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Le malaise des intellectuels turcs après le meurtre de Hrant Dink
Publié le :

Déjà vilipendés par les cercles ultranationalistes, parfois ouvertement menacés, les intellectuels libéraux turcs ne se sentent désormais plus en sécurité dans leur pays, après l'assassinat, le 19 janvier, du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink.

Les spéculations sur une éventuelle fuite du Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk vont bon train depuis qu'il s'est envolé à la fin du mois dernier pour officiellement continuer d'enseigner à l'Université de Columbia, aux Etats-Unis.

Le romancier est détesté par les nationalistes, qui le considèrent comme un "traître" pour avoir contredit la position officielle sur les massacres d'Arméniens pendant l'empire ottoman, que la Turquie refuse de reconnaître comme un génocide.

Pamuk a préféré se taire sur son départ, qui intervient dans un climat de tension deux semaines après la mort de Hrant Dink, tué par un mineur soupçonné d'agir au sein d'un groupuscule ultranationaliste.

Son entourage et sa maison d'édition en Turquie ont démenti la thèse d'un exil même temporaire pour échapper aux menaces qui avaient visé également le journaliste assassiné.

"Il n'a pas fui la Turquie, il est parti normalement et il va revenir", s'est contenté de dire un collaborateur qui souhaite garder l'anonymat.

Le 24 janvier, alors qu'il était conduit au tribunal d'Istanbul sous escorte policière pour y être inculpé, l'un des complices du meurtrier présumé de Hrant Dink avait publiquement menacé l'écrivain --bénéficiant depuis peu d'un garde du corps-- lui conseillant d'"être sage".

Après le meurtre de M. Dink, les autorités ont finalement accordé une protection à plusieurs autres intellectuels ou journalistes considérés comme de cibles potentielles.

Parmi eux, figure Baskin Oran, professeur de sciences politiques à Ankara et co-auteur d'un rapport sur les droits des minorités qui lui avait valu les foudres des milieux nationalistes et du gouvernement d'Ankara.

M. Oran, un habitué des campagnes d'intimidation, évoque une "culture de lynchage" en Turquie et estime qu'il appartient à l'Etat d'assurer la protection de ses ressortissants.

"Si l'Etat ne peut protéger son citoyen, est-ce que cet individu peut rester fidèle à son Etat", s'interroge l'académicien qui dénonce l'inaction des autorités policières et judiciaires face aux menaces qu'il reçoit régulièrement.

"Le procureur m'a demandé si je pouvais me réconcilier avec les gens qui m'ont menacé. Je lui ai répondu que non", ajoute l'académicien.

Erol Önderoglu, représentant de Reporters sans frontières (RSF) à Istanbul, estime que si la police a fini par affecter des gardes du corps aux intellectuels menacés, c'est sous la pression des medias qui l'accusaient de négligence dans l'affaire Dink. La presse turque a en effet accusé la police d'avoir été au courant des projets d'assassinat de Dink et de n'avoir rien fait pour l'empêcher.

"La police assure la protection des stades de football avec des milliers d'hommes et ils ne peuvent pas protéger les intellectuels?", s'étonne M. Önderoglu, qui affirme que les menaces ne sont pas des actes isolés mais "organisés".

Depuis la mort de Dink, des ONG ont déposé une proposition pour amender l'article 301 du Code pénal turc qui sanctionne les "insultes à l'identité turque". C'est cet article qui avait valu, suite à des plaintes d'associations nationalistes, à Hrant Dink et Orhan Pamuk ainsi qu'à une soixantaine d'autres intellectuels d'être poursuivis par la justice turque.

Mais, confronté à une montée du nationalisme et à quelques mois des élections, le gouvernement n'a pas encore fait connaître sa position sur ce projet qui devrait permettre de clarifier une disposition jugée trop vague et décriée par l'Union européenne que les Turcs souhaitent rejoindre. (AFP, Burak AKINCI, 12 fév 2007)



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Source/Lien : Info-Turk



   
 
   
 
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