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Génocide arménien : pourquoi Ankara a tant de difficultés à reconnaître sa culpabilité
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article en allemand paru dans le journal Rheinischer Merkur. L'auteur, Christoph K. Neumann, enseigne l’histoire à l’université de Bilgi à Istanbul. Ceci explique sans doute le malaise ressenti à la lecture de son analyse : bien que présentant de manière apparemment documentée, les évènements de 1915, elle est néanmoins parsemée de quelques contre-vérités typiques de la "thèse" turque, et renvoie dos à dos les "nationalismes" arménien et turc. Un article intéressant qui manie le chaud et le froid avec une étonnante dextérité. A lire avec précaution.


MASSACRES ARMÉNIENS/Encore aujourd’hui, la Turquie nie les massacres.


Un obstacle Ă  sa marche vers lÂ’Europe

Une blessure ouverte

Le génocide de 1915 a un long et tragique antécédent. Il montre pourquoi Ankara a tant de difficultés à reconnaître sa culpabilité.

CHRISTOPH K. NEUMANN

Pour commencer, quelques faits d’histoire incontestables : jusqu’à la Première guerre mondiale, un bon million d’Arméniens vivaient dans l’Empire ottoman : dans les années 20, lorsqu’on les a recomptés, à peine 100 000 Arméniens vivaient encore sur le (plus petit) territoire de la Turquie, la majorité vivant à Istanbul. Ce qu’il s’est passé entre temps, c’est une histoire d’une incroyable cruauté.
Pour comprendre le génocide des Arméniens, il faut retourner loin en arrière. « Être Arménien » avait une double signification jusqu’au19e siècle : appartenance à l’église grégorienne-arménienne monophysite et maîtrise de la langue arménienne. Dans l’Empire ottoman, les Arméniens ne jouissaient pas uniquement, ainsi que les autres communautés chrétiennes et juives, de la tolérance et du droit à exister. L’empire moderne traitait les églises grégoriennes sur son territoire comme une institution d’Etat. C’est ainsi qu’un Patriarcat fut établi à Istanbul, et le patriarche était nommé par le Sultan.

Les Arméniens vivaient en sécurité, même si en comparaison avec les musulmans sunnites ils subissaient quelques discriminations. Mais cette situation fut ébranlée en profondeur au 19e – et en même temps améliorée. En particulier dans la classe des Arméniens aisés, le catholicisme s’est répandu, et une église catholique-arménienne fut formée (plus tard suivie par une église plus petite arméno-protestante). Ces églises étaient sous l’influence considérable des puissances occidentales qui utilisaient leurs protégés chrétiens pour leurs luttes de pouvoir, économique comme militaire, dans les Etats ottomans multiethniques affaiblis. De façon hésitante, l’empire qui se réformait, introduisit l’égalité des droits entre musulmans et non musulmans. D’un autre côté, le régime essayait de soustraire ses sujets à l’influence des grandes puissances impériales.
Parallèlement, l’identité des non musulmans ottomans, définie par la confession, a commencé graduellement à se transformer en une identité ethnique et nationale. Ce nationalisme a agi comme de la dynamite. Depuis la dernière décennie du 19e siècle, les partis nationalistes-socialistes arméniens opéraient avant tout en Anatolie orientale, et ils voulaient, avec leur propagande, la formation à leurs idées et les attaques terroristes, provoquer une révolte arménienne, et ensuite une intervention des puissances occidentales au profit des Arméniens – une recette qui avait eu du succès peu de temps avant, en Bulgarie. Ces partis opéraient à partir du territoire russe. L’administration tsariste les tolérait, car en 1878, elle avait conquis les provinces de Kars et de Batoum, en Anatolie de l’Est, et elle voulait étendre son influence.

Les Arméniens vivaient librement dans le Caucase russe et dans l’Anatolie ottomane de l’Est, mais pas uniquement là. Il y avait aussi une population arménienne en Cilicie et en Anatolie centrale. De même, chaque grande ville ottomane avait une communauté arménienne. Toutefois, dans aucune des provinces de l’Empire ottoman les Arméniens ne formaient une population majoritaire.

Dans cette situation, chaque côté pensait toujours pouvoir frapper l’autre au profit d’une escalade, – et la majorité des Arméniens, qui n’était absolument pas active politiquement, fut sacrifiée.

AtatĂĽrk suit Darwin

De 1894 à 1896, et ensuite de nouveau en 1909, des atrocités et des pogroms furent commis envers les Arméniens, qui coûtèrent la vie à des milliers de personnes. En particulier, les massacres de Cilicie en 1909 furent abominables. L’année d’avant, les „Jeunes-Turcs“ avaient pris le pouvoir. „Le Parti Union et Progrès“ visaient un Etat constitutionnel et avaient pour but „l’unité des peuples“. Mais ce ne fut pas longtemps le cas. En effet, les dirigeants de ces Jeunes-Turcs développèrent en l’espace de quelques années un nationalisme imprégné de social-darwinisme qui s’était développé à l’époque, en Europe aussi, par le biais de mouvements séculaires. Les plans sont dressés et les premières mesures qui doivent mener à la turquisation, en particulier des régions centrales ottomanes (y compris l’Anatolie orientale) sont lancées. En même temps, la politique impériale perd de son influence, car l’Empire ottoman a perdu les guerres des Balkans en 1912 et 1913.

Mais, la Première guerre mondiale sera l’occasion qui va rendre possible l’extermination des Arméniens d’Anatolie. Après quelques hésitations, l’Empire ottoman se range aux côtés de l’Allemagne et de l’empire Habsbourgeois, et entre en guerre. La tentative du ministre de la Guerre, Enver, en janvier 1915, d’attaquer le Caucase, échoue en raison de l’hiver et aussi de l’unité arménienne soutenue par la résistance russe. C’est une catastrophe militaire et humaine. Le 24 avril 1915 le régime ottoman fait arrêter 235 éminents Arméniens d’Istanbul. Ils sont presque tous assassinés.

Au même moment, le Gouverneur ottoman de la ville de Van commence à liquider les Arméniens du district, tandis que les troupes russes approchent. Le 18 mai Van est prise par les Russes. Puis il y eut des massacres de musulmans. Quelques jours plus tard, le 27 mai, une „loi sur le déplacement des populations“ est votée, qui autorise la déportation de tous les Arméniens d’Anatolie, y compris de ceux qui vivaient à cent kilomètres du front. Une grande partie (mais pas tous) des Arméniens d’Istanbul ne sont pas touchés par ces mesures, ainsi que ceux vivants sur les territoire européens de l’Empire et à Smyrne.
Il n’y a pas de doute que l’ordre de déportation était un ordre d’extermination, et que pour le régime ottoman, en particulier, pour le très compétent ministre de l’Intérieur, Talat, cela devait aussi être très clair. C’est par centaines de milliers que ces personnes sont mortes au cours de ces marches forcées dans le désert syrien, et c’est ensuite là, et dans des camps établis, qu’elles furent les victimes d’exécution, de raids, de maladies, d’épidémies, de la faim et de viols. Des jeunes femmes et des enfants ont fréquemment survécu grâce à leur prise en charge par des familles musulmanes, ce qui a cependant également entraîné l'abandon de leur identité arménienne. Cela en a sauvé quelques milliers.
Les chiffres sont contestés. On ne peut affirmer combien d’Arméniens il y avait avant la guerre, et une liste complète des victimes n’a pas été dressée. Les données arméniennes parlent de 1,5 million de morts, d’autres estiment qu’il y a eu de 600 000 à 800 000 morts, quelques historiens turcs estiment un „petit“. nombre de victimes, de 200 000 à 300 000. Ce sont aussi ceux qui prétendent qu’il ne s’agissait pas de génocide, mais des résultats d’une guerre civile.

En conséquence, le sort que les Arméniens ont subi est de leur faute, et non celle de leurs assassins. En cela, on évite soigneusement de voir que les combattants de la guérilla arménienne et l’appareil militaire des Ottomans ne se sont jamais affrontés à un niveau égal. Une autre affirmation contre mémoire est fausse. Certes, il y eut pendant le déclin de l’Empire ottoman, lors de la guerre d’indépendance grecque dans la région du nouvel Etat national, des expulsions et des meurtres de Turcs. Mais, ce sang versé par les musulmans d’Europe, et aussi par les victimes, qui pendant la Première guerre mondiale furent assassinées par les musulmans d’Anatolie, n’excusent en rien le régime ottoman.

Il avait le devoir de protéger de son mieux tous les sujets ottomans. Il est vrai que l’opinion internationale, (allemande aussi)) doit admettre le reproche, les victimes musulmanes des déportations dues à la guerre des Balkans ont reçu bien moins d’attention et de souvenir honorifique que les Arméniens chrétiens, récemment – et qu’il y a eu deux poids deux mesures.

Si ce qu’il s’est passé en Anatolie en 1915 se déroulait aujourd’hui (comme dans d’autres régions du monde, comme au Darfour, où cela continue), on le qualifierait avec certitude de nettoyage ethnique, donc un cas très clair de génocide. Simplement, en 1915, ni le concept ni le délit légal de génocide n’existait. Il a été défini en 1948.

Et donc, après la première guerre mondiale, seules quelques personnes furent jugées par les tribunaux ottomans – et uniquement sous la pression des puissances victorieuses. Pour les dirigeants politiques comme Talat, la peine de mort par contumace fur prononcée (il fut plus tard assassiné à Berlin par un Arménien), et l’ancien gouverneur de Bayburt fut pendu publiquement en 1920. Il n’y a jamais eu une déclaration de responsabilité institutionnelle ou même la formation d’un tribunal international. Au contraire. Lorsqu’en 1923 à Lausanne, la Turquie et ses anciens ennemis de guerre ont signé le traité de paix, il contenait une amnistie empêchant des poursuites contre tous les „actes militaires et politiques“ qui s’étaient déroulés sur le sol turc de 1914 à 1922.

Une flamme Ă©ternelle en hommage

Ce qui est resté, c’est le traumatisme historique. Il n’affecte pas uniquement les Arméniens, mais les Turcs aussi. Les événements de 1915 sont particulièrement pour les Arméniens de la diaspora, et les Arméniens eux-mêmes, le fondement de leur identité. À Erevan, il y a un monument en souvenir du génocide. Et pour les Turcs ? La négation du génocide est devenue une partie intégrante du nationalisme turc– et elle est encore à ce jour, sous ses différentes formes, une partie constituante de la culture politique du pays, ainsi que l’idéologie d’état, le kémalisme.

Jusqu’à aujourd’hui, il est impossible de débattre ouvertement dans la plupart des universités turques, de l’extermination des Arméniens. Celui qui parle publiquement de „génocide“, risque au minimum une condamnation pour „Insulte à la turcité “. Les institutions d’Etat interviennent massivement pour que leur version embellie des événements prévale.
Dans une telle atmosphère, il est également naturel de ne pas penser à faire une clarification sur des questions historiques essentielles : par exemple du rôle de la Russie, de l'Angleterre, du Reich allemand, de l'Entente (ou des alliés), qui n'ont en aucun cas empêché les crimes de 1915. Ou dans quelle mesure l'idéologie des nationalistes du cercle relativement restreint des dirigeants des Jeunes Turcs est effectivement responsable des massacres.
La partie Arménienne aussi peut se faire des reproches. Ainsi le Parti Daschnak, qui fut fondé à la fin du 19e, et qui s’est bagarré pour une Arménie unifiée. Il se refuse à ouvrir ses archives aux recherches.

Méfiance, images d’ennemis, ressentiments et suppositions racistes, c’est toujours l’autre l’ennemi éternel d’un peuple, et cela est ressenti tant par les Arméniens de la diaspora que par les cercles turco-nationalistes. Tant que cela ne change pas, la Première guerre mondiale n’est pas terminée.

Dans ce contexte, Hrant Dink, le journaliste turco-arménien qui est tombé victime le 18 janvier d’un meurtre politique, est aussi une victime de la „Grande guerre“. Il avait essayé, pas comme les nationalistes polarisés, de surmonter le traumatisme par le débat. Cent milles personnes ont défilé en silence pour ses funérailles. Sur leurs bannières on lisait qu’ils étaient aussi Arméniens. Les manifestants incarnaient l’espoir que la Turquie puisse aussi une fois mettre fin à la Première guerre mondiale.

Notre auteur enseigne l’histoire à l’université de Bilgi à Istanbul.

C.Gardon pour le Collectif VAN (2007)

© Rheinischer Merkur Nr. 9, 01.03.2007

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TEXTE ORIGINAL


ARMENIERMORD / Noch immer leugnet die TĂĽrkei das Massaker. Das behindert den Weg nach Europa

Eine offene Wunde


Der Genozid von 1915 hat eine lange und tragische Vorgeschichte. Sie zeigt, warum sich Ankara so schwer damit tut, seine Schuld anzuerkennen.
CHRISTOPH K. NEUMANN


Um mit etwas historisch Unstrittigem zu beginnen: Bis zum Ersten Weltkrieg gab es im Osmanischen Reich eine millionenstarke armenische Bevölkerung; in den Zwanzigerjahren, als man wieder nachzählte, lebten auf dem (kleineren) Territorium der Türkei nur noch knapp 100000 Armenier, die überwiegende Mehrheit davon in Istanbul. Was dazwischen geschah, war eine Geschichte unfassbarer Grausamkeit.
Um den Völkermord an den Armeniern zu verstehen, muss man weit zurückgreifen. „Armenier“ bedeutete bis ins 19.Jahrhundert etwas Zweifaches: Zugehörigkeit zu der monophysitischen gregorianisch-armenischen Kirche und Beherrschung der armenischen Sprache. Im Osmanischen Reich genossen die Armenier, wie andere christliche und jüdische Gemeinschaften auch, nicht nur Duldung und Existenzrecht. Das frühneuzeitliche Imperium behandelte die gregorianische Kirche auf seinem Territorium als eine staatliche Institution. So wurde in Istanbul ein Patriarchat eingerichtet, dessen Inhaber vom Sultan ernannt wurde.

Die Armenier lebten also gesichert, auch wenn sie im Vergleich zu den sunnitischen Muslimen auf verschiedene Weise diskriminiert wurden. Doch diese Lage wurde im 19. Jahrhundert gründlich erschüttert – und zugleich auch verbessert. Besonders unter den wohlhabenden Armeniern breitete sich der Katholizismus aus und eine armenisch-katholische Kirche entstand (später gefolgt von einer kleineren armenisch-protestantischen). Diese Kirchen standen unter erheblichem Einfluss westlicher Mächte, die ihre christlichen Protegés im Kampf um Einfluss im wirtschaftlich wie militärisch geschwächten osmanischen Vielvölkerstaat benutzten. Zögernd führte das sich reformierende Reich die Gleichberechtigung von Muslimen und Nichtmuslimen ein. Andererseits versuchte die Regierung, ihre Untertanen dem Einfluss der imperialen Großmächte zu entziehen.

Parallel begann sich die konfessionell definierte Identität der osmanischen Nichtmuslime allmählich in eine ethnische und nationale zu verwandeln. Dieser Nationalismus wirkte wie Dynamit. Seit den letzten Jahrzehnten des 19. Jahrhunderts operierten vor allem in Ostanatolien Parteien sozialistischer armenischer Nationalisten, die durch Propaganda, Erziehungsarbeit und Terroranschläge einen armenischen Aufstand und dann eine Intervention westlicher Mächte zugunsten der Armenier provozieren wollten – ein Rezept, das kurz zuvor in Bulgarien Erfolg gehabt hatte. Diese Parteien operierten von russischem Territorium aus. Die zaristische Verwaltung tolerierte dies, weil sie 1878 in Ostanatolien die Provinzen Kars und Batum gewonnen hatte und ihren Einfluss ausweiten wollte.

Armenier lebten freilich nicht nur im russischen Kaukasus und im osmanischen Ostanatolien. Armenische Landbevölkerung gab es auch in Kilikien und in Zentralanatolien. Auch jede größere osmanische Stadt hatte armenische Gemeinden. Allerdings bildeten die Armenier in keiner Großprovinz des Osmanischen Reiches die Bevölkerungsmehrheit.

In dieser Situation glaubte immer wieder jede Seite, aus einer Eskalation Profit schlagen zu können – und die Mehrheit der politisch überhaupt nicht aktiven Armenier wurde zu Opfern.

AtatĂĽrk folgt Darwin

Von 1894 bis 1896 und dann wieder 1909 kam es so zu Pogromen und Gräueltaten an Armeniern, bei denen Tausende von Menschen ihr Leben verloren. Vor allem die kilikischen Massaker von 1909 waren ein fürchterliches Zeichen. Im Jahr zuvor waren in Istanbul die „Jungtürken“ an die Macht gelangt. Die „Gesellschaft für Einheit und Fortschritt“ strebte einen Verfassungsstaat an und folgte dem Ziel einer „Einheit unter den Bevölkerungsgruppen“. Doch dabei sollte es nicht bleiben. Denn die Führer dieser Jungtürken entwickelten innerhalb weniger Jahre einen sozialdarwinistisch geprägten Nationalismus, wie er unter säkularistischen Bewegungen der Zeit auch in Europa weit verbreitet war. Belegt sind Pläne und erste Maßnahmen, die zu einer allmählichen Turkifizierung besonders des osmanischen Kerngebiets (zu dem auch Ostanatolien zählte) führen sollten. Zugleich nahm der Einfluss imperialistischer Politik zu, das Osmanische Reich verlor die Balkankriege 1912 und 1913.

Erst der Erste Weltkrieg aber schuf die Bedingungen, die die Vernichtung der anatolischen Armenier möglich machten. Nach einigem Zögern war das Osmanische Reich an der Seite des Deutschen und des Habsburgerreiches in den Krieg eingetreten. Der Versuch des Kriegsministers Enver, im Januar 1915 den Kaukasus zu erstürmen, scheiterte am Winter und dem auch von armenischen Einheiten unterstützten russischen Widerstand. Eine militärische und menschliche Katastrophe war die Folge. Am 24.April 1915 nahm die osmanische Regierung 235 prominente Istanbuler Armenier fest. Die meisten wurden ermordet.

Zur gleichen Zeit begann der osmanische Gouverneur der ostanatolischen Stadt Van, die Armenier des Distriktes zu liquidieren, als russische Truppen anrückten. Am 18.Mai wurde Van von den Russen eingenommen. Nun kam es zu Massakern an den Muslimen. Einige Tage später, am 27.Mai, wurde ein „Gesetz über Bevölkerungsumsiedlung“ verabschiedet, das die Deportation aller Armenier Anatoliens ermöglichte, also auch derer, die Hunderte von Kilometern von der Front entfernt lebten. Weitgehend (aber nicht vollständig) unbehelligt blieben bloß die Armenier in Istanbul, auf dem europäischen Restterritorium des Reiches und in Izmir.

Es steht außer Frage, dass der Deportationsbefehl ein Vernichtungsbefehl war und dass der osmanischen Regierung, besonders dem federführenden Innenminister Talat, dies auch klar gewesen sein muss. Zu Hunderttausenden starben die Menschen auf dem Marsch in die Syrische Wüste, in den dort und auf dem Weg eingerichteten Lagern, wurden Opfer von Erschießungen, Überfällen, Krankheit, Epidemien, Hunger und Vergewaltigungen. Junge Frauen und Kinder überlebten häufiger durch Aufnahme in muslimische Familien, was aber auch meist die Aufgabe ihrer armenischen Identität mit sich brachte. Flucht rettete Tausende andere.

Strittig sind die Zahlen. Weder ist genau festzustellen, wie viele Armenier es vor dem Krieg gab, noch wurden umfassende Opferlisten geführt. Armenische Angaben sprechen von bis zu 1,5 Millionen Todesopfern, andere Schätzungen von 600000 bis 800000 Toten, einige türkische Historiker rechnen die Zahl auf 200000 bis 300000 Opfer „klein“. Das sind auch die Kreise, die behaupten, es habe sich um keinen Völkermord, keinen Genozid gehandelt, sondern um die Folge bürgerkriegsähnlicher Auseinandersetzungen.

Schuld an ihrem Schicksal hatten demnach die Armenier selbst, nicht ihre Mörder. Dabei wird geflissentlich übersehen, dass armenische Guerillakämpfer und der militärische Apparat der Osmanen nie auf Augenhöhe miteinander kämpften. Auch eine andere Gegenrechnung ist falsch. Zwar kam es während der Zerschlagung des Osmanischen Reiches seit dem griechischen Unabhängigkeitskrieg auf dem Gebiet der neuen Nationalstaaten zur Vertreibung und zum Mord an Türken. Doch dieser entsetzliche Blutzoll der Muslime Europas und auch die Opfer, die von den anatolischen Muslimen während des Ersten Weltkrieges gebracht wurden, entschuldigen die osmanische Regierung nicht.

Sie hatte die Aufgabe, alle osmanischen Untertanen nach Kräften zu schützen. Allerdings muss sich die internationale (und auch die deutsche) Öffentlichkeit den Vorwurf gefallen lassen, den muslimischen Opfern der Vertreibungen etwa der Balkankriege weit weniger Aufmerksamkeit geschenkt und ehrendes Andenken bewahrt zu haben als den christlichen Armeniern neuerdings wieder – hier wird mit zweierlei Maß beurteilt.

Geschähe heute etwas Ähnliches wie in Anatolien 1915 (wie es das in anderen Gegenden der Welt, so in Darfur, ja immer wieder tut), würde man dies höchstwahrscheinlich als eine ethnische Säuberung, also einen klaren Fall des Völkermordes einstufen. Nur gab es 1915 weder den Begriff noch gar das juristische Delikt des Völkermordes. Er wurde erst 1948 kodifiziert.

Deshalb kam es nach dem Ersten Weltkrieg vor osmanischen Gerichten nur zu Urteilen gegen Einzelpersonen – allerdings auch das nur auf Druck der Siegermächte. Gegen führende Politiker wie Talat ergingen Todesstrafen in Abwesenheit (er wurde später in Berlin von einem Armenier ermordet), der ehemalige Kreisrat von Bayburt wurde 1920 öffentlich am Strang hingerichtet. Zu einer Feststellung institutioneller Verantwortlichkeit oder gar der Gründung eines internationalen Strafgerichtes kam es nicht. Im Gegenteil. Als 1923 in Lausanne die Türkei und ihre früheren Kriegsgegner einen Friedensvertrag abschlossen, fügten sie eine Amnestie bei, die die Verfolgung aller „militärischen und politischen Handlungen“, die auf türkischem Boden zwischen 1914 und 1922 begangen wurden, unmöglich machte.

Ewiges Feuer zum Gedenken

Geblieben ist das historische Trauma. Unter ihm leben nicht nur die Armenier, sondern auch die Türken. Die Ereignisse von 1915 wurden besonders für die Armenier der Diaspora und auch in Armenien selbst Grundlage ihrer Identität. In Eriwan erinnert ein Denkmal an den Völkermord. Und für die Türken? Das Leugnen des Genozids ist zu einem integralen Teil des türkischen Nationalismus geworden – und der ist wiederum in seinen verschiedenen Formen bis heute konstitutiver Teil der politischen Kultur des Landes sowie der Staatsideologie, des Kemalismus.

Bis heute ist an den meisten türkischen Universitäten eine offene Debatte über die Vernichtung der Armenier sozial unmöglich. Wer öffentlich von „Völkermord“ spricht, riskiert zumindest eine Anzeige wegen „Verunglimpfung des Türkentums“. Staatliche Institutionen intervenieren massiv, um ihre beschönigende Version der Ereignisse durchzusetzen.

In so einer Atmosphäre ist natürlich auch an eine Klärung wesentlicher historischer Fragen nicht zu denken: Etwa die nach der Rolle Russlands, Englands und des Deutschen Reiches, des Verbündeten, der die Untaten von 1915 jedenfalls nicht verhindert hat. Oder die danach, wieweit tatsächlich die nationalistische Ideologie der relativ engen jungtürkischen Führungskreise für die Massaker verantwortlich war. Auch die armenische Seite muss sich Vorwürfe gefallen lassen. So die Daschnak-Partei, die Ende des 19.Jahrhunderts gegründet wurde und für ein vereintes Armenien streitet. Sie weigert sich, ihre Archive der Forschung zu öffnen.

Misstrauen, Feindbilder, Ressentiments und die rassistische Annahme, der jeweils andere sei der ewige Feind des eigenen Volkes, bestehen so bei den Armeniern besonders der Diaspora und unter tĂĽrkisch-nationalistischen Kreisen fort. Solange das so bleibt, ist der Erste Weltkrieg nicht vorbei.

Insofern ist auch Hrant Dink, der türkisch-armenische Journalist, der am 18. Januar einem politischen Mord zum Opfer fiel, ein spätes Opfer des „Großen Krieges“. Er versuchte, anders als die verbohrten Nationalisten, das Trauma durch Debatte zu überwinden. Hunderttausende marschierten schweigend bei seinem Begräbnis. Auf Ansteckern erklärten sie, selbst Armenier zu sein. Die Demonstranten verkörpern die Hoffnung, dass auch die Türkei einmal den Ersten Weltkrieg beenden kann.

Unser Autor lehrt Geschichte an der Bilgi-Universität Istanbul.

© Rheinischer Merkur Nr. 9, 01.03.2007






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Source/Lien : Merkur



   
 
   
 
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