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« Loi sur le génocide arménien, la synthèse »
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Merci Ă  Patrick Kaplanian de nous avoir transmis ce texte : il va clore le chapitre III du guide sur l’ArmĂ©nie qu'il est en train de terminer (parution prĂ©vue fin mars) dans la sĂ©rie des guides PEUPLES DU MONDE.

Quelques réponses en guise de conclusion

Le 12 octobre 2006, l’assemblĂ©e nationale française a adoptĂ© une loi pĂ©nalisant la nĂ©gation du gĂ©nocide armĂ©nien de 1915 sur le modèle de la loi dite « Gayssot » du 13 juillet 1990 pĂ©nalisant la nĂ©gation du gĂ©nocide des juifs de 1941 Ă  1945.
Le vote (qui doit ĂŞtre avalisĂ© par le SĂ©nat) a provoquĂ© de très vives rĂ©actions et un dĂ©bat passionnĂ© « La France lĂ©gifère Ă  nouveau sur l’histoire » Ă©crivait Le Monde « Une loi inutile » renchĂ©rissait LibĂ©ration . Il convient d’analyser et de rĂ©futer les arguments des personnes hostiles Ă  cette loi.

1 – L’argument Ă©conomique.

C’est le plus sordide et le moins intĂ©ressant. Il s’agit de protĂ©ger Ă  tout prix les affaires fructueuses que font certaines entreprises, grosses et petites, avec la Turquie. Ainsi Christine Lagarde, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e au Commerce extĂ©rieur, dĂ©clarait-elle : « La Turquie est un enjeu Ă©conomique très important pour la France. C’est un gros marchĂ© pour nous » . ConcĂ©dons Ă  la ministre sa franchise, pour ne pas dire son cynisme. Combien de personnes ont-elles Ă©tĂ© sacrifiĂ©es au cours de l’Histoire sur l’autel de l’Ă©conomie ? Qui se souciait du gazage des Kurdes lorsque la France vendait des mirages Ă  Saddam Hussein ?
Mais les craintes de Mme Lagarde ne sont mĂŞme pas fondĂ©es. Après la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien par la France en 2001, les exportations françaises en Turquie on fait un bond de 32 % durant l’annĂ©e qui a suivi .

2 – Il ne faut pas « ajouter de nouvelles conditions » Ă  l’entrĂ©e de la Turquie dans l’Europe a dĂ©clarĂ© Mr Barroso .

Ah cette Europe qui veut absolument imposer une Turquie aux EuropĂ©ens n’en veulent pas : 58 % sont contre 39 % pour !
Or cette « nouvelle condition » aurait dĂ» toujours figurer. Imagine-t-on l’Allemagne d’aujourd’hui niant les horreurs de 1941-45 et menaçant de prison toute personne qui nierait cette nĂ©gation ? Pourrait-elle faire partie de la CommunautĂ© EuropĂ©enne ? Bien sur que non ! Alors pourquoi deux poids, deus mesures ? Parce que cette Europe qu’on veut nous imposer est essentiellement Ă©conomique et n’a aucune dimension sociale, culturelle et surtout Ă©thique. De ce point de vue Mr Barroso rejoint notre ministre du Commerce extĂ©rieur.
Ce que nos Ă©lites europĂ©ennes ne comprennent pas c’est que tout est liĂ© : le nĂ©gationnisme, le refus d’Ankara d’abroger l’article 301 du code pĂ©nal sanctionnant les « offenses Ă  l’identitĂ© turque », son refus d’ouvrir ses ports et aĂ©roports aux navires et avions chypriotes, laquelle a finalement provoquĂ© la suspension partielle des nĂ©gociations entre Ankara et Bruxelles.
Cela ne servait Ă  rien, finalement, de dispenser la Turquie d’une reconnaissance de ses crimes passĂ©s. Tous ces problèmes sont liĂ©s, en tant qu’ils sont rĂ©vĂ©lateurs d’une mentalitĂ© que n’arrivent pas Ă  comprendre les eurocrates de Bruxelles, parce qu’ils sont europĂ©ens justement, et que les Turcs ne le sont pas. Le jour oĂą Ankara acceptera d’ouvrir ses portes Ă  Chypre, d’abroger l’article 301, etc., il y a fort Ă  parier que la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien ne posera plus de problème.
Sans oublier tous les autres reproches de Bruxelles Ă  Ankara : tortures et mauvais traitements encore signalĂ©s envers des dĂ©tenus, droits syndicaux et droits des minoritĂ©s encore largement insuffisants ; absence de rĂ©pression contre les crimes d’honneur et les suicides sous la pression de la famille ; faible indĂ©pendance du système judiciaire ; lutte insuffisante contre la corruption. Lorsque la Turquie aura satisfait Ă  toutes ces exigences elle n’aura pas de difficultĂ© Ă  reconnaĂ®tre le gĂ©nocide armĂ©nien.
Une triste anecdote rĂ©sume bien Ă  elle seule la mentalitĂ© turque actuelle et sa position aux antipodes de celle des EuropĂ©ens. Le 1er Novembre 2006, la doyenne des archĂ©ologues turcs, âgĂ©e de 92 ans a Ă©tĂ© jugĂ©e pour avoir Ă©crit, dans un article scientifique, que des femmes sumĂ©riennes portaient dĂ©jĂ  le voile vers 4000 av. J.-C. Elle Ă©tait passible de trois ans de prison en vertu des articles 125 et 216 du code pĂ©nal qui punit l’ « insulte et les provocations Ă  la haine raciale ou religieuse ». Elle a finalement Ă©tĂ© acquittĂ©e mais le seul fait qu’un tel procès ait eu lieu en dit long sur le gouffre qui sĂ©pare la Turquie de l’Europe. Imagine-t-on un tel procès en Europe ?


3 – L’argument Ă©lectoraliste

Si l’AssemblĂ©e a votĂ© cette loi c’est pour des raisons Ă©lectoralistes, les ArmĂ©niens reprĂ©sentant un nombre non nĂ©gligeable d’Ă©lecteurs. Telle est Ă  nouveau la position de notre ministre du Commerce : « pour cause Ă©lectoraliste circonstancielle » . Et je suppose que ceux qui disent cela pensent que la loi Gayssot a Ă©tĂ© votĂ©e pour les mĂŞmes raisons, les israĂ©lites Ă©tant encore plus nombreux dans l’Hexagone que les ArmĂ©niens. Et un membre de l’Institut, de prĂ©ciser : « Pourquoi cette dĂ©marche particulière au sujet de l’ArmĂ©nie ? Et le gĂ©nocide ukrainien de Staline ? Et le gĂ©nocide cambodgien de Polpot » . « Pourquoi ne pas sanctionner aussi la nĂ©gation des gĂ©nocides cambodgien ou rwandais ? » Pour ces auteurs il s’agit d’arguments contre la reconnaissance du gĂ©nocide armĂ©nien. En rĂ©alitĂ©, que l’on doive ce vote Ă  des arrière-pensĂ©es Ă©lectorales ne fait aucun doute. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’approuver. Il y a bien eu gĂ©nocide, et il y a bien nĂ©gationnisme d’État. Ces auteurs devraient au contraire protester contre la non-reconnaissance des autres gĂ©nocides (y compris le plus grand d’entre eux, celui des AmĂ©rindiens, de l’Argentine jusqu’au Canada). C’est un peu comme si on n’avait attrapĂ©, après un hold-up, que 2 des 10 assaillants, et qu’il faille les relâcher, au prĂ©texte que les 8 autres sont toujours en cavale !
Ce qui est sĂ»r c’est qu’une loi condamnant la nĂ©gation de tous les gĂ©nocides plutĂ´t qu’autant de lois que de gĂ©nocides aurait Ă©tĂ© plus simple.

4 – Ce vote « ne ferait qu’opposer une vĂ©ritĂ© officielle Ă  une autre ».

C’est Ă  nouveau l’Europe qui parle par la bouche d’Olli Rehn commissaire Ă  l’Ă©largissement. Quel argument ! Ce qu’Hittler disait Ă  propos des juifs Ă©tait aussi une vĂ©ritĂ© officielle. Et la contestation de la Shoah par le PrĂ©sident Iranien est aussi une vĂ©ritĂ© officielle . Cet argument n’est pas sĂ©rieux.

5 – Cette loi empĂŞcherait le dialogue entre Turcs et ArmĂ©niens.

C’est le mĂŞme Olli Rehn qui parle : « Dans le cas oĂą cette loi entrerait en vigueur, elle empĂŞcherait le dialogue et le dĂ©bat nĂ©cessaire pour la rĂ©conciliation sur le sujet ». Cet argument non plus n’est pas sĂ©rieux. Je ne vois pas de quel dĂ©bat M Rehn parle. Le gĂ©nocide armĂ©nien Ă©tĂ© prouvĂ© et reprouvĂ©, et c’est d’ailleurs pour cela que la proposition du Premier ministre turc de crĂ©er une commission d’historiens est inacceptable. Et cela fera bientĂ´t un siècle que les ArmĂ©niens attendent.

6 – Cette loi est une boĂ®te de Pandore.

On condamnera bientĂ´t ceux qui nient la croisade des Albigeois, les excès d’Isabelle la Catholique, la persĂ©cution des Huguenots sous Louis XIV etc. Bref il n’y aura bientĂ´t plus moyen de parler d’histoire.
Cet argument non plus n’est pas sĂ©rieux. Il s’agit de gĂ©nocide, et uniquement de gĂ©nocide. Une fois de plus une seule loi condamnant globalement la nĂ©gation de tous les gĂ©nocides aurait Ă©tĂ© plus simple.

7 – C’est une affaire entre Turcs et ArmĂ©niens.

Telle est, par exemple, la position de Michel Wievorka qui « parle de reconnaĂ®tre les torts historiques d’une autre nation, d’un autre Etat ».
Alors pourquoi a-t-on crĂ©Ă© un tribunal pĂ©nal international pour la Yougoslavie ? C’est une affaire entre Serbes, Croates et Bosniaques. Et pourquoi un autre sur le Rwanda ? C’est une affaire entre Rwandais. Et pourquoi a-t-on crĂ©Ă© le TPI ? Certes, le TPI ne juge que les crimes contre l’humanitĂ© perpĂ©trĂ©s Ă  partir de juillet 2002. Il n’en reste pas moins que l’idĂ©e que, Ă  partir d’un certain degrĂ©, les crimes ne relèvent plus de la compĂ©tence des tribunaux nationaux s’est imposĂ©e.
Et n’oublions pas que le crime en question n’est pas le gĂ©nocide, mais sa nĂ©gation, nĂ©gation qui continue aujourd’hui, presque 100 ans après les faits.
L‘ancien ministre britannique des Affaires EuropĂ©ennes, Denis Macshane Ă©crit , Ă  propos du voyage de J. Chirac Ă  ÉrĂ©van, et de la prise de position de ce dernier en faveur d’une reconnaissance du gĂ©nocide par la Turquie : « C’est un peu comme si Tony Blair se rendait Ă  Madagascar et en AlgĂ©rie et recommandait Ă  la France de prĂ©senter ses excuses officielles aux peuples malgache et algĂ©rien pour les massacres et meurtres commis par les soldats français au lendemain de la seconde guerre mondiale ». Non M. Macshane, il faut comparer ce qui est comparable. Certes, je suis de ceux qui pensent que la France a fait un travail de mĂ©moire insuffisant. Mais citoyen français, j’ai le droit de dire et d’Ă©crire que l’armĂ©e a tirĂ© sur la foule Ă  SĂ©tif le 8 mai 1945 sans risquer la prison. Il n’y a pas d’article 301 en France et, s’il y en avait un, eh bien oui je souhaiterais que Tony Blair fasse une telle dĂ©claration.

8 – Maintenir la loi Gayssot uniquement.

Dans un Ă©ditorial anonyme (et non une libre opinion), reflĂ©tant donc la position officielle du journal Le Monde du 12 octobre 2006 reprend certain nombre des arguments qui prĂ©cèdent et y ajoute un paragraphe particulièrement scandaleux. « Le nĂ©gationnisme visant le gĂ©nocide des juifs pendant la 2ème Guerre Mondiale est une variante de l’antisĂ©mitisme qui, comme toutes les formes de racisme, fait l’objet de sanctions dans le droit Français. La question du gĂ©nocide armĂ©nien est d’une autre nature, qui ne relève pas du code pĂ©nal ».
On ne comprend pas très bien. La nĂ©gation du gĂ©nocide des juifs est une variante d’antisĂ©mitisme, soit ! Et comme toutes les formes de racisme fait l’objet de sanctions dans le droit français ». Soit ! Mais que veut dire l’Ă©ditorialiste lorsqu’il Ă©crit que la question du gĂ©nocide armĂ©nien est d’ « une autre nature ». Nier l’Ă©vidence est du racisme dans un cas « et ne relève pas du code pĂ©nal dans l’autre ». On croit rĂŞver.
Si j’ai bien compris la nĂ©gation de la Shoah serait le prolongement de l’antisĂ©mitisme, tandis que ceux qui nient le gĂ©nocide armĂ©nien seraient d’honnĂŞtes citoyens qui expriment une opinion. Le Monde rejoint ainsi Olli Rehn : une opinion contre une autre. Peu en chaud au Monde que le gĂ©nocide armĂ©nien ait Ă©tĂ© prouvĂ© et reprouvĂ©.
En rĂ©alitĂ© Le Monde ne veut pas de cette nouvelle loi mais veut sauver la loi Gayssot, ce qui oblige l’Ă©ditorialiste Ă  des contorsions intellectuelles : il lui faut faire un distingo, pour qu’un nĂ©gationnisme relève du droit pĂ©nal et pas l’autre. C’est deux poids deux mesures et, en dehors d’un parti pris, on n’en voit pas très bien les raisons.
J’ai toujours Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© de cette distinction Ă©tablie entre une certaine forme de racisme et d’autres. Ainsi une association s’intitule–t-elle « Mouvement contre le racisme, l’antisĂ©mitisme et pour la paix ». « Mouvement contre le racisme et pour la paix » n’aurait-il pas suffit ? (idem pour la LICRA etc.). Il y aurait donc le racisme d’un cĂ´tĂ©, l’antisĂ©mitisme de l’autre. C’est inacceptable. MĂŞme Bernard-Henry LĂ©vy, qui pourtant prend Ă©nergiquement position pour la nouvelle loi, Ă©crit : « Il est vrai que ce n’est pas pareil. Il est vrai que, et le nombre de morts, et le degrĂ© d’irrationalitĂ© atteint par les assassins, et le type très particulier de rapport Ă  la technique qu’implique l’invention de la chambre Ă  gaz (…) confère Ă  la Shoah une irrĂ©ductible singularitĂ© ». Mais tous les gĂ©nocides ont leur singularitĂ© : faire marcher les gens jusqu’Ă  ce qu’ils meurent d’Ă©puisement, telle Ă©tait la « singularitĂ© » turque. Utiliser la machette, telle Ă©tait la « singularitĂ© » hutu. Ou alors qu’on me dise en quoi consiste un gĂ©nocide « ordinaire ». Le nombre de morts ? D’accord, mais Ă  partir de combien de morts on n’a plus le droit de nier ? Et, singularitĂ© ou pas, (et lĂ  je rejoins l’auteur) un gĂ©nocide n’a pas Ă  ĂŞtre niĂ©.
Michel Wieviorka dĂ©veloppe la mĂŞme argumentation, mais de façon un peu plus explicite. « Il n’y a pas de continuitĂ© entre la blessure historique et une haine dont pâtiraient les ArmĂ©niens de la part de leurs concitoyens dans la France contemporaine ». Dans la France contemporaine non, mais en Turquie oui. Faut-il rappeler l’article 301, les poursuites judiciaires et les menaces contre Orhan Pamuk et Hrant Dink, l’assassinat de Dink, les entraves Ă  la formation de religieux, l’obligation pour les Ă©tablissements confessionnels d’avoir un directeur adjoint turc (qui est en fait le vĂ©ritable directeur), la confiscation des propriĂ©tĂ©s des ordres religieux entre 1974 et 2002 etc.
Et voilà que les choses se prolongent en France. En avril 2006 le mémorial dédié aux victimes du génocide arménien était taggé. Le 17 juin une exposition de photos à Valentigney (Doubs) consacrée au génocide arménien était décrochée, sous la pression de la communauté turque .
De toute façon on ne voit pas en quoi l’absence de persĂ©cutions aujourd’hui autorise la nĂ©gation d’une vĂ©ritĂ© historique.
Plusieurs personnes, dont moi, ont protestĂ© auprès du mĂ©diateur, mais il n’y a pas eu la moindre rĂ©ponse. Le mĂ©diateur « mĂ©diatise » que ce qu’il a envie de mĂ©diatiser : les problèmes de coquilles, d’orthographe, de sĂ©mantique, d’anglicismes oĂą la place que Johnny Hallyday doit tenir dans le journal. Mais surtout pas des prises de position très graves comme celle-lĂ .

9 – Le manifeste des historiens.

Reste le dernier argument, celui des historiens, celui du dĂ©sormais cĂ©lèbre manifeste « LibertĂ© pour l’Histoire » de dĂ©cembre 2005. Il se rĂ©sume en 11 mots : « Ce n’est pas Ă  la loi d’Ă©crire l’Histoire ». Il faut reconnaĂ®tre qu’il est cohĂ©rent. Il rejette toutes les lois mĂ©morielles, non seulement les deux dont il a Ă©tĂ© question , mais aussi la loi dite « Taubira » du 21 mai 2001, faisant de l’esclavage un crime contre l’humanitĂ©, et la stupide loi (du 23 fĂ©vrier 2005) consacrant le rĂ´le positif de la colonisation, abrogĂ©e depuis.
Ainsi Jack Lang prĂ©sente notre loi comme liberticide. Mais il oublie qu’en dĂ©mocratie la libertĂ© a des limites et qu’on n’a pas le droit de dire n’importe quoi. La loi rĂ©prime les injures, la diffamation, l’incitation Ă  la haine etc.
« Il n’appartient pas au parlement d’Ă©crire l’histoire » ont dĂ©clarĂ© nombre d’historiens relayĂ©s par les politiques comme le prĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂŞme . Mais « l’Histoire est dĂ©jĂ  Ă©crite (…). L’Histoire a Ă©tĂ© dite. Elle a Ă©tĂ© redite et archidite. Ce dont il est question c’est d’empĂŞcher sa nĂ©gation ».
Autrement dit, il s’agit de protĂ©ger le travail des historiens et non pas l’empĂŞcher. Le parlement n’Ă©crit pas l’histoire. La loi ne fait qu’en tirer les consĂ©quences. L’existence du gĂ©nocide armĂ©nien a Ă©tĂ© largement prouvĂ©e par les historiens eux-mĂŞmes. Il existe des milliers de livres et d’articles sur la question.
Risquons une comparaison. Un meurtre a eu lieu. La police enquĂŞte : mobiles, alibis, empreintes digitales etc. Le meurtrier est arrĂŞtĂ©. Peut-ĂŞtre n’avoue-t-il pas, mais il y a suffisamment de preuves pour le confondre. Mais ce n’est pas Ă  la police de dĂ©cider s’il doit en prendre pour 5 ans ou pour 30 ans, s’il mĂ©rite les circonstances attĂ©nuantes ou pas etc. ? Non ! C’est Ă  la justice. Les historiens ont transmis leur dossier au parlement : Ă  ce dernier, non de le rĂ©Ă©crire, mais d’en tirer des consĂ©quences.
JĂ©rĂ´me Hemptine Ă©crit : « La sanction lĂ©gale risque de ruiner la recherche (…). Peut-on parler de nĂ©gation coupable lorsqu’un chercheur, après avoir portĂ© un regard critique sur un gĂ©nocide (…) en vient Ă  remettre en question son existence ? ». Mais est-il vraisemblable que, les faits Ă©tant bien Ă©tablis, une dĂ©couverte vienne Ă  les remettre en question ? La loi Gayssot n’a jamais empĂŞchĂ© la poursuite des recherches sur la Shoah. Et elles sont nombreuses. L’idĂ©e mĂŞme qu’une dĂ©couverte viendrait Ă  remettre en question l’essentiel des faits est invraisemblable. Et si c’Ă©tait le cas, il est peu probable que l’historien, s’il avait des preuves solides, serait poursuivi. S’il avait des preuves solides, il faudrait envisager une remise Ă  plat. Une loi n’est pas Ă©ternelle : elle s’abroge, elle s’amende.
Ă€ la mi-janvier 2007, Ă  propos de la nĂ©gation de l’Holocauste, Mr Bruno Gollnish, membre du FN, dĂ©clarait : « Je me range du cĂ´tĂ© des historiens comme Pierre Vidal-Naquet et Madeleine RĂ©bĂ©rioux, qui contestent au lĂ©gislateur le soin d’Ă©crire l’histoire ». Et voilĂ  nos historiens qui apportent de l’eau au moulin de l’extrĂŞme droite. Beau travail !


Source : Patrick Kaplanian – Guide ArmĂ©nie (Editions de l’Adret) – Les guides
Peuples du Monde – Distribution Casteilla – A paraĂ®tre courant mars
2007.

Patrick Kaplanian
Les Éditions de l’Adret
PEUPLES DU MONDE



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