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Turquie : 51 questions sur Atatürk et le kémalisme
Publié le : 19-11-2013

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose cette analyse d'Etienne Copeaux publiée sur son blog susam-sokak.fr le 15 novembre 2013.





















susam-sokak.fr


"Si Atatürk n'avait pas existé..." - "La fausse république", de S. Nisanyan

Vendredi 15 novembre 2013

La fausse république. 51 questions sur Atatürk et le kémalisme : ce livre de Sevan Nisanyan (prononcer « Nichanian »), historien, linguiste et – entre autres - rédacteur à l’hebdomadaire arméno-turc Agos, est une remise en cause des dogmes sur lesquels reposent le kémalisme et l'histoire officielle enseignée en Turquie. L'histoire de la république, en particulier, est enseignée comme un catéchisme. C'est Mustafa Kemal lui-même qui en a fixé le récit, dans son célèbre discours-fleuve, le Nutuk, prononcé en 1927. Il a été la base de la version scolaire publiée en 1931, le 4e volume des ouvrages pour lycée de la Türk Tarih Tetkik Cemiyeti, reprise ensuite à l'infini, plus ou moins simplifiée, dans les manuels scolaires de tous niveaux, jusqu'à nos jours. Le récit de la guerre de Libération (Millî Mücadele) est une histoire sainte qui clôt l'Histoire.

Sa diffusion par l'école est épaulée par un autre grand livre d'histoire, oral et visuel : l'ensemble des commémorations nationales, qui font revivre cinq fois par an les grands événements de la geste kémalienne. Chaque 23 avril, 19 mai, 30 août, 29 octobre et 10 novembre 1, des célébrations officielles, partout dans le pays et au nord de Chypre, reprennent et mettent en scène dans les stades, sur les avenues des villes, autour des statues d'Atatürk, les éléments du récit sacré.

Le titre de l'ouvrage, La fausse république, est provocateur. Il faut savoir qu'à l'école, jusqu'à ces derniers temps, les enfants prêtaient serment à Atatürk, ils juraient de se dévouer corps et âme aux « principes d'Atatürk » et à l'amour de leur Père. La formule qui résume ce culte, « Si Tu n'avais pas existé, je n'existerais pas » confère à Atatürk la dimension d'un Créateur. Remettre en question son œuvre et son rôle sur chaque personne vivant en Turquie est, du point de vue du croyant, proprement insensé.

Le livre est conçu comme une sorte de catéchisme, un jeu de questions-réponses, genre assez couramment utilisé en Turquie, dans le cadre d'une polémique politique, mais dans ce cas c’est un contre-catéchisme. Car l’auteur examine l’un après l’autre les éléments du dogme kémaliste, et cherche à les réfuter ou les mettre en doute. Le simple fait de poser des questions comme « Atatürk représente-t-il une conception de la politique unique en son genre dans l'Histoire ? » est en lui-même blasphématoire puisque l'Atatürk des manuels scolaires et de la propagande est immortel, incomparable, sans exemple(voir sur ce blog « La transcendance d'Atatürk »).

Nisanyan a écrit son livre en 1993-1994 ; il a été publié en 2008 seulement ; dans la préface, l’auteur estime que son travail, quinze ans plus tard, était toujours d’actualité, en dépit, estime-t-il, de deux changements importants : d’une part, en quinze ans, le kémalisme, qui a été le nom d'une pensée de gauche et progressiste, est devenu un nationalisme autoritaire et militariste ; et d’autre part, le mouvement islamiste parvenu au pouvoir en 2002 a fondé un gouvernement relativement « ouvert au monde et à la démocratie libérale, ce qui n'était pas prévisible [vers 1994] et a constitué une grande surprise ». Ce jugement, qui pourrait susciter l'ironie en 2013, ne doit pas servir à invalider les thèses de Nisanyan. Jusqu'alors, il était partagé par une grande partie de l'intelligentsia de gauche. Ensuite est arrivée la très mauvaise surprise, le virage autoritaire, la répression massive – qui jusque là était réservée aux Kurdes et aux alévis - et le mouvement de Gezi.


Lire la suite sur susam-sokak le blog d'Etienne Copeaux




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Source/Lien : susam-sokak.fr



   
 
   
 
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