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Turquie : la renaissance des Arméniens cachés
Publié le :

Libération

Marc SEMO 10 avril 2015 Ă  17:46

GRAND ANGLE: Descendants de survivants du génocide de 1915, certains ignoraient tout de leurs origines, d’autres préféraient la taire au cœur de la société turque. Malgré leur conversion à l’islam, ils s’emploient aujourd’hui à faire revivre leur «arménité».

Il venait de fêter ses 17 ans et, vingt ans plus tard, le jeune avocat n’a toujours pas oublié ce moment. Un matin d’été, son père lui avait demandé de revenir tôt le soir dans leur appartement d’une banlieue d’Istanbul «pour une discussion importante». «Après le dîner, dès mon petit frère couché, il a commencé à parler d’un ton grave comme s’il était sur son lit de mort. Il savait que c’était dangereux mais, pour lui, c’était comme un devoir que de me transmettre le secret : nous étions d’origine arménienne malgré nos noms turcs et notre foi musulmane», se souvient Ismail Cem Halavurt. Ses arrière-grands-parents se réfugièrent dans les montagnes de Dersim (Anatolie orientale) quand commença, au printemps 1915, le génocide ordonné par le gouvernement «jeune turc» qui anéantit plus des deux tiers de la population arménienne de l’Empire ottoman.

Fikrit Calis, 55 ans, a toujours su, lui, qu’il était arménien, comme d’ailleurs la quasi-totalité des habitants de son village de la région de Mouch (sud-est) : deux tiers étaient restés chrétiens, mais un tiers - dont sa famille - s’était convertis à l’islam. Seuls les plus vieux pratiquaient encore la langue de leur peuple. «J’ai grandi en parlant kurde à la maison et turc à l’école», raconte cet ancien commerçant qui sera candidat aux législatives turques, le 7 juin, pour le HDP (le parti prokurde) tout en affirmant haut et fort son identité arménienne et son nouveau prénom de Kevork pris après son baptême il y a deux ans.

Originaire d’un village voisin, Nurettin Yasar, 60 ans, né dans une famille d’origine arménienne convertie à l’islam, a décidé de rester musulman tout en assumant son «arménité». «Ce n’est pas à l’Etat ni au patriarcat de décider qui est arménien ou ne l’est pas», explique ce père de 9 enfants - et grand-père de 11 petits-enfants - tous élevés dans la fierté de leurs origines et dans la mémoire de «la grande catastrophe».«Du village de mes ancêtres seuls trois personnes, dont mon grand père et ma grand-tante, ont réussi à échapper à la mort», rappelle-t-il et il espère que, comme lui, ses petits-enfants aussi se marieront dans des familles de survivants.

Un million d’«âmes errantes»

Différentes et en même temps très semblables, ces histoires témoignent d’une réalité longtemps restée enfouie en Turquie dans le secret des familles. Sauvés de la mort par la protection d’un chef de tribu kurde, d’amis musulmans ou de fonctionnaires ottomans - car il y eut aussi des «justes» lors de ce génocide - des dizaines et des dizaines de milliers d’Arméniens ont survécu en se cachant ou en se convertissant. Les historiens évaluent leur nombre entre 100 000 à 200 000. Génération après génération, la mémoire s’est transmise malgré une «turquisation» ou une «kurdisation» de façade. Leurs descendants sont aujourd’hui en Turquie des centaines de milliers.

Hrant Dink, journaliste turc d’origine arménienne et fondateur de l’hebdomadaire Agos, assassiné en janvier 2007 par un ultranationaliste turc, évaluait ces Arméniens sans nom qu’il appelait «âmes errantes» à au moins 1 million de personnes. Certains chercheurs parlent de 2, voire 3 millions. «Parler des survivants est encore plus difficile que de parler des morts de 1915», écrivait en 2004 ce combattant inlassable d’une réconciliation fondée sur une mémoire assumée après qu’il a été traîné en justice pour avoir publié une enquête démontrant que Sabiah Gökçen, première femme pilote de l’armée turque et fille adoptive de Mustafa Kemal, le fondateur de la République, était une orpheline arménienne née Hatun Sebilciyan.

Outre les familles de survivants, il y a aussi les descendants des dizaines et dizaines de milliers de fillettes et de jeunes filles enlevées des convois de déportés marchant vers les déserts de Syrie et adoptées dans des familles musulmanes, puis converties à l’islam. Les Turcs les appelaient kiliç artigi - les «restes de l’épée». Elles se sont mariées et ont fait des enfants tournant en apparence la page. Mais aujourd’hui, leurs petits-enfants cherchent à savoir. «Ces secrets se murmuraient à l’oreille, le plus souvent de femme à femme car les hommes sont plus soumis aux contraintes du pouvoir. Mais il y a tellement d’histoires dans toutes les familles que cette question se retrouve maintenant dans le débat public. Il est aussi beaucoup plus facile d’en parler dans le privé», explique Fethiye Cetin, avocate de renom et militante des droits de l’homme, qui fut la première à briser le tabou en racontant dans un livre (1) l’histoire de sa grand-mère Seher, forte femme adorée par toute la famille qui, un jour, confia à Fethiye, alors âgée de 25 ans, qu’elle était arménienne et s’appelait jadis Heranus. Elle avait été arrachée à sa mère et à la mort par un gendarme, «bon et sans enfant», qui l’adopta. La révélation bouleversa Fethiye qui n’écrivit cette histoire qu’un quart de siècle plus tard. Son témoignage, publié en 2004, devint aussitôt un best-seller qui a changé la vie de milliers de Turcs soupçonnant des histoires similaires dans leur propre famille.

Cette réalité émergente des Arméniens cachés montre d’un coup qu’il y a en Turquie bien plus que les 60 000 Arméniens répertoriés comme tels à Istanbul, descendants d’une communauté ayant échappé aux déportations après les arrestations du 24 avril 1915 de 500 cadres politiques et intellectuels. Ce qui brouille les lignes et embarrasse autant l’Etat turc que les organisations communautaires arméniennes. «Chaque Turc découvre qu’il a peut-être du sang arménien dans les veines et chaque Arménien, y compris dans la diaspora, réalise qu’il a peut-être des cousins musulmans en Turquie», résume Fethiye Cetin qui reçoit encore des centaines de mails et de messages de Turcs, comme d’Arméniens, à la recherche de leur histoire familiale.

Les Arméniens cachés sortent désormais de l’ombre. Amorcé dans les années 90 avec l’émigration à Istanbul de ces familles fuyant la misère du Sud-Est anatolien, et surtout la «sale guerre» entre l’Etat et les rebelles kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), le mouvement s’est encore amplifié ces dix dernières années avec la démocratisation. Des associations ont été créées regroupant les Arméniens - restés chrétiens ou convertis à l’islam - originaires de telle ou telle petite ville anatolienne.

Des enfants noyés

Ismail Cem Halavurt est l’un des piliers de celle de Dersim. S’il a grandi à Istanbul, il revenait en famille tous les étés dans ces montagnes. Après avoir appris ses véritables origines, il a voulu tout savoir sur une tragédie que son père ne pouvait évoquer que par bribes. Il allait voir les lieux, comme les gorges de la rivière Munzur dont «les eaux tumultueuses coulaient rouges de sang» en ces mois d’horreur. Il a lu les témoignages de l’époque racontant les hommes massacrés après avoir été séparés des femmes, des enfants et des vieillards qui, eux, étaient déportés vers les déserts syriens dans des marches de la mort. Les récits familiaux des descendants de survivants évoquent aussi les enfants noyés pour abréger leurs souffrances, et ceux que l’on laisse enlever par des villageois turcs ou kurdes en espérant que cela leur sauvera la vie.

Ses aïeux sont accueillis, comme nombre d’autres fuyards arméniens dans la région de Dersim, par les tribus de Kurdes alévis, fidèles d’une secte hétérodoxe et syncrétique issue du chiisme depuis toujours, persécutée par le pouvoir ottoman. Ils ont pris des prénoms musulmans, se convertissant pour la forme.

Quand, en 1934, la République a rendu obligatoires les noms de famille, les Mirachian, sa famille du côté de sa mère, deviennent à l’état civil, Devleti (ce qui littéralement signifie «étatiste»). Mais la tragédie les rattrape une nouvelle fois quand Ankara écrase dans le sang, en 1938, la révolte des Kurdes de la région. Ils sont déportés - en tant que Kurdes alévis cette fois - comme une bonne partie de la population locale.

Le retour vers les origines d’Ismail Cem a abouti à son baptême, en 2013, avec le prénom de Stepan. «Une seconde naissance», explique-t-il, mais ce ne fut pas simple. «Le patriarcat arménien d’Istanbul est très prudent craignant d’être accusé "d’activité missionnaire" par les autorités», raconte l’avocat. Las de voir ses démarches s’enliser, il s’est adressé directement avec une vingtaine d’autres impétrants au Saint-Siège d’Etchmiadzin (la direction centrale de l’église arménienne en Arménie) qui organisa un baptême collectif à Erevan. Sur sa carte d’identité, il a fait inscrire sa nouvelle religion. Sur sa carte de visite professionnelle, pourtant, ne figure toujours que son prénom turc. «Les gens qui travaillent avec moi savent qui je suis, mais des clients pourraient le prendre mal», soupire Ismail Cem.

«Impossible d’oublier mon identité»

«Arménien» a été, pendant des décennies de République kémaliste, une épithète infamante, synonyme d’ennemi de l’Etat. Les temps ont changé, mais la soumission, la peur et l’idée qu’il faut garder profil bas, restent bien ancrés chez les descendants de survivants. «Les chefs de tribu ou les seigneurs qui ont permis à nos aïeux d’échapper à la mort sont devenus leurs maîtres», soupire Bese Kabak, qui tient près du grand bazar d’Istanbul un atelier de fabrication de bijoux en argent. Elle est née dans un village du Sassoun, région montagneuse du sud-est où, pendant le génocide, les Arméniens ont longtemps résisté, les armes à la main. Certains ont pu fuir vers la Russie. Les autres ont été massacrés. Son arrière-grand-père avait pu rester parce qu’il était meunier avec un savoir-faire irremplaçable. Mais c’était la seule famille arménienne du lieu et son père a décidé d’émigrer vers Istanbul avant l’adolescence de sa fille, de peur qu’elle ne soit enlevée pour un mariage forcé comme cela se faisait encore souvent dans les années 80. Dans les villages et hameaux du pays kurde, où les liens tribaux restent très forts, chacun sait qui est qui.

«Quand bien même je l’aurais voulu, il m’était impossible d’oublier mon identité. J’étais musulman, j’allais au cours de Coran mais on me traitait de "gaiour" [non-musulman en turc, ndlr] ou de "file" [en kurde] car presque tous les habitants de notre village étaient des descendants de survivants même s’ils ne parlaient plus la langue», témoigne Fikrit Calis qui n’a appris l’arménien qu’après son arrivée à Istanbul à la fin des années 80, en même temps que tous les habitants de ce hameau d’Acarkoyri, qui fuyaient les combats entre l’armée et le PKK. L’Etat - l’Empire ottoman puis la République théoriquement laïque - a voulu assimiler les Arméniens par l’islamisation. Il n’en continue pas moins de se méfier des muhtedi - les convertis à l’islam. Ils ont été enregistrés comme tels et fichés. Leurs descendants restent suspects et souvent, encore aujourd’hui, empêchés d’accéder à des postes de la haute fonction publique ou de la hiérarchie militaire.

Revenir à la foi de ses ancêtres est un risque, surtout hors des grandes villes où la société reste très conservatrice. «Si je décidais ici à Istanbul de redevenir chrétien, notre famille, dont la quasi-totalité vit encore dans le pays kurde, deviendrait une cible en tant que parents d’apostats même si, dans le coin, chacun sait que nous sommes des Arméniens convertis à l’islam», explique Nurettin Yasar, originaire, comme Fikrit Calis,d’un village de la région de Mouch. Resté musulman, il n’a pu, comme il l’aurait souhaité, inscrire ses enfants à l’école arménienne. Les autorités appliquent en effet à la lettre les dispositions du traité de Lausanne, signé en 1923, qui garantit les droits des minorités arménienne, grecque et juive et dont ne peuvent profiter que ceux qui sont pleinement reconnus comme membres de ces communautés.

Le retour aux origines ne concerne encore que quelques milliers de personnes, mais le phénomène est bien réel. L’assassinat de Hrant Dink, en 2007, fut un catalyseur. Lors des funérailles, des centaines de milliers de Stambouliotes ont défilé en brandissant des pancartes : «Nous sommes tous arméniens». «C’est alors que mes parents ont décidé de sortir du silence. Ils ont eu le sentiment qu’en cachant leur véritable identité, comme tant d’autres Arméniens cachés, ils avaient laissé Hrant Dink seul, et en avaient fait une cible pour les assassins», raconte Uygar Gültekin, Arménien d’une famille originaire de Dersim.

Analyse ADN de salive

Depuis, le débat public ne fait que s’amplifier. «Ce mouvement fait partie d’un questionnement général de la société turque sur elle-même et la redécouverte de la mosaïque qui la compose, mise sous le boisseau pendant des décennies par une République kémaliste inspirée du jacobinisme», souligne Cengiz Aktar, universitaire turc engagé de longue date, avec d’autres intellectuels, pour que la Turquie assume et reconnaisse cette page terrible de son passé.

Les autorités s’accrochent à leur déni. L’an dernier, le 24 avril 2014, pour le 99e anniversaire du génocide, Recep Tayyip Erdogan, alors encore Premier ministre, avait, dans un communiqué ambigu et ampoulé, présenté «ses condoléances aux petits-enfants des Arméniens qui ont perdu la vie dans les circonstances qui ont marqué le début du XXe siècle». Un bien timide premier pas, même s’il soulignait qu’il y avait eu des massacres et des morts des deux côtés. Cette année, à deux mois d’élections législatives cruciales, le pouvoir se verrouille.

Mais la société turque, elle, a beaucoup bougé sur le sujet même si à peine 9% des Turcs, selon une étude d’Edam, sont en faveur d’une reconnaissance du génocide. «Longtemps, je n’ai pas utilisé le mot pour ne pas créer de blocage chez mes interlocuteurs turcs et permettre la discussion, car il fallait que la société turque prenne conscience par elle-même de ce qui se passa alors. Mais aujourd’hui le mot est partout à la télévision comme dans les livres», témoigne Fethiye Cetin, soulignant que retrouver ses origines arméniennes est devenu aujourd’hui un objet de fierté.

Employé d’une ONG humanitaire islamique, Erol Ketenci était depuis des années hanté par le doute. Dans sa petite ville de naissance, Sakarya à l’est d’Istanbul, beaucoup de familles étaient originaires des Balkans ou du Caucase. Sa mère vient d’une famille de Géorgiens convertis à l’islam depuis deux siècles mais son père, lui, éludait à chaque fois la question. Il mourut avec son secret. Erol décida alors d’envoyer à une société du Texas spécialisée dans l’analyse de l’ADN, un peu de salive. «La réponse fut sans appel : ceux qui m’étaient génétiquement le plus proche étaient tous des Arméniens, raconte le jeune homme. J’étais stupéfait et je n’arrivais pas à en dormir la nuit, puis j’ai vu un jour un portrait de Charles Aznavour, il semblait le frère jumeau de mon grand-père.» Pas question pour lui d’abjurer «car, dans l’islam, la race et la nation n’ont aucune importance», mais pas question non plus de cacher sa nouvelle identité malgré la colère d’une partie de la famille et notamment d’un oncle «qui craignait des problèmes de carrière pour ses deux fils étudiants».

Mais il ne cède pas. Il crée sa page Facebook, entrant ainsi en contact avec une demi-douzaine de jeunes aux parcours similaires avec qui il lance le groupe des «Arméniens musulmans». «Les Arméniens existaient déjà avant le christianisme», insiste Erol resté un islamiste fervent rappelant que le gouvernement «jeune turc» qui mena le génocide avait aussi réprimé les «vrais croyants» hostiles aux réformes et à la modernisation de l’Empire ottoman au début du XXe siècle.

Un pont entre deux mondes

Cas extrême, le parcours d’Erol n’en illustre pas moins les nouveaux défis qui se posent à la communauté en Turquie. «Le phénomène des convertis pose de façon nouvelle la question de l’identité arménienne», reconnaît Laurence Ritter, journaliste et sociologue, auteure d’un ouvrage de référence sur les Arméniens islamisés (2). Les piliers de l’«arménité» sont à la fois la langue et le christianisme que ce peuple fut l’un des premiers de la région à embrasser.

Les autorités religieuses arméniennes d’Istanbul, et notamment Mgr Aram Atesian qui, depuis des années, remplace le patriarche malade, restent prudentes, voire méfiantes, et n’acceptent les baptêmes qu’au compte-gouttes. Un point de vue partagé par une partie de la communauté. «Je veux voir si ces gens sont sincères, s’ils sont prêts, s’il le faut, à payer le prix de leur identité arménienne ou s’ils vont à nouveau se défiler comme leurs aïeux», soupire une vieille dame. La Fondation Hrant-Dink et l’hebdomadaire Agos ont, eux, une vision plus inclusive. «Les descendants des Arméniens contraints de se convertir à l’islam, sont tout aussi arméniens - s’ils se sentent tels - que ceux qui ont eu la chance de pouvoir rester chrétiens», assure Yetvart Danzikyan, le rédacteur en chef, tout en reconnaissant «comprendre, sans pour autant les partager, les peurs de la communauté face à l’arrivée de ces Arméniens islamisés ou vis-à-vis des mariages mixtes». Plus vraiment Turcs ou Kurdes, mais pas acceptés pour autant par les leurs, ces Arméniens sont condamnés à rester dans les limbes comme des «âmes errantes». Pourtant, ils sont un pont entre les deux mondes, entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux. Ils sont un témoignage vivant de la mémoire du génocide. Fethiye Cetin en a toujours été convaincue : «Avant de pouvoir un jour rire ensemble, Turcs et Arméniens, nous devons apprendre à pleurer ensemble.»

(1) «Le Livre de ma grand-mère», de Fethiye Cetin, éditions de l’Aube.

(2) «Les Restes de l’épée», de Laurence Ritter et Max Sivaslian, éditionsThaddée.


Marc SEMO Envoyé spécial à Istanbul



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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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