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Turquie : « Avançons, mais jusqu’à un certain point »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Abdullah Ă–calan a adressĂ© une lettre aux ArmĂ©niens de Turquie qui a Ă©tĂ© publiĂ©e dans le journal AGOS le 30 janvier 2014. Suite Ă  cette lettre, de nombreux journalistes et Ă©crivains, armĂ©niens ou non, ont rĂ©agi et ont livrĂ© leur analyse Ă  ce sujet. Des analyses toutes diffĂ©rentes mais qui se rejoignaient sur un point de la lettre : Ă–calan avait invitĂ© lÂ’Etat turc Ă  se confronter au gĂ©nocide des ArmĂ©niens. LÂ’intellectuel turc Baskın Oran, qui est farouchement contre lÂ’emploi du mot gĂ©nocide, a rĂ©digĂ© un article disant quÂ’Ă–calan avait uniquement employĂ© le mot gĂ©nocide pour soulager le cÂśur des ArmĂ©niens ; il fait mĂŞme lÂ’analogie avec Erdoğan qui sÂ’Ă©tait adressĂ© Ă  Ă–calan en parlant du « Kurdistan ». La militante des droits de lÂ’homme (IHD), Ayşe GĂĽnaysu, rĂ©pond Ă  Baskın Oran en invitant tous ceux qui critiquent la lettre dÂ’Ă–calan Ă  appeler un chat un chat.

Ayşe GĂĽnaysu dĂ©crit avec une ironie grinçante les mĂ©thodes de certains intellectuels dissidents qui nÂ’arrivent toujours pas Ă  parler de gĂ©nocide. Ils admettent « les atrocitĂ©s », « lÂ’extermination», « la Grande Catastrophe » faites aux ArmĂ©niens, ils prĂ©tendent comprendre ces derniers, partager leurs peines, et sont prĂŞts Ă  avancer, mais jusquÂ’Ă  un certain point : ainsi, ils ne franchissent jamais le Rubicon (la reconnaissance du gĂ©nocide) et ne combattent pas sincèrement le nĂ©gationnisme. Le Collectif VAN vous propose la traduction dÂ’un article paru en turc, dans le journal Ă–zgĂĽr GĂĽndem, le 4 fĂ©vrier 2014.


Ă–zgĂĽr GĂĽndem

Ceux qui nÂ’appellent pas un chat un chat lorsquÂ’ils critiquent Ă–calan

4 février 2014

Ayşe GĂĽnaysu

Parmi les critiques les plus sévères contre Abdullah Öcalan qui avait soutenu - dans sa lettre destinée aux Arméniens - les propos de Bese Hozat [1], se trouvent également celles des intellectuels dissidents turcs. Ces intellectuels désignent comme « nationalistes kurdes », les Kurdes voulant leur autonomie, et comme « nationalistes arméniens », les Arméniens insistant sur la reconnaissance du génocide et ses réparations. Ils défendent l’idée que les deux nationalismes ne sont pas différents du nationalisme turc en termes de « malfaisance ».

Je pense que ce profil intellectuel turc a un rôle important dans la transformation de ce pays en termes de démocratie, de droits de l’homme, de liberté d’expression. Oui, d’un côté, il soutient la transformation et en même temps, il la freine souvent.

Par exemple, admettons « les atrocités », « l’extermination», « la Grande Catastrophe » faites aux Arméniens, comprenons ces derniers, partageons leurs peines, abandonnons cette mentalité qui les ignore, avançons, mais jusqu’à un certain point. Là, freinons : n’utilisons pas le mot génocide. Ne combattons pas la négation du génocide. Que les pays étrangers n’interdisent pas cette dernière. Que les personnes d’ici désirant l’interdiction de la négation du génocide ne fassent pas de bruit. Que la diaspora arménienne ne travaille pas contre la Turquie. Que les « méchants » Arméniens de la diaspora, contrairement aux « bons » Arméniens d’ici, n’endommagent pas le combat de la démocratie en Turquie.

Par exemple, Baskın Oran - dans sa critique de la lettre dÂ’Ă–calan - fait lÂ’analogie entre Erdoğan et Ă–calan :

« Cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait par Erdoğan Ă  Diyarbakır. En invitant Barzani, concurrent politique dÂ’Ă–calan en Haute MĂ©sopotamie et en Syrie, en le mettant face Ă  Ă–calan, son partenaire durant le « processus », il avait pris des mesures pour prĂ©venir la rĂ©action Ă©ventuelle des Kurdes : il avait prononcĂ© le mot « Kurdistan ». « Kurdistan », le seul mot apaisant un peu les Kurdes qui – depuis des annĂ©es - subissent essentiellement un dĂ©ni dÂ’identitĂ©, « Turcs des montagnes », en mĂŞme temps que des [difficiles] conditions matĂ©rielles.

Baskın Oran dit quÂ’Ă–calan fait la mĂŞme chose et quÂ’il «apaise le cÂśur » des ArmĂ©niens en utilisant le mot « gĂ©nocide ». Cette mĂ©thode opportuniste qui nous est prĂ©sentĂ©e est en fait une chose quÂ’on nÂ’arrive mĂŞme pas Ă  imaginer entendre dÂ’un autre politicien en Turquie, comme lÂ’a dit le rĂ©dacteur en chef dÂ’AGOS, Rober Koptaş : Ă–calan a invitĂ© la Turquie Ă  reconnaĂ®tre le gĂ©nocide.

Deux semaines environ avant de rĂ©diger son article, le mĂŞme Baskın Oran sÂ’est opposĂ© Ă  dĂ©finir 1915 comme un « gĂ©nocide », au cours de la rĂ©union intitulĂ©e « Regarder lÂ’assassinat de Hrant Dink Ă  travers la perspective de 2015 », organisĂ©e le 18 janvier 2014 Ă  lÂ’initiative du Congrès National des ArmĂ©niens de lÂ’ArmĂ©nie occidentale et de lÂ’Initiative pour la libertĂ© de pensĂ©e dÂ’Ankara. Il avait demandĂ© dÂ’ajouter le mot « lÂ’extermination » Ă  cĂ´tĂ© du mot gĂ©nocide.

Il avait trouvé « trop radicaux » les deux premiers points du texte des demandes qui devaient être publiées comme déclaration finale. Il avait défendu la nécessité d’une autre réunion pour cela. De cette manière, il avait empêché la publication du forum en question sous forme de « déclaration finale ». Le texte a dû être publié comme un rapport de l’Initiative pour la liberté de pensée d’Ankara. Les deux demandes estimées « trop radicales » sont en résumé celles-ci :

1. La reconnaissance, le pardon et les compensations :
Après la reconnaissance, une demande de pardon sincère et la désignation des coupables.

Par exemple : rendre à ses héritiers la maison de la famille Kasapyan, utilisée actuellement comme résidence du Président (de Turquie).

2. Mettre fin aux activités du déni/négationnisme :
Abolir « le Conseil de coordination de lutte contre les allégations infondées du génocide » auprès de la Présidence.

En résumé, la situation est la suivante :

Baskın Oran, pensant quÂ’il faudrait ne pas employer le mot gĂ©nocide, trouvant « trop » radicale la lutte contre la nĂ©gation du gĂ©nocide, sabotant en quelque sorte la rĂ©union Ă  propos du combat contre la nĂ©gation du gĂ©nocide, Ă©galise la fourberie basique dÂ’Erdoğan et les paroles dÂ’Ă–calan qui sont contre le nĂ©gationnisme et qui demandent la reconnaissance (du gĂ©nocide). Et il montre son mĂ©pris pour ces sujets.

Pour ma part, en tant qu’auteure ayant critiqué les propos d’Öcalan et ceux des leaders du mouvement de libération kurde qui évoquent la fraternité musulmane turco-kurde et leur point de vue sur la question arménienne, j’invite tout le monde à appeler un chat un chat lorsque l’on critique Öcalan.

Traduction du turc : NA.T. pour le Collectif VAN

Titre original : Ă–calanÂ’ı eleştirirken eğri oturup eğri konuşanlar

Source originale
: http://www.ozgur-gundem.com/index.php?haberID=96973&haberBaslik=%C3%96calan
%E2%80%99%C4%B1%20ele%C5%9Ftirirken%20e%C4%9Fri%20oturup%20e%C4%9Fri%20konu%C5%9Fanlar&
action=haber_detay&module=nuce&authorName=Ay%C5%9Fe%20%20G%C3%9CNAYSU&authorID=222



[1] Déclaration de Bese Hozat, co-présidente du KCK (Union des Communautés du Kurdistan) :

« En Turquie, en dehors de l’Etat officiel, il existe aussi des Etats parallèles. Par exemple, la confrérie Gülen est un Etat parallèle. Le lobby d’Israël, ainsi que les lobbies nationalistes arménien et grec sont chacun un Etat parallèle. Il existe une sérieuse relation d’intérêts entre ces Etats parallèles. Les Etats parallèles n'ont pas de droit officiel ni de constitution. Ils n'ont pas non plus une armée officielle mais ils ont un pouvoir plus puissant et plus organisé qu'un pouvoir officiel. Les pouvoirs comme le département spécial de guerre et le JITEM sont les puissances frappantes de ces Etats parallèles. Maintenant, les pouvoirs de la direction de la sécurité, de la police et de la justice s’y sont ajoutés. Ils n'ont aucun lien avec le droit ni avec les lois. Ils appliquent des règles de guerre en les ayant décidées eux-mêmes et ils n'en rendent compte à personne. C'est le point terrible de l'Etat parallèle. L’Etat parallèle est un Etat du Gladio. C’est une organisation de l’Etat illégal, composée de la confrérie et des lobbies soutenus par l’OTAN. Son principal objectif est d’empêcher la démocratisation de la Turquie. »


Lire aussi :

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Source/Lien : Ă–zgĂĽr GĂĽndem



   
 
   
 
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