Aujourd'hui : Mardi, 17 octobre 2017
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Site officiel du Centenaire du génocide arménien de 1915
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
SDN : 1700 témoignages du génocide arménien sur armenocide.net
Publié le : 27-05-2014

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - C’est une plongée dans le réel. C’est un passé qui devient soudain présent, grâce au travail de quelques chercheurs qui ont déjà mis en ligne 500 des 1700 fiches individuelles remplies, dans les années 20, par les « Amis danois des Arméniens ». Entre 1922 et 1930, ceux-ci ont, pour le compte de la Société des Nations (SDN), hébergé, soigné, formé au sein de leur Maison d’Alep, des femmes et des enfants arméniens, rescapés du génocide perpétré par le gouvernement Jeune-Turc en 1915 et ayant fui les foyers musulmans où ils servaient souvent d’esclaves. Les archives de la Société des Nations à Genève détiennent une série de dossiers en anglais composés chacun de 100 fiches manuscrites (souvent avec photo) concernant l’admission, l’histoire personnelle, le séjour et les conditions de départ des survivants.

Pour la première fois, ces précieux documents nominatifs, qui répertorient aussi l’expérience génocidaire de chaque rescapé, sont mis à la disposition des chercheurs et du public. Chacun peut ainsi aller à la rencontre de ces femmes et de ces enfants, et découvrir ces fragments de vie, conservés par les humanitaires danois, témoins de premier plan. Le Collectif VAN vous propose la traduction du communiqué de presse du site Armenocide qui a annoncé en avril 2014 la publication de « The League of Nations in Aleppo Armenian Women and Children Survivors 1921-1927 ».


Légende : Orpheline prise en charge par les humanitaires danois à l’école des filles Sahagian d’Alep. Copyrignt Armenocide.net

Armenocide

Communiqué de presse :

Les dossiers d'Alep : histoires du génocide arménien sur www.armenocide.net



Avril 2014

Les archives de la Société des Nations à Genève contiennent une série de dossiers, composés chacun de 100 formulaires manuscrits en anglais, relatifs à l’admission, au sein de la maison d'accueil de la Société des Nations/Amis danois des Arméniens d'Alep en Syrie, des survivants du génocide arménien libérés des foyers musulmans entre 1922 et 1930.

Les formulaires, au nombre de 1 700 environ, recueillis par la déléguée danoise de la Société des Nations, Karen Jeppe, et son équipe, documentent dans cet ensemble très important, chaque aspect du processus d'annihilation et d'assimilation mis en place par les Jeunes-Turcs à partir de 1915. Aujourd’hui, pour la première fois, 99 ans après le commencement du génocide arménien, la liste complète des témoignages de survivants est progressivement rendue accessible en ligne sur Arménocide, avec la publication, en avril 2014, des 500 premiers. Ils constituent une ressource complète pour les spécialistes des génocides, les historiens du Moyen-Orient et de la Première Guerre mondiale, les généalogistes, ainsi que, plus généralement, pour toutes les personnes intéressées par le sujet. Ces témoignages, compilés, annotés, indexés et présentés par Taner Akçam, Dicle Akar Bilgin et Matthias Bjørnlund, s'ajoutent à la liste déjà longue de documents allemands, ottomans, britanniques et danois sur l'arménocide.

L’Equipe éditoriale d'Arménocide:

Wolfgang & Sigrid Gust, Taner Akcam, Vagharshak Lalayan, and Matthias Bjørnlund.
Contact info: info@armenocide.com


La Société des Nations à Alep. Les femmes et enfants arméniens survivants 1921-1927

Les formulaires d'une page contiennent le nom entier du survivant et de ses parents, ainsi que le lieu de naissance et l'âge, lorsque ces informations sont connues du survivant, ce qui n'est pas toujours le cas. Ils relatent aussi brièvement la vie des survivants, qui venaient de tout l'Empire ottoman et d'horizons très divers, pendant et après le génocide, et comportent une photographie d’identité. Grâce aux efforts de Karen Jeppe, déléguée de la Société des Nations pour les femmes et les enfants du Proche-Orient, et de son équipe en Syrie, ces survivants ont été libérés des foyers où ils vivaient souvent comme esclaves ou domestiques. A l'aide d'un réseau d'agents, de prêtres, d'hommes d'affaires, etc., en Anatolie/Asie Mineure (principalement avant que la République Turque ne soit établie en 1923), mais surtout en Syrie et en Mésopotamie (Irak), l'organisation de Jeppe, comme beaucoup d'organisations arméniennes et occidentales similaires, a été en mesure de faciliter la libération d'un nombre substantiel d'Arméniens pendant la période s'étalant de début 1921 jusqu'à la fin de l'opération officielle de la Société des Nations en 1927.

Cela peut sembler paradoxal, mais alors que les témoignages sont tous uniques (chacun d'eux décrit le destin d'un individu ou d'une famille) et atypiques (la “norme” pendant le génocide était de mourir, pas de survivre ni de s'échapper), beaucoup sont également caractéristiques en ce sens qu’il y a un schéma indiquant la façon dont le génocide était généralement exécuté ainsi que les éventuelles stratégies de survie, dans ce cas principalement pour les femmes et les enfants: l'assassinat des hommes, les déportations, les massacres en chemin, le fait de fuir, de se cacher, l'assimilation forcée, etc., des drames immenses condensés en quelques phrases. Un cas d'espèce est le témoignage de Farfure de Khunoos (Khnus/Hinis dans la région d'Erzeroum en direction de Mouch), fille de Manoug Amoerchadjian, dossier d'Alep n°246, âgée de 28 ans en 1923 lorsqu'elle a été admise dans le foyer d'accueil (il convient de noter que bien que tous ces témoignages aient été rédigés en anglais, ils étaient recueillis sur place par les membres de l'équipe, Danois ou autres, dont l'anglais n'était pas la langue maternelle, ce qui explique les structures de phrases parfois maladroites) :

“Au début de la guerre, son mari a été tué. Elle a été déportée avec sa belle-mère à deux heures de la ville. La caravane de déportation a été attaquée par les Kurdes (Kourds dans le texte d'origine en anglais au lieu de Kurds). La plupart de ses compagnons d'infortune ont été tués ou blessés. Farfure a pu fuir avec une autre dame arménienne. Elles se sont rendues ensemble dans l'un des villages environnants mais elles ont été attrapées par des fonctionnaires du gouvernement turc et ont été exilées là-bas de nouveau. Sur la route, elle a de nouveau fui, cette fois, elle n'a pas été dans un village, mais elle s'est construit elle-même un abri sous la terre où elle a vécu quelques mois. De nouveau, le gouvernement turc l'a repérée, et cette fois, elle a été envoyée à Haïni. Un Kurde de là-bas l'a épousée et Farfure a vécu sept ans avec lui. Quand les Grecs et les Arméniens ont eu la permission de quitter la Turquie, elle a quitté le Kurde, a rejoint un groupe de réfugiés grecs et est venue à Alep. Son cousin est en Amérique. Domestique à la ville. Plus tard, elle s'est mariée avec un Arménien ici dans la ville. A quitté notre protection : 29 juin 1923. Famille par alliance.”

Et ce n'est que l'un de ces quelque 1 700 témoignages de survivants, faisant tous partie d'une documentation de plus en plus détaillée sur le génocide arménien et sur les sujets qui y sont liés (comme la persécution et la destruction d'autres minorités ottomanes), tous constituant des rappels importants de la souffrance et de la résilience des victimes et des survivants.

©Traduction de l’anglais Collectif VAN – 27 mai 2014 – www.collectifvan.org

http://www.armenocide.net/armenocide/orphan-children.nsf!OpenDatabase :
cliquer sur « protocols » pour accéder à la liste des rescapés.




Retour à la rubrique


Source/Lien : Armenocide



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org