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Langues interdites: rencontre avec les membres du groupe turc Kardes Türküler
Publié le :

« Nous nous sommes rencontrés, il y a douze ou treize ans, à l’université où nous faisions des études d’économie tout en animant un groupe folklorique. Nous chantons en turc mais aussi en kurde, en arabe, en arménien, en géorgien, en tzigane, en grec, en suriani, en laze... C’est une démarche identitaire et un choix politique. Dans nos chansons, nous essayons de revenir aux traditions d’origine, ce qui ne nous empêche pas d’y associer des guitares et des harmonies occidentales. Il y est question de l’environnement ou de la migration des Kurdes. L’une d’elles parle de Güldünya, une jeune femme assassinée, en 2004, au nom des lois tribales parce que l’Etat n’a pas voulu entendre son appel à l’aide. Chez nous, les musiques traditionnelles ne sont pas enseignées dans les conservatoires, mais elles sont bien vivantes et nous pouvons encore aller chercher notre inspiration à la source. Hélas, l’énorme collectage réalisé par la radio nationale de 1925 à 1950 ne nous est pas d’un grand secours car, comme l’a noté Bartók, il ne fut pas des plus rigoureux : textes réécrits en turc ou modifiés, différences régionales atténuées, instruments « nationaux » (baglama, kaval) privilégiés aux dépends des autres (balaban, duduk, kementche), dimension polyphonique gommée puis reconstituée artificiellement…

Bien que la loi interdisant de chanter dans les langues minoritaires ait été abolie en 1992, certaines villes ont refusé d’autoriser nos concerts et nos clips ont souvent été victimes de l’autocensure. Heureusement, les émissions dédiées aux communautés kurde ou géorgienne sont légales depuis 2002 sur chaînes nationales. Et les diverses langues peuvent désormais faire l’objet d’un enseignement mais seulement dans des cours privés, c’est-à-dire payants, lesquels sont malheureusement souvent soumis à un harcèlement administratif qui les empêche de fonctionner. Le comble, c’est qu’à l’université, on peut apprendre le japonais ou le chinois, mais ni le kurde, ni le géorgien, ni l’arménien.
Hélas, l’assassinat, le 19 janvier dernier, du journaliste arménien Hrant Dink, nous fait à nouveau sombrer dans le pessimisme. Ce qui est étrange, c’est que le pouvoir islamiste – très lié au capitalisme turc – essaie d’être la locomotive du processus d’intégration à l’Europe, et qu’il se trouve à cause de cela en contradiction avec l’ultranationalisme de ses propres électeurs. »

Telerama.fr - 20 Février 2007



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Source/Lien : Télérama.fr



   
 
   
 
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