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Le négationniste Dogu Perinçek divise les Turcs vaudois
Publié le :

GÉNOCIDE ARMÉNIEN

Le leader d’extrême gauche patriotique mobilise ses partisans pour son procès. Mais il essuie aussi des critiques. Une manif est prévue ce matin à la Riponne, à Lausanne.

PHILIPPE MASPOLI
Publié le 06 mars 2007

«Perinçek, qui ça? Jamais entendu parler, la politique ne m'intéresse pas», lance le patron d'un restaurant turc de l'Ouest lausannois. «Il fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Il fout la m… un peu comme José Bové en France, sauf que Bové est correct», affirme un compatriote travaillant à Lausanne.

«Intérêts impérialistes»
Ces deux hommes évoquent le chef du Parti des travailleurs turcs, renvoyé dès aujourd'hui devant le juge unique du Tribunal de police de Lausanne, à Montbenon, pour discrimination raciale. Le 24 juillet 2005, il avait déclaré publiquement à Ouchy que les horreurs infligées par l'Empire ottoman aux Arméniens entre 1915 et 1918 – jusqu'à 1,5 million de morts selon les historiens – n'avaient rien d'une entreprise d'extermination délibérée. «Le génocide arménien est un mensonge international», avait-il déclaré.

Autre ambiance hier après-midi à Renens, dans les locaux de l'Association des Turcs de Lausanne (200 membres) où Dogu Perinçek s'est exprimé devant les médias. «Il dit ce que je pense. Les impérialistes parlent de génocide pour servir leurs intérêts», affirme un homme dans le public. Alors, une salle unanime derrière Perinçek? «C'est moitié-moitié», tempère un voisin. Le président de l'association, Mehmet Sahingoz, soutient clairement le politicien: «Nous sommes à ses côtés. C'est une atteinte à la liberté d'expression. Parce que je dis que ce n'est pas un génocide, je devrais aller en prison»?
Très attendu par ses partisans, Dogu Perinçek, un petit homme trapu de 65 ans, arrive avec une heure de retard: «Je suis patriote et socialiste scientifique, pas nationaliste, ni raciste».

Il chauffe la salle en allemand. «Il n'y a pas eu de génocide contre les Arméniens. La Russie, la France et l'Angleterre voulaient diviser notre pays. Ils ont utilisé les Arméniens. Les Turcs ont défendu leur patrie. Il y a eu des massacres de part et d'autre. Des Turcs et des musulmans ont aussi été victimes de la guerre».

Il montre des kilos de documents et annonce des appuis de haut rang, deux recteurs d'université, un ancien général. Que fera-t-il s'il est condamné? «Je n'attends pas une condamnation. J'ai confiance en la justice suisse», affirme-t-il.

Affrontements improbables
Les partisans de Dogu Perinçek se réunissent ce matin sur la place de la Riponne à Lausanne. Une quinzaine de bus sont attendus, dont la moitié en provenance d'Allemagne, d'autres de Belgique et de France. Les organisateurs du rassemblement ont annoncé entre 700 et 1500 personnes aux autorités, affirme Marc Vuilleumier, municipal lausannois de la sécurité: «C'est une manifestation autorisée, statique, sans cortège. Selon les renseignements pris auprès d'autres communautés, notamment les Arméniens, il n'y a pas d'affrontement en vue. Le danger possible, c'est qu'ils se déplacent vers Montbenon».

Un minuscule parti adepte des coups médiatiques

GABRIELLE DANZAS

«Anti-impérialiste» et ultranationaliste, Dogu Perinçek est un farouche partisan de la «théorie du complot». Dans sa perception des relations internationales, les Etats-Unis cherchent à détruire la Turquie, et le pape Benoît XVI est un agent américain. Selon le leader du Parti des travailleurs, l'assassinat au mois de janvier de Hrant Dink, journaliste turc d'origine arménienne, a ainsi été fomenté par les Américains pour affaiblir le pays. Son parti est une formation d'extrême gauche ultraminoritaire qui n'a jamais été représentée au parlement. Aux dernières élections législatives en 2002, il a récolté 160 000 voix, soit 0,51% des suffrages.

Le noyau des militants actifs ne dépasserait pas quelques centaines de membres. Quasi inexistant dans la vie politique turque, le Isçi Partisi est en revanche familier des coups médiatiques. Dogu Perinçek a réclamé un boycott des produits français, comme mesure de rétorsion contre la proposition de loi de députés français visant à pénaliser la négation du génocide arménien. En octobre dernier, le dirigeant politique avait critiqué, avec d'autres nationalistes, l'attribution du Prix Nobel de littérature à Orhan Pamuk, estimant qu'il s'agissait «d'honoraires» versés par l'Occident au romancier turc pour ses positions sur la question arménienne. Il y a un an, il organisait également à Berlin une manifestation pour commémorer l'assassinat de Talat Pacha, un des planificateurs du génocide contre les Arméniens pendant la Première Guerre mondiale, par un Arménien dans la capitale allemande en 1921.



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Source/Lien : 24 heures



   
 
   
 
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