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Centenaire du génocide arménien : La tentative de la Turquie tourne court
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Cette année le gouvernement turc s'apprête à inviter plus de 100 chefs d’État aux commémorations du centenaire de la campagne de Gallipoli, qui a eu lieu lors de la Première Guerre mondiale. Ils auront lieu le même jour que la commémoration du centième anniversaire de ce que les Arméniens appellent « génocide arménien », et cette démarche est perçue comme une grossière tentative de détourner l’attention des commémorations arméniennes. » Le journal Today’s Zaman évite systématiquement d’employer le terme de « génocide » et reste en cela fidèle à la ligne officielle de l’État turc, malgré le fait qu’il soit affilié à Fethullah Gülen, le prédicateur islamiste désormais considéré par Erdogan comme son ennemi juré. Le quotidien ne perd pas l’occasion de décrire Erdogan sous un jour peu reluisant, mais en se cachant derrière les propos de Richard Giragossian, directeur du Centre d'études régionales (un centre de recherche indépendant basé à Erevan). Ah, ces Arméniens, ce sont toujours eux qui portent le chapeau… Le Collectif VAN vous propose ici la traduction d’un article en anglais publié sur le site du journal turc Today's Zaman, le 24 janvier 2015.

Légende photo: Le président arménien Serge Sarkissian (à gauche) et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan (à droite)


La tentative de la Turquie de détourner l'attention de la commémoration du centenaire du génocide arménien tourne court

TodayÂ’s Zaman
Le 24 janvier 2015
Par DENİZ ARSLAN / ANKARA

Cette année le gouvernement turc s'apprête à inviter plus de 100 chefs d’État aux commémorations du centenaire de la campagne de Gallipoli, qui a eu lieu lors de la Première Guerre mondiale. Ils auront lieu le même jour que la commémoration du centième anniversaire de ce que les Arméniens appellent « génocide arménien », et cette démarche est perçue comme une grossière tentative de détourner l’attention des commémorations arméniennes.

Dans une tentative de réduire l'impact des cérémonies de commémoration du centenaire du « génocide » arménien qui se tiennent cette année le 24 avril en Arménie, le parti au pouvoir, Parti pour la Justice et le Développement (AKP), a suggéré l'idée de célébrer le 100e anniversaire de la campagne de Gallipoli de la Première Guerre mondiale lors de cérémonies étalées sur deux jours, les 23 et le 24 avril.

La Turquie commémore traditionnellement ses soldats tombés lors de la bataille de Gallipoli -- également connu comme Çanakkale, le 18 mars de chaque année. Ne serait-ce qu’il y a seulement deux ans, Abdullah Gül, alors président, a marqué le 98e anniversaire de la bataille le 18 mars 2013.

A l’époque, personne en Turquie n’a suggéré que la bataille de Çanakkale devrait être commémorée le 24 avril. Le 18 mars est le jour où l’armée britannique a commencé le bombardement de la péninsule des Dardanelles.

Cette année, les commémorations de la bataille de Gallipoli auront lieu, pour la première fois, du 23 au 24 avril, et le gouvernement turc a envoyé des invitations - y compris au président de l’Arménie, Serge Sarkissian - à plus de 100 dirigeants dans le monde entier, [de pays] dont les soldats ont combattu lors de la Première Guerre mondiale.

La semaine dernière, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a dû expliquer que d'autres groupes ethniques, y compris des Arabes et des Arméniens, ont également combattu à Gallipoli. « Nous [les Turcs et les Arméniens] avons combattu ensemble à Gallipoli. CÂ’est pourquoi nous avons aussi envoyé lÂ’invitation au président Sarkissian », a-t-il expliqué.

Dans des entretiens accordés par la suite au journal Agos, plusieurs citoyens turcs d’origine arménienne [Nota CVAN : Arméniens de Turquie] ont violemment réagi à l’invitation du président Recep Tayyip Erdogan à Sarkissian, la qualifiant de « blague » et « d’acte mal élevé », certains ont critiqué cette démarche en l’appelant « manœuvre politique ».

Dans une lettre ouverte adressée au président Erdogan, Sarkissian a immédiatement rejeté l'invitation aux cérémonies de commémoration de Gallipoli, ajoutant que l'invitation elle-même montrait que la Turquie poursuivait sa « politique de déni » du « génocide » arménien.

Richard Giragossian, directeur du Centre d'études régionales (un centre de recherche indépendant basé à Erevan), a dit que le timing de l'invitation à la commémoration de Gallipoli n’aurait pas pu être pire. « En fait, dans ce qui semble être une réinterprétation assez sélective de l'histoire, le gouvernement turc a fixé aux 23 et 24 avril la commémoration de deux jours, manifestant un mépris flagrant pour la commémoration traditionnelle du génocide arménien le 24 avril », a affirmé Giragosian dans une réponse par courriel envoyée à Today's Zaman.

Giragosian a déclaré que la démarche d’Erdogan n’a suscité qu’une intense réaction négative en Arménie et n’a fait que confirmer la perception de la Turquie comme un « interlocuteur hypocrite et non fiable » car le moment choisi pour la commémoration de Gallipoli est considérée comme « une grossière tentative de détourner l'attention et de nier la commémoration du génocide arménien ».

L'Arménie prépare ce 24 avril une cérémonie d'anniversaire à grande échelle pour les événements de 1915 et a invité plusieurs dirigeants à travers le monde. Le président français, François Hollande, et le président américain, Barack Obama, figurent parmi les invités pour participer aux cérémonies en Arménie.

Erevan commémore les massacres de masse des Arméniens tous les 24 avril et profite souvent de l’occasion pour faire pression sur les pays occidentaux afin de leur faire qualifier ces tueries de génocide. Ankara rejette les revendications selon lesquelles ces événements représentent un génocide, affirmant qu’à la fois les Turcs et les Arméniens ont été tués lorsque les Arméniens se sont révoltés contre l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale en coopération avec l’armée russe qui était alors en train d’envahir l’Anatolie orientale.

Giragossian a souligné les préoccupations concernant les récents développements de la politique turque. « D'une part, la rapide ascension du président Erdogan, en tant que politicien le plus puissant mais également le plus polarisant est une source d'inquiétude. Et compte-tenu de son attitude personnelle plutôt imprévisible et inflexible sur plusieurs questions, se pose le problème du fait qu’il aura et tiendra trop de pouvoir personnel et politique, sans avoir à respecter l’État de droit ou les institutions démocratiques en Turquie », a-t-il ajouté.

« Dans le même temps, l'avenir de la politique régionale étendue de la Turquie, et de sa politique plus particulière à l'égard de la normalisation arméno-turque, est de plus en plus l'otage des résultats de la politique intérieure turque », a ajouté Giragossian.

L'invitation de M. Erdogan pourrait être interprétée comme un rameau d'olivier à l'Arménie, avec laquelle la Turquie n'a pas de relations diplomatiques. Mais dans sa lettre adressée à Erdogan la semaine passée, Sarkissian a exprimé ses doutes concernant la sincérité de l'invitation et a indiqué son attente que la Turquie réponde d’abord à l'Arménie, concernant sa participation aux cérémonies de la commémoration du « génocide » arménien à Erévan.

« Pour sa part, le président arménien n’avait guère d’autre choix que de rejeter l'invitation », a commenté Giragossian.

L’an dernier, le gouvernement turc a tiré une autre astuce de son sac, un jour seulement avant le 24 avril, pour réduire l'impact des commémorations par l’Arménie. Pour la première fois dans l’histoire de la République turque, Erdogan, alors Premier ministre, a exprimé les condoléances de la Turquie aux petits-fils des Arméniens qui avaient perdu la vie en 1915.
La déclaration, qui ne comprenait pas le mot « génocide », a été saluée par l'Ouest et les Arméniens vivant en Turquie, mais était trop insuffisante pour satisfaire Erevan.

Un autre « rameau d’olivier » aux Arméniens est venu cette semaine de la part du premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. Le Premier ministre a publié une déclaration pour commémorer l’assassinat il y a huit ans du journaliste arménien de Turquie, Hrant Dink, et a appelé à un nouveau départ dans les relations turco-arméniennes [Nota CVAN : Pas une seule fois Ahmet Davutoglu n’a indiqué dans son communiqué que Hrant Dink avait été assassiné, faisant du nationalisme turc et du sort des minorités non-turques un deuxième tabou après celui du génocide arménien.].

Il a déclaré que la politique de réinstallation et les évènements de 1915 ont eu lieu dans les conditions sévères de la Première Guerre mondiale, et que la Turquie partageait la douleur des Arméniens.

« Notre désir de partager les douleurs, de panser les plaies et de pouvoir rétablir des liens d’amitié est sincère. Notre perspective est l’amitié et la paix », a déclaré Davutoglu.

Ce mercredi, Tanju Bilgiç, porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, a également déclaré que le message du président Recep Tayyip Erdogan de l'an dernier et celui du Premier ministre Ahmet Davutoglu du 20 janvier, adressés aux Arméniens, n’étaient pas des étapes « tactiques » ayant pour but de réduire les effets des commémorations du centenaire des événements de 1915.
Le 21 janvier, lors d'une conférence de presse, Bilgiç a affirmé que les déclarations d'Erdogan et de Davutoglu étaient « sincères ».

Nalbandian : « C'est une démarche inappropriée »

Le 21 janvier, lors d’une conférence de presse donnée à Bruxelles, à la suite de la 15e session du Conseil de coopération UE-Arménie, le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a déclaré aux journalistes qu'il n'était pas approprié de célébrer le centième anniversaire de la bataille de Gallipoli le 24 avril.

«Je ne crois pas qu’il soit pertinent d’organiser un tel événement en Turquie le 24 avril, et je ne crois pas non plus que qui que ce soit puisse considérer ce fait comme une démarche appropriée », a indiqué Nalbandian.

Il a également rappelé que le président arménien avait invité le président Erdogan à participer à la commémoration du 100e anniversaire du « génocide » arménien en avril 2015.

« J’ai transmis l’invitation écrite au président Erdogan lors de ma visite à Ankara en août de l'année dernière », a déclaré le ministre arménien. Il a participé à la cérémonie d’investiture d'Erdogan à Ankara, à la fin du mois d'août. « Jusqu'à présent, nous n’avons reçu aucune réponse », a ajouté Nalbandian.

Le principal porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigran Mkrtchyan, a publié un tweet le 20 janvier, après l'appel de Davutoglu à un nouveau départ avec l’Arménie, disant : « Comment pouvons-nous parler d'un « nouveau départ » si le point de départ est un déni agressif du génocide arménien -- un double crime ! ».

Mkrtchyan a également accusé Erdogan de « chercher à garder les dirigeants étrangers loin des commémorations arméniennes en créant un anniversaire impromptu -- et historiquement inexact – de ses propres événements », selon un article publié RadioFree Europe/Radio Liberty le 16 janvier.


Traduction de l'anglais Collectif VAN - 09 février 2015 - www.collectifvan.org


Lire aussi :

La Turquie invite le président arménien au 100e anniversaire de la bataille de Gallipoli

La réponse de Serge Sarkissian à Erdogan

Génocide des Arméniens : Tentatives d’Ankara de parasiter les commémorations des cent ans

Génocide arménien : La « position claire » de la Turquie

Turquie/Russie : Crimes d’hier et d’aujourd’hui, la réaction de l’Arménie





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Source/Lien : Today's Zaman



   
 
   
 
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