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Turquie : Violations des droits humains, le Rapport de HRW (I)
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Au pouvoir depuis 2002, avec trois mandats successifs, et jouissant d’une forte majorité parlementaire, le Parti pour la Justice et le Développement (AKP) fait preuve d’une intolérance croissante vis-à-vis de l’opposition politique, de la protestation publique et des médias qui le critiquent." indique le Rapport de Human Rights Watch. Si le texte de HRW fait bien mention du procès des assassins du journaliste Hrant Dink, à aucun moment il ne fait état de son identité arménienne (pourtant à l'origine de son assassinat). Par ailleurs, les discriminations à l'encontre des minorités non-musulmanes (et spécifiquement arménienne) ne sont pas détaillés (procès bidons des assassins du jeune appelé arménien Sevag Balikci et de la vieille Arménienne Maritsa Kutchuk). Le Collectif VAN vous propose la traduction du Rapport 2014 en anglais de l'ONG Human Rights Watch, en date du 21 janvier 2014.


Human Rights Watch

Au pouvoir depuis 2002, avec trois mandats successifs, et jouissant d’une forte majorité parlementaire, le Parti pour la Justice et le Développement (AKP) fait preuve d’une intolérance croissante vis-à-vis de l’opposition politique, de la protestation publique et des médias qui le critiquent.

En mai, la police a violemment dispersé des militants qui faisaient un sit-in pacifique de protestation contre un projet de construction dans le Parc Gezi de Taksim, déclenchant des semaines de manifestations anti-gouvernementales dans les villes de Turquie fin mai et en juin. Avec sa répression violente et répétée des manifestations, le gouvernement n’a pas respecté les droits de l’homme.

Le 30 septembre, le gouvernement a annoncé ce qu’il appelle un « paquet de réformes de démocratisation », ce qui démontre que le gouvernement est plus centré sur la gestion de l’héritage non-démocratique dont il a hérité que sur les abus qui ont proliféré sous sa gouvernance. Les mesures positives comprennent la fin de l’interdiction de porter le voile pour les femmes dans la fonction publique ; le seuil électoral de 10 pour cent, qui empêchait les partis des minorités d’être au Parlement, sera abaissé ; et un allégement de la restriction portant sur l’enseignement en langue maternelle, en l’autorisant dans les écoles privées. Les efforts des partis pour atteindre un consensus sur la nouvelle constitution a bloqué sur des éléments contestés, tels que la définition de la citoyenneté et les dispositions sur les droits des minorités.

Le gouvernement a pris des premières mesures importantes pour le processus de paix avec la minorité kurde du pays. Au début de l’année 2013, le gouvernement a annoncé des pourparlers avec le leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, dans le but de mettre fin au conflit armé avec le PKK, qui dure depuis des décennies. Des mesures hardies visant à rectifier le manque de droits des Kurdes de Turquie pourraient traiter les causes profondes du conflit et améliorer les droits de l’homme pour toutes les minorités ethniques et religieuses de Turquie. Il est à noter que le gouvernement et le PKK ont respecté le cessez-le-feu en 2013 et qu'il n’y a eu aucune annonce de victimes d’un côté comme de l’autre.

Le conflit syrien continue à se faire fortement ressentir dans les villes frontalières de Turquie, et, depuis novembre, la Turquie héberge 500°000 réfugiés syriens, dont 200°000 vivent dans des camps, selon les estimations du gouvernement turc. Les autorités turques empêchent périodiquement des dizaines de milliers de demandeurs d’asile de passer la frontière et d’entrer en Turquie, les forçant à vivre dans des camps de déplacés et dans les villages syriens des zones frontalières, y compris dans les zones touchées par les attaques aériennes syriennes.

En février, un attentat à la voiture piégée au point de passage frontalier de Cilvegözü, région de Hatay en Syrie, a fait 18 victimes et, en mai, une attaque à la bombe dans la ville de Reyhanlı a tué 52 civils. Les autorités turques pensent que le gouvernement syrien est impliqué dans ces deux attaques. Cinq suspects ont été inculpés pour le premier attentat et 33 pour celui de Reyhanlı.

Liberté d’expression, d’association et de rassemblement

La réponse du gouvernement aux protestations du Parc Gezi à Taksim à Istanbul et aux manifestations antigouvernementales dans d’autres villes, démontre son intolérance vis-à-vis du droit de rassemblement pacifique et de la liberté d’expression. Les autorités ont inculpé des centaines d’individus –principalement à Istanbul, Ankara et Izmir— pour participation à des manifestations non-autorisées, résistance à la police et dégradations de biens publics. Plusieurs dizaines de personnes risquent des accusations supplémentaires pour terrorisme en relation avec les manifestations.

Environ 50 manifestants sont encore en détention provisoire à l’heure où nous écrivons. Une enquête criminelle sur les organisateurs de Taksim Solidarity, une plateforme de 128 ONG soutenant la campagne du Parc Gezi et les sit-in, est en cours.

La couverture partisane ou inexistante des manifestations de Gezi à Taksim dans la plupart des médias de Turquie souligne la réticence de nombreux groupes de presse à donner des informations impartiales quand cela entre en conflit avec les intérêts du gouvernement. Au cours de l’année, de très nombreux employés des médias, et parmi eux des journalistes et des chroniqueurs hautement respectés qui avaient critiqué le gouvernement, ont été licenciés.

La Turquie a continué de poursuivre en justice des journalistes en 2013, et plusieurs dizaines sont toujours en prison. Les procès de 44 journalistes kurdes principalement et d'employés des médias se poursuivent (20 sont en détention depuis décembre 2011, à l’heure où nous écrivons) pour des liens supposés avec le Groupe de société Kurdistan (KCK), une branche liée au PKK.

Le gouvernement a poursuivi ses efforts visant à amender certaines lois qui sont utilisées pour limiter. la liberté d’expression. En avril, le Parlement a adopté une motion de réforme – connue sous le non de « quatrième paquet de réformes » – amendant diverses lois, en réponse aux violations dénoncées par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans de nombreux procès contre la Turquie. Les changements positifs comprennent la levée des restrictions sévères sur la publication ou le rapport de commentaires émanant d’organisations illégales (article 6/2, Loi antiterroriste) et restreindre le champ du crime « faire de la propagande terroriste » (article 7/2, Loi antiterroriste ; article 220/8, Code pénal turc).

Les réformes entreprises en 2013 n’ont pas corrigé la situation des milliers de procès contre des individus accusés « d’appartenance à une organisation armée »(article 314, Code pénal turc) pour des activités correspondant à une association politique non-violente.

Démontrant l’utilisation abusive généralisée par le gouvernement des lois antiterroristes pour poursuivre et incarcérer des personnes, on note que des centaines de militants politiques kurdes, des maires élus, des parlementaires, des représentants du Parti de la paix et de la démocratie, des étudiants et des avocats ont été emprisonnés pendant de longues périodes, dans certains cas, plus de quatre ans et demi, lors de leur procès pour association avec le KCK. Le défenseur des droits humains, Muharrem Erbey, a passé quatre ans en prison pour ces chefs d’accusations.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 10 mars 2014 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

Turquie : Violations des droits humains, le Rapport de HRW (II)




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Source/Lien : Human Rights Watch



   
 
   
 
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