ce que Göksel Gülbey, le président d’ASIMDER (l’Association contre les allégations arméniennes internationales non-fondées) a à nous dire :

« L’église, que les Arméniens prétendent être la leur, appartient aux Turcs Petchénègues, des Turcs chrétiens. (…) Malheureusement, les Arméniens ont fabriqué un mythe, affirmant que l’église est à eux. »

Le président souligne aussi un point très important, en ces termes : « C’était en 1915, lors des massacres de Van, des femmes musulmanes de Van se sont jetées dans le lac de Van, afin d’échapper au viol et de sauver ainsi leur honneur. » Peu étonnant que le député du MHP (Parti du mouvement nationaliste) le professeur Yusuf Halaçoglu, (ancien président de la très officielle Société d’Histoire turque), ait mentionné cela le 29 avril à Salihli et ait donné le nombre exact de femmes impliquées, en disant : « Pour les 50 femmes de Van, pour lesquelles nous n’avons pas pu ériger un monument de chasteté. » À propos, nous avons entendu dire que le MHP a une proposition de loi pour un tel monument.

J’ai entendu parler de ce « sauver leur honneur » dans le passé, en lien avec 1915, mais d’une perspective complètement différente dont je ne me souviens plus à présent. De toute façon, le président Gülbey a terminé sa déclaration en disant : « En tant que Turcs, nous serons présents ici pour le service religieux du 8 septembre. Avec trois bus pleins, nous participerons à ce service et nous raconterons notre version de l’histoire. »

Un Arménien ne peut pas avoir les yeux bridés

Les preuves données par Gülbey sont en béton : « Il y a une sculpture en haut d’un des côtés de l’église d’Akdamar [sic] représentant un cavalier tirant des flèches derrière lui. Tous les historiens sont d’accord sur le fait que seuls les Turcs tiraient des flèches vers l’arrière, quand ils étaient à cheval et il n’y a pas beaucoup d’Arméniens avec les yeux bridés. Le cheval de cette sculpture a également un croissant au-dessus de son sabot et sur sa croupe. L’utilisation du croissant en tant que symbole par les Turcs, même avant l’islam, est un fait accepté par tous les historiens. »

J’ai regardé ces photos sur des livres que j’ai trouvés et sur la façade est de l’église, il y a un bas-relief représentant une scène de chasse, où les yeux du cavalier, qui est en train de décocher la flèche, regardent vers l’arrière. Bien sûr, la machine de propagande arménienne peut déformer cela en disant : « Si l’archer ne louche pas, ses yeux se tourneront naturellement vers l’arrière, car c’est par là qu’il regarde. L’artiste arménien peut aussi avoir représenté une personne d’Asie centrale dans une scène de chasse. »

Les Arméniens pourraient aussi désigner le bas-relief sur la droite et même dire : « Le bas-relief de l’archer, sur la gauche, représente un habitant d’Asie centrale qui est resté à la phase des chasseurs-cueilleurs. Tandis que les raisins, l’agneau et l’humain, de la sculpture de droite, montrent que les Arméniens avaient atteint l’ère agricole de la civilisation. »

Nous devons être vigilants

En plus de cette présentation tendancieuse, j’aimerais avertir mes amis d’ASIMDER de la possibilité que le lobby arménien, qui est aussi malfaisant que le lobby du taux d’intérêt [Nota CVAN : c'est ainsi qu'Erdogan désigne les Juifs], dise : « Les Turcs Petchénègues ne vivaient pas sur les rives septentrionales de la mer Noire, mais sur celles du nord. De plus, si cette église est turque, pourquoi toutes les inscriptions sont rédigées avec l’alphabet arménien ? Est-ce que les Petchénègues n’utilisaient pas un alphabet runique i.e. l’alphabet Göktürk ? » (NdT : aussi appelé alphabet de l’Orkhon ou runes de l’Orkhon ou runes turques)

La réponse la plus courte serait celle-ci : « Il n’existe pas d’alphabet arménien. Comme les Kurdes, les Arméniens sont aussi des Turcs, par conséquent leur alphabet est une copie de l’alphabet Göktürk. » Mais, si pour une raison ou une autre, cela ne semble pas convaincant, nous pouvons faire la déclaration suivante : « Les inscriptions d’origine ont été écrites avec l’alphabet runique, mais en 1915, les soi-disant Arméniens sont arrivés, ils ont effacé les originaux et les ont remplacés par leurs propres inscriptions. »

Cette dernière déclaration pourrait être encore plus appropriée, car quand la question récente de la destruction de maisons arméniennes anciennes à Mouch a émergé, Irfan Ermis d’ASIMDER a dit : « Il y a un monument dans le parc Kurtulus (Indépendance). (…) Nous savons pourquoi ils ont changé les inscriptions sur ce monument (…) Si vous regardez maintenant, seuls les noms des 120 enfants martyrs sont inscrits. » (The Son Nokta Newspaper, Elazig, 24 août 2013)

Et si le lobby insistait en disant : « Sur l’église d’Akhtamar, non seulement l’alphabet arménien a été utilisé, mais le style architectural de l’église est aussi arménien. » Sur la base de ce principe, qui est que l’on doit imiter l’odeur comme le bruit(*), nous pouvons dire : « De même que l’alphabet arménien a été copié sur l’alphabet runique Göktürk, le style architectural arménien est une copie de l’architecture seldjoukide. Le dôme de l’église d’Akhtamar est exactement le même que celui du sanctuaire Mevlana à Konya. Et de fait, les Turcs ont apporté leurs propres architectes avec eux, quand ils sont arrivés d’Asie centrale. » Bien sûr, les dates de construction de ces deux monuments (respectivement 921 après J-C et 1358 après J-C) pourraient déclencher une controverse, mais je suis sûr que nos amis d’ASIMDER trouveraient une réponse scientifique à ce problème.

Nous sommes confrontés à une dure situation

Le monde entier a désormais peur que les Turcs deviennent trop forts, et ceci a une incidence sur nous. 2015 se rapproche aussi. Notre propre État collabore avec les Azerbaïdjanais contre les Arméniens. Les Turcs devraient ériger un monument de la chasteté sur l’île d’Akhtamar, où ASIMDER prévoit de venir le 8 septembre, afin que nous puissions fièrement prouver au monde entier que nous n’avons pas commis de génocide envers les Arméniens.

Cependant, comme il est difficile de réfuter tous les arguments un par un, je propose une stratégie globale. Nous devrions nous en tenir fermement au fait qu’à une certaine époque dans le passé, les Arméniens sont arrivés de l’Espace et sont repartis dans l’Espace en 1915.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 4 septembre 2013 – www.collectifvan.org


Traduction du turc en anglais : Nurhan Becidyan

Lien du texte original en turc :

http://www.radikal.com.tr/radikal2/8_eylulde_pecenek_anitinda_bulusalim-1148500

(*) Note du traducteur : ce “principe” provient d’une histoire drôle de Nasreddin Hodja qui est la suivante :

Nasreddin Hodja, un célèbre personnage anonyme empli de sagesse anatolienne, a invité quelqu’un à dîner, qui, au cours du repas, lâche accidentellement un pet, alors il fait craquer le plancher pour imiter le bruit.

Le Hodja ne peut alors s’empêcher de lui dire : maintenant que vous avez si bien imité le bruit, je me demande comment vous allez imiter l’odeur ? »





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Source/Lien : Radikal



   
 
   
 
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