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La Turquie fonce vers 2015 avec une politique négationniste
Publié le : 05-11-2013

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Lors du vernissage de l’exposition intitulée « Plus jamais : s’excuser et affronter le passé » qui se tient au Centre culturel Depo Tophane d’Osman Kavala à Istanbul, İshak Alaton, le président de la Fondation Açık Toplum, a évoqué la position négationniste de la Turquie à propos du génocide arménien de 1915 : « Nous avançons comme une camionnette sans frein en direction de 2015 [centenaire du génocide] qui nous fera sûrement vivre une grave crise pour notre réputation et notre diplomatie dans le monde entier. Je ne vois personne qui a l’intention de braquer le volant.» Il a ajouté : « Aucun pays n’a pu obtenir la paix avec une politique négationniste ». En 2012, cet éminent homme d’affaires juif de Turquie, avait écrit à la Fondation d’études économiques et sociales de Turquie (TESEV) pour lui demander de faire des efforts en vue de faciliter la reconnaissance du génocide arménien par Ankara : « Nous avons une dette envers les générations. Nous avons rempli les caves d’ossements et fermé les portes. Les os pourrissent derrières les portes fermées, mais leur odeur est insupportable. Je ne peux plus respirer. Et vous ? Faisons entendre nos voix aux députés. Et qu’ils se fassent entendre par les responsables politiques. Qu’ils nous aident afin que l’on puisse ouvrir les caves pleines de cadavres ». Une position d’autant plus respectable que la communauté juive de Turquie est prise en otage par le gouvernement turc et ne s’aventure généralement pas sur des positions contraires à l’historiographie négationniste officielle. Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article en turc, paru sur le site t24.com.tr, le 24 octobre 2013.

t24.com.tr

İshak Alaton: Nous avançons comme une camionnette sans frein en direction de 2015

24 octobre 2013

L’exposition « Plus jamais : s’excuser et affronter le passé » par la Fondation Açık Toplum en partenariat avec Anadolu Kültür a été inaugurée. Le professeur Elazar Barkan, invité d’honneur, a dit : « Tant que les souffrances ne sont pas assumées, cela continuera à s’infecter.»

L’exposition « Plus jamais : s’excuser et affronter le passé » par la Fondation Açık Toplum en partenariat avec Anadolu Kültür a été inaugurée. Au vernissage de l’exposition qui envisage comment les sociétés en sont venues à affronter leur propre passé, en se basant sur l’étude de huit cas historiques, İshak Alaton, président de la Fondation Açık Toplum [Nota CVAN : Fondation de la Société Ouverte], s’est exprimé ainsi : « Je souhaite que mon pays affronte le passé et qu’il fasse la paix avec son passé. » Dans la suite de son discours, Alaton a affirmé que l’excuse du premier ministre Tayyip Erdoğan pour les massacres du Dersim était très importante. En rappelant le centenaire de la déportation arménienne, il a dit également « Nous avançons comme une camionnette sans frein en direction de 2015 qui nous fera sûrement vivre une grave crise pour notre réputation et notre diplomatie dans le monde entier. Je ne vois personne qui a l’intention de braquer le volant.» Le professeur Elazar Barkan, invité d’honneur de l’exposition, qui étudie les travaux sur la consolidation de la paix sociale, a déclaré : « Tant que les souffrances ne sont pas assumées, cela continuera à s’infecter. L’excuse crée des miracles dans les relations personnelles. »

L’exposition « Plus jamais : s’excuser et affronter le passé », dont le conservateur est Önder Özengi et les coordinateurs du projet, Asena Günal d’Anadolu Kültür et Özlem Yalçınkaya de la Fondation Açık Toplum, envisage comment les États en sont venus à accepter les violations des droits dans le passé, les massacres et les génocides, ceci par l’intermédiaire de photos, de documents, de vidéos et de témoignages. Elle présente également comment les présidents d’Etat se sont excusés auprès des victimes au nom de l’Etat et de la société. Dans le cadre de l’exposition ouverte à Depo Tophane, via huit cas historiques, il a été souligné que les excuses officielles servaient à la fois pour produire une culture politique respectant la paix, la démocratie et les droits de l’homme et qu’elles ouvraient une voie préventive pour que les vécus ne soient pas reproduits.

Lors de la conférence de presse qui s’est tenue avant le vernissage, et où Osman Kavala, président d’Anadolu Kültür, était présent, se sont tenus les discours d’İshak Alaton, président de la Fondation Açık Toplum, et du professeur Elazar Barkan, de l’université Columbia, conseiller académique de l’exposition.

En ayant souligné que les expériences vécues dans différents pays ont montré que le fait de s’excuser était la première étape à la paix sociale, İshak Alaton a insisté sur le fait que la Turquie avait besoin de ce processus de confrontation au passé. Alaton a ainsi estimé:

« Le temps du dialogue est arrivé pour évoquer les erreurs et les souffrances du passé, qui ont été vécues pour une raison ou une autre durant les 90 années de la République de Turquie, et qui prennent en otage notre paix sociale. Les sujets tels que la discussion sur 1915, les évènements des 6 et 7 septembre [Nota CVAN : pogroms anti-Grecs en 1955 à Istanbul. De nombreux Arméniens et des Juifs ont également subi les exactions de la foule excitée par les milices pro-gouvernementales], les applications inhumaines du 12 septembre [Nota CVAN : coup d’Etat de 1980], les erreurs commises lors du processus de la paix discuté énormément ces temps-ci, sont des sujets à examiner en détail et d’abord en faisant des étapes de conciliation de la part de l’Etat. Dans notre agenda, il existe des sujets urgents. Depuis environ une année, nous débattons du mot «processus de paix ». Les documents concernant l’émeute du Dersim et l’excuse de notre premier ministre Recep Tayip Erdoğan au nom de l’Etat en 2011 ont été des étapes importantes. Mais, nous ne pouvons pas dire que ceci a calmé la conscience publique.

Un autre sujet urgent… Nous avançons comme une camionnette sans frein en direction de 2015 qui nous fera sûrement vivre une grave crise pour notre réputation et notre diplomatie dans le monde entier. Je ne vois personne qui a l’intention de braquer le volant.»


En soulignant que le négationnisme n’est pas une solution, Alaton a ainsi continué son discours :

«Aucun pays n’a pu obtenir la paix avec une politique négationniste. Si la Turquie montre ce courage et si elle ouvre avec transparence le débat sur ces sujets d’actualité, cela sera la première étape pour une véritable paix sociale. Moi, je veux un Etat qui sache s’excuser quand il est nécessaire, qui se purifie et qui devient suprême et respecté en s’excusant. Je souhaite que mon pays affronte le passé et qu’il fasse la paix avec lui. »

Barkan : L’excuse peut créer des miracles

Le professeur Elazar Barkan, venu en Turquie pour le vernissage de l’exposition « Plus jamais : s’excuser et affronter le passé », est l’un des spécialistes des travaux de consolidation de la paix sociale. Il a parlé de la construction des excuses officielles et de leur utilité: « Tant que les souffrances ne sont pas assumées, cela continuera à s’infecter. Si l’on ne se souvenait de l’histoire que d’une seule manière et que les hostilités continuaient à s’infecter, aucun conflit n’aurait sans doute été résolu. Pour illustrer ceci, voir simplement l’exemple de la France et de l’Allemagne est suffisant pour comprendre comment les pays et les peuples surmontent les hostilités du passé. Mais pour ce faire, il faudrait que les pays et les peuples fassent l’effort de se réconcilier. L’excuse crée des miracles dans les relations personnelles. L’excuse est utilisée de plus en plus comme un moyen de créer des ponts servant à surmonter l’hostilité entre les groupes, particulièrement pour débuter un dialogue ou bien le développer. Les excuses sont à la fois éthiques et politiques. Les choix comme le fait de présenter une excuse, de l’accepter, de la refuser, de la critiquer, s’appuient sur une base politique. Les choix doivent donc être placés au centre des discours politiques.»

Traduction du turc : NA.T. pour le Collectif VAN

Titre original: « İshak Alaton : 2015’e doğru freni boşalmış duvara çarpmak üzere kamyon gibi gidiyoruz »

Source originale
: http://t24.com.tr/haber/baris-surecinde-gecmiste-yasananlar-icin-devlet-uzlastirici-adim-atmalidir/242578


Lire aussi :

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Source/Lien : t24.com



   
 
   
 
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