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Trébizonde : Le foyer nationaliste de la Turquie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet cette traduction d'un article paru en anglais sur BBC News le 1er mars 2007.

De Sarah Rainsford
BBC News, Trébizonde, Est de la Turquie

Les jours de match, Trabzon se pare de bordeaux et bleu tandis que des milliers de supporters de football déferlent vers leur stade.

La ville sur la Mer noire a toujours été célèbre pour son football. Seule équipe, celle d’Istanbul exceptée, qui ait gagné le titre de la ligue, Trabzonspor est la fierté de l’endroit - son identité.

Mais la ville est aujourd'hui célèbre pour être la ville de l’adolescent, et de ses huit complices, accusé du meurtre du journaliste Arménien Hrant Dink, qui a été abattu à Istanbul le mois dernier.

Certains ici semblent être fiers de cette connexion.
'Nous sommes tous Turcs'
Lorsque Dink fut assassiné, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Istanbul et se sont proclamées être aussi Arméniennes par solidarité.

À Trabzon, les supporters ont tendu des bannières en réponse, qui disaient : "Nous sommes tous Turcs."
"Les gens ici sont fiers d’être Turcs, sans vraiment réfléchir à ce que cela veut dire. Il existe ici un nationalisme aveugle. Le racisme a prospéré," dit l’activiste politique locale, Zeynep Erdugul.

Il y a deux ans, ses amies et elle ont été tabassées dans les rues de Trabzon par un gang furieux qui les avait prises pour des supporters du parti des Kurdes séparatistes, le PKK.
Mme Erdugul craint que le sentiment nationaliste atteigne des hauteurs vertigineuses.

"En public, les gens disent que ce n’est pas bien d’avoir tué Hrant Dink, mais pour la plupart des gens de Trabzon, il n’était pas un intellectuel - il était simplement un Arménien," dit-elle.

'Un endroit pas sûr'

Le meurtrier supposé, Ogun Samast, aurait dit à la police que le journaliste avait "insulté la turcité" en contestant la position d’État au sujet des massacres des Arméniens perpétrés par les Turcs en 1915 qui dit que ce n’était pas génocide.

Nichée sur la côte nord de la Turquie, entre sommets enneigés et Mer Noire, Trabzon fut autrefois une métropole cosmopolite. C’était une colonie grecque, alors la capitale de l’Empire de Trébizonde - un centre de commerce très actif sur la route de la soie.

Lorsque la République turque fut fondée il y a un siècle, les Grecs furent expulsés et les Arméniens déportés ou tués.
Lorsque les gens de Trabzon parlent d’étrangers aujourd’hui, ils désignent les migrants du village d’à côté.

"L’instinct nationaliste est plus élevé à Trabzon que dans d’autres régions de la Turquie et il augmente," dit le journaliste Ali Ozturk.
Il décrit Trabzon comme un endroit pas sûr, et même paranoïaque.

"De temps en temps, Trabzon apparaît sur de nouvelles cartes de la Grande Arménie ou du Pont de l’Empire Grec et certains groupes ici y voient une réelle menace. Ils pensent que les Arméniens et les Grecs veulent prendre leur terre et cela les rend très sensibles," déclare Mr Ozturk.
'Espoirs perdus'

Mais la plupart des locaux pensent que c’est la pauvreté qui a poussé le meurtrier (et ses complices) de Dink à agir.

Ils nous montrent les multitudes d’adolescents et d’hommes qui errent dans les rues pavées de la ville ou qui sont assis sur des bancs, au chômage et désenchantés.
Le maire Volkan Canalioglu rejette toute suggestion d’existence d’un problème nationaliste.

"Les meurtres, les viols et autres crimes sont en augmentation partout dans le monde," dit-il. "Le meurtre de Hrant Dink doit être vu dans ce contexte.

"Les gens de cette région ont un caractère comme les vagues de la Mer Noire. Ils explosent soudainement et se calment aussitôt.

"Si à ce caractère, vous ajoutez le chômage, les foyers détruits et les espoirs perdus, - il est alors très facile d’influencer ces gens et de les provoquer pour qu’ils agissent."
Le taux de chômage ici est assez moyen pour la Turquie, mais il n’existe qu’une seule usine et elle produit de jeunes joueurs pour Trabzonspor.

Une ville folle de football

Le football c’est le plus bel espoir des jeunes d’ici. Il représente leur billet vers la santé et un statut, et c’est une façon de se prouver quelque chose à eux-mêmes.

"Les jeunes de Trabzon sont si négligés qu’il n’existe aucune autre possibilité pour eux de remplir leurs ambitions," dit un jeune coordinateur d’équipe, Ozkan Sumer, tandis que des jeunes en bleu pâle traînent près d’un terrain d’entraînement.
Un ancien joueur de Trabzonspor, M. Sumer a de puissantes revendications pour le jeu dont la ville est obsédée.

"Les jeunes gens ici sont livrés à eux-mêmes et il y a toujours le danger qu’ils se détachent de la société. Le football est la seule chose qui les empêche de sombrer," dit-il.

Dans des quartiers déprimants de banlieue comme Pelitli, il ne semble pas y avoir d’autres sujets de rêve.

Le meurtrier présumé et son complice principal sont tous deux originaires de ce quartier négligé, où de petits enfants jouent dans des flaques d’eau et des garçons plus grands courent après un ballon dans les rues.

Même Pelitli a une équipe de foot et les deux principaux accusés jouent dans cette équipe.

L’équipe, Pelitlispor, avait initialement fait paraître des messages de soutien à ses ex-joueurs sur son site.
Les amis de ceux qui sont en détention insistent à présent sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord avec le meurtre de Dink. Mais ils partagent les mêmes opinions controversées que le tueur présumé sur l’histoire turque.

"Comme le peuple qui vit sur cette terre, nous ne croyons pas qu’il y a eu un génocide arménien," dit un ami, Serkan.
C’est cette opinion - qui est toujours la position officielle de la Turquie et qui est âprement combattue par les Arméniens - que Dink mettait en cause dans son travail.

"Cette terre est la nôtre - et quand il y a des choses à défendre, nous le faisons," ajoute un autre ami d’un des accusés.

"Mais nous parlons de football ou de comment trouver un travail, pas de Hrant Dink ou d’un génocide."
Trabzon est une ville où le nationalisme est nourri et admiré. Il ne se sent certainement pas honteux d’être associé au meurtre de Dink. Il se sent défenseur.
La seule question que se posent les gens ici, cÂ’est, quÂ’est-ce que cÂ’est que toutes ces histoires ?

Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007

The Armenian genocide: Issues of responsibility and democracy



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