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Hrant Dink, le Martin Luther King arménien de Turquie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous propose la traduction de deux articles parus en turc dans Radikal et Milliyet le 2 mars 2007, sur la journée de commémoration qui a été organisée à Istanbul, le mercredi 28 février, à l’occasion du 40ème jour de la mort du journaliste arménien Hrant Dink, assassiné en Turquie le 19 janvier 2007.


Radikal

40ème jour ; toujours le même ‘sourire’


A l’occasion du 40ème jour de sa mort une journée de commémoration a été organisée. Entre chansons et discours, la foule a partagé le bonheur d’être ensemble mais il y avait un sourire amer sur les visages.

MÃœJDE YAZICI

ISTANBUL – Nous connaissons ‘Ce’ sourire. Depuis le jour de l’assassinat de Hrant Dink, lors des obsèques les visages inconnus se souriant avec cette même tristesse. Ce sourire porte aussi un petit peu d’espoir.

La moyenne d’âge de cette foule était légèrement élevée par rapport à un concert de ce type. Les personnes âgées qui avaient du mal à rester debout, une jeune fille parlant à son téléphone portable ; ’c’est incroyable, il y a trop de monde ici !‘, les organisateurs qui appellent pour rassurer les personnes qui attendent. Les sacs sont contrôlés… Enfin à l’intérieur. La soirée commence à 21.00h avec une demi-heure de retard. Dès la 1ère minute de projection des larmes aux yeux… On voit les images de Hrant, les obsèques et les applaudissements pour la pancarte ‘301 Assassin’.
La partie musicale commence avec le groupe ‘Kardes Türküler’ (Nota CVAN : les chansons populaires fraternelles) et le chœur ‘Sayat Nova’. Les chanteurs de divers styles et de différentes couleurs sont montés sur scène. Les discours ont été prononcés par des personnages comme Vedat Turkeli, Fethiye Cetin, Tahit Ongur, Cahit Berkay, … Les phrases touchantes ont ému le public « Vivre malgré la mort est une affaire difficile, Hrant nous a laissé un héritage, nous allons continuer sur la voie qu’il a tracée, car nous aspirons à vivre dans un pays fraternel ». « Oublier, c’est une deuxième mort ».
Sarkis Séropian, un des co-fondateurs d’AGOS, dit « On ne peut pas décrire le soleil, Hrant était comme le soleil. Il rayonnait… Même les gens qui ne le connaissaient pas, même les personnes qui l’insultaient, finissaient par l’écouter, par le comprendre et l’applaudir ». L’Américain Michael Ellison dit que Hrant Dink pouvait être considéré comme le Martin Luther King. Gülsüm Cengiz a cité le poème qu’il a écrit pour Hrant et dit « Nous allons gagner, c’est la lumière qui va gagner! ». Arto Tunçboyaciyan fait chanter le public : « Nous sommes ceux qui sont contre la haine, contre la rancune! »
Les participants et le public ont chanté ensemble « Sari Gyalin » et la soirée s’est terminée avec les paroles de Hrant, son discours où il racontait les personnes qui venaient vers lui avec un bout de papier dans l’espoir de trouver un trésor arménien ; « Oui, il y a des trésors en Anatolie, mais le vrai trésor est au dessus, sur la terre… ». Les applaudissements étaient mélangés aux larmes et aux sourires. Avant de se quitter, les sachets de ‘halva’ sont distribués au public…

© Traduction S.C. pour le Collectif VAN (2007)

Radikal : 40. günde yine ayni 'tebessüm'

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Collectif VAN

Milliyet 23/02/2007

Lors de la commémoration de Hrant Dink ils ont chassé la haine et la rancune


La soirée de commémoration à Yeni Melek était plutôt une cérémonie de ‘chasse à la haine’. Les chansons apportant de l’espoir ont été chantées. Ils ont quitté la salle avec un sachet de halva dans leur main et des miettes d’espoir dans leur cœur.

Asu Maro

La salle de Yeni Melek n’avait jamais était témoin d’une telle foule. Une foule patiente et calme… Les chansons dans toutes les langues sont chantées. Les chansons populaires ’türkü’ (chansons populaires anatoliennes) sont des facteurs unifiants, sont des frères comme les peuples, on le sait. Sur l’écran blanc, on lit « Mon cher frère - Siréli Yéghpayres". Par la suite les images de Hrant, enfant, adolescent défilent devant nos yeux, son visage souriant, il pêche, il danse, sa tête sur les épaules de sa chère Rakel… Et les images qui ternissent les visages…La projection se termine avec « nous sommes tous Hrant, nous sommes tous Arméniens ».
La musique commence avec le chœur ‘Sayat Nova’ et ‘Kardes turkuler’ ; Adanayi Voghp … Der Voghormia…. Metin Goksel du groupe « Bogaziçi Gösteri Sanatlari » et le co-organisateur de la soirée avec Agos monte sur scène « Notre douleur est toujours aussi forte que le 1er jour. Nous devons montrer la conviction et le courage de poursuivre son œuvre ».

Les paroles dÂ’espoir
Tout est simple. Les paroles sont simples et modestes. Il nÂ’y a pas de haine Â…
Vedat Tutkali souhaite rester debout tel un platane avec l’aide d’un jeune homme. « Les obscurités sont condamnées à mourir un jour ou l’autre ». « Les jours meilleurs vont arriver, personne nous les promet, mais nous allons les réaliser. Les jeunes ! C’est votre devoir ! ». « Les ‘türküs’ n’ont jamais menti, ils témoignent des bons sentiments des peuples. Qu’ils vous accompagnent sur ce combat ». Feryal Oney chante un Türkü : «Nous sommes tous des voyageurs/ Est-ce le monde ta patrie ou ton pays ? ».

« Un jour, un homme avec un cœur immense et des grands bras raconte des contes. Ces histoires secouent les tabous, fondent les montagnes de glaces. Ceux qui avaient créé ces tabous ont eu très peur de lui… la fin du conte est triste mais Fethiye Cetin le termine autrement " Là où il est tombé des centaines de milliers de Hrant ont commencé à marcher ». « Mes amis, voilà pourquoi les obscurités sont inquiètes ».
Sarkis Seropyan n’était pas aussi optimiste qu’elle « Hrant était comme un soleil, on ne peut pas le raconter. On a dit que des centaines de milliers de Hrant étaient nés. Si seulement un comme lui pouvait exister, seulement un…"
Les personnalités illustres ont continué à parler et les chanteurs ont défilé sur scène avec des chansons à texte, choisies pour l’occasion. Birol Topaloglu avant de chanter en langue Laz a dit : « Les cultures sont comme des fleurs du jardin du monde. Si l’une se fane, l’autre la suivra, il faut les protéger ». Helesa a chanté en dialecte Ponte et Vova en ‘Hemshine’ (Nota CVAN : Un ancien dialecte Arménien. Les habitants de Hemchine, situé entre l’Est de la Mer Noire et Ardahan, sont des Arméniens islamisés entre le 17 et 18ème siècle).

Roni Marguiles a commencé son discours avec son style humoristique en disant « je ne sais pas pourquoi j’ai été invité ce soir, pour citer des poèmes ou pour faire de l’agitation ? En fait, quelqu’un me l’a rappelé, ‘je suis juif’, j’ai tendance à l’oublier, c’est sûrement pour cette raison… ». Et il a récité le poème qu’il avait écrit en 1995 pour ses copains d’enfance Michel, Agop, Ara et Aret. « Lors des cinq dernières semaines nous avons surmonté un obstacle. Ce qui croît n’est pas le nationalisme, c’est nous qui croissons ! ».

« Le combat de l’obcurité contre la lumière dure depuis Prométhée ». « Hrant Dink était le voleur du feu contemporain » selon les paroles de Gülsüm Cengiz qui a récité le poème rédigé pour Hrant Dink :
« la colombe est abattue dans son dos/ allongée sur le trottoir / Comment vais-je regarder dans le miroir maintenant ? / Comment vais-je regarder dans les yeux de Zakar, de Sarkis, de Meguerditch, d’Anais?/ Mon frère, pardon, gue nérés yéghpayres, pardonne-nous… ».
Arto Tunçboyaciyan et Yaçar changent l’ambiance triste et lourde. Le public chante avec eux « nous sommes des Hrant, nous sommes des êtres humains, nous sommes contre la haine ». Cela ressemble à une cérémonie « de chasse à la haine ». La soirée se termine avec « Sari Gyalin » et le public se disperse en silence, un sachet de halva dans leur main et des miettes d’espoir dans leur cœur.

© Traduction du turc: S.C. pour le Collectif VAN (2007)

Milliyet : Hrant Dink'i anarken nefreti, kini kovdular



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