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Article du journal franco-turc Zaman - 21/04/2015 - 1
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal anciennement proche du parti au pouvoir (AKP) mais dont le propriétaire, le prédicateur musulman Fetullah Gülen, est désormais en guerre ouverte avec Erdogan.

Légende photo: Le monastère des Saints-Apôtres est un monastère arménien situé près de l'actuelle ville de Mus dans l'Est de la Turquie.


Zaman France

La contribution arménienne à la culture ottomane

Mardi, Avril 21, 2015 - 15:06

Günal Kursun, Istanbul

Le 24 avril approche et avec cette date, les commémorations des événements de 1915. Le chroniqueur Günal Kursun évoque dans ces lignes un aspect particulier de l'Histoire, celui de la dissolution de la culture qui a eu lieu pendant les déportations arméniennes.

Une partie de l'Est de l'Anatolie appartenait à la terre ancestrale des Arméniens, dont la culture et le patrimoine ont été pris pour cible par le gouvernement ottoman. Le Parti de l'union et du progrès a confisqué et démoli au moins 2 000 églises et monastères avant 1915. Cette seule honte suffit à ternir nos relations avec les Arméniens.

Il existait à l'époque une loi qui justifiait cette confiscation : la loi d'Emval-i Metruke qui visait les propriétés abandonnées par les Arméniens. La plupart ont été données à des migrants musulmans ou à des demandeurs d'asile qui avaient fui leur terre natale dans les Balkans pour venir en Anatolie. Cette loi donnait l'autorisation aux gouverneurs de confisquer maisons et bâtiments abandonnés et de les proposer aux nouveaux arrivants. Certains ont même été transformées en casernes militaires, écoles, prisons et hôpitaux.

Un relais de capital

Aujourd'hui, le plus gros obstacle à la reconnaissance officielle d'un "génocide", qui entraînerait l'octroi d'une indemnité, c'est cette politique de confiscation. Elle explique la politique de déni du gouvernement. Personne ne sait ce qu'il adviendra des propriétés confisquées, qui aujourd'hui appartiennent aux musulmans.

Pour chaque "génocide", il y a un aspect économique et cela ne pas fait exception ici. Il y a eu un relais de capital qui est passé des mains arméniennes aux mains turques et kurdes. Mais la question économique n'est une petite partie du problème, auquel les institutions internationales peuvent contribuer en trouvant une solution.

La culture arménienne, grande victime des événements

Les pertes du patrimoine culturel arménien ont été considérables. Hagop Baronian, Atom Yarjanian (Siamanto), Vahan Tekeyan, Levon Shant, Krikor Zohrab, Sargis Mubayeajian (Atrpet) et Rupen Zartarian sont quelques poètes, écrivains, avocats et militants qui ont perdu la vie, souffert ou immigré.

L'identité architecturale en Turquie a été transformée grâce à la contribution d'architectes arméniens. La musique, la peinture et le théâtre en Turquie seraient méconnaissables sans la contribution des Arméniens. L'écriture arménienne était utilisée avec l'écriture arabe dans les documents officiels de l'Empire ottoman. Le premier roman écrit sous l'Empire ottoman, «Akabi Hikayesi» de Vartan Pasha est écrit en langue arménienne. Aujourd'hui, l'écrivain turc d'origine arménienne, Sevan Nisanyan, estime qu'environ 3 600 noms arméniens de lieux géographiques ont été changés.

Une automutilation

Ces pertes représentent également une automutilation de la culture des Ottomans, dont nous souffrons encore aujourd'hui. Sommes-nous vraiment sûrs de vouloir construire une vie sur les cendres de notre voisin ? Notre conscience collective est-elle morte ? Ne pouvons-nous pas voir ce qu'on a perdu en déportant une nation entière ?

Je me rappelle de milliers de Turcs scandant : «Nous sommes tous Arméniens, nous sommes tous Hrant Dink», pendant les funérailles de Dink. Ne pouvons-nous pas réaliser que nous, Turcs, sommes quelque part Arméniens et que nous avons tué une part de nous-mêmes en 1915 ?

Un chant arménien, «Arakil» (cigogne) dit : «Je ne suis pas sans toit ni étranger ; j'ai un abri, j'ai un refuge». Un siècle est passé et le temps est venu pour chaque cigogne de trouver une façon honnête et juste de se reposer. Et ce sont les Turcs qui doivent leur montrer le droit chemin, celui qu'elles méritent.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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