Aujourd'hui : Mardi, 24 avril 2018
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Le Collectif VAN, partenaire du Festival de Douarnenez 2016
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Kamp Armen : Première action citoyenne des Arméniens de Turquie
Publié le : 08-06-2015

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L'action citoyenne menée par les jeunes Arméniens de Nor Zartonk, en faveur de l'orphelinat arménien de Kamp Armen (près d'Istanbul), a passé samedi 6 juin le cap des 30 jours. À cette occasion, le Collectif VAN vous invite à lire la traduction en français d’un article en anglais publié sur le site Al Monitor le 17 mai 2015.






Légende : Manifestation à Istanbul vendredi 22 mai 2015


Al Monitor

La première manifestation de rue des Arméniens de Turquie

Publié le 17 mai 2015

Par Sibel Hurtas
Traduction en anglais par Timur Göksel

La jeunesse arménienne de Turquie a lancé une campagne de protestation contre la démolition de Kamp Armen, l'orphelinat arménien, qui hébergeait des centaines d'enfants arméniens au cours des sessions d'été. La communauté arménienne exige que l'orphelinat soit préservé et qu'il lui soit rendu. Cela paraît peu probable, mais il est significatif que cela soit la première manifestation de rue des Arméniens de Turquie pour exprimer leurs revendications ces derniers temps.

Kamp Armen symbolise la longue saga de la déportation et des massacres des Arméniens subis sur le sol anatolien. Son histoire commence avec l'achat d'une parcelle de terrain appartenant à une personne privée, par l’Église protestante arménienne de Gedikpasa, pour y abriter les orphelins arméniens qui vivaient en Anatolie et qui étaient étiquetés comme des «restes de l'épée» par les Arméniens [Nota CVAN: non, ce sont les Turcs qui nommaient ainsi les rescapés arméniens]. Le camp de l'orphelinat a été construit en 1962 par les orphelins eux-mêmes sous la surveillance d'un maître d’œuvre.

L'existence du camp de l'orphelinat, où 1500 enfants ont été accueillis et instruits, a été menacée par une décision de la Cour d'appel en 1974, statuant que les fondations étrangères ne pouvaient pas posséder des biens immobiliers. L'Etat, autorisé en cela par la décision du tribunal, a saisi l'orphelinat en 1986 et a retourné la propriété à son propriétaire initial gratuitement, y compris les bâtiments construits sur ce terrain.

Le propriétaire ne pouvant pas faire face aux conséquences de la possession d’un camp d'orphelinat l'a immédiatement revendu. Les nouveaux propriétaires, dès qu'ils ont découvert l’histoire du camp de l'orphelinat, ont aussi vendu la propriété sans la toucher. La propriété est restée abandonnée, intacte pendant un certain temps. En 2008, la famille Aydinlar, l'une des familles les plus riches de Turquie, a acheté la propriété et a décidé de faire une construction sur ce terrain cette année.

Voilà pourquoi, au matin du 6 mai, les bulldozers se sont approchés des murs [de l’orphelinat] construits avec les mains des orphelins du camp. Les Arméniens, lorsqu'ils ont été informés de la démolition, se sont rendus sur les lieux et ont empêché les bulldozers de détruire l’édifice. Le militant arménien Garo Paylan a trouvé les nouveaux propriétaires et a demandé qu'ils repoussent la démolition après les élections générales du 7 juin. Les nouveaux propriétaires ont fini par tomber d’accord.

Actuellement une partie de Kamp Armen est détruit, mais la majeure partie reste encore debout. Cela est devenu le symbole d'une nouvelle attitude arménienne. Depuis le 6 mai, les Arméniens ont mené la garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre devant le bâtiment. Une telle démarche peut être interprétée comme une première dans l'histoire récente des Arméniens en Turquie.

Les protestations et les inscriptions des gardiens arméniens ont conduit à des affichages bariolés. Une immense banderole indiquant « Kamp Armen doit être retourné au peuple arménien » à été suspendue sur le bâtiment. Des musiciens arméniens se sont présentés pour jouer de la musique.

Rakel Dink, la femme de Hrant Dink, rédacteur en chef assassiné du journal arménien « Agos » qui occupe une place importante pour les Arméniens de Turquie, est une ardente partisane de la contestation. Hrant et Rakel Dink ont fréquenté le camp ; au cours des discussions qui ont eu lieu devant le bâtiment, Rakel Dink a parlé aux jeunes montant la garde, au sujet des jours qu'ils avaient passé à l'orphelinat.

L'objectif de l'action est de restaurer le statut d'origine de Kamp Armen. Ils ont commencé un atelier d'arménien. Ani Balikci, la mère de l'Arménien Sevag Balikci qui a été assassiné par un autre soldat le 24 avril 2011, alors qu'il faisait son service national, donne des leçons d’arménien. [Les militants] plantent des arbres et regardent des documentaires. Des partis politiques, des organisations de la société civile, des étudiants universitaires et des militants visitent fréquemment les manifestants arméniens pour exprimer leur solidarité.

Garo Paylan, militant arménien qui s'est présenté aux élections du 7 juin comme candidat du Parti démocratique du peuple (HDP), pro-kurde, a annoncé à Al-Monitor : « Cet endroit a été saisi par une action d'Etat. Nous voulons le faire rendre [à son propriétaire] mais je ne pense pas que l'Etat puisse le faire comme ça. Nous avons eu des milliers de biens confisqués ainsi. Si l'Etat rend Kamp Armen, alors il sera également obligé de rendre les autres ».

D'après ce que Paylan a dit, nous comprenons que le retour de l'orphelinat aux Arméniens n'est pas probable. Mais le fait que cela a encouragé les Arméniens à descendre dans les rues pour revendiquer leurs droits à haute voix et de manière visible, est important. La communauté arménienne, qui jusqu'à présent s'est abstenue de prendre position contre l'injustice et l'inégalité, montre peut-être que sa réticence traditionnelle appartient au passé et que la communauté devient politisée.

Paylan a dit que dans l’histoire récente il n’y a pas eu de protestation pareille à part les funérailles de Hrant Dink. Il a déclaré : « Le fait est que la communauté arménienne est devenue vraiment politisée après [l’assassinat de] Hrant Dink. Il y a maintenant davantage d’acteurs arméniens qui sont plus sensibles. Ils ont des orateurs et des porte-paroles. Mais leur peur de pigeon existe encore. [Hrant Dink employait l’expression « peur de pigeon » pour définir les craintes des Arméniens.] Cette crainte est toujours là, mais en parallèle [il y a] des gens politisés. Maintenant nous avons des gens et des acteurs ayant des points de vue divergents qui jouent un rôle actif au sein de différents partis politiques, indiquant que notre communauté devient de plus en plus politisée et qu'elle est prête à réagir à des pratiques déloyales ».


©Traduction de l'anglais Collectif VAN – 28 mai 2015 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

Turquie : "Kamp Armen, l’histoire de notre perte et de notre douleur"

Turquie : La lutte contre les spoliations des biens arméniens est en marche

Stop à la démolition de l’orphelinat arménien d’Istanbul!

A Istanbul, l'ancien orphelinat arménien de Kamp Armen détruit par les bulldozers

"Mon esprit bouleversé - comme un pigeon inquiet", dernier article de Hrant Dink




Retour à la rubrique

Source/Lien : Al Monitor



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org