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USA/Génocide arménien : le chantage turc
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un éditorial en anglais paru dans The Washington Times du 22 février 2007. L'auteur, Soner Cagaptay, est connu pour être proche du Gouvernement turc. L’analyse qu’il soumet ici doit être considérée comme la position semi-officielle du gouvernement Erdogan. Une fois de plus, la Turquie fourbit ses armes habituelles à base de chantage économique et stratégique, pour faire obstacle à la reconnaissance du génocide arménien dans le monde.
Paradoxe grinçant : c’est grâce aux subsides de l’Union européenne et aux aides américaines que la Turquie parvient à mettre en place à l’échelle mondiale, un système de négationnisme s’appuyant (entre autres) sur le réseau d’universitaires des chaires de Turcologie. Celle de Princeton aux USA où enseigne le signataire de cet article, est connue pour cela…

La sottise du génocide arménien*


L’éditorial d’aujourd’hui
de Soner Cagaptay
22 février 2007

Les relations U.S.A-Turquie, déjà mises à mal depuis la guerre en Irak, devront faire face à un nouveau défi au printemps: la résolution sur le "génocide arménien". Cette résolution, introduite le 30 janvier devant la Chambre des Représentants, sera bientôt d’actualité.

Si elle est adoptée par la Chambre, la résolution pourrait faire cesser les relations bilatérales entre Washington et Ankara. La résolution serait également la première bévue en matière de politique étrangère, pour la majorité Démocrate du nouveau Congrès. À cette époque critique, qui voit la spirale d’instabilité en Irak et la résurgence des Talibans en Afghanistan, les États-Unis ne peuvent se permettre de perdre la Turquie, un partenaire essentiel, bien que sous-estimé, pour les opérations américaines tant en Irak qu’en Afghanistan.

Un nombre écrasant de Turcs dit que les déportations des Arméniens, de l’Anatolie vers la Syrie, en 1915 à l’époque de l’Empire ottoman, ne constituent pas un génocide, et pourtant la résolution de la Chambre déclare que 1915 est un génocide. En adoptant cette résolution, le Congrès jugerait l’histoire turque, ce que les Turcs verraient comme une insulte suprême. C’est une mauvaise nouvelle au moment où le taux d’appréciation de l’Amérique dans les sondages d’opinion publique en Turquie a atteint son chiffre le plus bas, soit 7 pourcent.

La résolution de la Chambre déclenchera un épanchement public massif de ressentiment turc à l’encontre des États-Unis. Ce contrecoup endommagera inévitablement la coopération militaire U.S.A-Turquie.

En novembre 2006, le Parlement français a fait passer une résolution déclarant 1915 comme génocide. La réponse turque a été implacable et dure, surtout dans le domaine militaire. La Turquie a suspendu les échanges militaires bilatéraux et a gelé toute visite militaire réciproque et tout exercice militaire conjoint avec la France. Paris a été exclue des appels d’offres pour les contrats de défense turque, et, de leur propre initiative, les généraux turcs que la France avait honorés ont rendu leurs décorations. La réponse turque sera probablement similaire si la résolution arménienne est adoptée, ce qui aura un effet dévastateur sur les projets américains, et notamment en Irak.

Pour commencer, la base aérienne Incirlik dans le sud de la Turquie, un atout précieux pour les opérations militaires au Proche Orient, sera sous pression. Les trois-quarts des transits de cargo pour l’Irak passent par Incirlik, et la Turquie fournit les autorisations de vol pour les vols militaires soutenant l’opération Liberté de l’Irak et l’opération Liberté Immuable en Afghanistan. Par exemple, les tankers KC-135 qui opèrent à partir de Incirlik ont effectué 3400 sorties et ont livré 35 millions de gallons de fuel aux avions de guerre américains et aux avions de transport en mission en Irak et en Afghanistan.

Grâce à sa proximité avec l’Irak, Incirlik aide au défraiement du coût des opérations américaines. Six cargos C-17 américains basés à Incirlik font le travail de neuf ou dix avions militaires basés en Allemagne, ce qui permet aux Américains d’économiser $160 millions par an.
En septembre 2000, lorsqu’une autre résolution arménienne avait été soumise au Congrès, plus de 10 000 Turcs avaient manifestés devant la base d’Incirlik, fermant ainsi la base pour trois jours. Les opérations militaires américaines en Irak et en Afghanistan ne peuvent se permettre de subir des manifestations répétées qui immobilisent la base.

En plus d’Incirlik, le poste-frontière de Habur entre la Turquie et l’Irak est un autre point critique d’aide. La Turquie est la seule économie développée proche de l’Irak, et le fait de fournir des biens et des services de la Turquie vers l’Irak via Habur est d’une importance cruciale. Bien que l’Irak soit riche en réserves pétrolières, du fait de son infrastructure paralysée l’Irak doit importer du gaz de Turquie. La moitié du fuel utilisé par les consommateurs iraquiens entre en Irak via Habur. La Turquie fournit également 19 pourcent de l’alimentation et de l’eau en Irak, et elle fournira bientôt 25 pourcent de son électricité. Habur est également vital pour l’armée américaine, car un quart du fuel utilisé par les troupes de la coalition entre en Irak à partir de la Turquie, via Habur.

L’adoption de la résolution arménienne endommagera également le monde des affaires et les consommateurs. Ankara est engagée dans divers projets importants de coopération en matière de défense, avec les États-Unis, y compris pour le Joint Strike Fighter, dans lequel la Turquie a investi $175 millions ; elle doit acquérir 100 jets et améliorer techniquement plus de 200 F-16 turcs pour un coût de $1.6 billion. La résolution arménienne mettra en danger ces projets de coopération, et assassinera un nombre d’achats turcs en cours aux États-Unis pour la défense de la Turquie, y compris le système de défense Patriot PAC III Air Defense d’une valeur de $1.3 billion, 52 hélicoptères Sikorsky Black Hawks d’une valeur de $800 millions, 10 Boeing charge lourde, des hélicoptères Sikorsky valant $500 millions et entre 30 et 50 Boeing Apache ou des hélicoptères Bell Cobra valant entre $1.5 et $2 billions.

Faire passer la résolution arméniennes déclenchera une crise bilatérale majeure qui se fera au détriment des intérêts américains. Les États-Unis ont besoin de la Turquie en Afghanistan. Que les États-Unis choisissent au final d’opter pour un envoi massif de troupes ou un retrait progressif, les États-Unis ne peuvent pas réussir en Irak sans l’atout de la Turquie. Tant l’administration Bush que le Congrès à majorité Démocrate ont intérêt à prévenir un crash arménien en Irak. Dans le Washington hyper partisan d’aujourd’hui, ce spectacle devrait être l’occasion rafraîchissante pour un accord bipartisan.

Soner Cagaptay est membre de l’Insitut de Washington pour la Politique du Proche Orient et professeur Ertegun à l’université de Princeton.
http://www.washtimes.com/op-ed/20070221-091026-8847r.htm

Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007

* Le titre original : « Armenian genocide folly » peut se traduire également par : « La folie du génocide arménien »

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Biographie :

Soner Cagaptay
Director, Turkish Research Program
Tel: 202-452-0650 · Fax: 202-223-5364

Soner Cagaptay is a senior fellow and director of The Washington Institute's Turkish Research Program. He has written extensively on U.S.-Turkish relations, Turkish domestic politics, and Turkish nationalism, publishing in scholarly journals such as Middle East Quarterly, Middle Eastern Studies, and Nations and Nationalism. Dr. Cagaptay frequently writes commentary in major international print media including the Los Angeles Times, Washington Post, Reuters, Guardian, Der Spiegel, and La Stampa. He also appears regularly on Fox News, CNN, NPR, Voice of America, al-Jazeera, BBC, CNN-Turk, and al-Hurra.
A historian by training, Dr. Cagaptay wrote his doctoral dissertation at Yale University (2003) on Turkish nationalism. Dr. Cagaptay has taught courses at Yale and Princeton on the Middle East, Mediterranean, and Eastern Europe. His spring 2003 course on modern Turkish history was the first offered by Yale in three decades. In spring 2007, he will assume the post of Ertegun Professor at Princeton UniversityÂ’s Department of Near Eastern Studies.

Dr. Cagaptay is the recipient of numerous honors, grants, and chairs, among them the Smith-Richardson, Mellon, Rice, and Leylan fellowships, as well as the Ertegun chair at Princeton. He also serves as chair of the Turkey Advanced Area Studies Program at the State Department's Foreign Service Institute.

Expertise: Turkey, U.S.-Turkish relations, northern Iraq/Iraqi Kurds, Turkey and Islam, Turkey-EU relations, Cyprus, Turkey-NATO relations, modern Turkish history, the late Ottoman Empire, and the Balkans

Current Research: The historical roots of Turkish secularism, the military as a safety valve for secular democracy, Turkey's recent experience with Islamist parties in government, and the political liberalization associated with Turkey's attempted EU accession.

Languages: German, French, Spanish, Bosnian, Ottoman Turkish, Hebrew, Azerbaijani



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Source/Lien : The Washington Times



   
 
   
 
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