Aujourd'hui : Mercredi, 22 janvier 2020
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Chypre criminalise la négation du génocide arménien
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le parlement chypriote a adopté jeudi 2 avril 2015 une résolution pénalisant la négation des génocides, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, modifiant la loi existante qui exigeait la condamnation antérieure [d’un génocide] par un tribunal international pour faire de son déni un crime. Le lundi 30 mars, les députés chypriotes avaient accepté de modifier la loi pénalisant la négation d’un génocide, si le génocide en question avait été reconnu à l’unanimité par la Chambre des représentants. C’est précisément le cas du génocide arménien que la Chambre des représentants de Chypre a officiellement reconnu le 24 avril 1975, en votant à l'unanimité la résolution 36. La nouvelle décision intervient à quelques jours du centenaire du génocide contre les Arméniens dont les commémorations se tiendront le 24 avril 2015. L’extermination programmée en 1915 par le gouvernement Jeune-Turc avait fait 1.500.000 victimes parmi les Arméniens et au moins 250.000 morts chez les Assyriens. Le Collectif VAN vous propose la traduction de deux articles en anglais du journal chypriote Cyprus Mail, publiés les 3 mars et 2 avril 2015.


Cyprus Mail

Le 2 avril 2015

George Psyllides

Chypre criminalise la négation du génocide arménien de 1915 par les Turcs

Chypre a estimé jeudi [2 avril] que nier que les Turcs ottomans ont commis un génocide contre les Arméniens de Turquie il y a un siècle, était un crime.

Le parlement chypriote a adopté une résolution pénalisant la négation des génocides, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, modifiant la loi existante qui exigeait la condamnation antérieure [d’un génocide] par un tribunal international pour faire de son déni un crime.

"Aujourd'hui est un jour historique", a dit le président du parlement, Yiannakis Omirou. "Il permet au Parlement de rétablir des vérités historiques, avec des décisions et résolutions unanimes."

L'île a été l'un des premiers pays au monde à reconnaître en 1975 les massacres arméniens comme un génocide. Ce dernier est commémoré le 24 avril.

La Turquie accepte que de nombreux Arméniens sont morts dans des combats partisans au début de 1915, mais nie que jusqu'à 1,5 million de personnes ont été tuées et que cela constituait un acte de génocide - un terme utilisé par de nombreux historiens occidentaux et des parlements étrangers.

L’Arménie accuse les autorités ottomanes de l’époque d’avoir systématiquement massacré un grand nombre d'Arméniens, puis d’en avoir déportés un plus grand nombre, y compris les femmes, les enfants, les personnes âgées et les infirmes, dans les conditions terribles des marches dites « de la mort ».

La question a longtemps été une source de tensions entre la Turquie et plusieurs pays occidentaux, notamment les Etats-Unis et la France, où vivent de grandes diasporas arméniennes. Chypre a également une population arménienne.


Article en anglais:

Cyprus criminalises denial of 1915 Armenian genocide by Turks

---------------------------------------------------------------------------------

Cyprus Mail

Le 31 mars 2015

Accord sur la pénalisation de la négation du génocide arménien

Par Elias Hazou

Ce lundi [30 mars] les députés chypriotes ont accepté de modifier la loi pénalisant la négation d’un génocide, si le génocide en question a été reconnu par la Chambre des représentants [1].

La question concerne essentiellement le génocide arménien et elle a refait surface la semaine dernière en raison de la prochaine visite à Chypre du président de l'Assemblée nationale arménienne pour marquer le 100ème anniversaire du génocide arménien [Nota CVAN : cette visite a eu lieu le 2 avril].

En l’état actuel, la loi stipule que la négation des crimes contre l’humanité et du génocide est considérée comme une infraction pénale uniquement dans le cas où le crime en question a été reconnu par la décision irrévocable d'un tribunal international.

Chypre figure parmi les 22 pays qui ont reconnu le génocide arménien. Cependant, comme la Cour pénale internationale ne l’avait pas reconnu, la négation de ce génocide n’était pas considérée comme une infraction pénale ici [à Chypre].

Le président de la Chambre des représentants, Yiannakis Omirou, a tenu à ajouter une clause à la législation, pénalisant la négation d’un génocide, que celui-ci ait été reconnu par un tribunal international ou par une résolution du Parlement de Chypre.

Après un débat qui s’est tenu lundi à la commission des affaires juridiques de la Chambre, les parties ont adopté la proposition législative d’Omirou, mais avec une modification – la négation d’un génocide sera considérée comme une infraction pénale uniquement si la résolution de la Chambre reconnaissant ce génocide avait été votée à l’unanimité.

Omirou avait voulu faire modifier la loi avant ou pendant la visite à Chypre de Galust Sahakyan, président de l'Assemblée nationale arménienne.

Des sources émanant du Parti du Rassemblement démocrate (DISY) au pouvoir [Nota CVAN : opposition de droite libérale] ont indiqué à Cyprus Mail que la Chambre pourrait tenir une session plénière extraordinaire jeudi matin [le 2 avril], avant la plénière prévue, pour adopter la modification de la loi.
Sahakyan, qui est attendu sur l'île mercredi, doit prononcer son discours devant la Chambre des représentants jeudi après-midi.

Il semble qu’Omirou a promis à son homologue arménien lors d'un voyage officiel en Arménie en novembre dernier, que Chypre allait pénaliser la négation du génocide arménien, comme d'autres pays - la Suisse, la Slovaquie, la Grèce – l'ont fait.

Les mêmes sources du Parti DISY ont rejeté l’opinion rapportée par le quotidien Simerini, selon laquelle Omirou et la présidence étaient en désaccord au sujet de la modification de la loi.

Les seules réserves que le président avait, concernaient le fait que le gouvernement n'avait pas été consulté sur cette question qui est liée à la politique étrangère.

Les sources ont également réfuté les rapports des médias selon lesquels les députés du DISY avaient pris position, devant la commission, contre la pénalisation du négationnisme car cela pourrait provoquer la colère des Chypriotes turcs et de la Turquie, particulièrement en ce moment où les pourparlers de paix peuvent reprendre.

Chypre a été le premier pays européen (et le deuxième au monde, après l'Uruguay) à reconnaître officiellement le génocide arménien. Le 24 avril 1975, la résolution 36 a été votée à l'unanimité par la Chambre des représentants.

Étant donné que la décision a été unanime, l’amendement de la criminalisation proposée maintenant devrait automatiquement s'appliquer au génocide arménien.

Cela suggèrerait que la pénalisation de la négation de cet événement n'a jamais été un point de désaccord entre les députés – sauf peut-être le fait que DISY faisait une question de principe que de telles décisions doivent être adoptées à l'unanimité, donnant de cette façon au gouvernement en place – via les voix du parti au pouvoir à la Chambre – un levier dans les questions liées à la politique étrangère.

Selon la loi, la négation ou la « minimisation flagrante » de crimes de guerre reconnus, de crimes contre l'humanité et de génocide, dans le cas où le crime est reconnu par un tribunal international, est passible d'une peine qui peut atteindre cinq ans d'emprisonnement, accompagnée ou non d’une amende de 10.000 euros.

Les gouvernements de la Turquie et de l'Azerbaïdjan nient le génocide arménien. Les organisations internationales reconnaissant officiellement le génocide arménien sont le Parlement européen, le Conseil de l'Europe et le Conseil œcuménique des églises.

Le génocide arménien concerne l’extermination systématique par le gouvernement ottoman, de ses sujets de la minorité arménienne, dans leur patrie historique au sein du territoire qui constitue l’actuelle République de Turquie. On estime que 1,5 millions d’Arméniens ont péri entre 1915 et 1923.


[1] Nota CVAN : La Chambre des représentants est monocamérale. Ses membres sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Le Parlement comprend 80 sièges dont 56 sont élus par la communauté chypriote grecque et 24 par la Communauté chypriote turque. Depuis 1963, les sièges des Chypriotes turcs restent vacants (ce qui explique le vote à l’unanimité de la reconnaissance du génocide arménien en 1975).

©Traduction de l'anglais Collectif VAN – 2 avril 2015 – www.collectifvan.org


Article en anglais:

Agreement on criminalising denial of Armenian genocide


-----------------------------

Nota CVAN :

Turquie


La Turquie, qui est pourtant dans un processus d’adhésion à l’Union européenne, occupe 37% de l’île de Chypre, un territoire de l’UE... Ankara ne reconnaît toujours pas la République de Chypre et a mis un véto à son adhésion à plusieurs instances internationales (OCDE, Wassenaar, MTCR en particulier). La Turquie interdit l’accès aux ports et aéroports turcs des bateaux et aéronefs chypriotes ou ayant transité par Chypre. Cette situation est contraire au Protocole d’Ankara, signé par la Turquie le 29 juillet 2005 et qui visait à étendre l’Union douanière aux dix Etats membres ayant adhéré en 2005, dont Chypre. Alors que les Turcs avaient souligné, dans une déclaration, que cette signature ne valait pas reconnaissance de la République de Chypre, les Etats membres ont adopté en septembre 2005 une contre-déclaration rappelant que la reconnaissance de tous les Etats membres était une condition nécessaire du processus d’adhésion à l’UE et que l’ouverture des chapitres de négociations serait liée à la pleine application du Protocole.


Lire aussi :

« Génocide arménien » vs « génocide des Arméniens »

Observatoire du Négationnisme du Collectif VAN




Retour à la rubrique


Source/Lien : Cyprus Mail



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org