Aujourd'hui : Lundi, 10 août 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
La peur gagne les intellectuels turcs, menacés par les nationalistes
Publié le :

LE MONDE | 08.02.07 | 14h40 • Mis à jour le 08.02.07 | 14h40
ISTANBUL CORRESPONDANCE

C'est en catimini, coiffé d'une casquette de base-ball, que le Prix Nobel de littérature 2006, Orhan Pamuk, a quitté la Turquie, le 1er février à destination des Etats-Unis, a rapporté le quotidien suisse Le Temps. Un départ ressemblant à une fuite, deux semaines après l'assassinat du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, et trahissant la peur qui gagne les intellectuels turcs engagés. Ils ont, eux aussi, reçu des menaces émanant apparemment de groupes ultranationalistes comme celui donné pour responsable du meurtre du journaliste. Une dizaine d'intellectuels ont reçu une protection policière - dont Orhan Pamuk.

Le climat s'est nettement alourdi en Turquie, où l'évolution de l'enquête et les premières sanctions contre des policiers responsables de "négligences" n'ont pas éclairé les dessous de ce crime, qui continue de secouer le pays, et de le diviser.

Aux manifestants qui ont scandé "Nous sommes tous Hrant Dink ! Nous sommes tous arméniens !" ont en effet répondu ceux qui, lors des matches de football, ont crié : "Nous sommes tous turcs !", voire "Nous sommes tous Ogün Samast !", du nom de l'assassin. La diffusion, le 1er février, d'images-chocs sur des chaînes de télévision locales semble même avoir donné un coup de grâce aux espoirs des démocrates locaux de voir la Turquie, en réaction à ce crime, devenir plus ouverte et apaisée. Ces images montraient le jeune meurtrier filmé comme un héros, sur fond de drapeau turc, par les policiers et les gendarmes qui venaient de l'arrêter dans le port de Samsun, sur la mer Noire.

La seule réaction des autorités a été d'annoncer le limogeage, à Samsun, de cinq policiers et le transfert de cinq gendarmes, sur fond d'accusations réciproques entre la police et la gendarmerie. La première est théoriquement, sous l'autorité du gouvernement islamiste, centriste de l'AKP. La gendarmerie dépend de l'armée, dont le pouvoir est toujours au moins égal à celui du gouvernement.

C'est ce qui pousse certains à voir, dans l'assassinat de Hrant Dink, un complot des réseaux secrets ultranationalistes, qualifiés ici d'"Etat profond". D'autres, notamment dans le grand quotidien Hürriyet, assurent que dans ce pays où le nationalisme gagne du terrain, il n'est nul besoin d'ordres émanant d'un centre occulte pour pousser au crime des bandes de jeunes désoeuvrés, gagnés par le climat de violence créé par des Turcs influents et intransigeants qui, à longueur de colonnes, qualifiaient Hrant Dink et ses amis de "traîtres".

HYPOTHÈSE PEU CRÉDIBLE

Mais les détails donnés par les médias et les milieux proches de l'enquête rendent peu crédible l'hypothèse d'un crime conçu par la seule "bande de Samast", huit jeunes "ultrapatriotes" de Trabzon aujourd'hui sous les verrous. L'un d'eux a passé dix mois en prison pour un attentat contre un restaurant McDonald's en 2004. Selon les médias, il aurait d'abord avoué être l'instigateur du meurtre de Hrant Dink. Puis, il aurait accusé un autre détenu, un étudiant proche d'un parti nationaliste et informateur de la police, laquelle aurait renoncé à ses services pendant l'été 2006, ayant appris qu'il se vendait aussi au Jitem, le service secret de la gendarmerie.

La police de Trabzon aurait ainsi fait remonter à Ankara et Istanbul, dès février 2006, des informations sur le plan de ce groupe de tuer Hrant Dink. Ces éléments n'auraient pas été pris au sérieux. Pour cela, le gouverneur et le chef de la police de Trabzon ont été limogés en janvier. Mardi 6 février, le chef des renseignements de la police d'Istanbul, Ahmet Ilhan Güler, a été, lui aussi, renvoyé. Quant au numéro un de la police d'Istanbul, Celalettin Cerrah - qui avait un moment nié toute "dimension politique ou organisation derrière ce crime" - il fait l'objet d'une enquête préliminaire. Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a commencé à dénoncer le "nationalisme raciste" qui "menace le pays".

Sophie Shihab
Article paru dans l'édition du 09.02.07.



Retour à la rubrique



Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org