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Azerbaïdjan : les dessous de l'élection d'un dictateur
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Aliyev a pris le pouvoir dans ce pays du Caucase riche en pétrole en 2003, après le décès de son père, Heydar, qui était l’un des chefs du KGB et le responsable du Parti communiste de l’Azerbaïdjan avant de devenir président de la nation indépendante. Les hommes politiques occidentaux et les compagnies pétrolières ont courtisé Aliyev en raison des vastes ressources pétrolières de la mer Caspienne et ils ont fermé les yeux sur ce que les critiques qualifient de tendances dictatoriales. » Le président Ilham Aliev vient d'être réélu président de la République d'Azerbaïdjan, ayant recueilli près de 85 % des voix. Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article en anglais, paru sur le site The Guardian le 7 octobre 2013.

The Guardian

lundi 7 octobre 2013

Shaun Walker à Moscou

Les élections en Azerbaïdjan entachées par des allégations de corruption alors que la dynastie semble prête à gagner

On prévoit que le dirigeant de longue date, Ilham Aliyev, gagne son troisième mandat, en dépit d’allégations de votes biaisés et de « challengers imposteurs »

Ilham Aliyev, le dirigeant de longue date de l’Azerbaïdjan, devrait remporter un troisième mandat lors des élections de cette semaine, malgré les affirmations de l’opposition qui déclare que le vote est illégitime et fortement biaisé en faveur du dirigeant en place.

Aliyev a pris le pouvoir dans ce pays du Caucase riche en pétrole en 2003, après le décès de son père, Heydar, qui était l’un des chefs du KGB et le responsable du Parti communiste de l’Azerbaïdjan avant de devenir président de la nation indépendante. Les hommes politiques occidentaux et les compagnies pétrolières ont courtisé Aliyev en raison des vastes ressources pétrolières de la mer Caspienne et ils ont fermé les yeux sur ce que les critiques qualifient de tendances dictatoriales.

L’opposition fracturée et disparate à Aliyev s’est unie en prévision des élections de mercredi, pour choisir un seul candidat, le chercheur et ancien député Hasanli, qui a promis de diriger le pays pendant deux ans seulement pour superviser une transition vers une véritable démocratie avant la tenue de nouvelles élections. Il y a huit autres candidats outre Aliyev et Hasanli, mais ils sont plutôt considérés comme des « challengers imposteurs », soutenant largement le président. Un autre candidat plus sérieux du Parti républicain alternatif, a été emprisonné pour des accusations que l’on dit avoir été fabriquées.

« Notre plateforme désire donner la possibilité au peuple de vivre une vie digne dans une société normale et saine », a déclaré Hasanli de Bakou au Guardian dans une interview par Skype. « Ici, un professeur gagne environ 120 euros par mois. Comment peuvent-ils mener une vie normale avec cette somme ? La corruption est partout, et à sa tête, il y a Aliyev et sa famille, avec leurs châteaux à Dubaï et leurs comptes en banque secrets. »

Les journalistes d’investigation en Azerbaïdjan ont accusé la première famille du pays et une clique de ministres entourant Aliyev d’avoir des propriétés à l’étranger et de multiples projets d’affaires dans le pays. Le cabinet d’Aliyev a démenti tout méfait, mais n’a pas été en mesure de rejeter des allégations spécifiques, notamment qu’une propriété à Dubaï, valant des milliers d’euros, a été acheté au nom de son plus jeune fils.

Aujourd’hui, Bakou stupéfait les visiteurs qui ont connu la ville il y a dix ans. Fini les immeubles soviétiques imposants, à leur place des hôtels cinq étoiles et des gratte-ciel dans le style de Dubaï ont surgi. De jeunes couples flânent sur les jolies places pavées agrémentées de fontaines et encadrées de boutiques de luxe. L’an dernier, la ville a accueilli le concours de l’Eurovision en grandes pompes et avec beaucoup de glamour, dans un lieu de 25000 places, construit pour cet événement.

Mais en s’éloignant ne serait que de quelques kilomètres, le centre de Bakou se révèle être une île de richesse dans un océan de pauvreté, où les gens survivent tant bien que mal avec des salaires de subsistance.

« Aliyev a dit qu’il avait créé plus d’un million d’emplois », a déclaré Hasanli. « C’est un mensonge. Poutine a dit qu’il y a deux millions d’Azéris qui vivent et travaillent en Russie. C’est la moitié de notre population en âge de travailler. Pourquoi ces gens-là ne peuvent-ils pas trouver de travail, se nourrir et mener une vie normale dans leur propre pays ?
Le régime a adopté une ligne dure à l’encontre de la dissidence, plaçant en détention ceux qui protestent à Bakou et en envoyant des troupes pour réprimer les poches de mécontentement isolées dans les provinces. Rebecca Vincent, une ancienne diplomate américaine à Bakou, qui travaille désormais sur la question des droits de l’homme dans le pays, estime qu’il y a actuellement environ 142 prisonniers politiques.

Un porte-parole d’Aliyev a rejeté les critiques de l’UE sur la « pression constante » exercée sur l’opposition et la société civile avant les élections. « Nous considérons que leurs vues se fondent sur des informations non-objectives, partisanes et biaisées, déformant la situation réelle du processus électoral en Azerbaïdjan », a déclaré Ali Hasanov, insistant sur le fait que le vote se déroulera dans un climat d’ouverture et de transparence.

Lors des dernières élections présidentielles de 2008, Aliyev avait obtenu 88% des voix, au milieu de vastes allégations de malversation. Selon la constitution, Aliyev ne pouvait exercer que deux mandats, mais elle a été amendée en 2009 pour lui permettre de se représenter. L’opposition politique dit que cet amendement était illégal.
« Il est difficile de dire ce qu’il se passerait lors d’une élection libre et équitable », a dit Vincent. « Certaines personnes pensent qu’Aliyev a un soutien suffisamment fort pour gagner de toute façon, et d’autres pensent que ce n’est pas le cas. Malheureusement, seules les autorités connaitront les vrais résultats, et pas nous. »

Hormis les violations potentielles le jour du vote, la couverture médiatique sur les chaines télévisées publiques a également été biaisée à l’approche de l’élection. « On a accordé 18 minutes par semaines aux candidats de l’opposition, au cours des trois semaines précédant l’élection, comparé aux heures quotidiennement allouées à Aliyev et sa famille », a dit Vincent.

Hasanli a dit qu’au cas où il perdrait et s’il estime que les élections n’ont pas été équitables, il fera tout pour protester « selon la loi ». Il a dit qu’une manifestation de protestation serait organisée à Bakou, car c’est le droit du peuple d’être en mesure de protester.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 10 octobre 2013 – www.collectifvan.org




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Source/Lien : The Guardian



   
 
   
 
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