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Génocide arménien : la reconnaissance est insuffisante
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Il y a plusieurs dizaines d’années, lorsque le monde ignorait encore les faits fondamentaux du génocide arménien, sa reconnaissance par la communauté internationale et le gouvernement turc était impérative. Cependant, à ce stade, alors que plus d’une vingtaine de pays, de nombreuses organisations internationales et l’Association internationale des historiens du génocide ont reconnu le génocide arménien, une simple reconnaissance n’est plus l’objectif ultime. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 13 février 2014.

Reconnaissance du génocide arménien : nécessaire mais insuffisante


Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 13 février 2014

Le centenaire du génocide arménien se profilant, en 2015, les dirigeants turcs subissent une pression croissante de la communauté internationale afin qu’ils se confrontent au passé sordide de leur pays et reconnaissent le génocide. De façon significative, des déclarations publiques concernant le génocide arménien ont été faites ces derniers jours par les chefs d’État de trois pays : la France, l’Allemagne et la République Tchèque.

Lors de sa visite en Turquie le mois dernier, le président français François Hollande, sans utiliser le mot génocide, a appelé les dirigeants turcs à affronter leur histoire : « Le travail de mémoire est toujours douloureux… mais il doit être fait. Ce que nous avons à mener, c’est la réconciliation à travers la recherche de ce qui s’est produit et la reconnaissance de ce qui s’est fait… En reconnaissant les événements historiques, [un peuple qui fait cet effort] se grandit à ses yeux, mais aussi aux yeux du monde. » Le président Hollande a également eu une entrevue privée avec Rakel Dink, la veuve du journaliste arménien de Turquie martyrisé, Hrant Dink.

La semaine dernière, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a donné de sages conseils similaires au Premier ministre turc Erdogan en déplacement en Allemagne : « La Turquie doit faire face à son histoire. » Ironiquement, c’est Erdogan qui a soulevé cette question en se plaignant que l’Allemagne prévoyait d’allouer des fonds pour la commémoration du centenaire du génocide arménien.

Le président de la République Tchèque, Milos Zeman, a même été encore plus loin que les dirigeants français et allemand, en utilisant le terme de génocide arménien lors de la visite du président Sarkisian à Prague il y a deux semaines : « L’année prochaine marquera le centième anniversaire du génocide arménien. En 1915, un million et demi d’Arméniens a été tué. »

Si l’on estime que la pression internationale sur le gouvernement turc va s’intensifier progressivement, le centenaire du génocide arménien approchant, les Arméniens doivent rester sur leurs gardes et ne doivent pas être induits en erreur par des déclarations bien intentionnées, mais parfois intéressées. Si les pressions exercées incitaient le dirigeant turc à admettre la culpabilité du gouvernement ottoman dans la perpétration des massacres, voire même du génocide, cela ne suffirait pas à satisfaire les demandes justes du peuple arménien. De fait, les attentes suscitées par une reconnaissance turque pourraient être contre-productives, car au cas où la Turquie le reconnaisse un jour, tout le monde, les Arméniens compris, pourrait croire à tort, que l’objectif tant attendu est enfin atteint !

Il y a plusieurs dizaines d’années, lorsque le monde ignorait encore les faits fondamentaux du génocide arménien, sa reconnaissance par la communauté internationale et le gouvernement turc était impérative. Cependant, à ce stade, alors que plus d’une vingtaine de pays, de nombreuses organisations internationales et l’Association internationale des historiens du génocide ont reconnu le génocide arménien, une simple reconnaissance n’est plus l’objectif ultime.

Au lieu de la reconnaissance, les Arméniens et toutes les personnes de bonne volonté devraient rechercher que justice soit faite pour le génocide commis par les leaders turcs ottomans. De même que l’Allemagne a dédommagé les survivants du génocide juif, le gouvernement de Turquie, en tant que successeur de l’Empire ottoman, doit payer des milliards de dollars de restitution et rendre les propriétés arméniennes volées ainsi que les terres occupées.

Afin d’obtenir une justice restitutive, les Arméniens doivent user de tous les moyens possibles – pression politique, boycott économique, manifestations publiques et procès – pour persuader les dirigeants turcs qu’il serait plus avantageux pour eux de négocier avec les représentants du gouvernement arménien et de la diaspora, en vue de trouver une résolution juste à cette injustice de longue date. Étant donné qu’il existe des disparités considérables entre les capacités politiques, économiques et militaires des deux parties impliquées, les Arméniens ne seront peut-être pas en mesure d’obtenir tout ce qu’ils exigent du jour au lendemain, mais ils doivent insister pour que les responsables turcs leur offrent le plus de restitution possible de façon progressive, en vue d’une justice éventuelle totale.

Un règlement équitable de la question du génocide arménien présenterait de nombreux avantages à la Turquie qui serait saluée par la communauté internationale comme étant un pays progressiste et civilisé. Ses dirigeants pourraient même être proposés pour le Prix Nobel de la Paix. La reconnaissance, suivie par des restitutions, faciliterait également l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Autrement, le refus persistant de se confronter au génocide arménien prolongera la situation gênante dans laquelle se trouve le peuple turc à qui l’on rappelle constamment les crimes commis par ses ancêtres et qui est constamment humilié devant le monde entier en tant que négationniste.

Si les dirigeants turcs avaient le courage de résoudreleur problème arménien, les Arméniens obtiendraient enfin les compensations si longtemps attendues pour les pertes subies, ils jouiraient d’un pays plus sûr et plus viable économiquement et géopolitiquement, pouvant s’attendre à ce qu’un voisin repenti soit plus enclin à une coexistence pacifique.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 13 février 2014 – www.collectifvan.org




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