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Le Front al-Nosra et la Turquie : les deux côtés d’une même pièce
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Pour de nombreux Arméniens syriens de Kessab, le Front al-Nosra et la Turquie sont les deux côtés d’une même pièce – une menace existentielle dans une guerre où les concepts fondamentaux tels que la liberté et la démocratie ont été mis sur la touche pour les minorités, imprégnées de souvenirs d’injustices passées perpétrées dans cette région pendant mille ans. Mieux vaut un mal connu, qu’un bien qui reste à connaître, dit l’adage chrétien.» Le Collectif VAN vous propose la traduction d’un article en anglais paru sur le site de The Wall Street Journal le 26 mars 2014.


Wall Street Journal

26 Mars 2014

L’offensive sur Lattaquié rappelle de sombres souvenirs aux Arméniens syriens

De Maria Abi Habib

Lorsque les rebelles islamistes radicaux ont envahi la région de Lattaquié cette semaine, cela leur a fourni leur premier avant-poste sur la mer Méditerranée.

L’offensive militaire était symbolique pour plusieurs raisons : les rebelles du Front al-Nosra ont envahi des parties nord de la province natale de Bachar Al-Assad, tandis que l’aviation turque abattait un avion de guerre du régime syrien qui essayait de bombarder l’avancement des rebelles, alors qu’il volait près de leur frontière commune. Al-Nosra est la branche interdite d’Al-Qaeda en Syrie.

Mais pour les Arméniens syriens de la ville de Kessab à Lattaquié, que les rebelles ont occupée ce week-end [Nota CVAN : l’article date du 26 mars et relate l’attaque du 21 mars], l’implication de la Turquie leur rappelle une page sombre de leur histoire : le génocide arménien perpétré par l’Empire ottoman en 1915. Le mot génocide hérisse les Turcs, bien que 1,5 million d’Arméniens a péri sous les coups des forces ottomanes.

Pour de nombreux Arméniens syriens de Kessab, le Front al-Nosra et la Turquie sont les deux côtés d’une même pièce – une menace existentielle dans une guerre où les concepts fondamentaux tels que la liberté et la démocratie ont été mis sur la touche pour les minorités, imprégnées de souvenirs d’injustices passées perpétrées dans cette région pendant mille ans. Mieux vaut un mal connu, qu’un bien qui reste à connaître, dit l’adage chrétien.

Dimanche, les Arméniens syriens ont exprimé leur indignation suite à la prise de Kessab par les rebelles islamistes radicaux, qui, disent-ils, menacent les habitants chrétiens de la ville, qui pour la plupart soutiennent les forces du président Bachar Al-Assad. Les résidents de Kessab se sont réjouis du combat contre les rebelles menés par Damas ce week-end, pensant que l’alliance avec M. Assad — un alaouite, une autre minorité religieuse — est un pari plus sûr pour protéger leurs intérêts.

Les Arméniens syriens rendent la Turquie responsable des avancées des rebelles à Kessab — car Ankara a depuis longtemps fermé les yeux sur le fait que les rebelles passent sa frontière, sans compter l’afflux d’armes— et ils comparent la victoire de Nosra au génocide arménien.

Lorsqu’Ankara a abattu un avion de guerre syrien, cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour les habitants de Kessab. Ils ont affirmé que le vieil adversaire – la Turquie – conspirait contre eux en passant alliance avec un nouvel ennemi – les groupes extrémistes musulmans sunnites tels que Nosra.

« Les Turcs travaillent de nouveau contre nous. Ceci est inacceptable étant donné l’histoire. Le génocide se répète à Kessab », a dit un habitant de la ville sur Twitter, un sentiment partagé par de nombreux autres Arméniens syriens sur le réseau social. « Cela a été un jour horrible. Que Dieu bénisse toute personne défendant

La Turquie a nié avoir apporté son soutien aux rebelles extrémistes et a dit qu’elle avait abattu l’avion de guerre syrien pour protéger son territoire.

L'Armée syrienne libre a eu du mal à convaincre les minorités qu’elle les protégerait, car quelques factions dissidentes d’Al-Qaeda, tel que l’État islamique d’Irak et al Sham (ISIS) imposent une version radicale de l’Islam sur les territoires qu’elles occupent et profanent même les églises. La faction plus laïque FSA est soutenue par l’Occident et les pays du Golfe et elle a récemment retourné ses armes contre l’ISIS.

Kessab est le dernier point à la frontière turco-syrienne encore contrôlé par le gouvernement, selon les rebelles. L’ancienne ville de Kessab est entourée de montagnes dont les flancs abruptes plongent dans les eaux d’un bleu limpide de la Méditerranée. Ses maisons de pierre côtoient des églises pittoresques datant de plusieurs centaines d’années.

« Les habitants de Kessab sont chassés de leurs maisons et vivent dans l’église arménienne de Lattaquié [la ville], où d’autres Arméniens qui y habitent leur donnent de la nourriture », a dit un étudiant de Kessab, qui vit désormais aux E.A.U [Emirats Arabes Unis], mais qui est en contact avec des membres de sa famille qui ont récemment fui la ville.

« Le lieu où nous passions nos vacances s’est transformé en une zone de guerre…. L'Armée syrienne libre bombarde l’endroit, tandis que l’Armée syrienne fait tout ce qu’elle peut pour sauver Kessab… La seule chose positive c’est que les gens de Kessab, y compris mes amis et ma famille, ont fui à temps. Mais ils n’auront sans doute plus rien après la bataille. »


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 31 mars 2014 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

Kessab en Syrie : la destruction d’un refuge arménien sûr




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Source/Lien : The Wall Street Journal



   
 
   
 
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