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Syrie : l’attaque de Kessab conduira la Turquie à La Haye
Publié le : 04-04-2014

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le journal As-Safir, publié à Beyrouth, a écrit un article sur le rôle des services secrets étrangers dans l’offensive sur Kessab : ‘Les services secrets turcs en particulier ont joué un rôle clé dans la préparation et la planification de l’attaque et ils ont soutenu sa mise en œuvre.’ Ibrahim Idlibi, le chef de la Lighting Brigade qui a pris part à l’offensive, a expliqué fièrement comment ils avaient obtenu des armes anti-aériennes et des roquettes de la Turquie. Lorsque l’acteur critique est la Turquie et la cible est une ville arménienne, alors l’affaire de Kessab prend d’autres proportions. Ces actes malcalculés et irréfléchis conduiront la Turquie à La Haye. » Nota CVAN : le cynisme de l’Etat turc n’a pas de limite. Après avoir contribué à vider la ville arménienne de Kessab, en Syrie, de ses 2000 habitants arméniens, « Le Ministère turc des Affaires étrangères a informé les Nations Unies qu’un camp pouvant accueillir 2000 personnes était prêt à Mardin pour les Arméniens syriens souhaitant se réfugier en Turquie. » Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article en anglais paru sur le site Al-Monitor le 31 mars 2014.

La chute de Kessab coûtera cher à la Turquie



Al-Monitor
Auteur : Fehim Tastekin
Posté le 31 mars 2014
Traduction du turc en anglais - Timur Goksel

Le Ministère turc des Affaires étrangères a informé les Nations Unies qu’un camp pouvant accueillir 2000 personnes était prêt à Mardin pour les Arméniens syriens souhaitant se réfugier en Turquie.

J’étais ravi. Puis un ami chrétien m’a appelé et m’a demandé : « Le 24 avril approche, la commémoration de 1915 et de nouveau les Arméniens ? » J’étais furieux parce que je ne voyais pas le rapport. Puis notre ministère des Affaires étrangères a fait la déclaration suivante : « Toutes les déclarations indiquant que la Turquie a soutenu les forces d’opposition impliquées dans les attaques de Kessab, en leur permettant d’utiliser le territoire turc ou de toute autre façon sont complètement infondées. »

Mehmet Ali Edipoglu, un membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères s’est rendu à Hatay pour découvrir ce qui se passait. Il m’a envoyé un email : « Nous sommes allés dans les villages de Gozlekciler et de Candir ainsi qu’à l’avant-poste de Teknecik. Nous avons été arrêtés par des soldats. Ils nous ont avertis que nos vies étaient en danger et cela nous a énervés. Mais ils ne nous ont pas laissés entrer dans ces zones et dans les zones utilisées par les soldats ; des voitures avec des plaques d’immatriculation syriennes circulaient partout. Selon les informations des villageois, des centaines de combattants venant de Turquie ont passé la frontière par au moins cinq points de passage pour lancer l’attaque sur Kessab.

Nous-mêmes avons pu observer des dizaines de voitures immatriculées en Syrie transportant des terroristes et tirant sur l’avant-poste syrien de la route militaire, entre le village de Gozlekciler et notre base militaire à Kayapinar. »

Parmi toutes ces allégations, l’une d’elles indiquait que deux chars et environ 30 semi-remorques avaient franchi la frontière, en plus des camionnettes équipées de mitrailleuses lourdes antiaériennes DShK. Selon un rapport difficile à croire, d’un journaliste de la chaîne Al-Alam, l’armée turque a bombardé la base militaire syrienne près de Kessab… À Kessab, Jabhat al-Nusra (le Front Al-Nosra) a hissé son propre drapeau sur les chars turcs. » La conviction qui prévaut est que l’armée turque a abattu l’avion syrien pour gêner les opérations aériennes syriennes contre les groupes armés qui ont pris Kessab.

Alors que nous nous concentrions sur Kessab, l’enregistrement de la réunion entre le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, le sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Feridun Sinirlioglu, le chef adjoint de l’état-major général, le général Yasar Guler et le chef des services secrets (MIT) Hakan Fidan est apparu. Si cet enregistrement est authentique, ils discutaient des mesures à prendre pour la tombe de Suleyman Shah, menacée par l’État islamique d’Irak et du Levant (ISIS), des scénarios en Syrie, des problèmes d’armes et de munitions des groupes combattants en Syrie, des munitions envoyées dans la région précédemment et les résultats obtenus. Leurs discussions ont montré à quel point la Turquie était impliquée en Syrie. Elles faisaient peur, au-delà de toute logique. Comment, alors, pourrai-je être surpris par les déclarations sur Kessab ?

Au moment où les groupes d’opposition, battus dans les combats de Qalamoun, se retiraient vers le nord et où les combattants étrangers commençaient à rentrer dans leurs pays, la victoire à Kessab a renforcé le Front Al-Nosra et son allié le Front islamique. Ils ont été au moins en mesure d’accéder à la côte méditerranéenne, ce dont ils rêvaient et ils ont posé pour les photos. Pendant trois ans, ils n’ont pas réussi à couper le front méditerranéen de Lattaquié à Tartous, car cela ne pouvait être fait sans le soutien militaire et logistique de la Turquie. Le journal As-Safir, publié à Beyrouth, a écrit un article sur le rôle des services secrets étrangers dans l’offensive sur Kessab : « Les services secrets turcs en particulier ont joué un rôle clé dans la préparation et la planification de l’attaque et ils ont soutenu sa mise en œuvre. » Ibrahim Idlibi, le chef de la Lighting Brigade qui a pris part à l’offensive, a expliqué fièrement comment ils avaient obtenu des armes anti-aériennes et des roquettes de la Turquie.
Nous ne savons pas si ces rapports sont véridiques. Mais, lorsque l’acteur critique est la Turquie et la cible est une ville arménienne, alors l’affaire de Kessab prend d’autres proportions. Bien que les militants de l’opposition aient dit qu’ils protégeraient l’église de Kessab, l’Égyptien Abu Kathede, dans son message sur Facebook, a envoyé une photo de l’église avec ce commentaire : « Nous avons enlevé la croix. Nos frères vont transformer l’église en mosquée. » Bien sûr, toute la diaspora parle de ça.

Le Comité national arménien d’Amérique (ANCA) a dit qu’une fois encore, les Arméniens avaient été obligés de fuir, et il a demandé au Congrès américain et à la Maison Blanche de faire pression sur la Turquie. Le président arménien Serge Sarkissian a dit qu’en 1909 et en 1915 les soldats turcs avaient essayé de déporter les Arméniens de Kessab, et que l’histoire se répétait.

Kessab est l’un des rares endroits où les Arméniens vivent en tant que communauté. À l’instar du village de Vakif dans la province du Hatay, c’est un symbole. Ils n’estiment pas que la proposition de la Turquie de les accueillir soit très convaincante. Pour être honnête, la Turquie ne veut pas que les Arméniens viennent et les Arméniens ne font pas confiance à la Turquie. Nous avons atteint une phase critique. Le pays qui paiera la facture si une catastrophe a lieu à Kessab est connu. Alors que le 24 avril approche, la Turquie sera confrontée à ce problème en toute occasion.

Ces actes malcalculés et irréfléchis conduiront la Turquie à La Haye. Avec ou sans les enregistrements, quelqu’un doit répondre à la question posée par le journaliste arménien Rober Koptas : « Qu’est-ce qui a changé ? Jusqu’à hier, la Turquie bloquait les attaques sur Kessab. Mais aujourd’hui, c’est le moins qu’on puisse dire, elle ferme les yeux sur les groupes islamistes. »


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 3 avril 2014 – www.collectifvan.org


Original en turc : Keseb Sürgünü 3.0




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Source/Lien : Al-Monitor



   
 
   
 
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