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La Turquie veut éradiquer Twitter et les Arméniens de Syrie
Publié le : 27-03-2014

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « La semaine dernière, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pris deux mesures osées : 1) Il a bloqué Twitter pour étouffer les révélations de corruption le concernant ; 2) Il a aidé et encouragé les combattants djihadistes à envahir Kessab, ville [arménienne] située dans le nord-ouest de la Syrie. » Erdogan a déclaré : « Nous allons éradiquer Twitter. ». Nota CVAN : Il est vrai qu’en matière d’éradication, la Turquie a une expertise incontestable et toujours d’actualité : en effet, « À la veille du centenaire du génocide arménien, (…) le gouvernement turc et ses alliés s’engagent directement ou indirectement dans une nouvelle campagne d’extermination des Arméniens en Syrie », avec l’occupation, depuis le 21 mars, de la localité arménienne de Kessab. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 27 mars 2014.


Que peuvent apprendre les Arméniens du Premier ministre Erdogan ?


Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 27 mars 2014

L’objectif de cet article est de tirer les leçons des attaques récentes lancées sur la ville arménienne de Kessab en Syrie.

La semaine dernière, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pris deux mesures osées : 1) Il a bloqué Twitter, un média social regroupant 12 millions d’utilisateurs en Turquie, pour étouffer les révélations de corruption le concernant ainsi que son cercle rapproché ; et 2) Il a aidé et encouragé les combattants djihadistes à envahir Kessab, ville située dans le nord-ouest de la Syrie, non loin de la Turquie !

Qu’est-ce que ces événements apparemment non reliés ont en commun ?

Erdogan a lui-même indirectement répondu à la question, lors d’un meeting électoral le 20 mars : « Nous allons éradiquer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale. Tout un chacun verra la puissance de la République de Turquie. »

De toute évidence, le Premier ministre se fiche d’être critiqué pour violation du principe démocratique de liberté d’expression, et parce qu’il agit comme un voyou autocratique. Il dit et fait ce qu’il estime être dans le meilleur intérêt de la Turquie ou du sien !

Les officiels américains ont réagi du bout des lèvres à la mesure de répression d’Internet prise par Erdogan. Samantha Power, ambassadrice américaine aux Nations Unies a tweeté le message suivant : « Profondément troublée que la Turquie bloque Twitter. Empêcher un accès libre à l’information va contre la démocratie ; soutiens l’appel des citoyens pour débloquer. » Douglas Frantz, Secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires publiques et ancien directeur de publication du Los Angeles Times, qui avait été contraint de démissionner après avoir bloqué la publication d’un article sur le génocide arménien, a décrit l’action anti-Twitter d’Erdogan comme un « autodafé de livres au 21e siècle. » Des critiques similaires sans importance ont été émises par le porte-parole du Département d’État, Jen Psaki, le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Jay Carney, et la Commissaire européenne à la société numérique, Neelie Kroes.

Est-ce qu’Erdogan s’est préoccupé de ces passes verbales ? Absolument pas ! Il s’en est fichu éperdument ! Il avait déjà bloqué YouTube pendant deux ans, car un site diffusait des vidéos considérées comme insultant Kemal Atatürk. Le Premier ministre turc menace maintenant de faire interdire Facebook et YouTube après les élections du 30 mars.

Pourquoi les leaders arméniens -- en Arménie et dans la diaspora – n’agissent-ils pas de façon plus péremptoire, à l’instar d’Erdogan, surtout lorsque la survie des Arméniens est en jeu ? Il est tout à fait approprié de soulever cette question après l’invasion de Kessab par les djihadistes, qui ont pris des Arméniens en otages, pillé leurs maisons et profané leurs églises.

Malheureusement, les plaidoyers répétés des organisations arméno-américaines auprès des responsables américains, pour aider à protéger les Arméniens et les autres chrétiens syriens, sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Le 24 mars, l’ANCA a envoyé une autre lettre à la formulation forte, exigeant une intervention immédiate du Congrès et de la Maison Blanche pour faire cesser les attaques sur Kessab. Le gouvernement américain ne paraît pas s’intéresser au sort tragique des Arméniens de Syrie et des autres minorités, puisque Washington est plus déterminé que jamais à renverser le régime de Bachar al-Assad, faisant fi des pertes de vies innocentes.

Les Arméniens ne devraient pas simplement se contenter de secouer la tête et de se plaindre entre eux des nouvelles tragiques en provenance de Syrie. Ils doivent sortir de leur coma collectif et prendre des mesures fortes. Des démonstrations quotidiennes doivent avoir lieu dans les grandes villes américaines et devant les ambassades et consulats américains, britanniques, français, saoudiens et turcs du monde entier, pour protester contre le fait que ces pays procurent des armes au soi-disant rebelles, qui kidnappent et assassinent les Arméniens syriens, entre autres.

Des réunions urgentes doivent être organisées avec les hauts responsables américains, britanniques et français, pour exiger qu’ils cessent immédiatement de livrer des armes et de soutenir financièrement les « rebelles » en Syrie, tant que ceux-ci n’arrêteront pas de mener des attaques contres les civils !

En 2002, j’avais écrit un article intitulé : « La ‘souris’ arménienne doit rugir plus souvent ». C’était essentiellement un appel à une action forte. Je faisais référence à une nouvelle de William Saroyan, dont le titre est La souris arménienne, dans laquelle une souris courageuse, de par son comportement agressif, réussit à se défendre de monstres encore plus féroces.

Rester silencieux et inactif n’est plus une option valable, alors que nos compatriotes sont en train de se faire massacrer en Syrie. Un comportement de mouton ne peut servir qu’à encourager les ennemis de la nation arménienne.

Les Arméniens ont besoin d’être proactifs plutôt que réactifs. À la veille du centenaire du génocide arménien, ils ne peuvent rester des spectateurs silencieux, alors que le gouvernement turc et ses alliés s’engagent directement ou indirectement dans une nouvelle campagne d’extermination des Arméniens en Syrie.

Les Arméniens doivent élever la voix, protester et prendre des mesures efficaces pour défendre leurs compatriotes partout dans le monde. Ils doivent devenir ‘la souris’ qui RUGIT !

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 27 mars 2014 – www.collectifvan.org

Nota CVAN : Le village de Kessab en Syrie est le seul village arménien de l’ancien Empire ottoman situé hors des frontières de la Turquie actuelle. Kessab est peuplé majoritairement de descendants des rescapés du génocide des Arméniens de Turquie, en 1915. La population arménienne a été obligée de fuir à Lattaquié devant l’arrivée de centaines de combattants islamistes du Front Al-Nosra. Le gros des troupes est composé de Turkmènes de la région, selon Fabrice Balanche : “Les rebelles se sont facilement emparés du village avec le soutien des autorités turques, ces dernières empêchant l’aviation syrienne d’épauler les combattants arméniens et l’armée régulière (...). La prise du poste frontière n’est qu’un prétexte, nous sommes face à une stratégie d’épuration ethnique à l’égard de la population arménienne de Kessab“.

A lire sur : Syrie : le village arménien de Kassab, victime "d’une épuration ethnique"




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