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Lutter « jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le génocide arménien »
Publié le : 12-02-2015

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le président d’Israël, Reuven Rivlin, a déclenché une vive controverse après son discours du 28 janvier à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York. Il a qualifié le génocide arménien de massacre et l’a comparé aux victimes azéries de Khojalu pendant la guerre de l’Artsakh (Karabagh). En dépit de leur lien d’amitié personnelle, le choix des mots du président ont rendu furieux l’éminent chercheur Yair Auron, professeur à l’université ouverte d’Israël : ‘Vous n’osez pas utiliser le mot génocide pour le génocide arménien et vous définissez le massacre de ce village comme étant un génocide, alors que je suis sûr que vous ne connaissiez pas son nom quelques minutes avant [votre discours]. C’est un sacrilège, et ce faisant, vous trahissez l’héritage de l’holocauste et de ses victimes’. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial du journaliste arméno-américain Harut Sassounian, paru dans The California Courier le 12 février 2015.


Le professeur Auron critique violemment le président d’Israël qui qualifie le ‘génocide arménien’ de massacre


Harut Sassounian
The California Courier
Éditorial du 12 février 2015
www.TheCaliforniaCourier.com

Le président d’Israël, Reuven Rivlin, a déclenché une vive controverse après son discours du 28 janvier à l’Assemblée Générale de l’ONU à New York.

Lorsqu’il était président et membre de la Knesset (Parlement), Revlin s’était battu pendant des années pour qu’Israël reconnaisse le génocide arménien. Mais, une fois élu président, à l’instar du président Obama, Revlin s’est montré réticent à reconfirmer sa position de principe sur cette question.

Le mois dernier, le président Rivlin a prononcé un discours fort à l’Assemblée Générale de l’ONU, à l’occasion de la Journée internationale de commémoration dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Malheureusement, le président d’Israël a fait deux graves erreurs. Il a qualifié le génocide arménien de massacre et l’a comparé aux victimes azéries de Khojalu pendant la guerre de l’Artsakh (Karabagh).

Voici un extrait du discours de Rivlin à l’ONU : « En 1915, lorsque la nation arménienne a été massacrée, Avshalom Feinberg, membre important de Nili, le mouvement juif clandestin qui a coopéré avec les Alliés pendant la Première Guerre mondiale, a écrit ce qui suit, et je le cite : « Mes dents ont grincé d’inquiétude, qui sera la prochaine victime ? Car en marchant en terre sainte et sanctifiée sur le chemin de Jérusalem, je me suis demandé si nous vivions bien à notre époque, en 1915, où à l’ère de Titus ou de Nabuchodonosor ? Moi, le juif, ai-je oublié que je suis juif ? Je me suis demandé si j’étais en droit de ne pleurer que sur la tragédie de mon peuple, et si le prophète Jérémie n’avait pas aussi versé des larmes de sang pour les Arméniens ? » Avshalom Feinberg a écrit ces mots il y a exactement un siècle, 100 ans d’hésitation et de déni ! Mais sur la Terre d’Israël de l’époque, dans la Jérusalem où je suis né, personne ne niait le massacre qui avait eu lieu. Les résidents de Jérusalem, mes parents et les membres de ma famille, ont vu les réfugiés arméniens arriver par milliers – affamés, pitoyables survivants de la calamité. Ils ont trouvé refuge à Jérusalem et à ce jour leurs descendants y vivent toujours. »

En dépit de leur lien d’amitié personnelle, le choix des mots du président ont rendu furieux l’éminent chercheur Yair Auron, professeur à l’université ouverte d’Israël. Auron est un défenseur de longue date de la reconnaissance du génocide arménien par Israël et l’auteur de plusieurs livres sur ce sujet. Il enseigne actuellement à l’université américaine d’Arménie.

Le 31 janvier, alors que je faisais une conférence sur le génocide arménien au Musée Komitas d’Erevan, ouvert tout récemment, le professeur Auron m’a demandé s’il pouvait s’adresser à la salle. Après avoir obtenu mon autorisation, il a lu une allocution personnelle, intitulée Excuses à mes frères arméniens :

« Le président d’Israël, Reuven Rivlin, a fait un discours remarquable avec des phrases très touchantes, faisant preuve d’empathie envers la souffrance du peuple arménien. Cependant, à dessein, il n’a pas utilisé le terme de génocide arménien, ni en hébreu ni en anglais. » Le professeur Auron a poursuivi en révélant que le président Rivlin lui avait personnellement dit « qu’il n’avait pas changé d’avis, mais qu’il ne pouvait pas le déclarer [le génocide] en tant que président d’Israël. » Je peux comprendre cela. Mais, quelques minutes avant le discours, quelqu’un, probablement du ministère israélien des Affaires étrangères, ou peut-être même le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, lui a dit d’inclure cette terrible phrase : « Est-ce que notre combat, le combat de cette Assemblée, contre les génocides est suffisamment efficace ? A-t-elle été efficace en Bosnie ? A-t-elle été efficace pour empêcher les massacres de Khojalu ?

Le professeur Auron a poursuivi sa critique : « M. le président, vous avez utilisé le nom de Khojalu dans un contexte de génocide. Vous savez très bien quelle est la différence entre massacre et génocide… Qui vous a suggéré, M. le président, qui vous a demandé de faire cette terrible erreur ? Vous n’avez pas utilisé le terme de génocide pour le génocide arménien lui-même. Alors, utiliser le terme de génocide dans le contexte d’un village du Nagorno-Karabagh, comme s’il y avait eu un génocide, est inacceptable… Vous n’osez pas utiliser le mot génocide pour le génocide arménien et vous définissez le massacre de ce village comme étant un génocide, alors que je suis sûr que vous ne connaissiez pas son nom quelques minutes avant [votre discours]. C’est un sacrilège, et ce faisant, vous trahissez l’héritage de l’holocauste et de ses victimes. »

Le professeur vertueux a conclu ses remarques sincères en promettant ceci : « Mes frères arméniens, laissez-moi m’excuser au nom et de la part de nombreux juifs israéliens. Nous sommes avec vous. Nous continuerons notre lutte jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le génocide arménien. »

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 12 février 2015 – www.collectifvan.org


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