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Turquie : des biens arméniens restitués à l’Eglise en 1920
Publié le : 31-10-2013

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Voici l’incroyable histoire du gouvernement turc qui, dans les années 1920, avait restitué au patriarcat arménien d’Istanbul certains objets appartenant à l’Église, pillés pendant le génocide. Selon le livre de l’avocat Loutfig Kouyoumjian, Hay Hamankayin Antsoutartser : 1927-1950 [Les événements de la communauté arménienne : 1927-1950], publié à Istanbul en 1950, le gouvernement turc avait remis au patriarcat arménien 64 grandes caisses remplies d’effets appartenant à l’Église. » « En rendant les 64 caisses, le gouvernement turc a de fait reconnu le vol des biens de l’Église arménienne lors du génocide. Une plainte doit être déposée non seulement contre le musée d’Istanbul pour les livres anciens indûment obtenus dans les années 1920, mais aussi contre les musées et les bibliothèques de toute la Turquie pour que les innombrables objets religieux pillés dans plusieurs milliers d’églises arméniennes soient rendus au patriarcat arménien ! » estime Harut Sassounian. Malheureusement, l’information qu’il révèle ici démontre que les pillards se trouvent au sein de l’Eglise arménienne. Qu’il s’agisse des anciens dignitaires du Patriarcat d’Istanbul ou de ceux qui régentent actuellement le Saint-Siège d’Etchmiadzine, quels ont été et quels sont les moyens de surveillance, voire de destitution, des « princes de l’église » ? Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 31 octobre 2013.

Légende : Surp Giragos Church, Diyarbakır

La Turquie avait restitué certains effets de l’Église après le génocide : nous exigeons le reste

Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 31 octobre 2013

Voici l’incroyable histoire du gouvernement turc qui, dans les années 1920, avait restitué au patriarcat arménien d’Istanbul certains objets appartenant à l’Église, pillés pendant le génocide.

Selon le livre de l’avocat Loutfig Kouyoumjian, Hay Hamankayin Antsoutartser : 1927-1950 [Les événements de la communauté arménienne : 1927-1950], publié à Istanbul en 1950, le gouvernement turc avait remis au patriarcat arménien 64 grandes caisses remplies d’effets appartenant à l’Église. Kouyoumjian avait été membre du Comité des finances du patriarcat.

Les articles restitués comprenaient des couronnes incrustées de diamants et de perles, des vêtements sacerdotaux, des vêtements brodés de fils d’or et des croix d’argent, une boucle de ceinture de la célèbre église Abousheikh avec des fermoirs d’or ornés de diamants, d’émeraudes et de rubis, 72 tapis appartenant au monastère Sourp Garabed et à l’église Sourp Krikor Loussavoritch de Kesaria et à des églises de Talas et d’autres régions, ainsi qu’une boîte en or, recouverte de pierres précieuses, contenant les reliques de plusieurs saints. Une autre caisse contenait les vêtements du Vartabed Komitas, son stylo à encre en or, et de précieux manuscrits de ses arrangements musicaux pour la liturgie de l’église. Le locum tenens*, l’archevêque Kevork Arslanian, avait signé un accusé de réception de son acceptation de ces articles et il avait nommé l’archiprêtre Drtad Boyajian gardien de ces objets.

La liste des articles rendus, préparée par le patriarcat, inclus « rouleaux, manuscrits et livres anciens. En conformité avec la réglementation sur les antiquités, les livres ont été remis au musée d’Istanbul. »

Ces révélations soulèvent plusieurs questions importantes. Qu’est-il arrivé aux effets religieux qui ont été restitués ? Notre enquête indique que pas un seul de ces articles n’est actuellement sous la garde du patriarcat arménien. Quelques-uns d’entre eux ont été remis aux membres du clergé arménien d’Istanbul, tandis que d’autres ont été envoyés à Etchmiadzine. L’écrasante majorité des objets a tout simplement disparu il y a plusieurs décennies ; ils ont très probablement été volés et vendus.

M. Kouyoumjian a rapporté dans son livre que vers la fin des années 1920, le juge Haroutioun Mosdichian, président du Comité exécutif du patriarcat, avait informé le Comité des finances qu’il avait des preuves solides que plusieurs des pièces d’argent restituées avaient été vendues sur le marché aux bijoux d’Istanbul. Mosdichian était une personne très respectée, qui avait occupé des postes importants dans le gouvernement turc. Le Comité des finances a immédiatement scellé la salle où les articles restitués étaient entreposés. Le lendemain, Mgr. Arslanian a brisé le sceau et a laissé la porte de la salle ouverte. L’archevêque a ensuite renvoyé les membres du comité.

Une commission d’enquête spéciale, comprenant M. Kouyoumjian, a alors mené une recherche approfondie et a transmis ses conclusions au Comité exécutif. Celui-ci a rendu responsable des méfaits concernant les effets restitués, non seulement Mosdichian mais également Mgr. Arslanian. Mgr. Arslanian, à son tour, a accusé le Patriarche Mesrob Naroyan d’être le responsable des articles manquants. Après que le patriarche Naroyan a formé un comité chargé de mettre à jour la liste des effets de l’église encore présents, il a découvert qu’il ne restait pratiquement plus rien du contenu des 64 caisses livrées plus tôt au patriarcat.

Dans son livre, Kouyoumjian relate une autre histoire étrange concernant les tapis remis au patriarcat par le gouvernement turc. Le 8 mars 1924, deux Turcs - Haje Ismail, le fils du mollah Khalil de Kesaria, et Mehmet de Talas – ont présenté à Mgr. Arslanian une demande écrite, affirmant que neuf tapis n’avaient rien à voir avec l’Église arménienne et qu’ils devaient leur être rendus. Le patriarcat ayant rejeté leur demande, les Turcs ont porté plainte contre Mgr. Arslanian, affirmant que les neuf tapis valaient 1975 pièces d’or ottomanes.

Le 26 juin 1924, l’avocat Kouyoumjian a défendu les intérêts du patriarcat devant la cour. Étrangement, le patriarcat a accepté de régler le litige en payant 500 pièces d’or aux deux Turcs. Plusieurs années après, lorsque M. Kouyoumjian a demandé où se trouvaient ces tapis, on lui a répondu qu’il n’y avait pas de tels tapis au patriarcat.

À la lumière de cette référence découverte récemment concernant les objets d’église restitués par le gouvernement turc, le patriarcat arménien doit maintenant mener une enquête approfondie dans ses archives pour retrouver les enregistrements des éléments manquants.

Plus important encore, en rendant les 64 caisses, le gouvernement turc a de fait reconnu le vol des biens de l’Église arménienne lors du génocide. Une plainte doit être déposée non seulement contre le musée d’Istanbul pour les livres anciens indûment obtenus dans les années 1920, mais aussi contre les musées et les bibliothèques de toute la Turquie pour que les innombrables objets religieux pillés dans plusieurs milliers d’églises arméniennes soient rendus au patriarcat arménien !

NdT : Locum tenens est utilisé dans la hiérarchie de l’Église orthodoxe russe pour désigner celui qui dirige le patriarcat sans en avoir le titre. (source Wikipédia)


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 31 octobre 2013 – www.collectifvan.org




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