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Génocide arménien : Stratégie post-2015 pour la Turquie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L’ambassadeur turc Altay Cengizer, qui occupe actuellement le poste de directeur général de la planification politique au ministère des Affaires étrangères, a déclaré au journal Hurriyet : « Le but des Arméniens est de laisser la Turquie avec un passé qu’elle ne peut pas gérer. La Turquie fera de son mieux pour dire ce qu’elle pense être correct contre ces revendications qui visent sa propre identité. Mais seul l’avenir montrera si elle a réussi. Si ce n’est pas le cas, il sera nécessaire de développer une stratégie post-2015 ». Le diplomate turc reconnaît que le pire scénario pour Ankara serait la reconnaissance du génocide arménien par les États-Unis en 2015. Il affirme sans rire : « Comme je le prouve dans mon livre, la Turquie n’a pas déporté les Arméniens de gaieté de cœur et avec détermination. Prendre cette décision a été difficile ; il n’y avait pas d’autres moyens, malheureusement ». Qu’attendre de plus d’un représentant turc qui affirme vouloir « arriver à la nature humanitaire de la question » tout en accusant les Arméniens d’utiliser la question du Centenaire du génocide arménien en 2015 comme un vulgaire « tir de penalty » ? Cengizer confirme hélas que la négation du génocide arménien fait toujours partie de l’identité de la Turquie. Une négation qui se prétend « humaniste » désormais…

Historien et auteur du livre, Adil Hafızanın Işığında (Ă€ la lumière de la mĂ©moire juste), Altay Cengizer justifie totalement les dĂ©portations des ArmĂ©niens, par la situation Ă©manant de la Première Guerre mondiale : depuis 99 ans, la proximitĂ© des provinces armĂ©niennes de lÂ’Est de la Turquie avec la frontière russe sert en effet de « justification » officielle aux dĂ©portations qui ont coĂ»tĂ© la vie Ă  1.500.000 ArmĂ©niens. Rien de bien nouveau donc, sauf le vernis « humanitaire » dont Cengizer prĂ©tend badigeonner ses propos. Cet « humaniste » prĂ©fère oublier les nourrissons, enfants, femmes, vieillards, exterminĂ©s immĂ©diatement (et non dĂ©portĂ©s), les viols et les atrocitĂ©s rapportĂ©s par les tĂ©moins occidentaux, ainsi que les ArmĂ©niens massacrĂ©s ou dĂ©portĂ©s de lÂ’Ouest de la Turquie (donc bien loin de la frontière russe dont il fallait soi-disant les Ă©loigner). Il met en avant un intĂ©ressant concept quÂ’il se garde bien dÂ’Ă©tayer : la « dĂ©cision » du gouvernement Jeune-Turc aurait Ă©tĂ© prise « sans dĂ©termination ». En extrapolant cette affirmation stupide parce que contradictoire, nous pouvons en dĂ©duire que la Turquie a donc Ă©galement dĂ©truit ou transformĂ© en mosquĂ©es, « sans dĂ©termination », des milliers dÂ’Ă©glises armĂ©niennes. Elle continuerait aussi « sans dĂ©termination » la mise Ă  sac actuelle des rares cimetières armĂ©niens qui subsistent. Elle persĂ©vèrerait « sans dĂ©termination » Ă  spolier les biens (personnels et communautaires) appartenant aux morts et aux survivants : immeubles, manufactures, Ă©coles, universitĂ©s, hĂ´pitaux, terres agricoles, cheptels, terrains des fondations religieuses, etc., volĂ©s et jamais restituĂ©s jusquÂ’Ă  ce jour. La Turquie actuelle persisterait aussi Ă  publier « sans dĂ©termination » des livres scolaires oĂą les ArmĂ©niens sont dĂ©signĂ©s comme des traĂ®tres, elle persĂ©vèrerait « sans dĂ©termination » Ă  menacer, dĂ©nigrer, traiter « lĂ©galement » en citoyens de seconde zone, les 60 000 ArmĂ©niens dÂ’Istanbul.

Pire, notre « humaniste » justifie les actes qui – en 1915 - ont conduit à ce qu’il appelle la Grande Catastrophe (en se basant sur l’expression arménienne Medz Yeghern - qui signifie pourtant Grand Crime en arménien), et les juge même nécessaires.

On en déduit que si aujourd’hui ou demain, les dirigeants de son pays ne « trouvaient malheureusement pas le moyen de faire autrement » que d’envoyer à la mort un million et demi de Kurdes ou d’Alévis, ce serait compréhensible. « Malheureusement ».

Enfin, comme à l’accoutumée, quelques Arméniens de l’Empire ottoman, tel Oskan Mardikyan ministre des Communications de l’Empire ottoman, servent a posteriori de caution morale à une Turquie qui aurait été incapable de commettre un génocide. Notre grand « historien » s’est bien gardé de citer le sort du plus célèbre homme politique arménien : le député Krikor Zohrab, expédié avec son collègue Vartkès sur les routes de la déportation où – sur ordre de Talaat Pacha - ils furent exécutés ainsi que l’a décrit leur assassin : « J'ai fait éclater le cerveau de Vartkès avec mon pistolet Mauser, puis j'ai saisi Zohrab, je l'ai jeté à terre et je lui ai écrasé la tête avec une grosse pierre jusqu'à ce qu'il meure ». Assassinats « sans détermination » encore une fois ?

La version turque de cette interview accorde une large place Ă  lÂ’impĂ©rialisme europĂ©en qui serait Ă  lÂ’origine du sort peu enviable des ArmĂ©niens. Le diplomate turc ne dit pas si cet impĂ©rialisme aurait Ă©tĂ© menĂ© avec dĂ©termination ou nonÂ… Le Collectif VAN vous propose la traduction dÂ’une interview en anglais publiĂ©e sous la signature de la journaliste Cansu Çamlıbel, sur le site du journal turc anglophone HĂĽrriyet Daily News, le 10 novembre 2014.

Collectif VAN


LĂ©gende : Cansu Çamlıbel, journaliste Ă  Hurriyet, et Altay Cengizer, ambassadeur, occupant actuellement le poste de directeur gĂ©nĂ©ral de la planification politique au ministère turc des Affaires Ă©trangères.

HĂĽrriyet Daily News

La Turquie a besoin d’une stratégie post-2015 concernant les accusations arméniennes de génocide, déclare un diplomate turc.

Cansu Çamlıbel ISTANBUL

Selon un diplomate turc, les institutions arméniennes se sont engagées dans une campagne accusant la Turquie en vue du centenaire des massacres d’Arméniens en 1915, et il faudrait que la Turquie ait une stratégie au cas où elle ne réussirait pas à contrer les accusations.

« Je reviens de Washington, et j’ai vu les préparatifs qui y ont lieu », a déclaré récemment au journal Hurriyet l’ambassadeur Altay Cengizer, qui occupe actuellement le poste de directeur général de la planification politique au ministère des Affaires étrangères. « Leur but est de laisser la Turquie avec un passé qu’elle ne pourra pas gérer ; voilà pourquoi ils visent 2015. »

Cengizer a rĂ©cemment Ă©crit un livre, Adil Hafızanın Işığında (Ă€ la lumière de la mĂ©moire juste), qui parle du processus ayant conduit lÂ’Empire ottoman Ă  sÂ’engager dans la Première Guerre mondiale ainsi que de la chute de lÂ’Empire, tout en essayant dÂ’avoir une approche humaniste vis-Ă -vis des massacres de centaines de milliers dÂ’ArmĂ©niens en 1915. Bien quÂ’il soit un diplomate en activitĂ©, Cengizer prĂ©cise que le livre reflète ses propres idĂ©es en tant quÂ’historien, et que ce nÂ’est pas la position officielle du ministère.

Selon Cengizer, l’un des pires scénarios pour Ankara en 2015 serait la reconnaissance par les États-Unis de ce que de nombreux pays appellent le génocide arménien.

« La Turquie fera de son mieux pour dire ce qu’elle pense être correct contre ces revendications qui visent sa propre identité », a dit le diplomate. « Mais seul l’avenir montrera si elle a réussi. Si ce n’est pas le cas, il sera nécessaire de développer une stratégie post-2015, il n’y a pas d’autres moyens. »

Cengizer a comparé la situation à un penalty au football.

« Si j’avais été un Arménien, j’aurais continué à dire ce que j’ai toujours dit », a-t-il déclaré. « Car le centenaire est dans un certain sens, un tir de penalty. Nous relevons le défi du tir, mais ce sont eux [les Arméniens] qui le tireront. Ils voient le centenaire comme un penalty qui leur a été accordé et ils vont essayer de le transformer en but. Notre plus grand problème est de croire que l’explication des Arméniens leur donne une supériorité morale – ce qui n’est pas le cas en réalité. »

Dans son livre, Cengizer utilise le terme Medz Yeghern, mots arméniens signifiant « Grande Catastrophe » [Nota CVAN : ces mots signifient « Grand Crime » en réalité], que le président des États-Unis Barack Obama a également utilisés pour qualifier les massacres des Arméniens, et il pense que la formulation est importante.

« Insister sur le terme de génocide empêche de toucher la nature humanitaire de la question. Le génocide est un terme politique. Et la Turquie ne mérite pas d’être présentée au monde comme un pays qui a commis un génocide. Comment un gouvernement qui se prépare à commettre un génocide peut-il nommer des Arméniens à des postes importants dans des ministères, comme le ministre des Communications [de l’Empire ottoman], Oskan Mardikyan ? » a-t-il dit.

L’Holocauste a été prouvé par plus de 15 000 pages de documents. Ils ont même envoyé des télégrammes au Japon, disant ‘qu’il y a 15 000 juifs à Shanghai, mettez-les en détention’. Quand on nous pose des questions sur les archives, nous sommes accusés d’être des « fétichistes des preuves ». Est-ce qu’ils nous donneront une médaille de bronze ou d’argent dans un jeu que les Allemands ont gagné ? »

D’après Cengizer, le gouvernement a été « obligé par les circonstances » à déporter les Arméniens.

10 novembre 2014

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 11 novembre 2014 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

La Turquie doit se préparer à contrer les allégations de génocide

LÂ’interview dÂ’Alexis Govciyan dans Hurriyet

Davutoglu : Les déportations des Arméniens étaient inhumaines

Texte original en turc :

http://www.hurriyet.com.tr/gundem/27548384.asp




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Source/Lien : HĂĽrriyet Daily News



   
 
   
 
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