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Turquie : un journaliste turc révèle ses origines arméniennes
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Ahmet Abakay, Président de lÂ’Association des Journalistes Contemporains de Turquie, a découvert un lourd secret sur le lit de mort de sa mère Hoşana : elle lui a révélé avant de mourir être Arménienne. Dans son livre « Dernier mot de Hoşana », il raconte ce récit bouleversant et son propre cheminement. Le journaliste a fait face à des réactions négatives émanant de son entourage proche. Sa mère lÂ’avait averti : « Ne raconte jamais à tes enfants, tes frères et sÂœurs, que je suis Arménienne avant que je ne sois morte. » « Les enfants de mon propre oncle mÂ’ont appelé et mÂ’ont dit : « Enlève le mot ‘ArménienÂ’. Tu ne peux pas présenter notre tante en tant quÂ’Arménienne. On fera retirer ton livre. » « Si mes proches disent cela encore aujourdÂ’hui, il est tout à fait normal que Hoşana ait eu peur pendant tant dÂ’années. » Le Collectif VAN vous propose la traduction dÂ’un article en turc, paru dans le journal Radikal, le 7 octobre 2013.







Radikal

La réaction des proches au livre d’Abakay : « Tu ne peux pas présenter notre tante en tant qu’Arménienne ».

07 octobre 2013

Ahmet Abakay raconte lÂ’histoire de sa mère Hoşana qui a révélé quÂ’elle était Arménienne sur son lit de mort à l’âge de 82 ans. Il a affirmé que même ses proches avaient réagi parce quÂ’il avait écrit quÂ’il était Arménien.

LÂ’auteur-journaliste Ahmet Abakay a raconté dans le livre « Dernier mot de Hoşana » lÂ’histoire de sa mère Hoşana qui a révélé quÂ’elle était Arménienne sur son lit de mort à l’âge de 82 ans. Abakay a déclaré quÂ’il avait subi des menaces du type « Tu ne peux pas traiter ma tante dÂ’Arménienne. Je ferai retirer ton livre. »

Abakay, après avoir déclaré que même son proche entourage avait réagi au fait quÂ’il avait écrit que sa mère était Arménienne, a affirmé : « Si mes proches disent cela encore aujourdÂ’hui, il est tout à fait normal que Hoşama ait eu peur pendant tant dÂ’années. »

Pendant la journée de dédicace à Ankara, Abakay a raconté aux journalistes Nelly Sokolova et Vural Erişmiş du journal Görünüm, le processus de rédaction et les réactions des personnes.

Abakay, ayant eu - particulièrement par son entourage proche - des réactions du genre « pourquoi l’as-tu écrit », a déclaré : « Mais il y a une chose émotionnelle et c’est pourquoi, j’ai freiné un peu. Je me suis inquiété de savoir si j’allais beaucoup gêner mon entourage ; mais les personnes doivent surmonter cela ».

« Tu ne peux pas traiter ma tante d’Arménienne »

Après que le livre est sorti et que cela a été repris dans les journaux, Abakay a subi de fortes réactions de ses proches. Il raconte lÂ’expérience la plus intéressante ainsi: « Les enfants de mon propre oncle mÂ’ont appelé et mÂ’ont dit : « Enlève le mot ‘ArménienÂ’. Tu ne peux pas traiter notre tante dÂ’Arménienne. On fera retirer ton livre. » « Si mes proches disent cela encore aujourdÂ’hui, il est tout à fait normal que Hoşana ait eu peur pendant tant dÂ’années. »

Pendant des années, le nom de sa mère a été connu comme étant Â’Hoş AnaÂ’ [Nota CVAN : ce qui veut dire ‘jolie mèreÂ’ en turc]. Par la suite, lorsquÂ’il a fait des recherches, il a appris que ce prénom voulait dire « nuit divine, nuit durant laquelle les prières sont acceptées ».

Testament de ma mère: « ne déclare pas que je suis Arménienne avant ma mort »

Abakay, qui raconte dans son ouvrage son enfance et ses souvenirs d’études, de journalisme et de politique, dit qu’une fois qu’il a pris ses premières notes, il ne voulait pas garder cette information pour lui. Abakay a exprimé qu’il avait écrit pour que ce sujet, qui est un problème social, soit connu et qu’il puisse contribuer à sa résolution. Il a ajouté que sa mère lui avait imposé ‘un embargo’.

Abakay a dit que sa mère l’avait averti : « Ne raconte jamais à tes enfants, tes frères et sœurs, que je suis Arménienne avant que je ne sois morte. »

Abakay a affirmé qu’après le décès de sa mère, inquiet, il a partagé le sujet avec sa famille. Sa femme et sa fille l’ont soutenu alors que son proche entourage lui a suggéré de ne pas entrer dans une telle affaire.

Il a eu des avertissements tels que « l’ambiance est mauvaise, ne déclare surtout pas autour de toi que ta mère est non-musulmane ».

« Pourtant, ceci est la réalité de la Turquie. Cela doit être su. Je ne pouvais pas le cacher. C’est pourquoi je l’ai écrit sans hésitation » a dit Abakay.

« Il y a des passages que j’ai écrits en pleurant »

Abakay dit que son point de vue concernant le problème arménien n’a pas changé après avoir appris que sa mère était Arménienne. Il s’exprime ainsi : « J’ai grandi dans un environnement socialiste. Que l’on soit Russe ou Américain n’a pas d’importance. Pour moi, ce qui compte est d’être démocrate, progressiste. En ces temps-ci, il y a des évènements comme l’assassinat de Hrant Dink. Ce n’est pas aussi facile de déclarer son arménité car il existe encore cette culture du lynchage. Au cours de ces dernières années, nombreux ont été les évènements de ce type. Il n’y a pas eu de changements dans mes idées. J’ai senti la nécessité de l’étudier par curiosité. Etre Arménien est une fierté pour moi. Etre Russe, être Turc, il n’y a pas de différences selon moi. Je suis quelqu’un de socialiste. Comme j’ai assimilé le gauchisme et le fait d’être progressiste, démocrate, cela ne m’a pas influencé. Je suis ce que je suis. Cela a juste influé sur le plan émotionnel. Cette peur qui pèse autant sur les personnes m’a touché. J’ai eu beaucoup de difficultés émotionnelles lorsque j’ai écrit. Il y a des passages que j’ai écrits en pleurant. »

« Bienvenu parmi nous »

Abakay a affirmé qu’il y a eu des réactions favorables après la publication du livre. Des personnes qu’il ne connaissait pas du tout sur les réseaux sociaux l’ont demandé en ami et l’ont félicité. Il a dit que certains de ses collèguesarméniens lui avaient envoyé des mails comme « Bienvenu parmi nous ».

Abakay, Président de lÂ’Association des Journalistes Contemporains depuis de longues années, raconte également - dans le livre où il conte lÂ’histoire de sa propre vie - ses histoires avec Hüseyin Cevahir, Abdullah Öcalan, Kesire Öcalan, Ali Haydar Kaytar, encore haut dirigeant du PKK et lÂ’un de ses fondateurs, Haki Karer et Mehmet Ağar, ancien ministre de lÂ’Intérieur. Dans son livre, il décrit aussi ses relations avec Behice Boran, Sadun Aren et Aziz Nesin, des personnes nommées comme étant « ses vrais amis politiques, ses camarades ».

Traduction du turc : NA.T. pour le Collectif VAN

Titre original: « AbakayÂ’ın kitabına akrabalardan tepki : halama ‘ErmeniÂ’ diyemezsin»


Source originale : http://www.radikal.com.tr/hayat
/abakayin_kitabina_akrabalardan_tepki_halama_ermeni_diyemezsin-1154450





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Source/Lien : Radikal



   
 
   
 
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