Aujourd'hui : Samedi, 7 décembre 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Turquie : Aghtamar, une restauration politique
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet la traduction cette étude très intéressante en ligne sur le site de Virtual Ani et qui dénonce la restauration (grossière) actuelle de l’église d’Aghtamar. Nous ne partageons par contre absolument pas l’analyse qui tendrait à prouver que c’est l’activisme de la diaspora arménienne qui est, par ricochet, à l’origine de cette manipulation turco-européenne. Décidemment, pour beaucoup de Turcs et d’Arméniens de Turquie, un bon Arménien est un Arménien silencieux… Le texte fait référence à des photos que vous trouverez dans notre rubrique Photothèque sur les liens suivants :
Turquie : Aghtamar, une restauration politique (1ère partie)

Turquie : Aghtamar, une restauration politique (2ème partie)






UNE RESTAURATION DÂ’INSPIRATION POLITIQUE

La restauration de l’Église de la Sainte Croix sur l’île d’Aghtamar (Akdamar) : photographies et observations


En mai 2005, l’église arménienne mondialement connue, datant du 10e siècle, et située sur l’île d’Aghtamar (Akdamar) sur le lac de Van, a été fermée aux visites pour permettre la restauration du monument.

La restauration de l’église Aghtamar est, selon l’une des personnes en charge, "le projet de restauration de la meilleure qualité qui soit, jamais entrepris en Turquie". En réalité, la restauration d’Aghtamar ne satisfait aucunement les standards modernes acceptables de restauration, dans presque tous les aspects.

Restauration : processus de modifications et de réparations d’un monument dans l’intention de le restaurer sous sa forme originale. La restauration est une intervention plus radicale que la conservation. Les dommages outrageux effectués lors de "restaurations" cruelles au 19e siècle en Europe, ont mené aux premières créations de codes de conduites liés à de telles activités. Ils ont évolué de telle sorte, qu’aujourd’hui le concept traditionnel de restauration est considéré comme un discrédit, et comme une pratique obsolète qui a été remplacée par celle de la conservation.

Conservation : préservation d’un monument existant, en prenant grand soin de n’altérer ou de n’en détruire aucun aspect. Toute réparation doit être restreinte aux réparations essentielles uniquement, et doit toujours respecter le caractère du monument. L’article 9 de la Charte Internationale pour la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites stipule que "le but de la restauration est de préserver et de révéler la valeur esthétique et historique du monument, et se base sur le respect du monument d’origine et sur des documents authentiques".

Les principes fondamentaux de la conservation moderne reposent sur des 'interventions minimales' et 'conserver tel que découvert'. Les méthodes de conservation doivent préserver l’authenticité du monument, utiliser des matériaux en accord avec la structure d’origine, préserver les facture originales importantes, et modifier le moins possible l’aspect visuel de la structure. Le but devrait être, lorsque c’est possible, de préserver le monument gelé dans le temps.

Malheureusement, une politique de conservation par interventions minimales ne fait pas partie des techniques et de la philosophie de 'l’industrie de restauration' en Turquie, qui semble être entièrement basée sur l’exploitation et la trivialité des monuments historiques.
Photo
L’église et ses structures associées sont à présent entourées de barrières - interdisant l’accès au public. L’église entière sera fermée aux touristes pendant deux ans, le temps de la restauration (Début en mai 2005 - réouverture officielle prévue en avril 2007).


panneau en turc
Ce panneau annonce que le coût de la restauration s’élèvera à 2,050,000 nouvelles lires turques. C’est l’équivalent de plus de 1.5 million de dollars ! C’est une somme énorme, bien plus grande que ce qu’un projet de conservation correctement mené pour le monument, ne devrait coûter. Le budget grossièrement gonflé, prévu pour la restauration, aurait été beaucoup mieux utilisé pour consolider les centaines d’églises arméniennes en ruines ou pillées, en Turquie orientale, qui sont (ce n’est pas le cas de l’église d’Aghtamar) en danger d’effondrement total.

Photo
Un échafaudage de métal, davantage destiné à impressionner le public, enveloppe l’église. Un appareillage plus simple et moins inopportun, un agencement moins coûteux de cordes et d’échelles aurait largement suffit.

Photo
Certains aspects de la restauration sont indéniablement justifiés, urgents et nécessaires - tels que le remplacement des sections manquantes ou instables du toit de l’église.

Photo
Un ouvrier est photographié en train de mélanger du ciment. C’est du ciment ordinaire, industriel - très différent de la matière naturelle (mortier calcaire) utilisé pour l’église. Lors des hivers vigoureux de cette région, le ciment moderne s’émiettera très rapidement

Photo
Voici un bloc de pierre découpé à la machine, et qui doit être incorporé au monument. Non seulement sa surface est étrangère à la structure existante, mais la composition de la pierre est très différente de la maçonnerie existante en place.

photo 2003
Voici une photo prise en 2003, montrant le toit du narthex (entrée) ou le hall extérieur de l’église, appelé en arménien zhamatun. L’apparence de ce toit n’a pas changé depuis la construction du zhamatun en 1763 : cela a toujours été un toit plat recouvert de terre. La construction de ces toits plats était un processus compliqué et délicat, nécessitant l’application de multiples couches de terre et de graviers soigneusement sélectionnés. La surface extérieure, idéalement, devait être compressée régulièrement, et des photos anciennes révèlent souvent des rouleaux de pierres sur de tels toits.

Photo 2005
En juillet 2005, toute la terre recouvrant le toit et les niveaux inférieurs ont été enlevés et remplacés par une couche de béton. En septembre, un toit en pente fait de dalles de pierre, découpées à la machine, a été construit sur le dessus de la dalle de béton (voir les deux photos ci-dessous). Ceci est une altération fondamentale de l’apparence d’origine du zhamatun. Le zhamatun a une forme architecturale qui vient de l’architecture arménienne des toits plats domestiques : le nouveau toit est non seulement historiquement inexact, il nie la nature essentielle du zhamatun. Pourquoi cela a-t-il été fait ? Le toit d’origine était complètement étanche et sa structure solide - tout ce dont il avait besoin, c’était des réparations mineurs sur ses côtés.

photo toit
Le nouveau toit de pierre sera beaucoup plus lourd que le toit de terre d’origine, pouvant ainsi mettre en danger l’intégrité structurale du zhamatun. Un toit traditionnel -plat et en terre - peut respirer et est capable de stocker de la chaleur, modérant ainsi tout écart brusque de température et d’humidité à l’intérieur du bâtiment. Le nouveau toit ne le fera pas; les conséquences à long terme peuvent être graves.

Photo
De grandes sections du mur de pierre d’origine du zhamatun ont survécu jusqu’à la "restauration". Ils ont été détruits et remplacés par des pierres modernes, découpées à la machine. Les deux photos montrent avant (juillet 2005) et après (septembre 2005).

Photo 2006
Cette photo, prise en juillet 2006, montre qu’en plus du nouveau toit sur le zhamatun, de nouveaux toits ont été placés sur la chapelle du Catholicos Step'anos et son porche. Le travail achevé est clairement inapproprié par rapport à la structure d’origine. La photographie ci-dessous montre également que c’est historiquement inexact.

Photo ancienne
Cette photographie (plaque 2 du livre de Stephan Mnatsakanian 1983 - Aghtamar) a été prise avant 1915. Elle montre le toit de la chapelle Step'anos et révèle que le toit construit en 2006 ne correspond pas à l’apparence du toit d’origine. La plupart des dalles d’origine ont été perdues avant le début de la restauration, mais leur forme aurait pu être facilement recréée en s’aidant de photos anciennes. Cela n’a pas été fait, et c’est typique de l’attitude négligente que les restaurateurs ont adoptée envers la restauration.

photo
La destruction délibérée des sections d’origine de la structure médiévale ne s’est pas limitée au zhamatun. La photographie de gauche montre l’apex de la façade ouest en 2004. Des parties du bord du toit d’origine sont encore in situ. La photographie de droite, prise en 2006, montre que ces parties, qui avaient survécu au temps, ont été détruites pendant la restauration.

Photo
Près de l’église, on voit un tas de dalles de pierre découpées à la machine, qui ne correspondent pas à la maçonnerie d’origine du monument. Ces pierres ont été ensuite utilisées pour recouvrir le sol du zhamatun, les chapelles et l’église. Ce pavage "restauré" est complètement différent du sol d’origine. Le zhamatun, à l’origine, était recouvert d’une couche de pierre aux formes irrégulières, - des sections de ce sol était encore en place avant la restauration (ces sections ont été détruites). Le sol d’origine du 10e siècle n’a pas survécu. À une certaine époque de son histoire il a été repavé, à l’aide d’un mélange de pierres aux formes irrégulières et de pierres provenant d’un cimetière médiévale.

Photo sol 2004
Une partie du sol d’origine du zhamatun, photographié en 2004.
Toutes la parties du sol d’origine qui étaient en place ont été détruites et une épaisse couche de béton recouvre entièrement le sol, servant de base pour les nouvelles dalles de pierre. Encore une fois, la restauration a profondément altéré l’apparence d’origine du monument.

Photo

Le nouveau sol ainsi que le toit formeront un environnement hermétique à l’air à l’intérieur du zhamatun ; cela peut avoir des répercussions sur l’atmosphère à l’intérieur de l’église. Il est fort probable que cela mènera à la formation d’humidité, ce qui risquera d’endommager les sculptures de pierre, le mortier, ainsi que les plâtres et fresques à l’intérieur de l’église.

Photo
Un ouvrier utilise un une brosse en fer pour effacer toute trace d’histoire et le caractère du mur.

Photo dernière
Il semble qu’il y ait peu ou pas d’éléments archéologiques intégrés à la restauration. Des niveaux de terre stratifiée sont simplement bêchées et jetées par des laboureurs. Tout fragment de maçonnerie découvert, y compris des pierres taillées et sculptées, sont simplement ajouté au tas de débris et leur emplacement d’origine n’est nulle part enregistré.

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007


Pourquoi cela s’est passé à Aghtamar ?

Il est important de comprendre que la restauration actuelle de l’église d’Aghtamar est un acte politique, effectué pour des raisons politiques. C’est le résultat d’impératifs politiques plus que de nécessités archéologiques. C’est peut-être payé par la Turquie, mais cela été grandement poussé par des éléments pro Turcs en Europe, qui voulaient que la Turquie fasse un geste hautement visible et coûteux, qui montrerait à ceux qui la critique que tout va bien en Turquie en ce qui concerne le traitement des minorités culturelles.
Ceux qui en Europe et en Amérique sont pour l’entrée de la Turquie en Europe ont fait des listes de suggestions que la Turquie devrait suivre afin d’améliorer son image et ainsi rendre plus facile sa candidature dans l’UE. L’une de ces suggestions (afin de neutraliser l’opposition des descendants des groupes ethniques, tels que les Grecs et les Arméniens, contre lesquels la Turquie a commis un génocide) était que la Turquie puisse montrer qu’elle prend soin des monuments historiques de ses minorités culturelles, surtout celles non musulmanes qui ont disparu.
Dans un document de l’UE, envoyé à la Turquie, l’église d’Aghtamar était expressément mentionnée comme un monument qui, s’il était restauré, pourrait être utilisé comme un exemple très visible du soin que prenait la Turquie à préserver activement les monuments non turcs (selon des informations qu’un reporter de Associated Press m’a donné).
Il est ironique de constater que la conscience que l’UE avait vis-à-vis de l’église d’Aghtamar, et la valeur de la propagande que la Turquie pourra en tirer en la restaurant, est le résultat direct des activités de certaines organisations arméniennes et des groupes de lobbyistes dans le monde. Avec constance, depuis des décennies, ils ont fait de la propagande pour l’église d’Aghtamar. Voici quelques extraits, certains récents.
ITAR-TASS News Agency, 6th July, 2004: The World Armenian Congress has expressed concern over the condition of the Akhtamar Saint Cross Church ... It is so much dilapidated now that 'soon only ruins will be left of it'. The World Armenian Congress urged the Turkish and Armenian governments to take steps without delay for restoring the Akhtamar Saint Cross Church and to hold talks with the participation of international experts from UNESCO for outlining measures to be taken for restoring this and other Armenian architectural monuments on Turkish territory.
Assembly of Armenians of Europe, November 2004 press release (REF: PR/04/11/013): Marvellous carvings of the 10th century church of Akhtamar (Lake Van, Eastern Turkey) are regularly being used as targets for shooting practice by visitors... The church, which is visited by many foreign tourists, is badly neglected and close to ruins... The church has been neglected and harmed by treasure hunters and is at risk of collapsing. Both its foundation and ceiling have cracks and holes.

California Courier Online, 18th November 2004: Visitors Use 10th Century Akhtamar Armenia Church for Target Practice. This article also cited a photograph purporting to show the recent damage. The photograph actually showed damage that had been there since the 1950s.

Tous les rapports ci-dessus mentionnés ne sont pas fondés. L’intégrité de la structure de l’Église de la Sainte Croix n’a jamais été en danger. C’est le contraire : l’église était en de très bonnes conditions. Elle n’avait besoin que d’un travail minimal de conservation, et quelques petites réparations pour le toit pour assurer la survie de l’édifice dans le futur. Pourtant, ces rapports, et d’autres du même genre, ont été utilisés par les propagandistes arméniens comme des descriptions factuelles des conditions de l‘église, et ils ont été incorporés dans des documents envoyés à de nombreuses organisations internationales. Ils ont ouvert la voie à ce que l’église d’Aghtamar devienne une victime "d’un show de restauration" par la Turquie - une restauration qui est en fait une acrobatie élaborée de relations publiques, empli de travail inutile qui justifie l’énorme budget attribué.
L’article 1 de la charte précédemment mentionnée, la Charte Internationale pour la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites, définit ce qu’est un monument historique, déclare qu’un monument historique est également "une preuve physique d’une civilisation spécifique, un développement significatif, ou un événement historique". L’article 3 explique que l’intention derrière toute conservation de monument devrait être de préserver les témoignages historiques autant que pour toute autre raison. Ce sont les valeurs de base qui doivent être suivies par tous ceux qui veulent accomplir une restauration réussie. Ont-elles été respectées par ceux qui ont planifié la restauration d’Aghtamar, alors que la plupart des aspects historiques et culturels liés au monument sont toujours niés avec véhémence par la Turquie ?

© Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 2007

The restoration of the Holy Cross church on Aghtamar (Akdamar) island: photographs and observations




Retour Ă  la rubrique




   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org