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Turquie : l’« habitus » négationniste, un modèle de citoyenneté
Publié le : 09-10-2013

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le crime a été et est toujours commis en notre nom et pour nous, au nom de l’islam et de la « turcité », dont nous avons naturellement, si ce n’était pas volontairement, hérité et dont nous jouissons des privilèges – de nouveau indépendamment du fait que ce soit ou non notre choix – en tant que non-Arméniens et non-chrétiens. Ainsi, inévitablement, nous contribuons à cet habitus négationniste post-génocide, pour nombre d’entre nous sans le vouloir. La reconnaissance du génocide devrait donc commencer à un niveau personnel pour les membres du groupe des auteurs, en ayant la volonté de porter la responsabilité et le sentiment de honte pour le crime commis au nom de l’identité ethnique et religieuse à laquelle nous sommes attachés, et pour le bien du système dont nous faisons partie. » Ayse Gunaysu, la militante turque des droits de l’homme, membre de l’IHD, signe comme à l’accoutumée un texte coup de poing, destiné à réveiller ses compatriotes turcs et kurdes, y compris ceux qui se disent sensibilisés à la reconnaissance du génocide arménien de 1915. Le Collectif VAN vous propose la traduction de son article en anglais, paru sur le site Armenian Weekly le 2 octobre 2013.

Armenian Weekly

Gunaysu : commémorer le génocide dans un habitus négationniste post-génocide

Par Ayse Gunaysu

2 octobre 2013

Dans son livre qui brosse un tableau détaillé de la façon dont les non-musulmans étaient représentés dans l’industrie cinématographique turque jusque dans les années 1980, Dilara Balcı, raconte une anecdote qui éclaire très bien l’environnent dans lequel les Arméniens, les descendants des survivants du génocide, ont vécu en Turquie.

En 1979, feu Nubar Terziyan, l’un des plus grands acteurs du cinéma turc, fit paraître une annonce dans plusieurs journaux turcs pour exprimer ses condoléances suite à la mort d’Ayhan Isik, une autre star turque, célèbre pour sa belle prestance. L’annonce disait : « Ayhan, mon fils, le monde est éphémère, la mort est notre destin à tous, pourtant tu ne mourras jamais, parce que tu vivras toujours dans nos cœurs et dans des millions d’autres cœurs. C’est une bénédiction pour toi. … Ton oncle, Noubar Terziyan. » Il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que la famille d’Ayhan Işık transmette une contre-annonce à la presse, une déclaration publique. Elle disait : « Une correction importante : il n’existe aucun lien de quelque nature que ce soit entre l’annonce signée ‘Ton oncle, Noubar Terziyan’ et notre bien-aimé Ayhan Işık. … Nous sommes au regret de le mentionner, car nous l’estimons nécessaire. »

(http://www.radikal.com.tr/hayat/rumlar_fahise_ermeniler_pansiyoncu_yahudiler_tuccar-1149673)

Comme dans de nombreuses cultures, « fils » est un terme d’affection en turc, utilisé par les anciens s’adressant à un jeune qu’ils apprécient. Et « oncle » est son pendant, utilisé par un jeune lorsqu’il s’adresse à une personne âgée proche et aimée. Malgré ce fait bien connu, l’infime possibilité que quelqu’un puisse prendre cela au sérieux et penser qu’Ayhan Işık avait vraiment un lien familial avec Terziyan a terrifié (et en même temps enragé) la famille d’Işık, à un point tel que le sentiment profond exprimé au départ fut oublié et remplacé par une manifestation publique de racisme.

‘Géographie du génocide et négation’

L’humiliation de Noubar Terziyan et la réponse de la famille d’Işık ne furent que l’une des nombreuses manifestations quotidiennes de la vie dans un « habitus négationniste post-génocide », comme l’appelle Talin Suciyan dans sa thèse de doctorat à l’université Louis et Maximilien de Munich. La thèse vise à « écrire une histoire post-génocide de l’existence arménienne en Turquie, qui est restée dans la géographie du génocide et de la négation : le crime a continué à être reproduit par la négation, et la victime et le témoin ont continué à vivre côte à côte, ainsi que les auteurs (Ndt : du génocide). Le témoignage tant de la victime que du témoin a été réduit au silence et nié, et comme le prouve la perfection du crime, leurs souvenirs, leurs témoignages ont été bouleversés. »

Comme le prouve Suciyan de façon frappante en se fondant sur des sources primaires arméniennes, cela s’est passé lorsque les foyers arméniens qui subsistaient encore après le génocide, dispersés dans les diverses provinces d’Asie mineure, ont été systématiquement chassés des régions et concentrés à Istanbul, car l’on pensait qu’ils pouvaient être plus facilement et directement contrôlés. Ils étaient condamnés à mener leurs vies dans une « réalité, banale et ordinaire d’un habitus négationniste post-génocide », qui est « le contexte politique et social le plus invisible, les réalités quotidiennes. » Cet habitus fut le cadre dans lequel des actions, des pratiques et des politiques anti-arméniennes eurent lieu et continuent à avoir lieu. Il « définit la vie économique, sociale, culturelle et juridique des non-musulmans, en général, et la vie d’autres groupes ethniques et religieux ou politiques, dont les conflits avec l’État ne sont toujours pas résolus », écrit Suciyan, faisant référence aux campagnes anti-arméniennes qui « ont servi à reproduire l’anti-arménianisme dans le pays, pour que les voix des victimes du génocide ne soient pas entendues pendant des décennies, et pour réduire au silence ceux qui sont restés en Turquie. » Elle poursuit, « Appeler les Arméniens à se représenter eux-mêmes dans un climat anti-arménien, ne signifiait pas uniquement ignorer l’annihilation de leur parents, mais ignorer également le fait qu’ils étaient les enfants des survivants. Par conséquent, les Arméniens en Turquie devaient devenir des parties de l’habitus négationniste opérant au sein du cadre de ce même habitus. » Suciyan remet en question la pertinence de la formule « minorité-majorité » utilisée pour définir la question en Turquie : « Il ne s’agit pas d’une simple question de conditions juridiques, mais de l’habitus négationniste qui joue un rôle décisif, et pas uniquement dans la production et la création de dispositifs d’exclusion, il constitue également un modèle de citoyenneté et, par conséquent, une réalité sociale incarnant un attachement affectif à cette formation négationniste. »1

Cet « habitus » est diamétralement opposé à l’environnement social, culturel et intellectuel post-holocauste en Allemagne, où vous ne pouvez pas faire un pas dans une rue de Berlin, par exemple, sans que le génocide juif ne vous soit rappelé.

Istanbul : la scène de crime

Mais alors, à quoi devrait ressembler une commémoration du génocide réellement significatrice dans un tel habitus négationniste ? En quoi devrait-elle être différente des commémorations qui ont lieu ailleurs dans le monde ?

Istanbul — où le génocide arménien est commémoré dans un cadre privé depuis 2005, et sur la place publique depuis 2010 — était la capitale de l’Empire ottoman et la scène du crime du génocide arménien et du génocide d’autres populations chrétiennes d’Anatolie. Aujourd’hui, c’est la ville et le centre d’affaires le plus important du pays, et c’est toujours une scène de crime – cette fois, de la négation du génocide.

Compte tenu de l’habitus négationniste post-génocide, il existe une différence existentielle catégorique, un réel contraste, entre les Arméniens et les musulmans sunnites en Turquie. Nous, une poignée de personnes organisant ces commémorations, sommes les membres du groupe des auteurs, aussi consciencieux, droits, ou même courageux que nous nous sentions. La différence existentielle ne pourra jamais être supprimée quand bien nous, Turcs et Kurdes, ferions les efforts les plus altruistes, avec les meilleures intentions et la conscience la plus propre. Nous faisons ce que nous avons choisi de faire de notre propre gré et selon un choix de conscience, et le jour où nous cesserons de le faire, nous serons en sécurité. Mais les familles de Samatya, à Feriköy – et dans d’autres quartiers d’Istanbul, où est concentrée la population arménienne qui va en diminuant – quels que soient leur position politique, leurs choix et ce qu’elles font — sont sous une menace constante, tout simplement en raison de leurs noms, de ce qu’il est écrit sur leur certificat de naissance, en raison de ce qu’elles sont. Elles subissent un bombardement constant de négationnisme hideux, provenant de toutes sortes de médias et elles sont exposées à des discours de haine pleuvant des chaînes de télévision, d’Internet, et même de leurs voisins et du chauffeur de taxi (comme ce fut le cas l’an dernier, lorsqu’une femme arménienne fut battue par un chauffeur de taxi à Istanbul, tout simplement parce qu’elle était Arménienne). La réalité existentielle des Arméniens en Turquie est très bien décrite par Ayda Erbal dans son article qu’elle a écrit après l’assassinat de Hrant Dink Nous sommes tous des oxymorons ! [Nota CVAN : oxymorons ou oxymores, figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires] : « Soit vous choisissez de rester cohérent et vous vous engagez politiquement et vous risquez d’être tué en raison de votre engagement, soit vous choisissez d’être réduit à une non-cohérence totale dans un autre pays – ce qui est, bien sûr, une manière plus subtile d’être tué. Si vous êtes un intellectuel, un journaliste, un artiste ou un écrivain en particulier, cette seconde manière d’être tué sans cesse pendant toutes ces années où vous allez vous défaire et vous refaire dans des cultures différentes, étrangères et parfois hostiles, est la seule chose que vous partagerez avec d’autres heureux (!) Arméniens du monde entier. Votre aptitude à survivre dans des situations de mort partielle vous relie à vos compatriotes arméniens, surtout s’ils proviennent du Moyen-Orient. »2

La reconnaissance commence à un niveau personnel

Il y a actuellement un débat en cours au sein d’un cercle assez fermé de gens qui sont impliqués dans la dénommée « Question arménienne », sur le thème est-ce que les Turcs et les Kurdes ordinaires devraient se sentir coupables du génocide et avoir honte d’être membres du groupe des auteurs du génocide ? L’argument avancé est qu’une personne ne peut être accusée et considérée comme coupable de ce que ses ancêtres ont fait.

Mais, est-ce que commettre personnellement un crime est une condition préalable pour se sentir coupable ? Sommes-nous seulement responsables des actes que nous commettons nous-mêmes, en particulier s’il ne s’agit pas d’un cas isolé de meurtre mais d’un génocide, s’il s’agit d’un crime contre l’humanité sur une échelle immense et inimaginable d’atrocités, de pertes irrémédiables et de répercussions qui seront ressenties à jamais par les descendants des victimes, transmises de génération en génération, et ce dans le cadre assassin du négationnisme ?

Une énorme quantité de richesse a été pillée et pas l’un de nous ne peut être sûr qu’il n’y ait pas eu un cas de propriété mal acquise dans l’histoire de sa famille. Quand bien même nos familles seraient sans soupçon à cet égard, nous sommes membres du groupe qui a reproduit, répandu et renforcer sa dominance en tant que majorité, en l’absence des Arméniens et des autres populations chrétiennes exterminées dans ce but précisément. En d’autres termes, nous sommes devenus, on a fait de nous, les outils qui ont permis au génocide de réaliser son objectif. Le simple fait est qu’ils ont été exterminés et que nous sommes ici pour vivre et prospérer.

Et surtout, le crime a été et est toujours commis en notre nom et pour nous, au nom de l’islam et de la « turcité », dont nous avons naturellement, si ce n’était pas volontairement, hérité et nous jouissons des privilèges – de nouveau indépendamment du fait que ce soit ou non notre choix – en tant que non-Arméniens et non-chrétiens. Ainsi, inévitablement, nous contribuons à cet habitus négationniste post-génocide, pour nombre d’entre nous sans le vouloir. La reconnaissance du génocide devrait donc commencer à un niveau personnel pour les membres du groupe des auteurs, en ayant la volonté de porter la responsabilité et le sentiment de honte pour le crime commis au nom de l’identité ethnique et religieuse à laquelle nous sommes attachés, et pour le bien du système dont nous faisons partie.

Une responsabilité à plusieurs niveaux

De même que la gauche turque, surtout ceux qui dirigent les initiatives pour la reconnaissance du génocide et sa commémoration, nous portons une responsabilité particulière. Jusque récemment (en termes historiques), nous avons fait débuter — très confiants dans notre rôle progressiste, l’avant-garde des forces révolutionnaires — l’histoire du socialisme de ce pays dans les années 1920 avec la fondation du Parti communiste de Turquie, se composant d’intellectuels turcs qui étaient complètement ignorants de l’héritage passé du Dachnaksoutioun et du Parti Hentchak, ainsi que des mouvements ouvriers grecs et juifs. Nous étions internationalistes, solidaires des masses opprimées d’Amérique latine, d’Afrique et de l’Extrême-Orient, mais inconscients de la « zone de génocide » au beau milieu de laquelle nous vivions, incapables de voir l’oppression des voisins non-musulmans et des Kurdes (ainsi que des Alevis) pourtant sous notre nez. Nous étions antiracistes, mais le racisme était loin de nous — aux États-Unis, en Afrique du Sud et ailleurs dans le monde. Nous étions complètement aveugles à cet environnement raciste dans lequel nous vivions. La négation du génocide, les discours de haine anti-arméniens et non-musulmans, en général, la discrimination, décrivant les non-musulmans comme des traîtres potentiels, tout cela nous entourait, et pourtant nous ne l’avons pas vu pendant de nombreuses décennies. Ainsi, nous avons contribué à l’habitus négationniste. De nombreux intellectuels turcs font référence aux « centaines de milliers de personnes défilant aux funérailles de Hrant Dink » avec une note de fierté visible. Il a fallu que Hrant Dink soit assassiné pour que ces centaines de milliers de personnes sortent de leur long sommeil et se lèvent.

Étant donné que nous sommes ceux qui ont pris la responsabilité de commémorer le génocide, notre responsabilité est, de plus, à plusieurs niveaux et multidimensionnelle.

Compte tenu des circonstances uniques en Turquie, tant du côté des descendants des victimes que des bourreaux, une sensibilité et une attention supplémentaire et délibérée devraient marquer nos initiatives en Turquie – si, de fait, notre objectif est de réellement commémorer le génocide arménien sur la scène du crime.

Il existe différentes conditions préalables importantes à cet égard. Premièrement, ce qui est crucial c’est que les Arméniens en Turquie, étant donné les circonstances existentielles ci-dessus mentionnées, n’ont jamais été en mesure de commémorer collectivement leurs propres morts, au cours des décennies d’habitus négationniste. Ils ont été et sont toujours privés du droit le plus essentiel qui est de rendre hommage et de prier pour leurs ancêtres victimes, chaque année, le 24 avril.

En ce sens, les commémorations qui ont été organisées au cours de ces dernières années, n’étaient pas « leurs » commémorations. Ils n’y ont pris part qu’individuellement en tant que « participants ». Le fait que les activistes turcs des droits de l’homme aient initié ces événements, est, en soi-même, une autre manifestation de l’habitus négationniste. Comment et sous quelles conditions les Arméniens de Turquie sont-ils autorisés à mener leurs vies dans ce pays négationniste, devrait être l’une des principales préoccupations tout en développant la forme et le contenu des commémorations.

Deuxièmement, les organisateurs devraient garder à l’esprit l’écart existentiel profond existant entre les deux parties, lorsque l’on décide de la façon de commémorer. Les deux parties impliquées, les Arméniens et les Turcs/Kurdes, ne sont pas et ne devraient pas être pensées ou présentées sur un pied d’égalité, et elles ne devraient pas être appelées à former un bloc uni de commémorateurs, à s’étreindre mutuellement, comme une étape vers la soi-disant « réconciliation ».

Une véritable commémoration du génocide n’est pas un « événement », une « manifestation » ou une « protestation politique » qui nous donne, à nous descendants des auteurs, l’opportunité de ressentir un certain sens d’accomplissement ou de catharsis, ou de satisfaction, car nous avons fait notre « devoir ». Le devoir ne sera jamais accompli, car un génocide est un acte irréversible, irréparable, irrécupérable et inoubliable. La commémoration ne peut pas non plus être conçue comme une réunion, une étreinte mutuelle de Turcs et d’Arméniens, un affichage de prétendu « partage de la peine et de la souffrance » qui mènerait à une sorte de réconciliation. Car elle n’est pas une seule et même entité – ce sont la peine et la souffrance des Arméniens et la honte et la responsabilité des Turcs/Kurdes du côté des populations musulmanes d’Anatolie, des descendants des bourreaux.

Par conséquent, une vraie commémoration des victimes du génocide doit jeter les bases pour les Arméniens, et uniquement pour les Arméniens, de pouvoir commémorer leurs morts, les sans sépultures, les âmes errantes, toujours à l’agonie face au négationnisme. Et nous, les populations musulmanes de Turquie, n’avons aucun droit de « commémorer », et nous devrions simplement exprimer notre responsabilité dans ce négationnisme toujours en cours et ce lourd fardeau de la honte, car nous sommes membre du groupe des auteurs.

NdT : en latin, habitus est un mot masculin définissant une manière d'être, une allure générale, une tenue, une disposition d'esprit. Cette définition est à l'origine des divers emplois du mot habitus en philosophie et sociologie. La notion d’habitus a été popularisée en France par le sociologue Pierre Bourdieu et met en évidence les mécanismes d'inégalité sociale. (source Wikipedia).

Notes

[1] Talin Suciyan, Survivre à l’ordinaire : les Arméniens en Turquie, des années 1930 à 1950 (“Surviving the Ordinary: the Armenians in Turkey, 1930’s to 1950”). Thèse de doctorat en philosophie non publiée, à l’Institut des Études sur le Proche et le Moyen-Orient, 2003.

2 Ayda Erbal, “We are all Oxymorons” Édition spéciale d’Armenian Weekly, 2008 et sur http://azadalik.wordpress.com/2013/01/21/we-are-all-oxymorons, le 24 septembre 2013.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 5 octobre 2013 – www.collectifvan.org




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Source/Lien : Armenian Weekly



   
 
   
 
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