Aujourd'hui : Mercredi, 19 juin 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Haut-Karabagh : Des élus français en faveur de sa reconnaissance
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - A l'occasion des commémorations des pogroms de Soumgaït, Sophie Joissains, Marlène Mourier et Michel Amiel, trois élus français - membres du Cercle d'Amitié France-Karabagh - s'expriment dans l'Express afin de soutenir le groupe de Minsk de l'OSCE dans ses récentes prises de position tenant meilleur compte de la réalité politique de terrain, où la jeune démocratie karabaghiote reste confrontée à la menace du régime autoritaire d'Azerbaïdjan. Le Collectif VAN vous soumet ici cet article publié sur L'Express le 27 février 2015.

Légende photo: Sophie Joissains, Marlène Mourier et Michel Amiel, trois élus français - membres du Cercle d'Amitié France-Karabagh


L'Express

Bakou perpétue le conflit du Haut-Karabagh pour mieux réprimer les forces vives d'Azerbaïdjan

Par France-Karabagh (Express Yourself), publié le 27/02/2015 à 19:05, mis à jour à 19:05

A l'occasion des commémorations des pogroms de Soumgaït, Sophie Joissains, Marlène Mourier et Michel Amiel, trois élus français - membres du Cercle d'Amitié France-Karabagh - s'expriment afin de soutenir le groupe de Minsk de l'OSCE dans ses récentes prises de position tenant meilleur compte de la réalité politique de terrain, où la jeune démocratie karabaghiote reste confrontée à la menace du régime autoritaire d'Azerbaïdjan.

Voilà bientôt 21 ans - le 12 mai 1994 très exactement - que fut signé l'armistice mettant fin aux quatre années du conflit du Haut-Karabagh. Depuis lors, aucun traité de paix n'a été conclu entre les protagonistes - Azerbaïdjan d'une part et République du Haut-Karabagh soutenue par l'Arménie d'autre part. C'est donc toujours une paix précaire qui prévaut dans cette région du Sud-Caucase. Et si un certain optimisme a pu régner dans les années qui ont suivi le cessez-le-feu, il est désormais bien éteint en dépit des efforts méritoires du Groupe de Minsk de l'OSCE en charge d'assister les parties à trouver une issue politique au conflit.

Année après année, semaine après semaine, la tension ne fait que croître le long de la ligne de contact et on ne compte plus les tentatives d'incursion ou les innombrables assassinats de civils perpétrés par les tireurs embusqués. Dernièrement encore, c'est un paysan de 60 ans qui a été froidement abattu par les soldats azerbaïdjanais dans une zone limitrophe de la région arménienne du Tavouche, c'est-à-dire en Arménie même et sur un territoire a priori non disputé. Les tireurs ont visé à l'aveugle une victime innocente.

Ne plus renvoyer dos-à-dos la victime et l'agresseur
Longtemps, les coprésidents français, russe et américain du Groupe de Minsk se sont abstenus de pointer les responsabilités. Longtemps ils ont traité sur le même plan l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et ils ont ignoré - du moins officiellement - la République du Haut-Karabagh. Des éléments récents suggèrent qu'ils commencent désormais à rompre avec cette politique.

Si tel est le cas, et nous le souhaitons, ils ont raison car leur attitude actuelle est moralement injuste, et dès lors vouée à l'inefficacité politique, comme l'expérience des années précédentes le montre abondamment. Nous serions très heureux si les co-présidents du groupe de Minsk voulaient bien, enfin, prendre en considération la réalité des régimes et des conceptions politiques en présence, et que tout sépare.

Voilà 24 ans qu'en dépit de tout soutien, la République du Haut-Karabagh s'essaie à la démocratie parlementaire. 24 ans qu'elle mène des élections locales, régionales et nationales, qu'elle jouit d'une vie politique où sont associés tous les citoyens, où les femmes ont toute leur place et où l'opposition joue pleinement son rôle. 24 ans qu'elle protège sa population contre les agressions militaires d'un Azerbaïdjan surarmé, et dopé aux pétrodollars, par des mesures que chacun s'accorde à considérer comme modérées, graduées et responsables. Bref, voilà 24 ans que cette République réussit naturellement à construire cet Etat de droit que nous tentons, souvent sans succès, de promouvoir partout dans le monde.

Guerre et propagande, carburants de la dictature Aliev

Mais si l'état de guerre est une calamité pour les populations du Karabagh, d'Arménie et d'Azerbaïdjan, elle est une nécessité pour le régime de Bakou. Il le faut répéter : l'Azerbaïdjan est une dictature sanglante qui embastille sans relâche. Ilqar Mammadov et Tofiq Yaqublu, des leaders d'opposition, Intigam Aliev un intellectuel respecté, Rasul Jafarov, un militant des Droits de l'Homme, Arif et Leyla Yunus - cette dernière décorée de la Légion d'Honneur par le Président Hollande - la célèbre journaliste Khadija Ismayilova, on ne compte plus les dissidents qui croupissent dans les geôles de Bakou et qu'une infographie publiée par Radio Free Europe est opportunément venue nous rappeler. Radio Free Europe dont les locaux de Bakou ont été fermés fin 2014 par le régime.

Car l'information libre est aussi une menace pour un Pouvoir qui se sait criminel. Les média libres d'Azerbaïdjan disparaissent les uns après les autres et toute analyse critique, notamment sur les responsabilités dans le déclenchement et la perpétuation du conflit, est soigneusement étouffée. Chaque mois de février en particulier, le régime déploie d'énormes efforts de communication pour occulter la mémoire du pogrom anti-arménien de Soumgaït, dont il s'est rendu responsable du 26 au 28 février 1988.

Pour le président Aliev, la guerre et la propagande constituent donc des nécessités qui lui permettent de souder les lambeaux de la société azerbaïdjanaise autour d'un ennemi fantasmé : l'Arménien. Le président Aliev qui publie des messages ouvertement haineux et belliqueux sur son compte twitter, le président Aliev qui a osé déclarer que ses " ennemis principaux sont les Arméniens du monde entier ", sait qu'il a besoin d'une telle rhétorique arménophobe pour divertir sa population de ses propres abus et pour se maintenir au pouvoir. C'était vrai hier quand la manne pétrolière permettait au régime de distribuer avantages et prébendes à un appareil d'Etat gangréné par le clientélisme et la corruption et lorsqu'elle permettrait de rétribuer grassement " lobbies et " spin-doctors " en charge de blanchir le régime sur la scène internationale. Ça l'est d'autant plus aujourd'hui que la baisse du cours de l'or noir ne permet plus au " Corléone de la Caspienne " d'acheter avec autant de facilité, et la paix sociale, et les services des bons communicants de Bruxelles, de Paris ou de Washington.

Soutenir les forces démocratiques du Caucase du Sud est un devoir et une nécessité

C'est pourquoi nous devons soutenir plus que jamais la petite démocratie karabaghiote et c'est pourquoi nous demandons sa reconnaissance internationale. Certainement pas parce que nous prenons partie pour une nation contre une autre. Mais tout simplement pour mettre nos actes en conformité avec nos discours ; pour montrer que nous reconnaissons les Etats qui le mérite par le respect et l'attention qu'ils prodiguent à leur population et qu'à contrario nous réprouvons les régimes qui se montrent indignes de leur charge et de leur peuple.

Reconnaître le Haut-Karabagh, c'est aussi signifier au dictateur Aliev que l'Occident n'est pas dupe de son jeu consistant à perpétuer de manière factice un conflit qui n'a plus d'objet pour continuer d'asservir ses propres citoyens. Au Caucase comme ailleurs, tous les peuples méritent la paix, la sécurité et la prospérité. Mais au Caucase comme ailleurs, la démocratie est le seul chemin qui permette d'y parvenir.

Sophie Joissains, Sénatrice (UDI-UC)

Marlène Mourier, Maire de Bourg-lès-Valence (UMP)

Michel Amiel, Sénateur (DVG)



Lire aussi:

Dossier du Collectif VAN : L'Azerbaïdjan, une dictature nationaliste et négationniste



Retour à la rubrique


Source/Lien : L'Express



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org